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Medium veut s’imposer en interface… pour lire la presse

Medium vient d’annoncer, par l’intermédiaire de son responsable des partenariats que le site permettrait dorénavant de lire une sélection d’articles de ses grands médias partenaires… tout en restant sur Medium.

Sur le blog de Medium, Basil Enan, responsable des partenariats de contenus, révèle donc que les abonnés à leur service payant pourront désormais lire une sélection d’articles de grands médias partenaires. Une sélection faite par le site, par leur équipe d’éditeurs.

C’est vrai que Medium est un joli environnement pour lire des articles, et ils s’en vantent : « in our quest to make Medium the world’s best place to read stories of depth and meaning ». Mais ils vont un peu plus loin, et cela devient limite comique : « We recognize the amazing, important work that many publications off-Medium do, and we know our members care about these stories, as well. ». Il existerait donc un monde en dehors de Medium !! Vous vous rendez compte ? 

Medium Instant Articles?

Il faut plutôt prendre leur proposition dans l’autre sens. Medium sait que leurs smart lecteurs le lisent évidemment pas que du contenu sur leur plateforme. Mais il serait idiot qu’ils quittent Medium pour aller ailleurs. Alors autant signer des partenariats et y intégrer une sélection de contenu. Cela nous rappellerait, par exemple, les Instant Articles de Facebook…

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Aujourd’hui, le site permet de voir une sélection d’articles provenant de The New York TimesThe Financial TimesThe EconomistNew York MagazineRolling StoneFast CompanyBloombergCNNForeign PolicyThe Guardian, et d’autres partenaires un peu moins prestigieux.

L’intention est louable. 

These stories are handpicked by Medium editors based on our members’ interests. All of these selections are placed behind our metered membership paywall, so members get unlimited access and can read these stories without ever leaving Medium. That means personalized recommendations based on your interests, popular features like highlights and responses, and — most importantly — no ads, retargeting, or popups in sight.

Oui, le « no ads, retargeting, or popups in sight » peut séduire. Nous aussi on en a vraiment assez de ces publicités RTB mal calibrées sur mobile qui nous empêchent tout bonnement de consulter un article.

Une stratégie à surveiller de près.

journalisme-presidentielle

25/09 – Le journalisme à l’épreuve de la Présidentielle 2017 #JournalismePrésidentielle

le 25 septembre de 14 h à 18h30

391 rue de Vaugirard, salle des conférences de Paris II

Chaque élection présidentielle constitue une forme de précipité de l’état des relations entre politiques (à commencer par les candidats) et les médias d’information.

La très longue campagne 2016-2017 met en lumière le déclin d’une fonction première des médias, celle de sélection, de choix des faits, des événements, des sujets qui méritent d’être portés à la connaissance du public. Ce qu’il est convenu de qualifier de rôle de «gatekeeper».

Deux manifestations de ce phénomène sont identifiables :

  1. le contournement des médias traditionnels par les candidats ;
  2. la profusion de fausses nouvelles, de faits erronés, etc. de la part des politiques ou d’émetteurs entendant interférer sur l’issue du scrutin.

Elles font l’objet de deux tables rondes coorganisées par les Entretiens de l’information et l’ODI:

Contournement des médias d’information par les candidats

Le contournement des médias d’information et des journalistes spécialisés dans le suivi de la politique devait prendre des formes variées. Il peut être observé et décrit, par l’utilisation de Twitter par En Marche et le candidat Macron. Il peut aussi être analysé à partir de l’expérience de l’investissement de YouTube qu’aura fait Jean-Luc Mélenchon. Quelles sont les répercussions de ces stratégies de communication sur le travail des journalistes dans le traitement de la campagne et au-delà de l’actualité politique?

Animateur: Jérôme BOUVIER, discutant: Rémy RIEFFEL

Avec Jean-Marc FOUR (France Inter), Bruno JEUDY (Paris Match), Marie-Cécile NAVES (Iris/Dauphine), Céline PIGALLE (BFM), Virginie SPIES (Université d’Avignon), Michel URVOY (Ouest-France).

Fausses nouvelles, rumeurs, intoxications et issue du scrutin

La multiplication des fausses nouvelles, le développement de rumeurs et diverses formes d’intoxications par les candidats, par des soutiens proches ou indirects (Françaisdesouche, Russia Today, Sputnik, etc.) seront d’abord rappelés, et décrite. En contrepoint seront abordées les réponses imaginées par les rédactions, à commencer par le fact checking, le développement de démarches mutualisées, telles Crosscheck, ou de transparence, tel que le «making of» de l’AFP. Comment se manifestent les perceptions des publics à l’égard des fakes news et du fact checking? Quelle peut être l’efficacité du fact checking sur les enjeux déontologiques des dérives observées pendant l’année électorale pour les journalistes et leur publics.

Animateur : Patrick EVENO, discutante : Marie-Christine LIPANI

Avec : Claire BERTHELEMY (L’Imprévu), Marie BOHNER (Crosscheck), Bruno DENAES (Radio France), David DIEUDONNE (Google), Gael FAVENNEC (AFP), Nicolas KACIAF (SciencesPo Lille), Samuel LAURENT (Le Monde).

Synthèses croisées : Gérard COURTOIS (Le Monde) et Arnaud MERCIER (Paris 2).

Entrée libre et gratuite, avec inscription obligatoire: 25septembre.odi.observatoire@gmail.com

 

Photo CC BY-NC 2.0 nnova sur Flickr 

Loup-Bureau

Pour la libération (rapide) de Loup Bureau, emprisonné en Turquie

Des sociétés de journalistes ont demandé la libération de Loup Bureau, emprisonné en Turquie. L’Observatoire des Médias se joint à ce mouvement et relaie l’appel de ces SDJ.

Alors que la Turquie a multiplié ces dernières semaines l’achat d’espaces publicitaires dans plusieurs médias français et internationaux pour vanter la grande « démocratie » qu’elle est censée être, le régime d’Erdogan multiplie la répression contre les journalistes.

Dernier exemple en date, l’arrestation de Loup Bureau, 27 ans, détenu depuis le 26 juillet. Ce journaliste indépendant a été arrêté à la frontière irakienne en possession de photos (datant de 2013 prises dans le cadre d’un reportage diffusé sur TV5Monde) le montrant avec des combattants kurdes syriens.

Nous, SDJ, demandons sa libération. Cette détention s’ajoute à celles de Mathias Depardon, arrêté en Turquie au début du mois de mai et emprisonné durant trente jours en mai 2017, et d’Olivier Bertrand, détenu pendant trois jours en novembre 2016.

Nous n’oublions, bien sûr, pas la situation de nos confrères turcs qui exercent leur métier dans des conditions difficiles. Des mandats d’arrêt viennent d’être émis contre 35 d’entre eux. Ils sont accusés d’avoir fomenté le putsch raté de juillet 2016. Des procès sont, par ailleurs, actuellement en cours pour une vingtaine de journalistes du plus ancien quotidien turc, Cumhuriyet. La peine maximale encourue est de quarante-trois ans de prison.

Enfin, depuis le 3 août, le journaliste turco-suédois Hamza Yalcin, 59 ans, est emprisonné en Espagne. Ce journaliste très critique à l’égard d’Ankara a été arrêté à Barcelone par les autorités espagnoles pour avoir « insulté » Erdogan. La justice doit se prononcer sur une éventuelle extradition.

La Turquie est placée 155e sur 180 par Reporters sans frontières en matière de liberté de la presse. Plutôt que d’acheter de la publicité dans les journaux français, libérez Loup Bureau ! Les démocraties n’emprisonnent pas les journalistes qui font leur travail.

La liste des premiers signataires :
TV5Monde
Libération
Le Figaro
France 24
France 2
Télérama
Le Monde
RTL
Première Lignes
Les Echos
France 3
Le Point
Radio France
Mediapart
L’Obs
Les Jours
Challenges
Radio France Internationale
Prix Albert Londres
JT de M6
AFP
Reporters sans Frontières
La TéléLibre
TV Presse
Envoyé Spécial (France 2)
TF1
RMC
Abaca Press

Violences à Jérusalem : une vidéo d’Al-Jazeera pleine de raccourcis et d’erreurs

« Israël affirme qu’Al-Jazeera, armée de caméras, incite à la violence à Jérusalem. C’est un mensonge. Voici la vérité. »

Benjamin-Netanyahu-vs-Al-JazeeraDans une réponse claire aux attaques du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui promettait mercredi dernier de faire son possible pour fermer et expulser Al-Jazeera d’Israël en raison de son « incitation continue à la violence autour de la crise du mont du Temple », un journaliste de la chaîne qatarie publiait vendredi matin une vidéo explicative sur cette dernière flambée de violence qui a coûté la vie à onze personnes :

Seul problème – outre le fait que le journaliste n’a pas estimé utile de donner, ne serait-ce qu’une seule fois, la parole aux Israéliens – la vidéo est truffée d’erreurs factuelles, d’omissions volontaires et d’interprétations biaisées.

Nier aux juifs tout attachement avec le mont du Temple

Dès son introduction, le journaliste rappelle que la mosquée Al-Aqsa est le troisième lieu saint de l’islam. Il n’est pourtant jamais fait mention du caractère doublement sacré de l’esplanade des mosquées (mont du Temple pour les juifs), aussi considéré comme le premier lieu saint du judaïsme. Si cette « omission » sert de trame narrative tout au long du documentaire, elle prend une tout autre dimension lorsque le journaliste explique qu’il va pénétrer dans l’enceinte de l’esplanade malgré les portiques de sécurité pour procéder à des vérifications « après avoir entendu que des colons juifs auraient été autorisés à entrer, malgré l’interdiction des rabbins ».

Une phrase représentative de la confusion dangereuse qui nourrit la rhétorique incendiaire de certains extrémistes. Car, si seuls les musulmans ont le droit de prier sur l’esplanade, les juifs ont parfaitement le droit de s’y rendre en visiteurs, comme le stipule le statu quo en vigueur depuis 1967. Les « interdictions rabbiniques » évoquées dans le documentaire concernent seulement quelques communautés ultra-orthodoxes, mais ne sont en aucun cas une majorité ni ne font office de loi.

Rabbinical-rulings-Al-Jazeera

Elles sont cependant encore régulièrement utilisées à des fins de propagande par ceux qui souhaitent nier aux juifs tout attachement historique, culturel et religieux avec le mont du Temple. Propagande appuyée par l’utilisation du terme « colons juifs » sans savoir si ces personnes vivent ou non à l’intérieur des frontières israéliennes reconnues par la communauté internationale et qui laisse donc sous-entendre, au mieux, que chaque Israélien qui pose le pied sur ce lieu saint est un envahisseur, au pire, que tous les juifs sont des colons en Israël.

Accuser Israël

Le journaliste poursuit son sujet en justifiant la colère des musulmans et des Palestiniens par l’installation de portiques de sécurité mais, autre oubli de taille, n’évoque pas la raison pour laquelle Israël a décidé d’installer des détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade des mosquées : le 14 juillet dernier, deux policiers druzes israéliens sont abattus par trois Arabes israéliens. Des enregistrements de caméras de sécurité rendus publics par la police israélienne montrent que les assaillants se sont servis d’armes à feu, introduites dans l’enceinte du lieu saint par un complice.

Au fil de son explication, le journaliste affirme également que les Palestiniens ont continué de se révolter après le retrait de ces détecteurs de métaux jeudi dernier, car ils ont été « remplacés par des caméras de sécurité ». Ce qui est faux. Portiques et caméras ont été installés et retirés en même temps. S’il est vrai que le cabinet de sécurité israélien a bien évoqué l’installation possible d’un système de surveillance intelligent en remplacement, rien n’a encore été entériné et encore moins installé.

Aujourd’hui, contrairement à ce que ce document laisse entendre, la situation sécuritaire autour de l’esplanade des mosquées est redevenue la même qu’avant l’attaque du 14 juillet dernier. En outre, les affirmations de la femme interviewée à partir d’une minute et trente secondes, selon lesquelles elle n’a pour le moment pas le droit de pénétrer Al-Aqsa sont également erronées.

Check-Al-Jazeera

Israël, depuis le début de cette nouvelle crise, n’a jamais interdit aux femmes d’accéder à la mosquée. Seuls les hommes de moins de 50 ans se sont vus interdire par deux fois l’accès à la prière du vendredi en raison des émeutes meurtrières qui ont secoué Jérusalem-Est et plusieurs villes de Cisjordanie.
En revanche, le Waqf (autorité religieuse musulmane gardienne des mosquées de l’esplanade), a quant à lui interdit aux fidèles de passer les portiques de sécurité et de se rendre sur l’esplanade.

Vieilles polémiques

« Beaucoup de Palestiniens et de musulmans dans le monde ont peur que le lieu saint soit menacé », affirme encore le journaliste avant de revenir sur la visite de l’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon (alors simple député) sur le mont du Temple, dans une référence à peine voilée à la seconde Intifada. Le journaliste va même jusqu’à justifier cette peur par les fouilles archéologiques et les excavations israéliennes « qui n’arrivent pas à légitimer la revendication juive sur le mont du Temple ».

AJ+ rebuild that temple
Sans que cela ne remette en question la dimension sacrée d’Al-Aqsa pour les musulmans, est-ce réellement utile de rappeler que la présence de deux temples juifs sous l’actuelle esplanade des mosquées est un fait archéologiquement incontestable ?

Depuis toujours, Israéliens et Palestiniens s’accusent mutuellement de détruire les vestiges archéologiques qui prouvent l’attachement historique des deux peuples au lieu saint. À la fin des années 1990, une rumeur propagée puis démentie par les médias français concernant un tunnel creusé sous la mosquée Al-Aqsa avait contribué à nourrir des émeutes palestiniennes à Jérusalem-Est. Côté israélien, jusqu’à aujourd’hui, plusieurs associations d’archéologues filtrent les gravats extraits du site par le Waqf qui y réalise des travaux d’aménagement.

Une chose est néanmoins certaine. En faisant la part belle aux vieilles théories complotistes et en alimentant sciemment les peurs des Palestiniens concernant la destruction d’Al-Aqsa pour la construction d’un troisième Temple juif, ce journaliste d’Al-Jazeera simplifie à l’excès et ne contribue pas à faire taire ceux qui s’attaquent à la déontologie de son média.

Julie Eltes
@Julie_elt

 

prix-albert-londres-2017

PRIX ALBERT LONDRES 2017

79e Prix de la presse écrite : Samuel Forey

pour ses reportages publiés dans Le Figaro.

Samuel ForeySamuel Forey (36 ans) a déjà une grande expérience du reportage en terrain difficile, qu’il s’agisse de la couverture du printemps arabe en Egypte ou du conflit syrien, notamment dans la ville de Kobane tout juste libérée. Mais son traitement de la grande bataille de Mossoul pour Le Figaro, depuis l’automne 2016, a démontré, outre un courage et un sens du terrain évidents, une justesse de regard et une écriture d’une vivacité, d’une tendresse et d’un humanisme qui le classent à l’évidence dans la lignée d’Albert Londres. Des histoires, des images, des dialogues… Du journalisme de guerre à hauteur d’hommes, attentif aux gestes et aux regards, aux guerriers et aux civils, aux armes des djihadistes comme aux roses d’un jardin de la vieille ville.

    

33e Prix audiovisuel : Tristan Waleckx et Matthieu Rénier

pour Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ?

diffusé sur France 2 dans Complément d’enquête, le 7 avril 2016.

Tristan Waleckx (33 ans) et Matthieu Rénier (34 ans) ont choisi un sujet plus périlleux et plus difficile qu’il n’y parait : l’industriel français, homme d’affaires et patron de médias, Vincent Bolloré. Autant dire qu’ils ont bourlingué, de la Bretagne natale du tycoon aux sièges de Vivendi et de Canal +, sans oublier l’Afrique (d’où proviennent 80 % des bénéfices du groupe), ses installations portuaires et ses plantations d’huile de palme ; et que le voyage visant à saisir la personnalité, mais aussi les méthodes, aspirations et ressorts de Vincent Bolloré fut compliqué. Le jury a apprécié la rigueur de ce travail qui illustre l’indépendance et l’audace de la télévision de service public en matière d’investigation. (Revoir un extrait ici)

 

1er Prix du livre : David Thomson 

pour Les Revenants (Editions Les Jours / Le Seuil).

David ThomsonDavid Thomson (36 ans) est un éclaireur, qui, durant cinq ans, a fait preuve de courage, de persévérance, d’audace et d’une formidable intégrité en donnant la parole à des Français partis faire le djihad en Syrie et de retour en France. Toujours à bonne distance de ces sources, dans un univers difficile et dangereux. Lucide et sans œillères, totalement engagé -pour RFI et pour le site Les Jours-, dans un sujet qui a dévoré sa vie sociale et personnelle. Le titre de son livre, Les Revenants, s’est désormais imposé à tous les experts de la matière pour qualifier les djihadistes de retour sur le territoire français, menaces potentielles à la sécurité du pays, comme l’ont douloureusement démontré les récents attentats. Son enquête, qui reçoit le premier Prix Albert Londres du Livre, fera date. 

Le jury présidé par Annick Cojean, était composé de : Lise Blanchet, Hervé Brusini, Thierry Desjardins, Catherine Jentile, Jean-Claude Guillebaud, François Hauter, Christian Hoche, Marc Kravetz, Jean-Xavier de Lestrade, Manon Loizeau, Alain Louyot, Jean-Paul Mari, Delphine Minoui, Michel Moutot, Philippe Rochot, Patrick de Saint-Exupéry, Frédéric Tonolli, Olivier Weber, ainsi que des lauréats des deux dernières années : Luc Mathieu, Cécile Allegra, Delphine Deloget, Claire Meynial, Sophie Nivelle-Cardinale et Etienne Huver.

Qui était sélectionné?

via La Scam. Photo de couverture.

Journalistes et chocolat au lait : don’t fuck with your level of english !

Faire du journalisme c’est bien. Reprendre une info croustillante sur un site américain, car l’on pense que cela fait du clic, ou que cela puisse « détendre » son internaute, cela arrive, dans nos rédactions « modernes ». Mais… dans ce cas-là, il faut faire attention à son niveau d’anglais. 

Capture d'écran de l'application FranceInfo qui montre un article sur le chocolat au lait
L’application Franceinfo, le samedi 17 juin à 9h29

On a vu fleurir ce week-end une info, à la base tirée par les cheveux, et ensuite TRÈS mal traduite, puis corrigée, mais pas partout. 

Pour moi, cela avait commencé ce samedi matin, à 9h30, en balayant l’appli Franceinfo. 

Je vois dans « les titres » cette info datée de 22h37 la veille. Le titre est très accrocheur. 16 millions d’Américains. Rien que ça. « Plus de 16 millions d’Américains ignorent de quoi est fait le chocolat au lait. »

Par bonheur, l’article met les liens vers la source : 

un lien est présent sur le site et l’appli de Franceinfo

Le souci, c’est que le ou la journaliste à la base de cette info en France (qui n’est a priori pas le ou la journaliste de Franceinfo) ne parle pas bien l’anglais.

Don’t fuck with your level of English : un problème de culture.

Le titre sur le site du ‘Washington Post’

Quand on suit le lien sur le site du Washington Post, on s’aperçoit tout de suite de la bourde : le WaPo écrit « chocolate milk« , et nous nous retrouvons ici avec « chocolat au lait« . Non. En anglais, j’inverse, je dis  « tomato sauce » ou encore « spring break ». La base.

L'article corrigé chez Franceinfo montrant du lait chocolaté au lieu du chocolat au lait.
L’article corrigé chez Franceinfo

Il s’agit donc en français, si on voulait reprendre cette info, de la traduire en « lait chocolaté » ou « lait au chocolat« . C’est ce qu’a fait le matin même Franceinfo, en corrigeant l’article, presque au moment où j’étais en train de le lire.

Je me rends donc compte que le titre a changé, ainsi que l’image d’illustration. Les premières occurrences de l’erreur changent également.

capture réalisée le dimanche 18 juin à 12h06

Mais pas toutes. On se retrouve encore avec un « chocolat au lait » dans le texte.

Un problème de sens dans le chocolat au lait !

Comment Franceinfo a été alerté? Peut-être dans les commentaires, dont l’un pointait rapidement l’erreur d’interprétation, de traduction. Mais pas que. Il se trouve que l’article du Washington Post a lui-même visiblement été retitré. Quand on analyse l’url on voit ceci : « seven-percent-of-americans-think-chocolate-milk-comes-from-brown-cows-and-thats-not-even-the-scary-part« … qui est devenu « the suprising number ». Et ce n’est que dans le corps du texte que l’extrapolation du sondage pour obtenir les 16 millions apparaît : 

Seven percent of all American adults believe that chocolate milk comes from brown cows, according to a nationally representative online survey commissioned by the Innovation Center of U.S. Dairy.

If you do the math, that works out to 16.4 million misinformed, milk-drinking people. The equivalent of the population of Pennsylvania (and then some!) does not know that chocolate milk is milk, cocoa and sugar.

L’auteur de l’article met bien la source corrigée, d’ailleurs : un sondage en ligne réalisé par le « Innovation Center of U.S. Dairy« , repris ensuite par le site Food and Wine, puis par le WaPo.  Et ce n’est que là qu’on aura la trace des sources du sondage : « The Innovation Center for U.S. Dairy conducted a survey of more than 1,000 adults 18 and over in April of this year. They uncovered some shocking facts about how people think about – and drink – milk. »

1000 adultes de plus de 18 ans. De là à titrer « Plus de 16 millions d’Américains… » je trouve cela malhonnête.

Un problème de suivisme

Brève publiée sur le site de L’Obs à 12h59 le vendredi 16/06

Mais d’où est venue cette reprise, sur les sites français?

Interrogé par l’Observatoire des Médias samedi matin, après la correction de l’article chez eux, FranceInfo nous dit qu’il ne s’agissait pas d’une dépêche AFP, sinon, elle aurait été co-signée AFP

Et nous avons vérifié ce matin, Non, il ne s’agit pas d’une dépêche erronée, ce qui aurait pu expliquer la diffusion de l’info.

Non, il s’agit bien de suivisme.

Cette info était -elle venue du site de L’Obs?  La brève publiée à 12h59 le vendredi à 12h59 n’était toujours pas corrigée ce dimanche à 11h55.

On peut retrouver le sondage mal traduit sur le site de Corse Matin, avec un article posté le vendredi 16 juin 2017 à 15h44, et pas corrigé depuis : 

Le chocolat au lait, toujours sur le site de Corse Matin

Mais aussi chez nos confrères d’Europe 1, où la date de publication est du lendemain, et l’article toujours pas mis à jour.

Un article en déshérence, sur le site Europe1.fr

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas là d’une sombre affaire de fakenews. L’erreur est humaine. Il ne s’agit pas d’un esprit malin qui aurait voulu nous induire en erreur. C’est une info « lègère ». Mais c’est un problème de rigueur. Double. Une information, à la base tirée par les cheveux par un site américain, ensuite très mal traduite, mais aussi et surtout, une ribambelle de sites qui reprennent… sans vérifier, sans lire, sans suivre les liens… Comme par exemple Europe 1, qui met un lien (oui, on vous apprend à mettre des liens dans vos articles et il faut continuer) mais qui ne les suit pas, qui ne les lit pas.

Plusieurs sites ont repris l’info, mais la bonne, et ont à la fois préféré titrer sur les 7% que les 16 millions, tout en parlant de lait chocolaté et pas de chocolat au lait, comme BFMTV ou Ouest-France.

Mis à part cette question d’orthographe et de rigueur, on a aussi, bien entendu, ce suivisme, le fait que cette « info » tellement alléchante, soit reprise, et surtout, sans vérification.

 

Mise à jour 19/06 : Un sondage, à prendre avec les pincettes d’un lobby.

Je n’ai pas été pas le seul, ni le premier à m’arracher les cheveux sur cette histoire de sondage, de chocolat, et de lait. Au fil des réactions ce dimanche, on m’a alerté de l’existence des tweets de Mathias GIREL, maître de conférence du département de philosophie à l’ENS – Normale sup’ & directeur du CAPHES.
La question n’est pas en effet seulement la question de l’anglais, bien entendu, mais aussi et surtout sur la fragilité du sondage repris par le blog qu Washington Post.
Mathias GIREL publiait dès vendredi, un tweet, devenu un thread, déroulé ci-dessous:

 

Mise à jour du lundi 19/6 10h50 : 

  • Corse Matin a mis à jour son article, et nous cite (et nous les remercions!). Dernière remarque pour eux, une mise à jour de leur CMS serait bienvenue, histoire que l’heure de mise à jour soit claire pour les internautes. Très bon point pour Corse Matin, ils ajoutent : « Notons ensuite que le chiffre de 16,4 millions est une extrapolation à partir des 7% de réponses obtenues sur un panel de seulement 1 000 adultes américains. »;
  • Europe 1 a mis à jour son article, « modifié à 19h01, le 18 juin 2017 », mais pas de mention de l’erreur, ou de la correction dans le texte. C’est un peu limite vu le temps que l’erreur est restée en ligne. De plus, Europe 1 envoie ses articles à des partenaires, qu’il faudrait peut-être prévenir;
  • L’Obs a aussi modifié son article mais module « en-direct/a-chaud » oblige, on imagine, c’est seulement  « Publié le 18/06/17 à 21:06 » qui apparaît, comme s’il s’agissait d’un nouvel élément. L’image d’illustration avec des tablettes de chocolat n’a elle, pas changé. Mais après tout, il y a du chocolat dedans.
Mea culpa du dimanche 16h33 :quand on donne des leçons aux autres, il faut d’abord bien écrire… j’avais écrit « son niveau d’Anglais », et en français, cela ne prend pas de majuscule…
decodex-affiche

VIDEO – Maxime Vaudano : « Décodex débusque les sites douteux »

L’Observatoire des Médias a rencontré Maxime Vaudano lors de l’édition 2017 de la Conférence Nationale des Métiers du Journalisme qui se tenait au Palais de Tokyo les 26 et 27 janvier 2017.

Il nous explique le fonctionnement du moteur de vérification Décodex édité par Les Décodeurs du Monde et des extensions de navigateur à installer.

Voici comment Décodex est présenté sur le site Les Décodeurs :

Fruit de plus d’un an de travail, le Décodex, lancé début février 2017 par Le Monde, est un outil qui vise à lutter contre la diffusion virale de fausses informations et à aider les internautes à se repérer dans la jungle des sites producteurs ou relayeurs d’informations : est-ce un média citant ses sources et vérifiant ses informations, un site fabriquant ou propageant de fausses informations, un site militant ne mentionnant pas son affiliation politique ? Avant de partager une information, différents outils sont à votre disposition pour évaluer la fiabilité du site sur lequel elle est hébergée.

Des outils à installer : 

  • une extension Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) qui vous indique, en temps réel et pendant votre navigation, si le site est plutôt fiable ou s’il diffuse régulièrement de fausses informations ;
  • un moteur de recherche sur le site Decodex pour vérifier la fiabilité d’un site ;
  • un « bot Facebook » : lorsque vous irez parler avec Les Décodeurs dans la fenêtre de chat Facebook ou sur l’application Messenger, notre robot vous aidera à vérifier l’information (cliquez ici pour y accéder) ;
  • des articles pédagogiques, notamment à destination des enseignants, sur la différence entre une information et une source d’information, sur les moyens de vérifier une information, une image ou une vidéo qui circule sur Internet, etc.

En savoir plus sur lemonde.fr/les-decodeurs…

Lettre ouverte au Président du CSA

Monsieur le Président,

C’est avec un calme olympien que je vois arriver la date du 31 janvier ; en effet, il s’agit du terme de la période préélectorale à l’issue de laquelle les compteurs des temps de parole des partis politiques seront remis à zéro. Or, dans la plupart des médias, le Front National a cru bon de jouer au plus malin, et a décidé d’être absent des plateaux de télévision et de radio. Ainsi, sa présidente se plaint du compteur FN qui accuserait « un retard considérable ».  Le Front National a décidé d’être un parti où la fille succède au père. Point de primaire. La gestion des primaires de la gauche et de la droite n’a posé aucun problème aux rédactions : elles ont reçu les candidats de la primaire de droite, puis les candidats de la primaire de la « belle alliance », et pendant ce temps là, la candidate Marine Le Pen a décidé de refuser, par exemple, que sa nièce se rende sur le plateau de « L’émission politique » de France 2, après une invitation qu’elle avait pourtant acceptée. Le FN n’a donc jamais été  « à une place subalterne », et vous venez, ce jour, de twitter à nouveau le document que vous aviez mis en ligne le 8 novembre 2016 :  « un outil unique et pédagogique qui contribue à l’accompagnement de la communication politique à l’ère numérique et à la construction collective d’un cadre de confiance ». Un document qui contient toutes les règles de répartition du temps d’antenne que votre institution est chargée de faire respecter.

Le FN se vante qu’en privé, certaines chaînes leur auraient fait savoir qu’elles avaient désormais des retards de plusieurs heures concernant le Front National. Normal. Le FN taxe des propos de M. Field d’allégations… lorsque celui-ci rappelle au Front national qu’il a subi plusieurs refus.

À quelques semaines de l’élection présidentielle, une telle inégalité de traitement est tout simplement le fait de ces refus, et complètement logique. Votre institution ne peut pas admettre qu’un trait soit tiré sur ses principes de fonctionnement, en tenant compte des mois de manipulation médiatique de la part de la direction du Front National.

Étant donné le caractère ridicule du courrier de la présidente du Front National et l’importance des enjeux pour le respect de la pluralité des opinions, une des missions que la loi confie au CSA depuis plus de trente ans, je vous remercie de continuer de ne pas répondre à sa présidente et de remettre à zéro les compteurs, comme il est prévu.  Il n’y a donc pas à reporter les heures « dues » au Front national sur la période qui s’ouvre le 1er février.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération,

Gilles BRUNO
L’Observatoire des Médias.

 

Vous l’aurez compris, cette lettre au président du CSA reprend la forme de cette lettre, ci-dessous : lettre-de-marine-le-pen-au-president-du-csa

mediawan

Mediawan : Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse vont acquérir le Groupe AB

L’Observatoire des médias publie les principaux éléments du communiqué de presse envoyé ce matin par Mediawan sur l’acquisition du Groupe AB.

PREMIERE ETAPE VERS LA CREATION D’UNE PLATEFORME INDEPENDANTE DE CONTENUS DE PREMIER PLAN, MEDIAWAN ENVISAGE D’ACQUERIR GROUPE AB, UN ACTEUR MAJEUR DE LA PRODUCTION, DISTRIBUTION ET AGREGATION DE CONTENUS TV EN EUROPE FRANCOPHONE

 Mediawan envisage une Acquisition Initiale d’un montant total d’environ 270 millions d’euros

 Groupe AB est un acteur majeur dans la production, la distribution et l’agrégation de contenus audiovisuels en Europe francophone, avec un fort potentiel de croissance au travers des chaînes TV, du digital et de la production, et qui servira de plateforme pour de futures acquisitions

 Les actionnaires de Mediawan (Hors Fondateurs 2 Après amortissement des droits) sont invités à se prononcer sur l’Acquisition Initiale lors d’une assemblée spéciale qui se tiendra le 13 mars 2017

Paris, le 30 janvier 2017. Mediawan SA (la « Société » ou « Mediawan »), le premier « SPAC » (Special Purpose Acquisition Company ou véhicule d’acquisition coté), fondé par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse (ensemble les « Fondateurs ») et coté sur Euronext Paris depuis le 22 Avril 2016, a annoncé aujourd’hui l’entrée en négociations exclusives avec les dirigeants de Groupe AB ainsi que ses actionnaires, Claude Berda et TF1, dans le cadre d’une promesse d’achat en vue d’acquérir 100% des actions existantes de Groupe AB.

Description de Groupe AB

Fondé en 1977, Groupe AB est un éditeur, producteur et distributeur indépendant de contenus audiovisuels en Europe francophone. Le groupe est actuellement détenu par son fondateur Claude Berda (53%), TF1 (33,5%) et ses dirigeants (13,5%). Les activités du groupe s’articulent principalement autour de la production et la distribution de séries TV, téléfilms, dessins-animés et documentaires ainsi que de l’édition de chaînes TV et services digitaux associés. Proposant une offre étendue à l’ensemble de la chaîne de valeur du paysage télévisuel français, Groupe AB est parvenu à établir un modèle économique pleinement intégré. Grâce à sa stratégie de distribution élargie, Groupe AB est aujourd’hui un acteur indépendant majeur en France mais également à l’étranger, où la société connaît un développement international rapide, en particulier dans les pays

francophones d’Europe et d’Afrique. Selon ses estimations, Groupe AB devrait générer en 2016 environ 158 millions d’euros de chiffre d’affaires et environ 36 millions d’euros d’EBITDA(Après amortissement des droits). Pour 2017, Groupe AB prévoit une croissance du chiffre d’affaires d’environ 3% et environ 37 millions d’euros d’EBITDA(2). A moyen terme, Groupe AB anticipe une croissance du chiffre d’affaires supérieure à 5% et une marge stable ou en légère amélioration.

« Groupe AB représente pour nous l’opportunité d’acquérir un acteur de premier plan présentant un fort potentiel de croissance dans les secteurs des chaînes, du digital et de la production. Groupe AB constitue à cet égard une première étape dans la poursuite de l’objectif que nous nous sommes fixé au moment de notre introduction en bourse, à savoir créer une plateforme dynamique susceptible d’agréger efficacement des contenus premiums à travers de futures acquisitions. Cette plateforme aura vocation à consolider des contenus médias traditionnels et digitaux divers et ainsi de créer de la valeur pour toutes les parties prenantes de Mediawan » a commenté Pierre-Antoine Capton, directeur général et président du directoire de Mediawan.

« Je me réjouis que Groupe AB, en tant que première acquisition de Mediawan, soit le point de départ et d’ancrage de sa stratégie de croissance. Cette opération représente une formidable opportunité pour améliorer la visibilité de Groupe AB tout en lui donnant accès au financement nécessaire pour accélérer sa croissance dans le digital en France et à l’international » a déclaré Claude Berda, président de Groupe AB.

Principaux termes de l’Acquisition Initiale

Les modalités de l’opération envisagée, laquelle reste soumise à la réalisation de certaines conditions usuelles, prévoient que les actionnaires de Groupe AB recevront environ 270 millions d’euros en numéraire en contrepartie de la cession de 100% des actions existantes de Groupe AB qu’ils détiennent.

Il est également prévu que Pierre-Antoine Capton continue d’occuper le poste de directeur général et président du directoire de Mediawan et soit nommé président de Groupe AB. Orla Noonan continuera d’exercer les fonctions de directrice générale de Groupe AB et rejoindra par ailleurs le comité stratégique de Mediawan.

Financement de l’Acquisition Initiale

L’Acquisition Initiale serait financée, à concurrence d’un montant de 130 millions d’euros, par emprunt bancaire. Le solde du prix d’acquisition des titres de Groupe AB sera financé par prélèvement sur les fonds levés au moment de l’introduction en bourse et transférés depuis lors sur un compte de dépôt sécurisé. Cette structure de financement devrait permettre à Mediawan de conserver une flexibilité financière suffisante en vue de futurs investissements, y compris d’éventuelles acquisitions.

Réalisation de l’Acquisition Initiale

Conformément aux stipulations des statuts de Mediawan ainsi qu’aux engagements pris au moment de l’introduction en bourse, l’opération envisagée, en tant qu’Acquisition Initiale, requiert

l’approbation d’au moins deux tiers (2/3) des actionnaires (hors Fondateurs) réunis en assemblée spéciale. Cette assemblée spéciale se tiendra le 13 mars 2017. Un avis de réunion en vue de cette assemblée sera publié au Bulletin des Annonces Légales Obligatoires ainsi que sur le site de Mediawan (www.mediawan.fr) le 3 février 2017.

En outre, la réalisation de l’opération envisagée est soumise à certaines conditions usuelles, dont l’achèvement du processus d’information et de consultation des instances représentatives du personnel de Groupe AB et l’obtention des autorisations réglementaires requises du gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg pour les activités de diffusion.

En cas d’approbation du projet d’Acquisition Initiale par les actionnaires réunis en assemblée spéciale à cet effet, la réalisation définitive de l’acquisition devrait intervenir au cours du premier semestre 2017.

Par ailleurs, en cas d’approbation du projet d’Acquisition Initiale par l’assemblée spéciale des actionnaires de Mediawan, cette dernière procédera, au plus tard le trentième (30ème) jour calendaire suivant la réalisation de l’Acquisition Initiale, au rachat des actions détenues par les actionnaires qui voteraient contre le projet d’Acquisition Initiale lors l’assemblée spéciale, dans les conditions prévues à l’Article 11.4 de ses statuts ainsi que dans son prospectus d’introduction en bourse, ayant reçu le visa numéro n° 16-132 en date du 11 avril 2016 de l’Autorité des marchés financiers (“AMF”) (le « Prospectus »). A la suite de la réalisation de l’Acquisition Initiale, l’ensemble des actions composant le capital social de Mediawan (y compris celles détenues par les Fondateurs) seront automatiquement converties en une seule et même catégorie d’actions ordinaires de Mediawan, et les bons de souscription d’actions ordinaires émis lors de l’introduction en bourse deviendront exerçables.

D’autres opportunités d’acquisition

Fort de son positionnement stratégique sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’audiovisuel, Groupe AB constitue une plateforme de consolidation unique qui permettra à Mediawan de déployer sa stratégie et d’agréger des sociétés indépendantes avec des expertises complémentaires dans le cinéma ou le contenu audiovisuel.

Plusieurs opportunités d’acquisition sont actuellement envisagées par Mediawan (aucun engagement ferme n’ayant été pris à ce stade) dans le but de créer des synergies avec Groupe AB et de constituer une plateforme indépendante de contenus premiums en Europe en forte croissance.

Dans certains cas, des discussions sont à un stade avancé et pourraient conduire à un accord dans les semaines à venir (auquel cas une communication spécifique serait effectuée à ce sujet).

Les documents afférents à l’assemblée spéciale des actionnaires (dont le rapport du directoire) seront mis à disposition sur le site Internet de Mediawan (www.mediawan.fr) au plus tard le 21e jour précédant cette assemblée.

Deutsche Bank intervient en tant que conseil financier et Lead Capital Market advisor auprès de Mediawan. JP Morgan et Société Générale CIB interviennent en tant que Joint Capital Market advisor auprès de Mediawan.

 

 

A propos de Mediawan

Mediawan est un véhicule d’acquisition (dit « SPAC ») constitué en France, et ayant levé en Avril 2016 dans le cadre d’un placement privé international, un montant de 250 millions d’euros à l’occasion de son introduction sur le compartiment professionnel du marché réglementé d’Euronext à Paris. Mediawan a été fondée par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse dans le but d’acquérir une ou plusieurs sociétés cibles dans le domaine des médias traditionnels et digitaux ou dans le secteur du divertissement en Europe (“l’Acquisition Initiale”). Pierre- Antoine Capton est le fondateur de 3e OEil Productions, actuellement premier producteur indépendant de média en France. Xavier Niel est le fondateur et l’actionnaire principal du groupe français Iliad, coté à Paris, un des principaux opérateurs télécoms convergents, présent à travers la marque Free. Xavier Niel investit également dans 50 à 100 jeunes entreprises dans le monde à travers sa société d’investissement Kima Ventures. Xavier Niel a par ailleurs fondé le plus grand incubateur digital au monde – «1000 start-ups @La Halle Freyssinet» – basé à Paris. Depuis 2010, il est aussi propriétaire, avec M. Pierre Bergé et M. Matthieu Pigasse, du Groupe Le Monde ainsi que du magazine l’Obs, dont ils ont fait l’acquisition en 2014. Matthieu Pigasse occupe le poste de responsable mondial des activités de Fusions & Acquisitions et conseil aux gouvernements du groupe Lazard ainsi que celui de directeur général de Lazard en France. Il est également actionnaire de plusieurs groupes de médias en France : actionnaire majoritaire des InRocKuptibles, de Radio Nova, propriétaire du groupe Le Monde et de l’Obs avec Xavier Niel et Pierre Bergé, actionnaire de l’édition française du Huffington Post, de Vice France et de Melty Group.

Plus d’informations sont disponibles sur le site de Mediawan : www.mediawan.fr

A propos de Groupe AB

Fondé en 1977, Groupe AB est un éditeur, producteur et distributeur indépendant de contenus audiovisuels en Europe francophone. Le groupe est principalement impliqué dans la production et la distribution de séries TV, téléfilms, dessins-animés et documentaires ainsi que dans l’édition de chaines TV et de services digitaux associés. Le groupe a un portefeuille de 19 chaines de télévision, largement distribuées en Europe francophone et en Afrique. Groupe AB est un des gestionnaires de contenu les plus importants et les diversifiés en France avec environ 12 000 heures de programmes en catalogue et une production en interne d’environ 80 heures par an.

Plus d’informations sont disponibles sur le site de Groupe AB: www.groupe-ab.fr

 

 

 

 

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Élection de Trump : quelles responsabilités pour Google et Facebook ?

Les dernières élections américaines, encore plus que les précédentes, se sont déroulées pour les journalistes sous l’emprise des multinationales par lesquelles les informations passent désormais : Facebook et Google, pour ne citer que les plus importantes. Ces infomédiaires – tels qu’ils ont été théorisés par Franck Rebillard et Nikos Smyrnaios – n’ont jamais eu un rôle aussi important dans la diffusion et la circulation des informations journalistiques. Pourtant, ils semblent éviter les responsabilités qui devraient s’accompagner des pouvoirs éditoriaux qu’ils se sont arrogés ces dernières années. Responsabilités qui posent plus de questions que d’habitude dans la mesure où Donald Trump aurait prétendument bénéficié de la circulation de certaines intox, que l’on appelle désormais là-bas, et même ici « fake news ».

Trump à la Maison-Blanche : le rôle des infomédiaires

La monétisation des lieux de passage du numérique a fait naître des géants de l’information. Inutile de refaire leur histoire ici. Ce qu’il faut cependant garder en tête, c’est que les organisations par qui nous accédons à l’information en contexte numérique aujourd’hui – qui font cette “nouvelle” médiation entre nous et la production journalistique –, sont fondées sur le principe de captation de la valeur économique produite par d’autres acteurs ; ici, les journalistes. Géants parmi les géants, Google et Facebook ont une importance de premier ordre sur la réorganisation des informations et par conséquent, sur la manière dont elles nous parviennent. Comme le disait déjà Dominique Cardon dans une interview donnée au Monde en décembre 2015 “On ne réfléchit pas assez à la manière dont Google classe l’information”.

Emprises éditoriales

Comment se passe cette réorganisation ? Si l’on prend la home d’un site d’information, celui-ci classera sans doute les informations suivant des ordres explicites : rubriques thématiques, temps de lecture, les plus partagés / lus, les derniers parus, etc. L’article apparaît ainsi en contexte, lié formellement au reste du site web et ancré dans une ligne éditoriale. En accédant à l’article via un infomédiaire, une partie du contexte se perd. Plutôt, il se voit recréé au sein du site web par lequel on accède à l’article. Ce contexte se trouve totalement uniformisé : la timeline ou la liste dans laquelle il apparaît norment les formes textuelles et si vous pensez à Facebook, seul le logo du journal permet de reconnaître l’énonciateur.

Une quantité de repères, de signes sont sacrifiés sur l’autel de l’uniformité, qui donne pour résultat une grande similarité entre les différents posts, bien que ceux-ci soient de natures et d’énonciateurs différents. Des entreprises privées non-journalistiques (pour le moment) imposent ainsi des règles éditoriales en même temps qu’elles deviennent le nouveau contexte normé au sein desquels circulent les articles. La re-contextualisation s’accompagne alors de règles « éditoriales » : l’écriture de l’article, de son titre, de ses intertitres, sa taille et le moment de publication sont autant de paramètres à prendre en compte pour un bon référencement.

Tout ça pour dire quoi ? Pour expliquer que ces entreprises de la Silicon Valley ont une emprise éditoriale plus forte qu’elles ne le prétendent sur le travail des journalistes. Une part désormais si importante que, lors de l’élection de Donald Trump, bien des regards se sont tournés vers Google et Facebook pour pointer leur mauvaise gestion dans la diffusion de certaines informations. Notamment, la circulation de fake news a été particulièrement importante, sans pour autant que l’un ou l’autre ne canalise leur propagation. Des acteurs malveillants ont ainsi repris les formes et codes des sites de presse et dans la re-contextualisation et le reclassement des infomédiaires, difficile de faire la différence entre un vrai site et un faux.

Mais responsabilités limitées ?

Si les deux entreprises récusent toute responsabilité dans l’élection de Donald Trump (il serait de toute façon bien difficile de quantifier tout cela), Google et Facebook affichent deux manières de gérer la situation. Google continue la politique de l’autruche et se dédouane de toute responsabilité en se considérant comme une “plateforme” (entendez “neutre”) avant tout. Or, le moteur de recherche ne l’est pas, comme le faisait notamment remarquer Carole Cadwalladr le 16 décembre dernier dans The Guardian. Facebook consent, lui, à réfléchir à sa politique vis-à-vis des rédactions, pour peut-être la modifier légèrement.

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Le Facebook Journalism Project, un concept aussi flou que la photo qui illustre son annonce ?

À demi-mot, le réseau social reconnaît sans doute une part de responsabilité dans la mauvaise gestion des fausses informations qui ont circulé pendant les mois de la campagne puisqu’il a annoncé en décembre 2016 The Facebook Journalism Project. Derrière la grandiloquence de ce nom se cache une série de révisions de sa politique des news. Facebook attend le dernier paragraphe pour mentionner, sur son blog, qu’il “continuera à poursuivre ses efforts pour freiner la propagation des fausses informations”.

Cela se traduit par l’ajout d’une option pour l’internaute permettant de signaler une intox. Une fois le signalement effectué, des équipes de fact-checkers dites indépendantes vérifieront l’article en question. Ces dernières font partie de l’initiative du Poynter Institute et ont par conséquent signé ses “règles de principe” visant à harmoniser une charte de déontologie du fact-checking. Facebook intègre de cette manière une tierce partie journalistique pour la vérification des informations. La boîte noire que représente l’algorithme se voit attribuée une surveillance explicitement humaine, aveu d’une automatisation qui montre aujourd’hui largement ses limites.

Reste que les infomédiaires semblent éviter les critiques qui retombent sur les journalistes. Leur communication sur leur prétendue neutralité, leur transparence affichée nous fait oublier que ces géants sont avant tout des médiateurs et qu’en tant que tels, ils altèrent tout ce qui passe par leurs canaux et doivent assumer les responsabilités des conséquences de leurs politiques.