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Twitter pour les journalistes : snob ou incontournable ?

Twitter pour les journalistes : snob ou incontournable ?

LePost proposait récemment, dans sa rubrique Twitt’heure, une interview croisée de quatre jeunes webjournalistes au sujet de l’outil Twitter et de ses usages. Comment ces professionnels, à la fois journalistes et chevronnés du web, voient-ils et utilisent-ils cet outil de discussion où chacun peut écrire des messages de 140 signes maximum ?

En fait, il n’y a pas de règle. Chacun utilise Twitter comme il le sent. Pour Aude Baron, journaliste sur LePost.fr (@AudeBaron sur Twitter), Twitter se limite à son travail : « Je commence à Twitter quand je suis au boulot, je mets un dernier Twitt quand je quitte le boulot. »
Melissa Bounoua, community manager chez Arte.tv (@misspress), avoue au contraire donner beaucoup d’informations sur elle-même, prenant Twitter comme « un jeu« .
Mais la grande majorité des utilisateurs y mélangent personnel et professionnel, comme Alexandre Hervaud, journaliste, anciennenment à Ecrans.fr (@AlexHervaud) et Sylvain Lapoix, journaliste à Marianne2.fr (@SylvainLapoix) : « Mon Twitt, c’est purement pro, mais avec les échanges qu’on peut avoir avec les autres journalistes, forcément, ça part dans la rigolade« , remarque ce dernier.

Même si tous sont plutôt unanimes sur le fait que Twitter est un réseau assez fermé,  nombriliste et auto-centré autour de la communauté des journalistes parisiens, ils en soulignent l’intérêt : « C’est mon fil AFP, parce que l’actu du web elle est avant tout sur Twitter » affirme Aude Baron. Twitter permet de « faire tourner de l’info, et ça sert aussi de plateforme de recueil de ce qui est en train de se faire« , selon Melissa Bounoua. Pour Sylvain Lapoix, c’est carrément « une nouvelle façon de faire du journalisme, plus réactive, plus cash, plus frontale, et avec des personnes qui, en face, répondent directement« . Un avis partagé par Alex Hervaud : « Il y a moins de langue de bois… et c’est plus facile de s’interpeller entre journaliste, de se dire des petites blagues, sur les travaux d’un tel ou d’un tel« .

Ces témoignages font écho à un récent billet de Geoffrey La Rocca, journaliste à BFM radio (@geoffreylarocca), qui se demande sur son blog si les journalistes de demain seront tous sur Twitter. Pour lui, c’est clair, « tous les journalistes doivent être sur Twitter« , même s’il « va falloir plusieurs mois avant que la plupart des journalistes ne comprennent son intérêt et encore plus de temps pour sa démocratisation à l’ensemble de la population. » Geoffrey La Rocca rejoint l’argument de Sylvain Lapoix concernant l’intéractivité possible sur Twitter entre le journaliste et son lectorat : « À l’avenir, la signature d’un article ne sera pas seulement un nom mais un lien vers le compte Twitter du journaliste en question. Le lecteur passionné par un article pourra alors se mettre à suivre les activités de son auteur et poser lui-même des questions au journaliste concerné pour mieux comprendre un sujet« .
Pour Geoffrey La Rocca, cet outil est « une révolution qui s’annonce, l’assurance de ne jamais perdre de vue l’essence même du journalisme : collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l’attention du public« . Mais il met en garde ses confrères contre la possible dérive nombriliste évoquée précédemment : « [il faudra] éviter de sombrer dans des débats qui n’intéressent qu’une sphère médiatico-parisienne« , au risque de passer à côté de toutes les richesses que Twitter pourrait apporter à la pratique journalistique.

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