Bernard Mourad veut « éviter à la France l’embarras d’un non-choix » et rejoint Emmanuel Macron

Gilles Fontaine l’annonçait en exclusivité dans Challenges :

Bernard Mourad, le patron d’Altice Media Group va abandonner ses fonctions dans les prochains jours pour rejoindre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron comme conseiller spécial. Son départ, confirmé par plusieurs sources, devrait être annoncé officiellement dans les prochains jours. Ce proche de Patrick Drahi a choisi de démissionner pour éviter tout conflit d’intérêt dans ses nouvelles missions auprès de l’ex ministre de l’Economie, un ami de plus de 15 ans.

L’intéressé s’en est expliqué sur Facebook :

bernard-mourad-fb-sourceChers amis,

j’ai décidé de démissionner de toutes mes fonctions au sein du groupe Altice afin de me consacrer pleinement à un engagement citoyen, en tant que conseiller spécial auprès d’Emmanuel Macron.

J’ai eu l’honneur, comme Président d’Altice Media Group, puis Vice-Président de SFR Presse, Directeur Général Adjoint de SFR Media et responsable du développement d’Altice Media International, de travailler avec des équipes de très grande qualité et de participer à la construction d’un groupe de médias et télécoms de premier plan. À ce titre, je tiens à remercier chaleureusement Patrick Drahi pour sa confiance et son amitié depuis plus de 10 ans.

Pour des raisons d’éthique personnelle et professionnelle, j’ai considéré que mon engagement auprès d’Emmanuel Macron était incompatible avec l’exercice de fonctions dirigeantes dans un groupe de médias. C’est pourquoi j’ai demandé que ma démission prenne effet immédiatement, en renonçant à toute rémunération. Je précise par ailleurs que j’exercerai mes fonctions auprès d’Emmanuel Macron à titre bénévole, et ne percevrai aucune rémunération publique ou privée à ce titre.

Au-delà de l’amitié qui nous lie depuis plus de 10 ans, j’ai décidé de m’engager pleinement auprès d’Emmanuel Macron car la situation du pays exige, à mes yeux, une mobilisation de toutes les forces vives de la société civile, trop longtemps éloignées de la vie publique par un système partisan archaïque, enfermé dans des clivages désormais dépassés, des postures tacticiennes et artificielles qui ne visent le plus souvent qu’à l’auto-préservation de positions statutaires plutôt qu’à la construction d’un projet politique ambitieux pour les générations futures.

D’où une profonde défiance de nos concitoyens vis-à-vis d’une classe politique enfermée dans l’entre-soi, incapable d’auto-critique et de renouvellement. D’où, aussi, une montée en puissance sans précédent des extrémismes, sur fond de débats identitaires souvent grossièrement instrumentalisés, qui conduisent à diviser notre pays au moment où nous devrions – plus que jamais – nous rassembler. Et retrouver un horizon commun, un véritable projet de société dans un monde en pleine transformation et en quête de sens.

De par mon parcours personnel, j’entretiens un rapport passionnel à la France. Cette France qui m’a accueilli à l’âge de deux ans, protégé d’une guerre civile, permis d’être éduqué dans Ies écoles de la République et de bénéficier de cet ascenseur social- qui est désormais, hélas, en panne. C’est cette France que je souhaite à mes enfants et à tous les enfants de France, quelles que soient leurs origines. Et c’est aussi pour cela que j’ai décidé de m’engager — comme citoyen et comme père.

Une nouvelle offre politique, authentiquement progressiste, fondée sur l’égalité des chances et des opportunités, récompensant le risque plus que la rente, ouverte sur le monde tout en demeurant fidèle à notre histoire et à nos valeurs, est aujourd’hui nécessaire pour transformer profondément notre pays. Pour le refonder et le réconcilier.

Partout en Europe et dans le monde, le changement est à l’oeuvre, tant d’un point de vue générationnel qu’idéologique — la France fait exception.

Chacun, à sa mesure et selon ses moyens, peut contribuer à ce renouveau démocratique, et éviter à notre pays l’embarras d’un non-choix — ou pire -dans 7 mois. J’ai décidé d’y prendre ma part aux côtés d’Emmanuel Macron.

BM

Source : Libération

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