Catégorie : Actu

vaies-fausses-interviews-Benjamin-Polle

Haro sur les vraies fausses interviews

Un média dans les années 2010. Une entreprise de presse reconnue par la commission paritaire des publications et agences de presse, qui dit qui fait de la presse et qui n’en fait pas en France.

Une personnalité, qui est aussi abonnée de ce média, a pris l’habitude de s’y faire interviewer à échéances régulières, en contrepartie tacite de sa fidélité commerciale audit média. Lui et l’organisation qu’il dirige représentent une petite part du chiffre d’affaires du dit média.

La première année, avant son interview, il demande à recevoir les questions de l’interview et à relire les questions et les réponses avant publication. Précaution lui est donnée par la rédaction du dit média de n’apporter que des modifications factuelles au texte. L’année suivante, il fixe le sujet de l’interview, reçoit comme à l’accoutumée les questions, relit comme à l’accoutumée les questions et les réponses et ordonne d’avoir la main sur le titre. La troisième année, il s’interroge sur l’utilité du temps passé à donner l’interview et se demande si elle ne devrait pas être rédigée par ses équipes tout simplement, clé en main pour la publication.

Un autre média. Un ministre qui a obtenu, en appelant le directeur de la publication, que son intervention lors d’une réunion onusienne sans intérêt la semaine suivante fasse l’objet d’un avant-papier sur une double page. Joie du journaliste qui se récupère la boule puante. Interview soporifique parce que sujet soporifique. Le texte est évidemment naze et le cabinet de la ministre fait en plus le forcing pour tout récrire. Avec scène ahurissante d’un téléphone hurlant avec un ministre au bout qui voue aux gémonies les journalistes qui n’apporteront pas les corrections demandées, l’heureux journaliste ayant renoncé à tenir le crachoir un instant de plus. Elles seront apportées, l’interview publiée sur une double page et le journaliste remercié par le ministre avec l’assurance d’un retweet de son cui-cui ministériel aux dizaines de milliers de suiveurs.

Toute ressemblance avec des médias existants serait évidemment fortuite. En presse écrite, la pratique de la relecture n’est pas nouvelle. D’ailleurs en traînant ses guêtres dans quelques rédactions, elle est admise partout : les journalistes râlent de s’y astreindre, et les interlocuteurs des journalistes – chargé.e.s de relation presse, communicants de tous poils, interviewé.e.s – y vont tous d’une seule voix. « Vous me passerez les questions ? Vous me ferez relire ? ». Et très souvent la réponse est oui.

Parce qu’on ne veut pas louper une pointure dont le nom est de toute façon « bankable », parce que la personne interviewée a ses entrées dans le média, parce que la personne interviewée a une influence politique / commerciale certaine sur le média… Quelle qu’en soit la raison, la très grande majorité des interviews sont relues. Ce qui interroge de manière plus générale sur le genre de l’interview, qui dans ces conditions de relecture drastique donnent souvent des textes faibles, policés, sans informations, en un mot des textes chiants. Libération, en 2012, avait fait un topo qui n’a pas pris une ride.

Le sujet rebondit haut en ce début d’année puisque plusieurs médias – enfin à vrai dire deux médias – ont publiquement assumé de ne pas publier des interviews aux accents de publireportage.

La Voix du Nord, mi-janvier, annonçait mettre un terme pur et simple aux relectures d’interviews dans ses colonnes au motif que pour nombre de responsables politiques « la relecture est devenue un exercice de réécriture ».

Lundi 2 avril, au tour du quotidien Les Echos de sonner la charge : dans un article de synthèse sur le pari du gouvernement au moment de lancer sa réforme de la SNCF, on apprend que le quotidien économique a tout bonnement refusé – mi-mars – de publier une interview de la ministre des Transports Elisabeth Borne, tant les services du Premier ministre l’avaient réécrite.

Le signal envoyé est important : certes l’indépendance de la presse est souvent mise à mal, mais les rédactions restent truffées d’individus attachés à honorer le journal pour lequel ils collaborent. A minima conscients, voire fiers, qu’on ouvre encore un journal en espérant se faire moins bananer que lorsqu’on lit la dernière liasse de prospectus commerciaux tombés dans sa boîte en lettre. Ministre ou pas.

Deux possibilités à présent. L’ensemble des médias empruntent la voie tracée par la voix et bannissent les relectures – ce que le New York Times a mis noir sur blanc en 2012 et ce que prévoit la charte d’éthique et de déontologie du Monde. On peut rêver.

Option plus probable : business as usual au pays de la relecture. Ce qui ne doit pas valoir censure. À condition que la personne interviewée comprenne les règles du jeu et les respecte. Avec une menace en cas de tentative éhontée de pipi froid : la non-publication. Une menace remise au goût du jour, et c’est tant mieux.

Benjamin Polle
Journaliste
https://twitter.com/B_Polle

Photo par Elijah O’Donell sur Unsplash

Journalism Trust initiative

RSF et ses partenaires créent la « Journalism Trust Initiative (JTI) » pour lutter contre la désinformation

Un dispositif d’autorégulation des médias visant à lutter contre la désinformation en ligne, la Journalism Trust Initiative (JTI), vient d’être lancé par Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires, l’Agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN).

Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, la directrice de l’information de l’Agence France-Presse (AFP), Michèle Léridon, le directeur général de l’Union européenne de radio-télévision (UER), Noël Curran, et le président du Global Editors Network (GEN), Peter Bale (par vidéo), ont annoncé lors d’une conférence de presse organisée le 3 avril 2018 à Paris le lancement d’une initiative d’autorégulation innovante, la Journalism Trust Initiative (JTI), que l’on peut traduire en français par Initiative pour la fiabilité de l’information, qui vise à favoriser le respect des processus de production journalistique et à donner des avantages concrets à ceux qui les mettent en œuvre.

“ Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies : la défense du journalisme suppose de renverser la logique en donnant un avantage réel à tous ceux qui produisent des informations de manière fiable, quel que soit leur statut”, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

La Journalism Trust Initiative consiste à créer un référentiel pour le journalisme sous la forme d’indicateurs sur la transparence des médias, l’indépendance éditoriale, la mise en œuvre de méthodes journalistiques et le respect des règles déontologiques. Ces normes (ou “standards”) seront établies dans le cadre d’un processus concerté sous l’égide du Comité européen de normalisation (CEN), ouvert à compter du 3 avril 2018 aux acteurs concernés du secteur : médias, associations et syndicats professionnels, instances d’autorégulation comme les conseils de presse et les organismes de réglementation, ainsi que plateformes numériques, annonceurs et représentants des intérêts des consommateurs. Ces normes sont destinées à devenir une référence en matière d’autorégulation des médias et de bonnes pratiques pour tous ceux qui produisent des contenus journalistiques, qu’il s’agisse de blogueurs ou de groupes de médias internationaux. L’adoption des règles ouvrira la voie à un processus de certification.

Nous avons conçu un dispositif d’autorégulation fondé sur une analyse globale du champ de l’information, qui permet de relier les aspects déontologiques aux questions économiques. Nous croyons profondément que notre initiative contribuera à favoriser l’intégrité du débat public en garantissant le pluralisme le plus large”, a ajouté Christophe Deloire.

Des avantages pourront ainsi être attachés à la qualité et à l’indépendance du journalisme à travers une distribution et un traitement privilégiés par les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux, avec pour résultat une meilleure visibilité, une plus grande portée et de plus importantes recettes publicitaires. Des représentants des annonceurs, soucieux d’établir une “liste blanche” de médias auxquels associer leur image, ont par ailleurs affirmé leur intérêt pour l’initiative, qui pourrait leur fournir des critères pour affecter leurs dépenses publicitaires. Le dispositif pourrait aussi servir de référence pour les aides publiques à la presse, offrant ainsi aux médias des sources de financement complémentaires. Il pourra être utilisé par des organes de régulation et servir de base à un label des médias de confiance.

« L’AFP, agence de presse mondiale et multimédia dont la mission est de fournir “une information exacte, impartiale et digne de confiance”, place le combat contre la prolifération des manipulations et fausses informations au coeur de sa mission, souligne la directrice de l’information de l’Agence France-Presse Michèle Léridon. Leader du projet CrossCheck qui a permis à une quinzaine de médias de lutter contre la désinformation avant l’élection présidentielle française, partenaire de différents projets contre les “fake news”, membre du groupe d’experts de l’Union européenne sur la désinformation, l’AFP se félicite de participer au programme Journalism Trust Initiative pour la défense d’une information fiable et de qualité. »

« Alors que le prochain Règlement général européen relatif à la protection des données (RGPD) est prêt à montrer au monde entier l’unité des Européens en matière de protection de la vie privée, cette initiative de RSF est plus que bienvenue, a déclaré Bertrand Pecquerie, directeur général du GEN. Il est évident que nous avons besoin d’une plus grande transparence sur les fournisseurs de contenu, et nous nous accordons sur le fait qu’une référence volontaire et autorégulatrice pour l’ensemble des sources de contenu journalistique constitue une partie de la solution. Le Global Editors Network est prêt à participer – avec d’autres organisations de presse – à la discussion ouverte par la Journalism Trust Initiative »

Le directeur général de l’UER, Noel Curran, a ajouté : « L’UER estime que la présence en ligne d’organisations de médias de service public est essentielle pour soutenir une citoyenneté informée et représente un outil essentiel pour lutter contre la propagation de fausses nouvelles. Un journalisme digne de confiance et de qualité est la marque des médias de service public et l’UER soutient pleinement cette initiative qui aidera le public à identifier des sources fiables et à soutenir un journalisme de qualité. »

Le Groupe de travail du CEN sera présidé par Claudio Cappon, ancien directeur général du radiodiffuseur public italien RAI, tandis qu’Olaf Steenfadt, ancien journaliste des chaînes allemandes ARD et ZDF, représentera RSF. Le “Plan de projet” publié aujourd’hui sur le site Web du CEN est dès aujourd’hui soumis aux commentaires et à l’approbation de tous les groupes concernés. Ceux qui soutiendront le document seront ensuite appelés à collaborer pendant une période de 12 à 18 mois, afin d’élaborer les indicateurs, et ce sous l’égide de l’organisme français de normalisation, l’Association française de normalisation (AFNOR), et de son équivalent allemand, le Deutsches Institut für Normung (DIN).

La Fédération européenne des journalistes (FEJ), associée aux réflexions, a formulé des propositions qui ont été prises en compte. Dès septembre 2017, RSF organisait à Bruxelles une consultation préparatoire avec, outre les partenaires, l’Ethical Journalism Network (EJN), la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), les médias publics néerlandais (NPO/KRO-NCRV), la chaîne allemande ARD, la European Magazine Media Association, RTL Group, l’Association des télévisions commerciales en européennes (ACTE), la European Newspaper Publishers’ Association, EMMA/ENPA, News Media Europe (NME), l’Association mondiale des journaux (WAN-IFRA), la European Association of Communication Agencies, le Center for Media, Data and Society (CMDS) à la Central European University (CEU) de Budapest, l’Observatoire de la Déontologie de l’Information (ODI), le World Economic Forum (WEF) et le Bureau du Haut représentant de l’OSCE pour la liberté des médias. En février 2017, une réunion de travail était également organisée à Oxford à l’initiative du Reuters Institute for the Study of Journalism.

« Nous soutenons et encourageons pleinement les initiatives qui garantissent aux marques des environnements numériques sûrs et dignes de confiance. Nous saluons les programmes qui, comme celui-ci, tendent vers plus de transparence, et nous sommes impatients de suivre son évolution », affirme par ailleurs dans une déclaration à RSF Stephan Loerke, le PDG de la Fédération mondiale des annonceurs (FMA).

Reporters Sans Frontières (RSF) est une organisation internationale non-gouvernementale de défense du journalisme. Reconnue d’utilité publique en France, RSF bénéficie d’un statut consultatif à l’ONU, à l’Unesco, au Conseil de l’Europe et à l’Organisation internationale de la francophonie. Le siège à Paris travaille avec des bureaux à Londres, Washington, Rio, Tunis et Taipei, des sections en Allemagne, Autriche, Espagne, Finlande, Suède, Suisse et des correspondants dans 130 pays .

L’Agence France-Presse ( AFP ) est une agence d’information mondiale fournissant une couverture rapide, vérifiée et complète en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie des événements qui font l’actualité internationale. Des guerres et conflits à la politique, à l’économie, au sport, au spectacle jusqu’aux grands développements en matière de santé, de sciences ou de technologie.

Le Global Editors Network (GEN) est la principale organisation qui encourage l’innovation dans les médias pour les éditeurs de toutes les plateformes – imprimées, numériques, mobiles ou diffusées -. GEN est une communauté de plus de 4 000 rédacteurs en chef et innovateurs médiatiques engagés dans le journalisme durable à travers une variété de programmes conçus pour inspirer, se connecter et partager. C’est une association non gouvernementale à but non lucratif.

L’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) est la plus grande alliance de médias de service public (MSP) dans le monde. Nous comptons 73 Membres dans 56 pays, ainsi que 33 Affiliés en Asie, en Afrique et sur le continent américain. Nos membres exploitent environ 2000 services – télévision, radio et service en ligne – dans plus de 120 langues à l’intention d’un public potentiel de plus d’un milliard de personnes. Parmi nos activités figurent l’Eurovision et l’Euroradio.

 

Jean-Marie CHARON

VIDEO – Avec « Rédactions en invention », Jean-Marie Charon fait le point sur les mutations des médias d’information

Jean-Marie Charon vient de sortir un nouveau livre. Cela s’appelle « Rédactions en invention », chez UPPR Editions. Le sociologue des médias y fait le point sur les mutations des médias d’information. Nous l’avons rencontré lors des Assises du Journalisme 2018, à Tours.

Vous pouvez aussi lire ou relire les articles de Jean-Marie Charon sur l’Observatoire des Médias :

Voici son interview, en mode vertical, pour vos téléphones.

 

La liberté d’expression n’est pas une dérogation

Le projet de texte visant à transposer en droit national la directive européenne dite secret des affaires fragilise le droit du citoyen à être informé et la liberté d’expression.

L’Observatoire des Médias relaie la publication du Spiil.

Le Spiil regrette que la primauté du droit à être informé sur le droit aux secrets ne soit pas exprimée avec suffisamment de clarté dans la proposition de loi. Là où le législateur français considère la liberté d’expression comme une “dérogation”, le texte européen, lui, affirme sans ambiguïté et dès son premier article cette primauté.

Ce manque de clarté crée un risque majeur, celui d’une multiplication des procédures contentieuses. Les éditeurs de presse, souvent de très petites tailles, n’ont pas les moyens de soutenir des procédures abusives. Or certains acteurs économiques sont friands de ces “procès-baillon”. Cette confusion risque donc de générer un comportement d’auto-censure, préjudiciable à notre démocratie.

Si l’enjeu de ce texte est bien de veiller à l’équilibre entre deux droits, celui d’informer et celui de maintenir des secrets pour les entreprises, alors le Spiil demande au législateur et aux pouvoirs publics de tenir compte de celui fondamental qu’est la liberté d’expression telle que consacrée par la loi du 29 juillet 1881 en l’inscrivant nommément dans le texte de loi.

Dans notre démocratie, c’est cette loi qui organise l’équilibre entre les garanties individuelles et la protection des libertés fondamentales. Le texte de loi présenté par le législateur vient fragiliser cet équilibre. Nous rappelons que la loi de 1881 encadre la responsabilité des éditeurs de presse. Elle présente les garanties nécessaires pour permettre au juge de bien apprécier, notamment, la valeur d’intérêt général des informations révélées.

Ce texte risque d’accélérer une dynamique regrettable, celle du contournement du droit de la presse par le droit commercial. La récente “affaire Challenges” en est un triste exemple. Pour rappel, l’hebdomadaire, assigné devant le Tribunal de commerce de Paris par l’entreprise Conforama dont il a révélé les difficultés économiques, a été condamné à retirer l’article de son site et à ne plus publier d’article sur le sujet. Au nom de la liberté d’informer, il a fait appel.  En 2014,TourMaG, site de presse spécialisé dans l’actualité économique du secteur du tourisme, avait été condamné pour avoir publié des informations économiques et sociales incontestées concernant TUI, un opérateur économique majeur de ce secteur. Pour la première chambre civile de la Cour de cassation, il s’agissait d’une violation du Code du travail et de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique.

C’est pourquoi, le Spiil demande au législateur :

• de consacrer explicitement la primauté de la liberté de la presse, telle que définie par la loi de 1881, sur le secret des affaires, et ceci dès les premiers articles ;

• de faire référence au secret des sources ;

• de mettre en place un dispositif ex-ante pour prévenir les procédures abusives se revendiquant du secret des affaires.

Le Conseil d’Etat, dans son avis rendu jeudi 15 mars dernier, rejoint ces préoccupations en indiquant “qu’il conviendrait de mentionner au nombre des cas licites, et non parmi les dérogations, l’hypothèse de l’obtention d’un secret des affaires dans le cadre de l’exercice du droit à l’information (…)”.

Le Spiil regrette également que ce projet de texte fasse l’objet d’une procédure accélérée, empêchant un débat serein, alors que le calendrier de transposition de la directive était connu depuis son vote en 2016.

Andrej Babis

Andrej Babis, bientôt Premier ministre tchèque : un milliardaire et magnat des médias

Le futur Premier ministre tchèque Andrej Babis est propriétaire des plus grands médias du pays. Souvent comparé à Donald Trump pour sa fortune et son populisme, il a profité de son empire médiatique pour prendre le pouvoir
 

Le parti populiste ANO, fondé par Andrej Babis, a remporté les élections législatives en République Tchèque, le 21 octobre dernier. Avec 30% des voix ANO, “L’Action des citoyens mécontents”, devient le premier parti au Parlement. Près d’un électeur sur trois a donné sa voix à Babis, deuxième fortune du pays et magnat des médias.

En 2011, Babis fonde ANO, un parti anti-immigration et eurosceptique. Deux ans plus tard, en 2013, il achète MAFRA, premier groupe médiatique du pays. Des journalistes de Mlada fronta DNES, quotidien tchèque très populaire et dont Babis devient propriétaire, protestent contre ses choix rédactionnels. Lidové noviny et Metro, deux autres quotidiens tomberont aussi sous le contrôle du milliardaire cette année-là. Ce chef d’entreprise, à la tête de l’empire Agrofert, premier employeur du pays, s’offre ensuite des grandes radios dont Express, Impuls et Classic. Originaire de Slovaquie, Babis achètera plus tard la maison d’édition nationale Ecopress, qui publie Hospodárské noviny, grand quotidien économique.

Le magazine Foreign Policy observait un traitement favorable à Andrej Babis dans ses propres médias dès 2015. Ses opposants politiques et critiques n’ont pas reçu la même complaisance. Pourtant, le milliardaire, dont l’empire médiatique est souvent comparé à celui de Lucio Berlusconi, expliquait qu’il “serait fou de vouloir influencer les médias”.

Bohuslav Sobotka, Premier ministre tchèque, a été mis en cause dans un scandale de privatisation en 2014. Des accusations portées par un quotidien national sous la coupe de Babis. La courbe de popularité de Sobotka a chuté, l’obligeant à quitter son parti. Il est cependant resté chef du gouvernement. À l’époque, Babis était ministre des Finances. Il s’est vu accuser de complot médiatique et de tentative de manipulation démocratique.

En Hongrie et en Slovaquie, le pouvoir des plus riches passe aussi par les médias, devenus un investissement privilégié. Cette oligarchisation des médias se répand dans la région. La République Tchèque a suivi la tendance. L’objectif n’est pas de rentabiliser ces investissements, comme l’ont prouvé les résultats des récentes législatives, en propulsant Andrej Babis au pouvoir.

Le milliardaire n’est pas le seul magnat des médias tchèque. Daniel Kretinsky et Patrick Tkac, riches chefs d’entreprise, ont acheté plusieurs magazines et tabloïds populaires.

Babis, qui définira bientôt les priorités politiques de la République Tchèque, a récemment été accusé de fraude. Il aurait utilisé des subventions de l’Union Européenne – 2 millions d’euros – pour financer ses projets immobiliers. Pour le milliardaire, il s’agirait d’un complot fomenté par ses opposants politiques.

Clément Di Roma

Photo : Jiří Vítek

medium

Medium veut s’imposer en interface… pour lire la presse

Medium vient d’annoncer, par l’intermédiaire de son responsable des partenariats que le site permettrait dorénavant de lire une sélection d’articles de ses grands médias partenaires… tout en restant sur Medium.

Sur le blog de Medium, Basil Enan, responsable des partenariats de contenus, révèle donc que les abonnés à leur service payant pourront désormais lire une sélection d’articles de grands médias partenaires. Une sélection faite par le site, par leur équipe d’éditeurs.

C’est vrai que Medium est un joli environnement pour lire des articles, et ils s’en vantent : « in our quest to make Medium the world’s best place to read stories of depth and meaning ». Mais ils vont un peu plus loin, et cela devient limite comique : « We recognize the amazing, important work that many publications off-Medium do, and we know our members care about these stories, as well. ». Il existerait donc un monde en dehors de Medium !! Vous vous rendez compte ? 

Medium Instant Articles?

Il faut plutôt prendre leur proposition dans l’autre sens. Medium sait que leurs smart lecteurs le lisent évidemment pas que du contenu sur leur plateforme. Mais il serait idiot qu’ils quittent Medium pour aller ailleurs. Alors autant signer des partenariats et y intégrer une sélection de contenu. Cela nous rappellerait, par exemple, les Instant Articles de Facebook…

partners medium

Aujourd’hui, le site permet de voir une sélection d’articles provenant de The New York TimesThe Financial TimesThe EconomistNew York MagazineRolling StoneFast CompanyBloombergCNNForeign PolicyThe Guardian, et d’autres partenaires un peu moins prestigieux.

L’intention est louable. 

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Oui, le « no ads, retargeting, or popups in sight » peut séduire. Nous aussi on en a vraiment assez de ces publicités RTB mal calibrées sur mobile qui nous empêchent tout bonnement de consulter un article.

Une stratégie à surveiller de près.

journalisme-presidentielle

25/09 – Le journalisme à l’épreuve de la Présidentielle 2017 #JournalismePrésidentielle

le 25 septembre de 14 h à 18h30

391 rue de Vaugirard, salle des conférences de Paris II

Chaque élection présidentielle constitue une forme de précipité de l’état des relations entre politiques (à commencer par les candidats) et les médias d’information.

La très longue campagne 2016-2017 met en lumière le déclin d’une fonction première des médias, celle de sélection, de choix des faits, des événements, des sujets qui méritent d’être portés à la connaissance du public. Ce qu’il est convenu de qualifier de rôle de «gatekeeper».

Deux manifestations de ce phénomène sont identifiables :

  1. le contournement des médias traditionnels par les candidats ;
  2. la profusion de fausses nouvelles, de faits erronés, etc. de la part des politiques ou d’émetteurs entendant interférer sur l’issue du scrutin.

Elles font l’objet de deux tables rondes coorganisées par les Entretiens de l’information et l’ODI:

Contournement des médias d’information par les candidats

Le contournement des médias d’information et des journalistes spécialisés dans le suivi de la politique devait prendre des formes variées. Il peut être observé et décrit, par l’utilisation de Twitter par En Marche et le candidat Macron. Il peut aussi être analysé à partir de l’expérience de l’investissement de YouTube qu’aura fait Jean-Luc Mélenchon. Quelles sont les répercussions de ces stratégies de communication sur le travail des journalistes dans le traitement de la campagne et au-delà de l’actualité politique?

Animateur: Jérôme BOUVIER, discutant: Rémy RIEFFEL

Avec Jean-Marc FOUR (France Inter), Bruno JEUDY (Paris Match), Marie-Cécile NAVES (Iris/Dauphine), Céline PIGALLE (BFM), Virginie SPIES (Université d’Avignon), Michel URVOY (Ouest-France).

Fausses nouvelles, rumeurs, intoxications et issue du scrutin

La multiplication des fausses nouvelles, le développement de rumeurs et diverses formes d’intoxications par les candidats, par des soutiens proches ou indirects (Françaisdesouche, Russia Today, Sputnik, etc.) seront d’abord rappelés, et décrite. En contrepoint seront abordées les réponses imaginées par les rédactions, à commencer par le fact checking, le développement de démarches mutualisées, telles Crosscheck, ou de transparence, tel que le «making of» de l’AFP. Comment se manifestent les perceptions des publics à l’égard des fakes news et du fact checking? Quelle peut être l’efficacité du fact checking sur les enjeux déontologiques des dérives observées pendant l’année électorale pour les journalistes et leur publics.

Animateur : Patrick EVENO, discutante : Marie-Christine LIPANI

Avec : Claire BERTHELEMY (L’Imprévu), Marie BOHNER (Crosscheck), Bruno DENAES (Radio France), David DIEUDONNE (Google), Gael FAVENNEC (AFP), Nicolas KACIAF (SciencesPo Lille), Samuel LAURENT (Le Monde).

Synthèses croisées : Gérard COURTOIS (Le Monde) et Arnaud MERCIER (Paris 2).

Entrée libre et gratuite, avec inscription obligatoire: 25septembre.odi.observatoire@gmail.com

 

Photo CC BY-NC 2.0 nnova sur Flickr 

Loup-Bureau

Pour la libération (rapide) de Loup Bureau, emprisonné en Turquie

Des sociétés de journalistes ont demandé la libération de Loup Bureau, emprisonné en Turquie. L’Observatoire des Médias se joint à ce mouvement et relaie l’appel de ces SDJ.

Alors que la Turquie a multiplié ces dernières semaines l’achat d’espaces publicitaires dans plusieurs médias français et internationaux pour vanter la grande « démocratie » qu’elle est censée être, le régime d’Erdogan multiplie la répression contre les journalistes.

Dernier exemple en date, l’arrestation de Loup Bureau, 27 ans, détenu depuis le 26 juillet. Ce journaliste indépendant a été arrêté à la frontière irakienne en possession de photos (datant de 2013 prises dans le cadre d’un reportage diffusé sur TV5Monde) le montrant avec des combattants kurdes syriens.

Nous, SDJ, demandons sa libération. Cette détention s’ajoute à celles de Mathias Depardon, arrêté en Turquie au début du mois de mai et emprisonné durant trente jours en mai 2017, et d’Olivier Bertrand, détenu pendant trois jours en novembre 2016.

Nous n’oublions, bien sûr, pas la situation de nos confrères turcs qui exercent leur métier dans des conditions difficiles. Des mandats d’arrêt viennent d’être émis contre 35 d’entre eux. Ils sont accusés d’avoir fomenté le putsch raté de juillet 2016. Des procès sont, par ailleurs, actuellement en cours pour une vingtaine de journalistes du plus ancien quotidien turc, Cumhuriyet. La peine maximale encourue est de quarante-trois ans de prison.

Enfin, depuis le 3 août, le journaliste turco-suédois Hamza Yalcin, 59 ans, est emprisonné en Espagne. Ce journaliste très critique à l’égard d’Ankara a été arrêté à Barcelone par les autorités espagnoles pour avoir « insulté » Erdogan. La justice doit se prononcer sur une éventuelle extradition.

La Turquie est placée 155e sur 180 par Reporters sans frontières en matière de liberté de la presse. Plutôt que d’acheter de la publicité dans les journaux français, libérez Loup Bureau ! Les démocraties n’emprisonnent pas les journalistes qui font leur travail.

La liste des premiers signataires :
TV5Monde
Libération
Le Figaro
France 24
France 2
Télérama
Le Monde
RTL
Première Lignes
Les Echos
France 3
Le Point
Radio France
Mediapart
L’Obs
Les Jours
Challenges
Radio France Internationale
Prix Albert Londres
JT de M6
AFP
Reporters sans Frontières
La TéléLibre
TV Presse
Envoyé Spécial (France 2)
TF1
RMC
Abaca Press

Violences à Jérusalem : une vidéo d’Al-Jazeera pleine de raccourcis et d’erreurs

« Israël affirme qu’Al-Jazeera, armée de caméras, incite à la violence à Jérusalem. C’est un mensonge. Voici la vérité. »

Benjamin-Netanyahu-vs-Al-JazeeraDans une réponse claire aux attaques du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui promettait mercredi dernier de faire son possible pour fermer et expulser Al-Jazeera d’Israël en raison de son « incitation continue à la violence autour de la crise du mont du Temple », un journaliste de la chaîne qatarie publiait vendredi matin une vidéo explicative sur cette dernière flambée de violence qui a coûté la vie à onze personnes :

Seul problème – outre le fait que le journaliste n’a pas estimé utile de donner, ne serait-ce qu’une seule fois, la parole aux Israéliens – la vidéo est truffée d’erreurs factuelles, d’omissions volontaires et d’interprétations biaisées.

Nier aux juifs tout attachement avec le mont du Temple

Dès son introduction, le journaliste rappelle que la mosquée Al-Aqsa est le troisième lieu saint de l’islam. Il n’est pourtant jamais fait mention du caractère doublement sacré de l’esplanade des mosquées (mont du Temple pour les juifs), aussi considéré comme le premier lieu saint du judaïsme. Si cette « omission » sert de trame narrative tout au long du documentaire, elle prend une tout autre dimension lorsque le journaliste explique qu’il va pénétrer dans l’enceinte de l’esplanade malgré les portiques de sécurité pour procéder à des vérifications « après avoir entendu que des colons juifs auraient été autorisés à entrer, malgré l’interdiction des rabbins ».

Une phrase représentative de la confusion dangereuse qui nourrit la rhétorique incendiaire de certains extrémistes. Car, si seuls les musulmans ont le droit de prier sur l’esplanade, les juifs ont parfaitement le droit de s’y rendre en visiteurs, comme le stipule le statu quo en vigueur depuis 1967. Les « interdictions rabbiniques » évoquées dans le documentaire concernent seulement quelques communautés ultra-orthodoxes, mais ne sont en aucun cas une majorité ni ne font office de loi.

Rabbinical-rulings-Al-Jazeera

Elles sont cependant encore régulièrement utilisées à des fins de propagande par ceux qui souhaitent nier aux juifs tout attachement historique, culturel et religieux avec le mont du Temple. Propagande appuyée par l’utilisation du terme « colons juifs » sans savoir si ces personnes vivent ou non à l’intérieur des frontières israéliennes reconnues par la communauté internationale et qui laisse donc sous-entendre, au mieux, que chaque Israélien qui pose le pied sur ce lieu saint est un envahisseur, au pire, que tous les juifs sont des colons en Israël.

Accuser Israël

Le journaliste poursuit son sujet en justifiant la colère des musulmans et des Palestiniens par l’installation de portiques de sécurité mais, autre oubli de taille, n’évoque pas la raison pour laquelle Israël a décidé d’installer des détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade des mosquées : le 14 juillet dernier, deux policiers druzes israéliens sont abattus par trois Arabes israéliens. Des enregistrements de caméras de sécurité rendus publics par la police israélienne montrent que les assaillants se sont servis d’armes à feu, introduites dans l’enceinte du lieu saint par un complice.

Au fil de son explication, le journaliste affirme également que les Palestiniens ont continué de se révolter après le retrait de ces détecteurs de métaux jeudi dernier, car ils ont été « remplacés par des caméras de sécurité ». Ce qui est faux. Portiques et caméras ont été installés et retirés en même temps. S’il est vrai que le cabinet de sécurité israélien a bien évoqué l’installation possible d’un système de surveillance intelligent en remplacement, rien n’a encore été entériné et encore moins installé.

Aujourd’hui, contrairement à ce que ce document laisse entendre, la situation sécuritaire autour de l’esplanade des mosquées est redevenue la même qu’avant l’attaque du 14 juillet dernier. En outre, les affirmations de la femme interviewée à partir d’une minute et trente secondes, selon lesquelles elle n’a pour le moment pas le droit de pénétrer Al-Aqsa sont également erronées.

Check-Al-Jazeera

Israël, depuis le début de cette nouvelle crise, n’a jamais interdit aux femmes d’accéder à la mosquée. Seuls les hommes de moins de 50 ans se sont vus interdire par deux fois l’accès à la prière du vendredi en raison des émeutes meurtrières qui ont secoué Jérusalem-Est et plusieurs villes de Cisjordanie.
En revanche, le Waqf (autorité religieuse musulmane gardienne des mosquées de l’esplanade), a quant à lui interdit aux fidèles de passer les portiques de sécurité et de se rendre sur l’esplanade.

Vieilles polémiques

« Beaucoup de Palestiniens et de musulmans dans le monde ont peur que le lieu saint soit menacé », affirme encore le journaliste avant de revenir sur la visite de l’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon (alors simple député) sur le mont du Temple, dans une référence à peine voilée à la seconde Intifada. Le journaliste va même jusqu’à justifier cette peur par les fouilles archéologiques et les excavations israéliennes « qui n’arrivent pas à légitimer la revendication juive sur le mont du Temple ».

AJ+ rebuild that temple
Sans que cela ne remette en question la dimension sacrée d’Al-Aqsa pour les musulmans, est-ce réellement utile de rappeler que la présence de deux temples juifs sous l’actuelle esplanade des mosquées est un fait archéologiquement incontestable ?

Depuis toujours, Israéliens et Palestiniens s’accusent mutuellement de détruire les vestiges archéologiques qui prouvent l’attachement historique des deux peuples au lieu saint. À la fin des années 1990, une rumeur propagée puis démentie par les médias français concernant un tunnel creusé sous la mosquée Al-Aqsa avait contribué à nourrir des émeutes palestiniennes à Jérusalem-Est. Côté israélien, jusqu’à aujourd’hui, plusieurs associations d’archéologues filtrent les gravats extraits du site par le Waqf qui y réalise des travaux d’aménagement.

Une chose est néanmoins certaine. En faisant la part belle aux vieilles théories complotistes et en alimentant sciemment les peurs des Palestiniens concernant la destruction d’Al-Aqsa pour la construction d’un troisième Temple juif, ce journaliste d’Al-Jazeera simplifie à l’excès et ne contribue pas à faire taire ceux qui s’attaquent à la déontologie de son média.

Julie Eltes
@Julie_elt

 

prix-albert-londres-2017

PRIX ALBERT LONDRES 2017

79e Prix de la presse écrite : Samuel Forey

pour ses reportages publiés dans Le Figaro.

Samuel ForeySamuel Forey (36 ans) a déjà une grande expérience du reportage en terrain difficile, qu’il s’agisse de la couverture du printemps arabe en Egypte ou du conflit syrien, notamment dans la ville de Kobane tout juste libérée. Mais son traitement de la grande bataille de Mossoul pour Le Figaro, depuis l’automne 2016, a démontré, outre un courage et un sens du terrain évidents, une justesse de regard et une écriture d’une vivacité, d’une tendresse et d’un humanisme qui le classent à l’évidence dans la lignée d’Albert Londres. Des histoires, des images, des dialogues… Du journalisme de guerre à hauteur d’hommes, attentif aux gestes et aux regards, aux guerriers et aux civils, aux armes des djihadistes comme aux roses d’un jardin de la vieille ville.

    

33e Prix audiovisuel : Tristan Waleckx et Matthieu Rénier

pour Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ?

diffusé sur France 2 dans Complément d’enquête, le 7 avril 2016.

Tristan Waleckx (33 ans) et Matthieu Rénier (34 ans) ont choisi un sujet plus périlleux et plus difficile qu’il n’y parait : l’industriel français, homme d’affaires et patron de médias, Vincent Bolloré. Autant dire qu’ils ont bourlingué, de la Bretagne natale du tycoon aux sièges de Vivendi et de Canal +, sans oublier l’Afrique (d’où proviennent 80 % des bénéfices du groupe), ses installations portuaires et ses plantations d’huile de palme ; et que le voyage visant à saisir la personnalité, mais aussi les méthodes, aspirations et ressorts de Vincent Bolloré fut compliqué. Le jury a apprécié la rigueur de ce travail qui illustre l’indépendance et l’audace de la télévision de service public en matière d’investigation. (Revoir un extrait ici)

 

1er Prix du livre : David Thomson 

pour Les Revenants (Editions Les Jours / Le Seuil).

David ThomsonDavid Thomson (36 ans) est un éclaireur, qui, durant cinq ans, a fait preuve de courage, de persévérance, d’audace et d’une formidable intégrité en donnant la parole à des Français partis faire le djihad en Syrie et de retour en France. Toujours à bonne distance de ces sources, dans un univers difficile et dangereux. Lucide et sans œillères, totalement engagé -pour RFI et pour le site Les Jours-, dans un sujet qui a dévoré sa vie sociale et personnelle. Le titre de son livre, Les Revenants, s’est désormais imposé à tous les experts de la matière pour qualifier les djihadistes de retour sur le territoire français, menaces potentielles à la sécurité du pays, comme l’ont douloureusement démontré les récents attentats. Son enquête, qui reçoit le premier Prix Albert Londres du Livre, fera date. 

Le jury présidé par Annick Cojean, était composé de : Lise Blanchet, Hervé Brusini, Thierry Desjardins, Catherine Jentile, Jean-Claude Guillebaud, François Hauter, Christian Hoche, Marc Kravetz, Jean-Xavier de Lestrade, Manon Loizeau, Alain Louyot, Jean-Paul Mari, Delphine Minoui, Michel Moutot, Philippe Rochot, Patrick de Saint-Exupéry, Frédéric Tonolli, Olivier Weber, ainsi que des lauréats des deux dernières années : Luc Mathieu, Cécile Allegra, Delphine Deloget, Claire Meynial, Sophie Nivelle-Cardinale et Etienne Huver.

Qui était sélectionné?

via La Scam. Photo de couverture.