Catégorie : élection présidentielle

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Élection de Trump : quelles responsabilités pour Google et Facebook ?

Les dernières élections américaines, encore plus que les précédentes, se sont déroulées pour les journalistes sous l’emprise des multinationales par lesquelles les informations passent désormais : Facebook et Google, pour ne citer que les plus importantes. Ces infomédiaires – tels qu’ils ont été théorisés par Franck Rebillard et Nikos Smyrnaios – n’ont jamais eu un rôle aussi important dans la diffusion et la circulation des informations journalistiques. Pourtant, ils semblent éviter les responsabilités qui devraient s’accompagner des pouvoirs éditoriaux qu’ils se sont arrogés ces dernières années. Responsabilités qui posent plus de questions que d’habitude dans la mesure où Donald Trump aurait prétendument bénéficié de la circulation de certaines intox, que l’on appelle désormais là-bas, et même ici « fake news ».

Trump à la Maison-Blanche : le rôle des infomédiaires

La monétisation des lieux de passage du numérique a fait naître des géants de l’information. Inutile de refaire leur histoire ici. Ce qu’il faut cependant garder en tête, c’est que les organisations par qui nous accédons à l’information en contexte numérique aujourd’hui – qui font cette “nouvelle” médiation entre nous et la production journalistique –, sont fondées sur le principe de captation de la valeur économique produite par d’autres acteurs ; ici, les journalistes. Géants parmi les géants, Google et Facebook ont une importance de premier ordre sur la réorganisation des informations et par conséquent, sur la manière dont elles nous parviennent. Comme le disait déjà Dominique Cardon dans une interview donnée au Monde en décembre 2015 “On ne réfléchit pas assez à la manière dont Google classe l’information”.

Emprises éditoriales

Comment se passe cette réorganisation ? Si l’on prend la home d’un site d’information, celui-ci classera sans doute les informations suivant des ordres explicites : rubriques thématiques, temps de lecture, les plus partagés / lus, les derniers parus, etc. L’article apparaît ainsi en contexte, lié formellement au reste du site web et ancré dans une ligne éditoriale. En accédant à l’article via un infomédiaire, une partie du contexte se perd. Plutôt, il se voit recréé au sein du site web par lequel on accède à l’article. Ce contexte se trouve totalement uniformisé : la timeline ou la liste dans laquelle il apparaît norment les formes textuelles et si vous pensez à Facebook, seul le logo du journal permet de reconnaître l’énonciateur.

Une quantité de repères, de signes sont sacrifiés sur l’autel de l’uniformité, qui donne pour résultat une grande similarité entre les différents posts, bien que ceux-ci soient de natures et d’énonciateurs différents. Des entreprises privées non-journalistiques (pour le moment) imposent ainsi des règles éditoriales en même temps qu’elles deviennent le nouveau contexte normé au sein desquels circulent les articles. La re-contextualisation s’accompagne alors de règles « éditoriales » : l’écriture de l’article, de son titre, de ses intertitres, sa taille et le moment de publication sont autant de paramètres à prendre en compte pour un bon référencement.

Tout ça pour dire quoi ? Pour expliquer que ces entreprises de la Silicon Valley ont une emprise éditoriale plus forte qu’elles ne le prétendent sur le travail des journalistes. Une part désormais si importante que, lors de l’élection de Donald Trump, bien des regards se sont tournés vers Google et Facebook pour pointer leur mauvaise gestion dans la diffusion de certaines informations. Notamment, la circulation de fake news a été particulièrement importante, sans pour autant que l’un ou l’autre ne canalise leur propagation. Des acteurs malveillants ont ainsi repris les formes et codes des sites de presse et dans la re-contextualisation et le reclassement des infomédiaires, difficile de faire la différence entre un vrai site et un faux.

Mais responsabilités limitées ?

Si les deux entreprises récusent toute responsabilité dans l’élection de Donald Trump (il serait de toute façon bien difficile de quantifier tout cela), Google et Facebook affichent deux manières de gérer la situation. Google continue la politique de l’autruche et se dédouane de toute responsabilité en se considérant comme une “plateforme” (entendez “neutre”) avant tout. Or, le moteur de recherche ne l’est pas, comme le faisait notamment remarquer Carole Cadwalladr le 16 décembre dernier dans The Guardian. Facebook consent, lui, à réfléchir à sa politique vis-à-vis des rédactions, pour peut-être la modifier légèrement.

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Le Facebook Journalism Project, un concept aussi flou que la photo qui illustre son annonce ?

À demi-mot, le réseau social reconnaît sans doute une part de responsabilité dans la mauvaise gestion des fausses informations qui ont circulé pendant les mois de la campagne puisqu’il a annoncé en décembre 2016 The Facebook Journalism Project. Derrière la grandiloquence de ce nom se cache une série de révisions de sa politique des news. Facebook attend le dernier paragraphe pour mentionner, sur son blog, qu’il “continuera à poursuivre ses efforts pour freiner la propagation des fausses informations”.

Cela se traduit par l’ajout d’une option pour l’internaute permettant de signaler une intox. Une fois le signalement effectué, des équipes de fact-checkers dites indépendantes vérifieront l’article en question. Ces dernières font partie de l’initiative du Poynter Institute et ont par conséquent signé ses “règles de principe” visant à harmoniser une charte de déontologie du fact-checking. Facebook intègre de cette manière une tierce partie journalistique pour la vérification des informations. La boîte noire que représente l’algorithme se voit attribuée une surveillance explicitement humaine, aveu d’une automatisation qui montre aujourd’hui largement ses limites.

Reste que les infomédiaires semblent éviter les critiques qui retombent sur les journalistes. Leur communication sur leur prétendue neutralité, leur transparence affichée nous fait oublier que ces géants sont avant tout des médiateurs et qu’en tant que tels, ils altèrent tout ce qui passe par leurs canaux et doivent assumer les responsabilités des conséquences de leurs politiques.

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Front National : après la Voix Du Nord en 2015, « Le Monde » alerte ses lecteurs

Quand et comment les grands médias vont-ils se positionner vis-à-vis du Front National?

Jacques Hardoin, directeur général du groupe Rossel-La Voix, avait expliqué au « Monde » la démarche du quotidien La Voix du Nord, qui avait pris position contre le FN aux régionales.

Dans Le Monde daté du mardi 25 octobre 2016, Jérôme Fenoglio, directeur du Monde alerte à son tour les lecteurs du quotidien sur la réelle nature du discours de Marine Le Pen, et détaille comment le journal détricotera la campagne de la présidente du Front National. (Le directeur du monde avait lui aussi, signé, un édito « Le Front national, cette imposture » en 2015)

Pas dupe sur la pipolisation de la présidente du Front national :

Elle a aussi multiplié les incursions dans les contrées, dont elle fut si longtemps bannie, de la politique spectacle et de la  » pipolisation  » – le dernier épisode avec l’émission  » Ambition intime  » sur M6, le 9 octobre.

Ces mouvements correspondent à une stratégie de banalisation […] pour ne plus se contenter de perturber le système politique, comme le faisait son père, mais bien de conquérir le pouvoir.

 

Décortiquer la doctrine politique de Marine Le Pen

Si [Marine Le Pen] a réduit les outrances, elle partage les mêmes obsessions [que son père] : celles d’une nation organique tout au bord de sombrer parce qu’elle est rongée par un mal intérieur – l’immigration –, menacée par un ennemi extérieur – l’Europe – et trahie par ses élites. Elle joue sur les mêmes ressorts : l’exploitation de la peur et des passions tristes d’un certain nombre de citoyens.

Jérome Fenoglio précise la ligne de son quotidien

Tout au long de la campagne présidentielle, Le Monde maintiendra le principe qu’il s’est fixé depuis de nombreuses années : aucune tribune de Marine Le Pen, ou d’un hiérarque du FN, ne sera publiée dans ses colonnes ou ses publications numériques. Cette ligne éditoriale ne signifie pas qu’il faille minimiser, voire passer sous silence, la parole lepéniste. Nous couvrirons le FN avec la même rigueur, les mêmes règles, la même exigence que les autres partis politiques. Nous en rendrons compte avec tous les outils dont nous disposons : l’entretien, l’enquête, le reportage ou le portrait.

Lire l’article écrit par Olivier Faye et Les Décodeurs dans la partie abonnés du MondePourquoi le discours de Marine Le Pen reste profondément d’extrême-droite , avec point par point, les idées du FN décryptées :

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Bernard Mourad veut « éviter à la France l’embarras d’un non-choix » et rejoint Emmanuel Macron

Gilles Fontaine l’annonçait en exclusivité dans Challenges :

Bernard Mourad, le patron d’Altice Media Group va abandonner ses fonctions dans les prochains jours pour rejoindre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron comme conseiller spécial. Son départ, confirmé par plusieurs sources, devrait être annoncé officiellement dans les prochains jours. Ce proche de Patrick Drahi a choisi de démissionner pour éviter tout conflit d’intérêt dans ses nouvelles missions auprès de l’ex ministre de l’Economie, un ami de plus de 15 ans.

L’intéressé s’en est expliqué sur Facebook :

bernard-mourad-fb-sourceChers amis,

j’ai décidé de démissionner de toutes mes fonctions au sein du groupe Altice afin de me consacrer pleinement à un engagement citoyen, en tant que conseiller spécial auprès d’Emmanuel Macron.

J’ai eu l’honneur, comme Président d’Altice Media Group, puis Vice-Président de SFR Presse, Directeur Général Adjoint de SFR Media et responsable du développement d’Altice Media International, de travailler avec des équipes de très grande qualité et de participer à la construction d’un groupe de médias et télécoms de premier plan. À ce titre, je tiens à remercier chaleureusement Patrick Drahi pour sa confiance et son amitié depuis plus de 10 ans.

Pour des raisons d’éthique personnelle et professionnelle, j’ai considéré que mon engagement auprès d’Emmanuel Macron était incompatible avec l’exercice de fonctions dirigeantes dans un groupe de médias. C’est pourquoi j’ai demandé que ma démission prenne effet immédiatement, en renonçant à toute rémunération. Je précise par ailleurs que j’exercerai mes fonctions auprès d’Emmanuel Macron à titre bénévole, et ne percevrai aucune rémunération publique ou privée à ce titre.

Au-delà de l’amitié qui nous lie depuis plus de 10 ans, j’ai décidé de m’engager pleinement auprès d’Emmanuel Macron car la situation du pays exige, à mes yeux, une mobilisation de toutes les forces vives de la société civile, trop longtemps éloignées de la vie publique par un système partisan archaïque, enfermé dans des clivages désormais dépassés, des postures tacticiennes et artificielles qui ne visent le plus souvent qu’à l’auto-préservation de positions statutaires plutôt qu’à la construction d’un projet politique ambitieux pour les générations futures.

D’où une profonde défiance de nos concitoyens vis-à-vis d’une classe politique enfermée dans l’entre-soi, incapable d’auto-critique et de renouvellement. D’où, aussi, une montée en puissance sans précédent des extrémismes, sur fond de débats identitaires souvent grossièrement instrumentalisés, qui conduisent à diviser notre pays au moment où nous devrions – plus que jamais – nous rassembler. Et retrouver un horizon commun, un véritable projet de société dans un monde en pleine transformation et en quête de sens.

De par mon parcours personnel, j’entretiens un rapport passionnel à la France. Cette France qui m’a accueilli à l’âge de deux ans, protégé d’une guerre civile, permis d’être éduqué dans Ies écoles de la République et de bénéficier de cet ascenseur social- qui est désormais, hélas, en panne. C’est cette France que je souhaite à mes enfants et à tous les enfants de France, quelles que soient leurs origines. Et c’est aussi pour cela que j’ai décidé de m’engager — comme citoyen et comme père.

Une nouvelle offre politique, authentiquement progressiste, fondée sur l’égalité des chances et des opportunités, récompensant le risque plus que la rente, ouverte sur le monde tout en demeurant fidèle à notre histoire et à nos valeurs, est aujourd’hui nécessaire pour transformer profondément notre pays. Pour le refonder et le réconcilier.

Partout en Europe et dans le monde, le changement est à l’oeuvre, tant d’un point de vue générationnel qu’idéologique — la France fait exception.

Chacun, à sa mesure et selon ses moyens, peut contribuer à ce renouveau démocratique, et éviter à notre pays l’embarras d’un non-choix — ou pire -dans 7 mois. J’ai décidé d’y prendre ma part aux côtés d’Emmanuel Macron.

BM

Source : Libération

élections américaines

Élections américaines : CNN 1ère marque d’info mondiale

CNN est la source privilégiée à l’international pour s’informer sur les élections américaines, affichant des records d’audiences en TV et sur le digital.

Selon une étude réalisée par le cabinet indépendant Toluna à l’initiative de CNN International Commercial, CNN est le média international de référence sur la couverture des élections américaines. La chaîne bénéficie d’un fort intérêt de la part du public mondial pour cette présidentielle comme le révèle cette étude menée dans 23 pays.

L’étude globale CNN consacrée aux élections américaines réalisée par le bureau d’études Toluna a été menée en mars 2016 auprès de 4 792 adultes dans 23 pays en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique Latine et en Asie-Pacifique (+Canada). En Europe, 1 260 entretiens ont été menés dans 6 marchés différents ; au Moyen-Orient et en Afrique, 827 entretiens dans 4 marchés ; en Amérique Latine, 839 entretiens dans 4 marchés ; et en Asie-Pacifique (+ le Canada), 1 656 entretiens dans 8 marchés.

Élections américaines : CNN 1ère source d’info internationale

D’après les résultats de cette enquête, 51% des personnes interrogées citent CNN en tant que première source d’information internationale sur les élections US. La chaîne devance ainsi ses concurrents BBC cité à 19%, Reuters (5%) et Sky News (4%).

CNN 1ère marque média pour suivre les élections US

 

La couverture éditoriale de ce sujet sur CNN est bien perçue : 66% des sondés la trouvent claire et synthétique ; présentée avec une réelle expertise (64%) ; pertinente (64%), suscitant l’engagement (62%), et 60% la considèrent comme la référence.

CNN 1ère marque média pour suivre les élections US

Sur quelle plateforme ?

Si 78% des répondants affirment avoir regardé ou lu du contenu lié à la présidentielle US sur CNN, les plateformes de consommation varient avec une préférence à 50% pour la télévision, suivie du site internet de CNN à 31%. Le public suit également cet événement à 14% sur les réseaux sociaux et à 8% via l’application CNN.

CNN 1ère marque média pour suivre les élections US

L’étude s’est également focalisée sur les raisons d’un tel intérêt du public international vis-à-vis des élections américaines. Si pour 68% d’entre eux elles sont considérées comme importantes pour le monde dans son ensemble, 47% des répondants s’intéressent à l’importance qu’elles recouvrent pour leur propre pays. Ils sont également 35% à considérer que ces élections leur permettent de mieux comprendre le système politique américain et 33% à s’y intéresser pour la personnalité des candidats.

Source : Cnn.

Les Entretiens de l’information 2012: l’économie, star de la présidentielle

Le moment de réflexion proposé par les Entretiens de l’information et l’IDIES (Institut pour le développement de l’information économique et sociale), en partenariat avec l’IPJ, sur « la place de l’économie dans la campagne présidentielle 2012» se déroulera le mercredi 14 mars 2012 de 10h00 à 18h30, dans les locaux de l’IPJ, 24 rue Saint-Georges, Paris 9ème (métro Notre Dame de Lorette).

Pour la deuxième année consécutive, L’Observatoire des Médias est partenaire média des Entretiens de l’information.

 

10h15 – Ouverture par Jean-Marie CHARON (Entretiens de l’Information)

10h30-12h30

La hiérarchie et le traitement de l’information économique dans l’actualité politique

Animation : Philippe FREMEAUX (délégué général de l’IDIES / Alternatives Economiques)

– Quelle hiérarchie (ou absence de hiérarchie) entre politique et économique?

– Quelle gestion des services politique et économique pendant cette période?

– Quelle gestion volontariste de l’agenda, quel suivi -obligé- des candidats?

– Quel appel aux experts intérieurs et extérieurs, sur quels critères?

Cyril AUFFRET (TF1), Philippe CHAFFANJON (France Info), Jean-Luc EVIN (Ouest France), Isabelle GERMAIN (LesNouvellesNews.fr), Francis LAFFON (L’Alsace), Pascal RICHE (Rue89).

14h00-16h00

Le choc des domaines et des compétences

Animation : Loïc HERVOUET (ex-directeur de l’ESJ Lille)

– Quelle dimension économique dans l’information politique, dans l’information sociale?

– Quelle dimension sociale dans l’information économique, dans l’information politique?

– Quelle dimension politique dans l’information sociale, dans l’information économique?

– Frontières de compétences, espaces et méthodes de coopération, conflits potentiels, organisations…

Raphaëlle BACQUE (Le Monde), Ellen SALVI (Mediapart) Nicolas CORI (Libération), Bruno FRANCESCHI (AFP), Sandra MOATTI (Alternatives Economiques), Philippe LEFEBURE (France Inter)

16h15-18h15

De quelle économie parle-t-on ?

Animation : Jérôme BOUVIER (médiateur à Radio France)

– Quel regard portent ces publics sur le traitement de l’économie dans cette période?

– Quelles « mises au placard » d’autres thèmes provoque cette priorité à l’info macro- économique? (logement, banlieue, Europe, étranger, sujets de société à dimension économique et sociale…)

Ahmed EL KHADIRI (Animafac), Nicole MAESTRACCI (FNARS), Emmanuel MERMET (CFDT), Eric FAVEY (Ligue de l’Enseignement),

18h15 – Conclusion Philippe FREMEAUX (délégué général de l’IDIES)

Inscriptions auprès de Jean-Marie Charon

 

Jean-Marie Charon
Sociologue des médias.
Président des Entretiens
de l’Information


Quand Marine Le Pen se trompe de chemin…

Ce vendredi soir, Marine Le Pen était l’invitée du Grand Journal et du Petit Journal (vidéos)

Mais, selon moi, dès le début, tout est dit lorsque la présidente du Front National se trompe de chemin.

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Avant de regarder la vidéo, ce soir, sur le site de Canal, j’ai posé une question, et malgré la réponse ci-dessous, j’ai regardé.

Alexandre Pougachev, ou comment tuer France Soir : « Je pense que je voterai Marine Le Pen »

Lorsqu’on lit d’abord un tweet, on y croit pas vraiment. Puis lorsqu’on voit le propriétaire du quotidien France Soir faire une telle réflexion, avec un petit sourire ingénu en mode « mais comment ça, cela vous surprend », on est sans voix.

Le pouvoir de la vidéo.

Pourtant, doit-on être surpris? Voici ce que déclarait à Libération Alexandre Pougachev en février :

Les idées de Le Pen me plaisent. Il y a de plus en plus d’immigration et d’insécurité en France.


Mais ce n’est pas la seule déclaration du propriétaire de France Soir. Ce dernier a aussi lâché une autre bombe, en se déclarant prêt à vendre le quotidien pour 1 euro : « S’il y a quelqu’un qui veut racheter le journal et le faire vivre en papier et s’il me dit pour un euro, moi, il n’y a pas de problème ».

Incrédules, les journalistes de LCI lui ont reposé la question, de savoir si Pougachev était bien prêt à « céder France Soir pour un euro symbolique », il a répondu « oui, tout à fait ».

Pour rappel, c’est en août dernier que le quotidien France Soir a été placé sous protection de la justice (clause de sauvegarde). En octobre, enfin, il a déclaré qu’il envisageait très sérieusement l’arrêt de l’édition papier pour se concentrer sur le web, et de devenir un acteur majeur en la matière. Une décision qui provoquerait la suppression de 89 emplois sur 127. Cette arrêt du papier est en théorie effectif à la mi-décembre.

Devant de telles déclarations, on avait vu l’ancienne directrice-générale du journal, Christiane Vulvert, proposer une énième fois un plan pour la reprise du journal avec cette fois-ci un apurement des dettes et du passif + participation du vendeur aux pertes de la première année + suppression d’une trentaine de postes)

Mise-à-jour de 16h40 : Voici la réaction de la SDJ de France Soir, qui représente plus de 80% des journalistes.
Il faut savoir que cette Société des Journalistes a été créée suite aux déclarations à Libération d’Alexandre Pougachev.

COMMUNIQUE DE LA SOCIETE DES JOURNALISTES DE FRANCE-SOIR

Paris, le 11 novembre 2011

La Société des Journalistes (SDJ) de France-Soir prend connaissance, ce jour, des déclarations de M. Alexandre Pougachev à la chaîne LCI concernant ses intentions de vote lors de la prochaine élection présidentielle.
La SDJ tient à exprimer sa vive consternation face à ce qui ressemble à une nouvelle provocation de la part d’un patron de presse sur le point de licencier 89 de ses 120 salariés et de se séparer de la version papier du titre.
A six mois de l’élection présidentielle, M. Pougachev envoie manifestement un signal fort: qu’il vote pour la candidate Front National lors de la présidentielle ne regarde que lui; qu’il l’affirme, publiquement et ès qualité, engage, malgré eux, tous les salariés de l’entreprise qu’il préside et ses journalistes en particulier.
La SDJ souhaite rappeler son attachement viscéral à l’esprit de France-Soir, quotidien fondé à la Libération, et dont les valeurs sont profondément opposées à celles que défend le Front National.
La SDJ souligne sa volonté de préserver une forme de neutralité et d’équilibre politiques. La perspective de voir disparaître un monument de la presse française à la mi-décembre se double donc, désormais, d’une autre crainte: celle de laisser émerger à sa place un organe faisant ostensiblement la promotion du Front National. Il y a là, aux yeux de la SDJ, un double danger pour la démocratie qui ne doit pas laisser insensibles les pouvoirs publics.
En tout état de cause, et quel que soit l’avenir de France-Soir, la SDJ tient à affirmer qu’elle luttera jusqu’au bout pour que le titre, dans ses versions papier et numérique, conserve son indépendance et sa liberté de ton, et ne devienne jamais la tribune des thèses défendues par le Front National.

Mise-à-jour de 17h15 : De son côté, le syndicat Info-Com-CGT de France-Soir, déclare que le « faux-nez du projet Pougachev vient de tomber ».
« Pour le milliardaire, le repreneur idéologique de France-Soir, c’est le Front national! », a ajouté le syndicat, qui évoque une « nouvelle dérive » après la publication de communiqués validant « les déviations d’une ligne éditoriale populiste nauséabonde », selon lui.
« Jamais le Comité Inter CGT et Info’Com CGT ne pourront accepter que France-Soir devienne un nouveau canal des thèses de l’extrême droite », met en garde le syndicat.

Sources : Twitter, Libération, AFP, LCI, SDJ France Soir

LePost.fr et LeMonde.fr vus par Raphaëlle Bacqué

Ce jeudi, les personnels du Monde interactif ont décidé de voter la grève à l’issue d’une assemblée générale.

C’est la suite de l’action lancée depuis lundi

La question posée lors de l’AG était :

« Êtes-vous favorable à une grève pour demander le respect de l’ensemble des engagements sur les contrats, soit les sept CDI « 

64 votants
oui 68,75%
non  25%
blancs 6,25%

Le 21 février 2011, les CDD, CDI et pigistes travaillant au Monde.fr et au Post.fr étaient donc descendus devant les locaux du Monde, boulevard Blanqui.

Raphaëlle Bacqué, Grand reporter au Monde, ne participait pas à l’événement, mais a bien voulu répondre à nos question à sa sortie du journal.

Mes excuses pour le son, pourri.

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Le Post

Le Post est un site qui fonctionne en totale autonomie, mais qui n’a pas de communauté rédactionnelle avec Le Monde

LeMonde.fr

Aujourd’hui tout le monde est très conscient aussi bien sur le papier que sur le web, que nous sommes vraiment une communauté et que nos destins sont liés, et partagés. On est très solidaires, et c’est important que lemonde.fr soit un élément extrêmement dynamique comme le papier aussi qui doit se renouveler.

Louis Dreyfus, nouveau président du directoire

J’espère qu’on va pouvoir redynamiser absolument tout le groupe et de pouvoir faire en sorte de sauver aussi l’information. [Elle est en danger]. A la fois la gratuité met en danger le principe même de l’économie de l’information et puis le fait qu’ aujourd’hui la définition même de ce qu’est le journalisme est beaucoup plus floue. Et c’est pour çà qu’aussi bien au Monde.fr qu’au Monde papier nous avons la même vision de ce qu’est le journalisme et l’information.

Un blog sur LeMonde.fr?

Je ne fais pas de suivi quotidien, je fais plus du magazine. J’ai un mode d’écriture qui est un peu différent, je suis d’ailleurs une des rares à faire ça dans le journal.

Twitter

Je pense qu’il faut échapper à l’excitation de l’instant. Je pense qu’il faut j’ai pas envie de tomber moi dans l’excitation de l’instant.

L’émancipation éditoriale de France Télévisions, avant 2012, s’il vous plaît!

De manière quasi automatique, lorsqu’on en vient à parler des coulisses de France Télévisions, le mot « Elysée » ne tarde pas à être prononcé.

Sarkozy ici, Guéant là, les conseillers qui tirent les ficelles, les coups de téléphone passés à la direction, le savon adressé à un directeur général… Les dernières années nous ont fourni de la matière à n’en plus finir pour alimenter le débat autour des pressions exercées par le Président de la République et son entourage sur la télévision publique et ses dirigeants.

La nomination d’un nouveau Président à la tête du groupe n’aura en rien apaisé cet état de faits, pourtant c’est avec lui que France Télévisions devra retrouver de la superbe dans sa crédibilité à l’heure où se forment les rangs pour la campagne présidentielle de 2012.

Arlette Chabot, journaliste chevronnée

Le dernier séisme en date dans la maison, c’est le départ d’Arlette Chabot. D’accord, cet événement n’est pas une surprise. On savait Arlette en sursis depuis l’arrivée de Rémy Pflimlin, moment où elle avait été écartée de son poste de directrice de l’information. Lui restait alors l’animation du programme politique phare de la chaîne, ‘A vous de Juger’. Ce n’était donc pas une surprise, juste une question de semaines. Mais Arlette était un pilier et l’histoire s’arrêterait là si le peu de sympathie de Nicolas Sarkozy pour Arlette Chabot n’était pas connu depuis un accrochage qu’ils avaient eu en marge d’une interview à New-York en septembre 2009.

Après les tensions entre Nicolas Sarkozy et un Patrick de Carolis ex-président de FTV rebelle aux injonctions élyséennes (en particulier la dernière année de son mandat), après l’épisode des propos ‘off’ du Président de la République ramenés à la lumière du ‘on’ par un technicien de France 3… France 2 débarque donc sa journaliste politique la plus chevronnée un peu plus d’un an avant l’élection présidentielle et va devoir regagner ses galons d’impartialité dans ce contexte.

Car la question qui se pose pour France Télévisions dans les mois à venir, c’est de savoir si ses chaînes seront capables de faire montre d’une totale indépendance dans leur programmation et dans leur ton politique.

Liberté de ton

Posons la question de manière plus concrète. Ce mercredi 16 février, Le Monde a publié un édito engagé appelant à la démission de Michèle Alliot-Marie de son poste de Ministre des Affaires Etrangères suite à ses aventures tunisiennes. Fabien Namias, nouveau rédacteur en chef des services politique et économie de la rédaction de France 2, aurait-il par exemple pu prendre cette position lors de l’une de ses interventions sur le plateau du journal de 20h ?

Ce type de prise de position est certes un travail généralement fait par la presse mais est-il illégitime de l’imaginer réalisé par la télévision quand l’exercice repose sur des faits ?

Druckerisation

Difficile de répondre par la positive à cette question tant l’image politique de France 2 – arrêtons-nous à la chaine emblématique du groupe – est associée à la fois à la cacophonie de soirées électorales ainsi qu’à un traitement lisse des idées politiques et de leurs détenteurs dont le coupable se nomme Michel Drucker. Cette « druckerisation » – comme on a pu l’entendre parfois – du débat politique fait mal au travail effectué par les journalistes de la rédaction car c’est l’émission du dimanche soir qui fait les audiences, pas leurs sujets. L’indépendance éditoriale est encore loin quand elle rime avec édulcoration.

Alors forcément, les pressions de l’Elysée sur FTV ne risquent pas de concerner Michel Drucker, pas plus que Pierre Sled, fraichement arrivé à la direction des programmes de France 3 et dont la personnalité n’est pas exactement l’antidote à une démarche lisse.

Quel plateau TV politique pour 2012, chez France Télévisions?

Il n’en est en revanche pas de même pour les Guillaume Durand, Frantz-Olivier Giesbert ou Laurent Ruquier, habitués eux aussi à recevoir des personnalités politiques et dont le poids médiatique pourrait emmener le groupe dans la bonne direction. Il sera ainsi très intéressant de voir à quel point France Télévisions comptera sur ces journalistes et/ ou animateurs dans les prochains mois alors qu’ils ne sont pas dans les petits papiers des conseillers de l’Elysée. Bien entendu, respect du temps de parole oblige, ils ne pourront plus recevoir d’hommes ou de femmes politiques pendant les dernières semaines de la campagne présidentielle, mais quelle marge de manœuvre leur laissera-t-on entre septembre 2011 et avril 2012 ?

Au centre de cette reconstruction éditoriale, Arlette Chabot partie et la suppression de son émission annoncée, quel programme politique phare pour remplacer ‘A vous de Juger’ et ainsi faire l’événement ? Avec quel format ? Qui aux commandes ? Et quel ton ?

Car c’est un ton que France 2 devra se trouver, un ton intègre, impartial et transparent derrière lequel aucun soupçon de filiation présidentielle ne devra apparaître.

Il existe, c’est vrai, un programme auquel on ne peut pas faire ce reproche : il s’agit de ‘Mon Œil’, format impertinent qui raconte l’actualité de la semaine écoulée à la manière de son auteur Michel Mompontet. Cet OVNI est diffusé le samedi à 13h15 (pas vraiment un carrefour de l’audience) et ne dure qu’à peine 8 minutes… bien peu pour convaincre de quoi que ce soit quant à l’indépendance éditoriale de la télévision publique.

Rémy Pflimlin a mis au cœur de ses chantiers pour France Télévisions le renforcement de l’identité de chacune de ses chaînes. S’il ne veut pas voir ses efforts rester vains, il devra compter sur cette émancipation éditoriale. Cela ne se fera pas sans tensions, mais cette démarche relève aussi du devoir. Car c’est une mission de service public que de pouvoir présenter à ses téléspectateurs des enjeux politiques clairs et sans filtre idéologique préalable, leur permettant de mieux comprendre et de choisir de manière autonome.

Si la télévision publique refuse ce combat et ce travail de décryptage, elle aura failli.

Florian Courgenouil

Amoureux des médias (les nouveaux comme les autres)Florian Courgenouil entretient également une relation professionnelle avec le e-marketing sans renier sa formation politiste. Il concilie ses passions ici : http://www.lestentatives.com

« L’iRiposte ça n’existe pas » ou comment l’UMP tente de se défendre sur la toile

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Capture d’écran du site de l’iRiposten Edité par Jérémy Collado

Pendant trois jours, les étudiants de 2e année ont enquêté sur la iRiposte de l’UMP, comprendre la mobilisation des militants en ligne.

Sus à la “gauchosphère”! C’est le leitmotiv de Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires qui a lancé fin août la “iRiposte”. On aurait pu imaginer des cohortes de militants au service du général Sarkozy, armés de leur Macbook, se lançant dans la bataille sur Twitter, Facebook et les sites d’infos. Mais au lieu d’une victoire à la Austerlitz, la iRiposte s’est fait railler dès le début comme un fail type Waterloo.

Anecdote, les Jeunes Pop ont oublié d’acheter le nom de domaine i-riposte.fr et une version parodique du site est déjà en ligne. Avec des vidéos de Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la solidarité qui se déhanche, les plus belles citations de Frédéric Lefebvre, le Porte-parole de l’UMP, ou des parodies de Groland et du Petit Journal. Oups. Mais des semaines après, les iRiposteurs ont-ils fourbi leurs armes?

« On va voir une cinquantaine de militants dans toute la France”


Aujourd’hui, contrairement à l’objectif annoncé par Benjamin Lancar, c’est plutôt “une vingtaine” d’après Patrick D’Agostino, responsable web des Jeunes Populaires. “Il y a une équipe technique chargée de créer de nouvelles plates-formes, des professionnels du web mais il n’y a pas de cellule”, précise Matthieu Creux, délégué national des Jeunes Pop mais aussi co-fondateur d’iStrat, une agence spécialisée dans l’influence sur le web. Il est, avec Thomas Kolbé, coordinateur de l’équipe web formée il y a deux ans par les Jeunes Pop.

Au delà de ce noyau dur, d’autres militants s’engagent dans les fédérations. Mais combien vont vraiment “riposter”? “Je ne sais pas combien, répond Matthieu Creux. On envoie parfois des mails pour signaler des articles contre nous, mais on ne peut pas dire combien lisent ces mails et vont effectivement répondre aux attaques”. Aucun militant n’est présent sur le web à temps plein, et le travail se fait sur le temps libre, bénévolement, affirme-t-il. Comment s’organise cette petite troupe? “On fonctionne par boucle mail, par GoogleDoc. On ne fait pas de réunion régulière.” explique Thomas Kolbé.

Les responsables reconnaissent donc que les moyens sont plutôt artisanaux. Ce qui ne manque pas de faire sourire des gens comme Emery Doligé, blogueur classé à droite et conseiller en marketing digital: “Un jour, j’ai rencontré Benjamin Lancar à Europe 1, raconte-t-il. Il me salue et me dit: ‘Je vous présente l’iRiposte’ en montrant quatre mecs qui étaient avec lui. C’est une bonne blague.”

« Il faut qu’on se saisisse d’Internet”

Une autre point important de la iRiposte telle qu’annoncée par Benjamin Lancar concerne la formation des militants. Comment se servir des outils Internet, comment faire de la veille sur le web? Matthieu Creux est chargé de sensibiliser les militants des Jeunes Pop lors de déplacements dans les fédérations.

Pour le moment, toutes ne l’ont pas encore accueilli. “Il n’est pas encore venu, mais c’est prévu pour janvier, explique Marine Courtaut, responsable départementale des Jeunes Pop du Rhône. Mais il y a eu des formations à Port Marly”. En effet, le campus d’été des Jeunes Pop à Port Marly a été l’occasion de débuter cette formation. Le blogueur Emery Doligé était présent pour donner son point de vue sur l’utilisation d’Internet par les jeunes de droite. “Je leur ai dit que s’ils voulaient arriver à la cheville de la gauche, il fallait utiliser Twitter, leur statuts Facebook pour dire qu’ils étaient de droite et soutenir le gouvernement.” Le message est-il bien passé? “A l’applaudimètre, j’ai gagné” estime le blogueur. Mais pour le moment, celui-ci affirmer pourtant ne pas avoir vu de différence. La responsable local Marine Courtaut se rappelle d’avoir été plus active pendant la dernière élection: “Notamment pendant les régionales, j’allais beaucoup répondre aux articles. Par exemple un article sur un élu de la région, j’allais riposter.” “Hors période de campagne, le militant de droite ne fait rien sur le web,” diagnostique Emery Doligé.

“Une équipe répondra sur Twitter”

Sur la plateforme de microblogging, pas de raz-de-marée Jeunes Pop depuis le lancement de la i-riposte. D’ailleurs, un faux compte “iriposte” parodie l’initiative de Benjamin Lancar:

Capture d'écran compte parodique iRiposte

Le réseau compte cependant quelques dizaines de comptes Jeunes Pop actifs. @JeunesPopkemon,
un compte anonyme clairement moqueur envers les Jeunes Pop, et qui s’est fixé pour mission de recenser tous les jeunes UMP présents sur Twitter, en recense une centaine. Par ailleurs, l’objectif consistant à doter chaque fédération départementale d’un compte Twitter n’est que partiellement atteint : nous n’avons trouvé qu’une quinzaine de comptes Twitter de fédérations, dont une moitié est inactive, comme celle de Marseille dont le dernier Tweet date  du 9
avril.

Capture d'écran Twitter des Jeunes Pop de Marseille

Il y a pourtant certains Jeunes UMP actifs sur Twitter, comme @Bastienregnier qui défend bec et ongles la politique du gouvernement et les ministres lors des “live tweet” des questions au gouvernement.

Capture d'écran d'un tweet de Bastien Régnier

Cependant, le jeune homme assure être “naturellement attiré par les nouvelles technologies” et “n’avoir reçu aucune incitation à twitter depuis le lancement de l’iRiposte”. “Pour instant !”, tempère le militant.

Patrick Dagostino, membre du noyau dur de l’équipe web des Jeunes Pop chapeaute l’initiative #QAG. Lors des questions au gouvernement, les militants visent à “live twitter” : répondre en direct sur Twitter aux accusations portées par l’opposition dans l’hémicyle, et mettre en avant les qualités de leurs ministres. La timeline #QAG ne comptait pas beaucoup de Jeunes Pop ce mercredi 3 novembre.

Capture d'écran #QAG

“Nous allons animer des sites un peu durs sur la gauche”

Oh my god, un nouveau site! Un des prochains projets web évoqués par les Jeunes Pop, c’est OMG: “l’Observatoire des Mensonges de la Gauche”. Un site qui reste aujourd’hui entouré de mystère. Est-il terminé? “C’est à l’état de projet. Avancé ou pas, je ne vous dirai pas” répond Matthieu Creux. Quand sera-t-il mis en ligne? “On ne se fixe pas de deadline”. L’objectif est de créer l’évènement comme lors du lancement de la PS-Academy pendant le congrès de Reims, site parodique qui a fait la fierté de Jeunes Pop.



PS Academy
envoyé par ps-academy. – L’actualité du moment en vidéo.

OMG sera probablement attendu au tournant, puisque annoncé cet été par Benjamin Lancar. Mais d’après Jean-Lionel Nogues, responsable des Jeunes Pop de Haute Garonne et graphiste pour la « iForce », le site s’appuiera sur un blog de type WordPress, avec un thème dont il se charge de préparer le logo. Là encore, les moyens semblent limités. Pour Xavier Moisant, webmaster du site de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 2002, c’est même carrément ringard. “Il fallait faire des sites parodiques type PSstory ou OMG en 2000, juge-t-il, aujourd’hui il faut produire son propre contenu, comme des vidéos défendant une réforme et critiquant le projet du PS et le faire circuler via les réseaux sociaux.” Dans un autre registre, la genèse-même de l’idée de ce site trouve contestation en interne. « On a fait la même chose avant eux sur notre site jeunessarkozystes.fr, assure Mike Borowski, virulent opposant à Benjamin Lancar aux dernières élections pour le président des Jeunes Populaires, la chasse à la rumeur de la gauche, ce n’est pas une nouveauté, ils ont fait du copier-coller ! » De fait, sur le site des jeunes sarkozystes, une « chasse à la rumeur » est annoncée depuis mai 2010. Suivent trois rumeurs de la gauche et à peine plus de commentaires.

chassealarumeur

“Nous dénoncerons les manipulations médiatiques, répondrons aux commentaires”

Pour diffuser les idées de la majorité présidentielle, Benjamin Lancar avait évoqué l’idée de charger des militants de répondre aux commentaires sur les sites Internet d’information. Il s’agissait de remettre à leur place les internautes trop critiques envers le gouvernement ou encore de dénoncer la partialité de tel ou tel journaliste en bas de son article “du type (ceux de) Marianne” selon le président des Jeunes Pop’. Dans les faits, Antoine Daccord, chargé de l’animation de la communauté du Figaro.fr, ne voit jusqu’ici aucune différence. “L’opération iRiposte est invisible, elle est absorbée par la masse des commentaires. Nous recevons environ 300 000 commentaires par mois. D’ailleurs, les commentaires militants sont souvent identifiés par les lecteurs qui les apprécient peu et leur reprochent souvent de ne pas jouer carte sur table”.

Capture d'écran commentaire sur lefigaro.fr

“Grâce à Internet, les Jeunes Populaires seront les lieutenants de la campagne de Nicolas Sarkozy”

“Quelle erreur d’avoir communiqué sur l’iRiposte, analyse Arnaud Dassier, responsable de la campagne web de Sarkozy en 2007 et toujours acteur de la comm’ web politique avec sa propre agence. Il aurait mieux valu s’organiser en interne et occuper le terrain sur Internet sans en parler. Maintenant, ils sont attendu au tournant et ont mis la barre trop haut”. Une stratégie plus discrète aurait pu éviter la parodie de i-riposte.fr et la création du faux compte twitter.

Capture d'écran site parodique iRiposte.fr

Quand in fine nous revenons vers Matthieu Creux, des Jeunes UMP, pour lui faire part de notre bilan, celui-ci choisit clairement de relativiser: “Laissez-nous le temps! L’iRiposte est hyper récente. Ça ne se fait pas en deux jours.” De fait, il assume : “L’iRiposte ça n’existe pas. Il n’y a pas d’équipe. C’est une lubie journalistique… A l’heure actuelle c’est une coquille vide! ” Pour autant, Matthieu Creux insiste sur le fait que cela ne l’empêche pas de dormir: “Le fait d’être moqué sur Internet, on s’en fiche. Quand on est moqué, les gens parlent de nous. Ça nous fait de la pub.

Judith Duportail et Maxime Cuny
sont Etudians en journalisme à Sciences Po.
Article publié à l’origine sur le site de l’école de journalisme de Sciences Po sous le titre :
L’iRiposte des jeunes UMP: une « coquille vide » et alors?
Retrouvez les auteurs sur Twitter : @
JudithDuportail @maximecuny