Alexandre Pougachev, ou comment tuer France Soir : « Je pense que je voterai Marine Le Pen »

Lorsqu’on lit d’abord un tweet, on y croit pas vraiment. Puis lorsqu’on voit le propriétaire du quotidien France Soir faire une telle réflexion, avec un petit sourire ingénu en mode « mais comment ça, cela vous surprend », on est sans voix.

Le pouvoir de la vidéo.

Pourtant, doit-on être surpris? Voici ce que déclarait à Libération Alexandre Pougachev en février :

Les idées de Le Pen me plaisent. Il y a de plus en plus d’immigration et d’insécurité en France.


Mais ce n’est pas la seule déclaration du propriétaire de France Soir. Ce dernier a aussi lâché une autre bombe, en se déclarant prêt à vendre le quotidien pour 1 euro : « S’il y a quelqu’un qui veut racheter le journal et le faire vivre en papier et s’il me dit pour un euro, moi, il n’y a pas de problème ».

Incrédules, les journalistes de LCI lui ont reposé la question, de savoir si Pougachev était bien prêt à « céder France Soir pour un euro symbolique », il a répondu « oui, tout à fait ».

Pour rappel, c’est en août dernier que le quotidien France Soir a été placé sous protection de la justice (clause de sauvegarde). En octobre, enfin, il a déclaré qu’il envisageait très sérieusement l’arrêt de l’édition papier pour se concentrer sur le web, et de devenir un acteur majeur en la matière. Une décision qui provoquerait la suppression de 89 emplois sur 127. Cette arrêt du papier est en théorie effectif à la mi-décembre.

Devant de telles déclarations, on avait vu l’ancienne directrice-générale du journal, Christiane Vulvert, proposer une énième fois un plan pour la reprise du journal avec cette fois-ci un apurement des dettes et du passif + participation du vendeur aux pertes de la première année + suppression d’une trentaine de postes)

Mise-à-jour de 16h40 : Voici la réaction de la SDJ de France Soir, qui représente plus de 80% des journalistes.
Il faut savoir que cette Société des Journalistes a été créée suite aux déclarations à Libération d’Alexandre Pougachev.

COMMUNIQUE DE LA SOCIETE DES JOURNALISTES DE FRANCE-SOIR

Paris, le 11 novembre 2011

La Société des Journalistes (SDJ) de France-Soir prend connaissance, ce jour, des déclarations de M. Alexandre Pougachev à la chaîne LCI concernant ses intentions de vote lors de la prochaine élection présidentielle.
La SDJ tient à exprimer sa vive consternation face à ce qui ressemble à une nouvelle provocation de la part d’un patron de presse sur le point de licencier 89 de ses 120 salariés et de se séparer de la version papier du titre.
A six mois de l’élection présidentielle, M. Pougachev envoie manifestement un signal fort: qu’il vote pour la candidate Front National lors de la présidentielle ne regarde que lui; qu’il l’affirme, publiquement et ès qualité, engage, malgré eux, tous les salariés de l’entreprise qu’il préside et ses journalistes en particulier.
La SDJ souhaite rappeler son attachement viscéral à l’esprit de France-Soir, quotidien fondé à la Libération, et dont les valeurs sont profondément opposées à celles que défend le Front National.
La SDJ souligne sa volonté de préserver une forme de neutralité et d’équilibre politiques. La perspective de voir disparaître un monument de la presse française à la mi-décembre se double donc, désormais, d’une autre crainte: celle de laisser émerger à sa place un organe faisant ostensiblement la promotion du Front National. Il y a là, aux yeux de la SDJ, un double danger pour la démocratie qui ne doit pas laisser insensibles les pouvoirs publics.
En tout état de cause, et quel que soit l’avenir de France-Soir, la SDJ tient à affirmer qu’elle luttera jusqu’au bout pour que le titre, dans ses versions papier et numérique, conserve son indépendance et sa liberté de ton, et ne devienne jamais la tribune des thèses défendues par le Front National.

Mise-à-jour de 17h15 : De son côté, le syndicat Info-Com-CGT de France-Soir, déclare que le « faux-nez du projet Pougachev vient de tomber ».
« Pour le milliardaire, le repreneur idéologique de France-Soir, c’est le Front national! », a ajouté le syndicat, qui évoque une « nouvelle dérive » après la publication de communiqués validant « les déviations d’une ligne éditoriale populiste nauséabonde », selon lui.
« Jamais le Comité Inter CGT et Info’Com CGT ne pourront accepter que France-Soir devienne un nouveau canal des thèses de l’extrême droite », met en garde le syndicat.

Sources : Twitter, Libération, AFP, LCI, SDJ France Soir

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