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Notify: Facebook mise sur les notifications et le glance journalism. Bye bye Twitter?

Les innovations s’enchaînent chez Facebook. Depuis hier, l’application « Notify », dont certaines caractéristiques avaient déjà fuité depuis cet été, est enfin disponible pour iOS aux Etats-Unis. Cette nouvelle application propose à ses utilisateurs des sélections de notifications couvrant une multitude de domaines centrés sur l’actualité et le divertissement.

Comment ça marche?

Pour lancer le service, il faut tout d’abord s’abonner à 3 stations. Une station est un fil thématique de notifications créé par un éditeur. Afin de faciliter la découverte et l’ajout de nouvelles stations, Facebook se base initialement sur le profil Facebook de l’utilisateur.

Les stations sont également regroupées sous forme de catégories (business, célébrités et rumeurs, culture, divertissement, beauté et mode, nourriture et boissons, drôle, jeux vidéos…) ou par sources.

Certaines stations offrent également des substations afin d’affiner davantage les notifications qui seront affichées. Il est possible d’afficher les 20 dernières notifications envoyées pour se faire une idée du contenu proposé.

Aperçu des catégories et des stations
Aperçu des catégories et des stations
Aperçu des options disponibles pour Bloomberg Business et CBS Sports
Aperçu des substations disponibles pour Bloomberg Business et CBS Sports

On peut se contenter de lire simplement ses notifications au fur et à mesure de la journée depuis l’écran de verrouillage ou bien d’accéder directement au site de l’éditeur. Une page s’ouvre alors dans le navigateur in-app: il est surprenant de constater que les instant articles ne sont pas mis en avant dans l’application. Il faudra donc patienter au moins 8 secondes en moyenne pour afficher le site de l’éditeur. De quoi rebuter les utilisateurs? C’est possible. Il serait d’ailleurs amusant que les éditeurs utilisent Google AMP pour accélérer le chargement de leurs pages.

Aperçu de l'écran de verrouillage et du navigateur in-app
Aperçu de l’écran de verrouillage et du navigateur in-app

Il est bien sûr possible de partager une notification (SMS, email, Facebook ou d’autres réseaux sociaux comme Twitter, Tumblr, LinkedIn ou encore Facebook Messenger) et de la sauvegarder pour y revenir plus tard.

Aperçu du partage/sauvegarde et du flux sur 24h
Aperçu du partage/sauvegarde et du flux sur 24h

72 partenaires au lancement

Peu de surprises, on y retrouve essentiellement des sites ou chaînes d’information et de divertissement mais aussi des sites commerciaux comme Groupon.

A&E, ABC, Access Hollywood, Bands in Town, Billboard, Bleacher Report, Bloomberg Business, Bon Appétit, Breaking News, BuzzFeed, CBS Sports, CNN, Comedy Central, Condé Nast Traveler, Cooking Light, Cosmopolitan, Curbed, Discovery, E! Online, Eater, Elle Decor, Elle Magazine, Entertainment Tonight, Entertainment Weekly, Epicurious, Esquire, Essence, Fandango, Food and Wine, Fortune, Fox News, Fox Sports, Getty Images, Glamour, Good Housekeeping, Groupon, GQ, Harper’s Bazaar, HeadSpace, Health, History, The Hollywood Reporter, Huffington Post, Hulu, InStyle, Marie Claire, MarketWatch, Mashable, People, People en Español, Polygon, Popular Mechanics, Quartz, Racked, Seventeen, Southern Living, Sporting News, Sports Illustrated, Techmeme, Teen Vogue, Thrillist, TIME, Urban Daddy, Vanity Fair, The New York Times, The Verge, Vevo, Vice, Vogue, Washington Post, The Weather Channel, Wired.

Time Inc et Notify

Le groupe Time Inc met à disposition 45 stations par le biais de 11 de ses publications, notamment Time, People, Sports Illustrated et Fortune. L’utilisation des stations est variée. Le fil Actu et Rumeurs de Sports Illustrated peut relayer plusieurs notifications par jour pour mettre en avant  des breaking news; quand Mission, une station de Time qui relate l’année dans l’espace de l’astronaute Scott Kelly, se contente d’un envoi hebdomadaire.

D’après Callie Schweitzer, editorial director of audience strategy à Time Inc, »il s’agit pour le groupe de tester de nouvelles façons d’engager ses lecteurs, particulièrement pour les marques desquelles on ne s’attend pas à recevoir de notifications car elles ne font pas de breaking news. »

Getty et Notify

A titre d’exemple, voici ce que Getty Images a choisi de mettre à disposition avec 2 stations et 10 sous-stations:

  • In The News: From the top stories to the offbeat, see the latest from around the world
  • Sports Highlights: Catch every play with the best sports imagery on Earth

Substations:

  • Sports: Agony & Ecstasy: From the winning play to the heartbreak of defeat – capturing the hard emotion and raw impact of sports around the world
  • Sports Photo of the Day: The best image of the day for every sport across the globe
  • NFL: The best highlights from every team, player and game in the league, direct from the Gridiron
  • MLB: All the plays, catches and hits from the American and National Leagues
  • Premier League: The best of European professional football
  • College Football: Stay up to date with the latest plays, games and coverage from college football
  • Fashion & Celebs: Get inspired with up-to-the-minute style, latest looks and celebrity news
  • Style of the Day: From celebs stepping out to the runway, catch all the latest style details
  • Flashback: That happened when?! Blasts from the past that occurred on this day
  • Music: From the A List to the Underground – up close with the latest music

Une corde de plus à l’arc des éditeurs?

Qu’ont réellement à gagner les éditeurs de cette nouvelle possibilité qui leur est offerte? Du trafic? Il est difficile d’imaginer que Notify représente une source importante de trafic à court terme. Renforcer le lien avec son lectorat et améliorer son engagement? Certainement.

Le développement et la maintenance d’une application est complexe (prise en compte de l’UX, l’UI, des contenus, de la monétisation…) et coûteux pour les éditeurs. Or, d’après Forrester, les utilisateurs de smartphone passent 84%  de leur temps dans seulement cinq applications (hors applications pré-installées). De quoi réduire à néant bien des efforts quand on ne possède pas une marque très forte et une relation prévilégiée avec ses lecteurs.

Idéalement, Notify permettra donc de contribuer à développer l’audience de ses partenaires auprès d’un public désireux de coller au plus près de l’actualité tout au long de la journée sans devoir installer de nombreuses applications. « Les gens ont différentes façons de consommer de l’information. Les moteurs de recherche sont une possibilité, les réseaux sociaux, une autre. Et nous pensons que les notifications push pourraient également y contribuer » affirme Michael Cerda, Product Director chez Facebook.

Les médias n’ont pas attendu Facebook pour se lancer sur le créneau des notifications push et ont parfois développé de réelles stratégies autour, comme le New York Times.

Les éditeurs ayant pris le parti de ne pas développer d’applications vont pouvoir s’y adonner à leur tour et devront pour cela répondre à ces questions cruciales:

  • Y a-t-il un volume optimal de notifications?
  • A quelle fréquence les envoyer?
  • La notification doit-elle se suffire ou à elle-même ou doit-elle inciter à accéder au site de l’éditeur au risque de tomber dans une surenchère de clickbaits?
  • Quels KPI prendre en compte? Le tap-through-rate est-il pertinent?
  • Quelles thématiques précises proposer pour se démarquer?

Pour les y aider, Facebook fournit aux éditeurs des données détaillées concernant le nombre d’abonnés, de vues, de clics, de partages et surtout de désabonnements. Car les notifications sont à double tranchant. Bien utilisées, elle peuvent devenir une composante essentielle de la stratégie digitale d’un éditeur tout comme chasser les utilisateurs aussi rapidement qu’ils sont venus.

Côté technique, les éditeurs doivent passer par une interface spéciale pour écrire les notifications et y faire correspondre un lien puis publier aussitôt ou programmer la diffusion de l’alerte. Une API est également disponible pour distribuer  des données structurées comme des bulletins météos ou des résultats sportifs.

Pourquoi Facebook s’intéresse aux notifications

Lors d’une session Ask Me Anything sur Reddit en juin dernier, Mark Zuckerberg, répondant à Ariana Huffington, disait être convaincu par la nécessité de pouvoir diffuser des informations condensées fréquemment mises à jour:

On speed / frequency, traditional news is thoroughly vetted but this model has a hard time keeping us with important things happening constantly. There’s an important place for news organizations that can deliver smaller bits of news faster and more frequently in pieces. This won’t replace the longer and more researched work, and I’m not sure anyone has fully nailed this yet.

Ainsi, Notify représente une nouvelle possibilité pour Facebook de concurrencer Apple, Twitter ou Snapchat en jouant sur le terrain du glance journalism tout en corrigeant un des principaux défauts de son newsfeed: le manque de réactivité face au temps réel comparé à Twitter.

Facebook a indiqué ne pas réfléchir à monétiser l’application dans l’immédiat et se positionner avant tout dans une logique de test and learn. Gageons que les enseignements tirés de l’application trouveront vite leur chemin dans l’application Facebook qui aurait très bien pu accueillir cette nouveauté.

Jusqu’à présent, Facebook n’a pas été très chanceux sur le terrain des applications standalone en ayant eu du mal à popuplariser Paper ou Slingshot  et en essuyant un flop monumental avec Home. D’autant plus que dans le cas de Notify, tout repose sur le travail de ses partenaires éditeurs. Le risque étant que des utilisateurs mécontents des notifications qu’ils recoivent, suppriment directement l’application plutôt que de modifier leurs abonnements.

Et l’utilisateur dans tout ça?

Les news junkies y trouveront certainement leur bonheur. Pour ma part, j’ai pour habitude de limiter les notifications au strict minimum afin de ne pas être constamment dérangé. Toutefois, le niveau de personnalisation proposé ici semble intéressant: suivre l’actualité d’une entreprise spécifique, l’actualité de sa ville, d’une équipe sportive, de ses artistes préférés via Vevo etc.

La question centrale étant: avons-nous vraiment besoin de plus de notifications sur des sujets nous intéressant? Qu’en pensez-vous?

Plus d’infos

Blog des équipes Facebook Media : Introducing Notify: A Notifications App from Facebook

Communiqué de presse : Introducing Notify, a Notifications App from Facebook

Site officiel

Lien vers l’App Store

Après Apple, Twitter encore plus ‘média’ avec « Twitter News »

Depuis hier, certains utilisateurs américains de l’application mobile de Twitter voient apparaître une icône ‘News‘ dans leur barre de navigation nous apprend Alex Kantrowitz, senior technology reporter chez BuzzFeed.

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Cette nouvelle fonctionnalité affiche une sélection d’articles ‘Trending News’, en train d’émerger dans l’actualité du moment, reprenant le principe des fameux ‘Trending Topics’.

Après un clic, l’utilisateur accède à une page dédiée à l’article reprenant une image d’illustration, suivi du titre, d’un extrait et d’une sélection de top tweets.

Seule une liste pré-approuvée d’éditeurs serait concernée par ce test également en cours au Japon. On peut remarquer sur la capture d’écran la présence de :

– CBS News;

– The New York Times;

– USA Today et

– ABC News.

Cette nouvelle initiative diffère du projet ‘Lightning’ aka ‘Moments’, prévu pour la fin de l’année et visant à effectuer une curation de tweets relatifs à un événement, comme par exemple la cérémonie des oscars.

La semaine dernière, la faible croissance du nombre d’utilisateurs du réseau inquiétait à nouveau les analystes malgré des résultats financiers meilleurs que prévus : Twitter revendiquait 316 millions d’abonnés fin juin 2015 dont 8 millions de nouveaux abonnés pour le deuxième trimestre. Un chiffre à prendre avec des pincettes puisque si l’on exclut les utilisateurs du service par SMS, le chiffre n’est plus que de 2 millions de nouveaux abonnés.

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Ces efforts engagés par Twitter visent notamment à simplifier l’utilisation du réseau social, souvent considéré comme complexe par les nouveaux utilisateurs. Tout en entrant progressivement dans la grande thématique de cette année 2015 : la ré-intermédiation dans la distribution des contenus avec Apple News prévu pour cet automne avec iOS9, Facebook et ses Instant Articles, Snapchat Discover, WhatsApp (utilisé par Le New York Times il y a quelques semaines pour la première fois) ou encore WeChat (récemment utilisé par Time).

Mi-juin, Twitter avait déjà lancé une fonctionnalité de pré-visualisation des articles au sein de sa timeline via une Twitter Card.

 

François AUCHATRAIRE
Chargé d’études au sein du service marketing de l’AFP.
Sur Twitter : @fauchatraire

Interview de Loïc Chauveau, Directeur Social Media @ Marcel (Publicis)

J’ai demandé à interviewer Loïc Chauveau, Directeur Social Media chez Marcel (Publicis), suite à une intervention pour Le Monde Publicité, à propos des réseaux sociaux, et de Facebook en particulier :

 

 


 

Partagez cette ITW :

On a déjà parlé ici de ce que les réseaux sociaux pouvaient apporter, une fois des articles excellents écrits, ou des fantastiques interviews ou webdocus réalisés, pour les partager, les faire connaître, et au final, apporter au lecteur, média émetteur, et au journaliste lui-même :

Sous la plume d’Aurélien Viers, jadis chez Citizenside et désormais au Nouvel Observateur : « Journalisme & réseaux sociaux : quelques tendances pour 2011 »

Et on a aussi vu ensemble que nous cliquions beaucoup plus sur les publicités entourant les articles partagés par nos amis : « The Power of News and Recommendation : Cnn veut plus de pub sur son site #Pownar  »

Depuis, Facebook s’est encore développé, et est arrivé l’Opengraph. En d’autre termes, alors que les gens ont à peine appris à effacer leur historique de navigateur, qu’ils n’ont pas complètement saisi qu’ils allaient offrir à Facebook, et aux marques, et aux médias, beaucoup, beaucoup d’informations.

Avant l’été, Le Monde publicité réunissait donc ses annonceurs, pour une démo présentée par Corinne Mrejen présente « Demain tous social readers ». Au programme: vanter les mérites des réseaux sociaux, et en particulier Facebook, avec en autres invités Julien Cordoniou, « Head of European Gaming Partnerships » chez Facebook et Loïc Chauveau, Directeur Social Media chez Marcel (Publicis).

 

 

J’avais lancé à Loïc : « J’aimerais te poser des questions, mais il me faut une terrasse » : qu’à cela ne tienne, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse de chez Publicis.

Retrouvez-le sur Twitter :

Social Media Week : le programme

La Netscouade organise avec le Social Media Club France une semaine de conférences.

Des partenaires prestigieux parmi lesquels : Publicis Consultants Net Intelligenz, le Club Galilée, Atlantico, Synergence, CLM BBDO, Orange, Cobenders, Laforêt, France Culture, la Ville de Paris, la Fondation Internet Nouvelle Génération, l’Ecole de Journalisme de Sciences Po, Viadeo, Oliver Wyman Delta et Silicon Sentier.

La Social Media Week c’est en ce moment, à PARIS et dans le monde entier (NYC, San Francisco, Toronto, Rome, Istanbul, Londres, Sao Polo, Hong Kong sont les autres villes organisatrices).

L’Observatoire des Médias est l’un des partenaires médias de l’événement et nous allons essayer, à notre manière de vous faire partager ce moment.

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Au programme, une trentaine d’évènements, tous gratuits, répartis sur 5 jours (du 7 au 11 février) :

Lundi 7 février :

> La curation, avenir du web ?

Hémicycle du conseil régional d’Île-de-France 16:30

> La télévision connectée II

Centre d’Analyse Stratégique 17:30

> Evolution ou révolution : comment les médias sociaux changent-ils l’engagement des citoyens dans la politique ?

Sciences Po Paris – Salle Annick Percheron 18:00

> Soirée d’ouverture

Salle des fêtes de la Mairie du 4ème arrondissement – 20:00

Mardi 8 février :

> Faire la révolution sur Twitter ?

Celsa – 18:30

> TechMAP Paris Launch

Next & CoWorking – 19:00

> Comment le monde du vin relève t-il le défi des réseaux sociaux ?

La Cantine – 19:30

Mercredi 9 février :

> Comment les réseaux sociaux transforment les organisations

Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication – 10:00

> Human Resources : war for talent

Ecole Supérieure de Publicité – 15:00

> La gastronomie, un social media parmi d’autres

La Cantine – 18:00

> Quand la culture fait l’évènement sur le web

Forum des Images – salle 100 – 18:15

> Communautés de lecteurs et rédactions : liaisons dangereuses ?

Maison des métallos – 19:00

> JESUISMORT

La Cantine – 20:30

Jeudi 10 février :

> Demain : en quoi l’interaction changera-t-elle la narration ?

Schmuck – 20:30

> Social CRM

Palais Brongniart – 08:30

> Workshops : Privacy and Social Media – Hacktivism

AUP (American University of Paris) – 17:00

> Masterclass : Comment les réseaux sociaux redynamisent-ils le journalisme d’investigation ?

Ecole de journalisme de Sciences Po Paris – 18:00

> Twitter, Facebook, Youtube etc. : des outils pour répondre à la crise démocratique ?

Goethe Institut – 18:30

> Social Media : Quelle place pour le citoyen au coeur du processus législatif ?

Assemblée Nationale – 18:45

> Social Commerce : de la recommandation à l’achat

La Cantine / – 19:00

Vendredi 11 février :

> Les médias sociaux et le marché de l’immobilier

Foncier Home – 09:00

> Internet remplacera-t-il les médecins ?

Mairie du 4e – 11:30

> L’impact des médias sociaux et de la révolution digitale sur l’univers musical

Théâtre Comedia – 14:00

> Travel and social media

Théâtre Comedia – 15:00

> La politesse sur les réseaux sociaux

Radio France – 16:00

> Débat de clôture : le web sauvera-t-il la planète ?

Espace des Blancs Manteaux – 19:00

> Bye Bye Social Media Week

Le Renard – 23:00

> Inscriptions sur le site de la SMW Paris <

Le webdocu du Berry.fr, un exemple à suivre pour la PQR


Capture d’écran du webdocumentaire du Berry.fr consacré aux jouets en bois

Après Les DNA, qui avait réalisé en 2009 le premier webdocumentaire PQR avec un sujet sur les maraudes pour les sans-abris, Le Berry Républicain a repris le flambeau avec «Dans la cuisine des petits jouets ». Le projet est consacré au travail d’un couple de retraités de Bourges, aujourd’hui décédés, fabriquant au milieu des années 80 des jouets en bois originaux qui ont fait l’objet d’expositions dans les musées locaux.

L’initiative a été publiée le 24 décembre « comme un cadeau de Noël », selon les mots de Maude Milekovic-Leroy, webjournaliste au berry.fr et co-réalisatrice du projet. Et il commence à faire parler de lui  dans la sphère médiatique depuis qu’Erwann Gaucher, formateur/consultant web pour la PQR, a publié sur son site une interview de M. Milekovic-Leroy.

[blackbirdpie url= »http://twitter.com/egaucher/status/19758588943667200″]

S’en est suivie une petite discussion sur Twitter concernant l’appellation de « webdocumentaire ».

[blackbirdpie url= »http://twitter.com/rosselin/status/19764685754605568″]

[blackbirdpie url= »http://twitter.com/davduf/status/19766694884941825″]

Mettons un peu les pieds dans le plat. D’abord, non, ce projet n’est pas qu’un simple diaporama sonore. Ledit diaporama, d’ailleurs bien fourni en images et riche de contenu sonore, s’accompagne du témoignage d’anciens amis du couple, d’amoureux des jouets en bois et du directeur d’un musée. Différents points de vue exprimés sous différents formats ; son, vidéo, texte. Il y a ici une vraie réflexion sur la manière d’agencer les supports d’expression. Soulignons aussi le travail de recherche iconographique, tant pour le template du projet que pour les liens internes.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. La fin du diaporama s’essouffle un peu, certaines photos sont peu pertinentes, la faute sans doute à un épuisement des images d’illustration. L’interactivité, élément important d’un webdocu, est ici très peu présente, à part pour choisir si on veut avoir des infos sur le couple ou plutôt sur les témoins. L’internaute ne peut même pas stopper le diaporama lui-même ! – et c’est assez vite agaçant. On aurait bien aimé aussi la présence de liens hypertexte vers des sites consacrés aux jouets en bois ou au musée du Berry. Mais ce sont là des détails qui n’occultent pas un gros travail de rich-media.

Webdocu ou pas ? Là n’est pas la question

Est-ce pour autant un pur webdocu, dans les règles de l’art ? Le problème, c’est qu’elles ne sont pas définies, ces règles. Le webdocu se cherche encore, l’heure est à l’expérimentation, pour ne pas dire au tripatouillage inventif. Chacun a sa définition du genre. Certains diront même qu’il n’apporte finalement rien de nouveau, que toutes ses caractéristiques sont nées avec le web. Finalement, ces questions sont bien secondaires. Ce qui est certain, c’est que ce genre de production, qu’elle soit appelée webdocu ou pas, est encore inconnue dans de nombreuses rédactions PQR.

Alors il ne faut pas trop pinailler. OK, ça n’égale pas « Le corps incarcéré ». Evidemment, c’est perfectible. Mais dans le paysage timoré de la presse d’information, ce genre d’initiative est à encourager vivement. Et ce constat a remporté l’adhésion de la plupart des débatteurs au cours de l’échange Twitter.

Ce qui est surtout intéressant ici, c’est le degré de collaboration entre le print et le web qu’il a entraîné. D’après l’interview de Maude Milekovic-Leroy, outre le documentaire web, deux pages complémentaires (accès payant) ont été publiées sur le sujet dans le journal du 24 décembre. Pour ce travail commun, la webjournaliste a travaillé en collaboration avec le chef de la locale et la photographe. Le projet web a lui été relu et corrigé par le SR de la locale – et quand on voit la fréquence des fautes d’orthographe dans les articles lus sur le web, cette étape est loin d’être superflue. Sans oublier la collaboration d’une consœur venue de l’univers de la radio, pour poser sa voix sur le diaporama.

Féderer web et papier sur un projet commun

C’est ce genre de travail collectif qui fera tomber la querelle interne entre les anciens et les modernes de la PQR. Pour que les journalistes papier n’aient plus peur du web, il faut aussi qu’on leur donne l’assurance qu’ils auront leur rôle dans la présence en ligne de leur média. Rôle qui n’est pas forcément de juste cliquer sur un bouton pour balancer leur article papier sur le site web du journal. Et l’initiative du Berry montre qu’il n’est pas obligatoire d’embaucher un développeur pour créer une honnête production cross-média.

Il y a véritablement une place pour le webdocu en PQR. L’actu locale regorge d’histoires passionnantes à raconter en images, vidéos, sons, animations. Comme le dit Jean-Marie Charon au cours de la discussion évoquée plus haut, la proximité doit rester le critère primordial qui guide la création d’un webdocu local.

[blackbirdpie url= »http://twitter.com/jmcharon/status/19774189401542656″]

[blackbirdpie url= »http://twitter.com/jmcharon/status/19774537998532608″]

Côté économique, je rejoins les réflexions d’Erwann Gaucher sur les mérites d’un support qui serait bien plus attrayant pour les annonceurs que les simples articles papier. Imaginez par exemple une pub Smoby sur le webdocu du Berry… Voilà qui peut laisser envisager de nouvelles rentrées économiques.

Reste que la marge de manoeuvre est mince. Ce genre de projet demande du temps, des moyens, une équipe de plusieurs personnes. Pas facile à défendre auprès d’un rédac’ chef un tant soit peu méfiant vis-à-vis du web. C’est pourquoi l’audience rencontrée par ces premières expérimentations est à surveiller particulièrement. Car finalement, celui pour lequel on fait tout ça, c’est avant tout le lecteur. Quelle sera son opinion sur cette nouvelle forme narrative ? Si on reparle dans tout Bourges des ravissants jouets en bois de M. et Mme Petit, le projet du Berry.fr aura rempli sa mission, et le cas pourra servir d’exemple auprès des chefs de locale frileux.

En cas d’échec, il faudra continuer l’aventure… – Rome ne s’est pas faite en un jour ! – tout en s’interrogeant sur les causes du manque d’adhésion du public au projet. Et en réservant au webdocu une place singulière. Le plus grand danger pour le webdocu, outre qu’il disparaisse, serait qu’il soit banalisé, utilisé à outrance pour des sujets qui ne valent pas une telle débauche d’énergie. Le plus précieux, dans une telle production, c’est son caractère exclusif. Comme les cadeaux de Noël, en fait.

Jean-Baptiste Allemand est un étudiant en licence professionnelle « webjournalisme » à l’université de Metz. Il tient un blog sur Rue89 consacré à l’Irlande du Nord, où il a séjourné l’an dernier.
Site internet:http://www.rue89.com/blog-belfast/

The Power of News and Recommendation : Cnn veut plus de pub sur son site #Pownar

CNN a décidé, mondialement, d’avoir plus de publicité sur ses sites. Et souhaite le faire savoir. Mais les annonceurs connaissent-ils sur le bout des doigts les méandres de la pub online? Investissent-ils assez? La pub est-elle assez chère?

Les internautes d’hier copiaient-collaient des url dans des emails, postaient des messages dans des forums de news. Aujourd’hui, lorsqu’ils tombent sur une info, ils la partagent à l’aide des réseaux sociaux, la font suivre à leurs amis/collègues. Et c’est ce phénomène que CNN a étudié dans son étude étoffée, The Power of News and Recommendation. (lien vers le CP)

Invité par Eric Mettout à venir écouter Lila King, « producer », manager de la communauté de [wikipop]iReport[/wikipop] (le site participatif de CNN) au CFJ l’autre jour, j’y croise la Directrice Marketing et Communication de CNN International, qui m’invite à venir à la présentation de l’étude Pownar :

« L’information partagée a plus de valeur … » : CNN dévoile aujourd’hui les résultats de POWNAR, sa première étude du phénomène de la recommandation dans les médias sociaux

Je remercie CNNFrancePR qui m’a permis de publier – en exclusivité – quelques slides de la présentation.

Social media is the new inbox

Avec son étude, CNN veut démontrer les bénéfices pour les marques d’une présence publicitaire au sein d’un contenu éditorial partagé.

Mais quel contenu, aujourd’hui, n’est pas partageable?
Tous les CMS, tous les sites, dignes de ce nom, proposent des outils de partage.

Poursuivons.

Etude inédite conduite entre juin et août 2010 dans 11 pays en Europe, Asie et aux Etats-Unis, « Pownar » s’appuie sur des techniques d’étude innovantes : une enquête en ligne auprès de 2300 personnes, une analyse sémiologique, une approche neuro-marketing, un tracking d’articles de presse, et une mesure de l’efficacité publicitaire.

Traduisez : il est possible que nous fassions en sorte de marketer l’information pour qu’elle soit partagée, et re-partagée.

Les réseaux sociaux, ça marche

L’étude commandée par CNN montre qu’en moyenne, un utilisateur partage 13 liens par semaine, en reçoit 26 et en lit 14 :

Cliquer sur l’image pour voir la version haute résolution, Exclusivité observatoiredesmedias.com © CNN Research 2010. Tous droits de reproduction interdits


Dis moi où tu partage, je te dirai qui tu es, et combien de personnes tu touches

L’étude montre qu’aujourd’hui 43% des contenus d’information partagés le sont via les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, myspace, You Tube…) contre 30% par e-mail, 15% par SMS et 12% par messagerie instantanée :

Cliquer sur l’image pour voir la version haute résolution, Exclusivité observatoiredesmedias.com © CNN Research 2010. Tous droits de reproduction interdits


Si tu transpires, c’est que tu aimes ma pub :-)

L’étude de Cnn parle certes de l’information, mais surtout de la publicité – sinon, comment viveriez-vous, les journalistes?

Grâce à des techniques de biométrie et d’eye-tracking, Pownar mesure l’engagement émotionnel suscité par l’exposition à un contenu d’information partagé via les réseaux sociaux. Les résultats confirment qu’un individu est plus réceptif à un contenu éditorial et aux publicités qui lui sont liées en situation de recommandation plutôt qu’en mode de consommation aléatoire.

Cliquer sur l’image pour voir la version haute résolution, Exclusivité observatoiredesmedias.com © CNN Research 2010. Tous droits de reproduction interdits

Les résultats montrent que les individus exposés dans un environnement recommandé sont 19% plus susceptibles de recommander eux même cette marque et 27% plus susceptibles de s’en sentir proches.

Lors de la présentation, des études de cas ont été montrées, de sorte de montrer, branche par branche, ce qui fonctionnerait plus via tel ou tel canal de partage. Exemple, pour une grande marque du secteur du tourisme, « le souvenir publicitaire et l’indice de satisfaction de la marque sont respectivement supérieurs de + 50% et + 32% lorsque la publicité se trouve dans un contenu partagé ».

Le quirky funny ne représenterait que 16% des news partagées

Il ressort que 65% des articles traitent d’actualité en développement (ongoing stories), 19% d’actualité à la une (breaking news) et 16% d’histoires surprenantes ou amusantes.

Bon, sinon, il y a quelque chose d’énorme, dans la communication de CNN :

Enfin, la majorité des articles partagés a comme objectif le partage de connaissances.

Sans blague :-)

Les twittos influents & la dame asiatique parisienne trackée

L’étude « révèle » l’existence d’un noyau d’ « influenceurs » particulièrement actifs, puisque 27 % des personnes concernées représentent 87% du volume partagé.

Oui, c’est les twittos « influents », avec de gros guillemets.

Mais l’étude ne s’est pas arrêtée là. Ils ont identifié, lors de la sortie d’une news sur le site de CNN, qu’une internaute asiatique vivant à Paris avait généré à elle seule 5200 visiteurs uniques sur la page de l’article en question :

La dame de la « haute jo »

À ma table, lors de la présentation, une charmante dame, travaillant dans la haute joaillerie. Une cible de choix, en quelque sorte. Alors que le slide sur le luxe n’était pas encore à l’écran, je m’étais fendu de ce tweet :

[blackbirdpie id= »4820588027711488″]

Je vais essayer de la recontacter, histoire de savoir si elle a été convaincue.

What the F**k is Social Media NOW?

Marta Kagan (@mzkagan) est Managing Director pour les Etats-Unis de Espresso, una agence de marketing interactif. Digital branding, social media sont ses maîtres mots. Sa célèbre présentation « What the F**k is Social Media? » vient d’être mise à jour.

A voir en plein écran. (barrre d’outils en bas, à gauche, cliquer sur Menu > View fullscreen)


Le jour où la Place Beauvau n’utilisa pas de guillemets, ou comment mal utiliser Twitter

C’est l’histoire d’un tweet.

Ce matin, alors que l’orage gronde et que les troupes française se font rincer sur les Champs Elysées, avec mes « twittos », avec les gens qui me suivent et que je suis sur Twitter, je regarde, en alternant entre TF1 et France 2, le défilé militaire.

On commente, on blague, et Nathalie Kosciusko-Morizet partage en direct des photos sur son fil Twitter.

Et puis soudain, dans ma « timeline », ce message, émanant du compte officiel du Ministère de l’intérieur :

[blackbirdpie id= »18507473670″]

Pas de lien. Pas de guillemets. Une phrase violente. Et je ne peux m’empêcher de faire part de ma surprise :

[blackbirdpie id= »18508026117″]

Ce message sera largement relayé. Alors, bien justement, on commence à se poser des questions. Et ce n’est que bien après que la réponse arrive :

[blackbirdpie id= »18510149382″]

Le tweet n’en était pas un. C’était une fausse citation. Une phrase modifiée, et livrée sans guillemets et sans source.

La phrase « originale » du communiqué de presse de Brice Hortefeux, Ministre de l’intérieur…

La nuit prochaine, notre mobilisation restera totale. Je n’accepterai pas que ce moment de fête et de concorde nationale puisse être gâché par le comportement de voyous sans scrupules.

…qui devient…

La mobilisation restera totale la nuit prochaine pour empêcher les voyous sans scrupules de gâcher ce moment de fête & de concorde nationale

La grosse différence, c’est tout de même le « Je n’accepterai pas », qui montre bien qui parle. Pas le tweet. Alors, devant la volée de bois vert, la personne, le service qui est chargé de ce compte Twitter tente de se justifier, mais ne convainc pas :

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Quelques minutes plus tard, la source de la « citation » arrive enfin, de façon officielle, et pas en réponse à un journaliste :

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Alors que retirer comme enseignement? Déjà que @Place_Beauvau a du progrès à faire au niveau de la façon dont il communique. Dans cette période où les journalistes s’en prennent plein la figure, où ils sont taxés de non professionnalisme, on aimerait qu’au sein des équipes gouvernementales, on fasse attention à ce que l’on dit, et comment on le dit.

Twitt-karcher, Scandaleux, « Fake? », les qualifiquatifs n’ont pas manqué pour qualifier ce bout de message qui n’était qu’en fait qu’un passage d’un communiqué de presse.

Florilège :

Alors, comme le dit très justement un confrère :

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Steven B. Johnson : « Don’t put a protective layer of glass over the words, allow them to interplay! »

En rentrant chez moi ce soir, l’instantanéité des réseaux sociaux, Twitter en l’occurrence (@gillesbruno), me montre sur ma timeline qu’une lecture très intéressante est en train de se tenir aux Etats-Unis, à l’école de journalisme de l’université de Columbia.

L’orateur n’est autre que Steven Berlin Johnson (@StevenBJohnson), expert des médias, auteur de bestsellers, et responsable d’un programme d’études dans cette université, le « Hearst New Media Professional ». Parmi ses livres : « The Invention of Air, » « The Ghost Map » et « Everything Bad Is Good For You. » Il est aussi le créateur de Outside.In, un site d’info hyperlocale.

Steven Berlin Johnson contribue également à Wired. Il a aussi récemment fait la Une du magazine Time, où dans un article sur Twitter il argumentait que la recherche en temps réél du site de micro-blogging permettait d’obtenir des résultats « ultra-frais » et supérieurs à ceux de Google. Il écrivait :

« In fact, every major channel of information will be Twitterfied in one way or another in the coming years. »

Le sujet aujourd’hui était :

« the PAST & FUTURE OF TEXT »

Tout un programme:

Voici des phrases clés issues de l’échange :

« the idea of the purely linear text is a myth »

« If people are willing to buy tractors on Farmville, they should be ok with paying for online news content »

« Value created by free flow of text not argument against pay walls »

« Can’t measure health of journalism just by news org payrolls. Health of info ecosystem is another measure. »

« If the Web doesn’t increase serendipity for you, you’re not using the Web right »

« We can try to put a protective layer of glass over the words or allow them to interplay w/each other »

« If you’re not surprised by at least one thing you discover on Web everyday, you’re not using it right. »

« Textual play engendered a 200 billion dollar business. What Jeff Jarvis has called the Link Economy »

« iPad is journalism under glass. » Text can’t be linked to/highlighted/doesn’t have an « open-ended life »

« The novel will never be what it was in the 19th century, but that doesn’t mean the novel goes away »