Catégorie : Interview

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VIDEO – Maxime Vaudano : « Décodex débusque les sites douteux »

L’Observatoire des Médias a rencontré Maxime Vaudano lors de l’édition 2017 de la Conférence Nationale des Métiers du Journalisme qui se tenait au Palais de Tokyo les 26 et 27 janvier 2017.

Il nous explique le fonctionnement du moteur de vérification Décodex édité par Les Décodeurs du Monde et des extensions de navigateur à installer.

Voici comment Décodex est présenté sur le site Les Décodeurs :

Fruit de plus d’un an de travail, le Décodex, lancé début février 2017 par Le Monde, est un outil qui vise à lutter contre la diffusion virale de fausses informations et à aider les internautes à se repérer dans la jungle des sites producteurs ou relayeurs d’informations : est-ce un média citant ses sources et vérifiant ses informations, un site fabriquant ou propageant de fausses informations, un site militant ne mentionnant pas son affiliation politique ? Avant de partager une information, différents outils sont à votre disposition pour évaluer la fiabilité du site sur lequel elle est hébergée.

Des outils à installer : 

  • une extension Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) qui vous indique, en temps réel et pendant votre navigation, si le site est plutôt fiable ou s’il diffuse régulièrement de fausses informations ;
  • un moteur de recherche sur le site Decodex pour vérifier la fiabilité d’un site ;
  • un « bot Facebook » : lorsque vous irez parler avec Les Décodeurs dans la fenêtre de chat Facebook ou sur l’application Messenger, notre robot vous aidera à vérifier l’information (cliquez ici pour y accéder) ;
  • des articles pédagogiques, notamment à destination des enseignants, sur la différence entre une information et une source d’information, sur les moyens de vérifier une information, une image ou une vidéo qui circule sur Internet, etc.

En savoir plus sur lemonde.fr/les-decodeurs…

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O. Schrameck se réveille-t-il sur iTELE ? : « tout ne peut s’acheter avec de l’argent »

La grève à iTELE a pris fin le 16 novembre après un mois d’un conflit douloureux et qui aura vu partir des grands noms de la chaîne d’informations en continu. Un arrêt de la grève obtenu suite à la signature par la SDJ d’I-Télé et les dirigeants du groupe Canal d’un protocole d’accord, que l’Observatoire des Médias a publié. Après la fin de la grève à iTELE, le CSA doit maintenant veiller au respect de l’indépendance de la rédaction, a rappelé mardi son président, Olivier Schrameck, au micro d’Europe 1.

« Ces 31 jours de grève se terminent sur un sentiment de tristesse. Je voudrais exprimer des sentiments particuliers à l’égard des journalistes, dont l’équipe se dissout dans des conditions terribles » : le grand manitou du gendarme de l’audiovisuel a fait part de son soutien aux salariés. Et nous sommes émus. Mais où était le CSA pendant ce mois de grève?

Olivier Schrameck se réveille-t-il sur iTELE ? : «tout ne peut s’acheter avec de l’argent» »

Comme on peut le voir dans le protocole d’accord, les salariés n’ont pas obtenu le retrait de Jean-Marc Morandini de l’antenne. Ils ont obtenu une sorte de cordon sanitaire anti-Morandini, comme nous l’avions évoqué ici :

 

La défense du patron du CSA : « nous avons exercé notre compétence déontologique »

Une charte éthique doit être rédigée, dans le cadre de la loi Bloche, dans les quatre mois. « Tout ne peut pas s’acheter avec de l’argent mais bien entendu, les problèmes d’argent sont au centre des conflits sociaux. Ils ne sont pas de notre compétence. En revanche, nous avons une compétence déontologique et nous l’avons exercée« , précise le président du CSA.

csa-charte-ethique-groupe-canalComme l’observatoire des Médias l’a montré, parmi les annexes jointes au protocole d’accord, figuraient deux versions de la charte d’éthique du groupe Canal Plus. De son côté, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a en effet demandé qu’un « comité d’éthique soit reconstitué » Et Olivier Schrameck de préciser :  « J’ai reçu hier des indications provenant de la chaîne iTÉLÉ, nous sommes en train de les examiner et de vérifier qu’elles sont conformes au principe d’indépendance qui est consubstantiel à l’existence d’un comité d’éthique« , en concluant sur ce sujet : « Il n’y pas d’éthique respectée sans indépendance reconnue ».

Enfin, en rappelant ce qui fait le fondement de la convention de la chaîne, Olivier Schrameck répétera ce qu’il avait déjà dit lors des auditions des dirigeants de Canal Plus au CSA : le gendarme de l’audiovisuel tient à veiller à ce qu’i-Télé ne devienne pas une chaîne de divertissement. « Pour l’instant, Vincent Bolloré a dit clairement que ce n’était pas son intention », note Olivier Schrameck. « S’il arrivait qu’on vienne à confondre information et divertissement, alors ce serait les conditions même de la chaîne qui se trouveraient modifiées substantiellement », affirme-t-il. Auquel cas, la chaîne encourrait des sanctions.

 

L’Observatoire des Médias vous propose de voir l’intégralité de l’interview d’Olivier Schrameck : 


Olivier Schrameck : « Nous avons reçu des… par Europe1fr

VIDEO – Sandrine Treiner : « France Culture est une antenne intrinsèquement différente »

L’Observatoire des Médias : Dans ce monde où des médias de service public vont contribuer à la nouvelle chaîne publique d’information, comment fait-on pour garder son identité ?

Sandrine Treiner : J’ai plutôt tendance à penser que c’est de plus en plus facile. Ça dépend ce qu’on appelle une identité ou une singularité. On représente tout sauf une singularité de niche, pour parler entreprise de la culture, on est tout sauf une niche quand vous avez un million quatre cent mille personnes qui passent tous les jours sur votre antenne Si c’est une niche, il y a énormément de chiens dans la niche !
Il ne s’agit pas de cultiver une identité différente, il s’agit d’une antenne qui est intrinsèquement, sans avoir aucun besoin de se forcer sans avoir besoin de se fabriquer une posture, une antenne différente.
Alors pourquoi ? Parce que nous pensons qu’un autre ton radiophonique, un autre temps radiophonique, une autre manière de penser l’actualité, de la mettre en lumière est possible et qu’elle a aujourd’hui non seulement un public mais un public grandissant.
Cela veut dire qu’en tant qu’antenne généraliste, nous sommes aussi une antenne généraliste avec des news à 8 heures etc.

Au fond qu’est-ce qu’on produit ? On produit de l’information. C’est une mission extrêmement importante pour une antenne de service public et puis on produit à mon sens ce qui permet de vraiment comprendre ce que l’on a dit dans les journaux. C’est ça la particularité de France Culture : pour ça il faut un temps spécifique, donc on a du temps, on laisse le temps. Nos émissions généralement font une heure. On pourrait se dire oui « est-ce que ça correspond au rythme de vie d’aujourd’hui ? » : précisément, on se rend compte que grâce au numérique on peut proposer une forme de contre-grille, de contre-programmation.

Comment gérer le mercato au sein même de Radio France ? Quand par exemple Claude Guibal, grande voix pour l’international, va chez Inter ?

D’une part Claude Guibal c’est presque le cas où la question ne se posait pas : d’une part elle n’est que momentanément sur France Inter jusqu’à cet été, mais surtout elle a été très longtemps comme vous le savez correspondante. Elle a été correspondante de Radio France au Caire. Une correspondante de Radio France, c’est une correspondante de Radio France, c’est-à-dire autant sur Culture sur Inter ou sur Info. Quand elle est revenue en France, elle est venue sur France Culture, mais il y a une porosité des rédactions. La question ce n’est pas de savoir si Claude Guibal est sur France Culture ou France Inter, c’est savoir ce qu’elle y fait et comment elle le fait.

Précisément en raison de cette question des temps et des formats, Claude, pour ne citer qu’elle, fait forcément des papiers qui sont différents. L’anglage assez international de France Culture l’amenait effectivement à avoir plus de temps à France Culture, mais à France Inter, elle n’est pas « France Culture à France Inter » : Elle est Claude Guibal qui travaille pour France Inter. Elle travaille un peu différemment. Il faudrait lui poser la question mais c’est probablement de cela qu’il s’agit.

En revanche du côté des émissions, les gens peuvent éventuellement passer d’une antenne à l’autre, mais en revanche l’émission de philosophie de France Culture est plus puissante en réalité que la personne qui la fait. C’est vrai de l’Histoire, c’est vrai de la géopolitique, c’est vrai de tout. Quand bien même les personnes évoluent et tant mieux s’ils en ont envie passent à France Inter ou ailleurs, l’émission, elle, reste à France Culture, donc la singularité reste à France Culture. Cela dit, le petit bémol c’est qu’on peut avoir le sentiment parfois que, y compris évidemment en dehors du service public, France Culture donne aussi des idées à d’autres antennes, et que donc de temps en temps, on se dit « Là ils font du France Culture ». Tant mieux.

Parlez-nous de votre nouveau bébé, à savoir le nouveau site internet de France Culture.

Le bébé, d’abord dans un premier temps on est toujours très content du bébé. Les autres ne vous disent rien d’ailleurs parce qu’ils savent que vous le prendriez très mal. Le nouveau bébé est épatant d’abord parce que c’est un bébé bien fichu, très simple d’utilisation, la condition sine qua non de la chose : Il a un player qui fonctionne, il y a des sons qui arrivent et donc, en l’espace de deux mois il est déjà de +35 % d’écoute des propositions des propositions radiophoniques.

Il nous permet de faire des choses auxquelles je tiens beaucoup, qui est tout le travail d’éditorialisation et de ré-éditorialisation du fonds de France Culture ce que l’ancien ne permettait pas. Du reste l’ancien permettait à peine l’écoute de la radio. Il ne permettait même pas l’écoute de la radio sur les smartphones et les tablettes. Donc oui, je suis très contente.

Maintenant, c’est le tout début de notre nouvelle réflexion : « à quoi va ressembler le récit numérique de France Culture », et pour le moment, nous commençons à travailler, nous n’avons posé que les bases.

Il y a des endroits où on est seuls. On n’est pas seuls par exemple sur l’actualité culturelle, et heureusement pour la culture dans ce pays. En revanche on est sans doute seuls sur la question de du lien entre les savoirs et le monde, entre les savoirs et l’actu. C’est beaucoup de ce côté-là que l’on va développer notre proposition : nous pourrions devenir une sorte de gigantesque webradio des savoirs. Vous vous brancheriez sur France Culture et vous tomberiez toujours, tout le temps, sur une conférence de très haut niveau, une émission de connaissances moderne et qui en même temps vous fait comprendre des choses que vous ne saviez pas avant. Je pense qu’on a un boulevard.

Où en est l’adoption de l’outil web par les équipes de France Culture ?

Concernant les journalistes, en tant que tels, et de manière globale sur l’ensemble de la maison ronde – et cela aura été l’enjeu de l’année 2016 – nous arriverons à un accord multimédia qui permettra de clarifier les missions de chacun. Pour autant, les gens qui font les antennes sont des gens formidables qui n’attendent pas cet accord multimédia pour travailler, même s’ils considèrent – et je le comprends très bien – que c’est très important. Nombreux sont les journalistes qui, maintenant que nous avons le nouveau site qui est beaucoup plus simple d’utilisation pour nous, nombreux sont les journalistes qui postent leurs chroniques, leurs journaux, leurs papiers alors qu’ils ne le faisaient pas avant tout simplement parce que c’était très long et très casse-pieds.

Par ailleurs, environ 80 % des émissions ont une page tout à fait entretenue, se sont développées sur les réseaux sociaux, que nous développons beaucoup. On développe aussi la vidéo : nous allons détacher quelqu’un qui va se mettre à travailler activement là-dessus, étant posé que notre réflexion est de se dire que contrairement à France Inter ou France Info, nous n’allons pas directement filmer nos émissions parce qu’on a moins besoin de reprises, d’exposition, et on a moins de modules courts à exposer.

En revanche nous allons accompagner en vidéo et en photographie nos productions documentaires, nos fictions : nous avons déjà commencé à créer des petits modules de vidéos qui ne sont pas du filmage, mais qui sont vraiment de la création de vidéo ou photographique.On commence à travailler sur tous ces enjeux.

France Culture est partenaire du Forum d’Avignon. Pourquoi ce partenariat ?

Le Forum d’Avignon a fort aimablement proposé que France Culture soit le partenaire privilégié de l’événement. La première évidence est que je veux que dans France Culture soit puissamment présente là où il est question de culture. Je pense que non seulement nous sommes un relais de la culture et des savoirs, mais nous avons aussi un discours sur la nécessité de la culture et des savoirs. C’est une chaîne qui met en œuvre et qui remet en œuvre tous les jours 24 heures sur 24 une forme d’engagement qui est un engagement de service public, citoyen et de passion. France Culture est aujourd’hui une grande antenne, qui rayonne fortement, très suivie, qui reste – voire qui est de plus en plus à certains égards – une antenne extrêmement singulière où l’on s’engage.

#nouveauLEQUIPE : Jérôme Cazadieu, le nouveau directeur de la rédaction

L’Equipe avait donné rendez-vous au journalistes au siège du journal pour leur présenter la nouvelle maquette –mais pas encore la Une, au format tabloïd. Un format si réduit, que la publicité pour le quotidien sportif qui sera dans Le Figaro la semaine prochaine ironisera sur le fait que l’on pourra désormais lire L’Equipe à l’intérieur d’un Figaro.

« Je ne veux plus que L’Equipe soit le journal de la veille, mais le journal du jour » : Ce ne serait donc pas qu’un changement de maquette. C’est ce qu’a voulu marteler le nouveau directeur général de la SNC L’Equipe (groupe Amaury), Cyril Linette, qui occupe le poste depuis le début de l’année.

Même le non sportif a déjà eu dans ses mains ce grand journal qu’est L’Equipe. Cela fait tout de même 70 ans qu’il règne avec son format « broadsheet« . Ce vendredi, il sera désormais au format tabloïd, avec plus de pages, et toujours au même prix, 1,30€.

Le journal sportif avait testé sa formule « mini ». C’était le 10 juin dernier. Et les retours ont été excellents. Il était temps de changer de taille.

Le directeur général de la SNC L’Equipe, Cyril Linette, et le patron des Editions Amaury, Philippe Carli, avaient annoncé le lundi 6 juillet la promotion de Jérôme Cazadieu comme directeur de la rédaction de L’Equipe. Ancien rédacteur en chef chargé du numérique, Jérôme Cazadieu avait donc remplacé Fabrice Jouhaud, parti diriger la chaîne du groupe, L’Équipe 21. La rédaction en chef du journal a de son côté été assurée dès la fin juillet par Pierre Koetschet, ancien rédacteur en chef adjoint de 20 Minutes.

À la fin de la conférence de presse, j’ai posé quelques questions au directeur de la rédaction. Cliquez sur l’image :

Au fait, vous voulez comparer les formats?

Cyril Petit du JDD l’avait fait au mois de juin :

Le #nouveauLEQUIPE, lui, va partir à l’impression :

Johan Hufnagel : « Lancer une nouvelle chaîne info ne pourra pas se faire sans discuter avec les acteurs du privé »

Quelques jours après la publication de son édito sur l’arrivée du site Mashable en France avec l’aide de France24, et à la veille de l’annonce par France Télévisions et Radio France du projet de création d’une chaîne d’info en continu de service public, nous avons interrogé Johan Hufnagel, directeur délégué aux éditions  de Libération.

Comment cela va-t-il se passer avec Alain Weill à la tête de L’Express et de Libé? Les salariés de Libération vont-ils bien l’accueillir? Libération le préfère à un Vincent Bolloré? Verra-t-on davantage de journalistes de Libération à l’antenne de BFMTV? Doit-on faire l’impasse sur l’industrie des télécoms lorsqu’on s’appelle Nicolas de Tavernost ou Alain Weill ? Johan Hufnagel répond à toutes ces questions.

On a donc aussi voulu en savoir plus sur le site Mashable qui va se lancer en France avec l’aide de France 24, et nous avons recueilli son avis à propos du projet de Delphine Ernotte de lancer une chaîne d’infos de service public.

Pour finir, Johan Hufnagel nous parle de la nouvelle version du site de Libération qui arrive bientôt et nous dit quelles seront les innovations présentes sur ce nouveau site.

C’est officiel, France Télévisions et Radio France travaillent sur un projet de chaîne d’info

Delphine Ernotte Cunci, la toute nouvelle PDG de France Télévisions, et Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, ont fait paraître un communiqué de presse annonçant leur accord pour travailler ensemble sur le projet d’une chaîne d’information en continu, commune à France Télévisions et à Radio France :

A cette fin, un comité de pilotage sera constitué sous leur présidence. Le projet sera confié à Germain Dagognet, Directeur délégué à l’information de France Télévisions, et Laurent Guimier, Directeur de France Info.

Delphine Ernotte Cunci et Mathieu Gallet sont ouverts et désireux d’associer les autres acteurs de l’audiovisuel public au projet de chaîne d’information en continu.

Un appel à Marie-Christine Saragosse, la présidente de France Médias Monde.

Interrogé hier par L’Observatoire des Médias sur ce projet de nouvelle chaîne d’information en continu, Johan Hufnagel, le directeur délégué de Libération a émis des reserves : «Il y a aujourd’hui trois chaines d’infos en continu, deux gratuites, une en crypté, BFMTV, iTélé et LCI. À ma connaissance le CSA a retoqué le passage en gratuit de LCI, car cela boulverserait le modèle économique des chaînes d’infos existantes, et par ailleurs France24 existe déjà sur le canal local de la TNT francilienne. […] En voyant arriver une chaîne du public sur les chaînes d’infos, je pense que Delphine Ernotte sait parfaitement ce qu’elle fait en annonçant cela. Cela ne peut pas se faire sans discuter avec les acteurs du privé.»

Pourtant le communiqué de presse de Delphine Ernotte Cunci et Mathieu Gallet est clair : « ouverts et désireux d’associer les autres acteurs de l’audiovisuel public au projet de chaîne d’information en continu ».

(L’intégralité de l’interview de Johan Hufnagel est disponible ici)

De son côté, Julia Cagé, professeur d’économie à Sciences Po et auteur du livre « Sauver les médias » demande des garanties :  «Il y a une différence entre les acteurs publics, et les acteurs privés […] Quand on regarde les chaînes d’information en continu, BFMTV, iTélé et LCI, elles n’ont pas investi massivement ces dernières années, elles n’ont pas du tout augmenté le nombre de journalistes qui travaillaient pour elles. Si avec Delphine Ernotte on a un investissement de France Télévisions dans une chaîne d’info en continu avec une salle de rédaction suffisamment conséquente pour fournir de l’information de qualité, dans ces cas là c’est une bonne nouvelle. Si c’est fait par une chaîne de télévision publique, on ne va pas chercher des profits à court terme, on ne va pas chercher à limiter les coûts, ou à réduire la voilure mais potentiellement investir dans une information de très bonne qualité »

(L’intégralité de l’interview de Julia Cagé est disponible ici).

Un smiley bien choisi :

 

VIDEO – Jean-Marie Charon : les chantiers à mettre en place après la remise du rapport à Fleur Pellerin

Ce mardi 2 juin avait lieu au Ministère de la culture la remise officielle du rapport final de Jean -Marie Charon intitulé « Presse et numérique – L’invention d’un nouvel écosystème », dont l’Observatoire des Médias avait publié en exclusivité les bonnes feuilles.

Nous avons interrogé Jean -Marie Charon à l’issue de cette journée sur les chantiers à mettre en place après la remise du rapport :

(Contrairement au carton de présentation dans la vidéo, elle a bien été tournée le Mardi 2 juin……)

Voici le rapport :

 

Gilles Bruno invité de #Médiapol, sur #LCP

J’ai eu le plaisir d’être l’invité de Valérie Brochard dans Médiapol, le 7 décembre dernier. La vidéo vient d’être mise en ligne par LCP sur Dailymotion, alors pour ceux qui n’ont pas vu votre serviteur le week-end dernier, voici une séance de rattrapage.

La vidéo ci -dessous commence au moment où je suis interrogé.

Mediapol-lcp-gilles-bruno-portraitAu programme :

Comm’ en Politique : Les politiques dans les matinales Invité : Guillaume Durand,
journaliste, animateur de la matinale sur Radio Classique

Invité Web : Gilles Bruno,
rédacteur en chef de l’Observatoire des Médias

L’émission :

Quand la politique fait le buzz…

Présentée par Valérie BROCHARD

Si la communication politique s’est longtemps résumée aux seuls meetings, rencontres locales et interviews dans la presse….les nouveaux médias ont révolutionné les stratégies médiatiques.

Pour tout savoir sur ces nouveaux modes d’influence, Valérie Brochard vous invite chaque semaine à explorer les arcanes du quatrième pouvoir. Télévision, radio, toile, livre et marketing politique… Médiapol décode les règles du jeu de la communication sur le terrain politique.

Entre communication d’image et communication d’idées, comment les politiques apprennent-ils à composer pour mieux s’imposer ? Comment réussissent-ils à lier exercice du pouvoir et exercice de communication ?

Voir la vidéo chez Dailymotion ici.
La Page de Médiapol sur le site de LCP.
La page de l’émission du 7/12/2013 sur le site de LCP.

Jean-François Furnémont : il y a un risque de déstructuration des paysages audiovisuels européens

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(DR)

Le CSA français a réuni plusieurs de ses homologues, à Paris, le 20 septembre dernier. Ils étaient au nombre de 7. Comment ont-ils été choisis? On ne le sait pas. Ce que l’on sait, en revanche, c’est à la fin des premières rencontres parlementaires de l’audiovisuel, le 16 octobre dernier, le chef de cabinet d’Olivier Schrameck est venu rassurer le président du CSA belge, Jean-François Furnémont, en lui disant que l’initiative française allait s’étendre aux autres pays européens, et que le CSA français n’avait pas pour but de faire les choses de son côté.  Intéressant.

Nous avons voulu en savoir plus et nous avons posé des questions à  Jean-François Furnémont, qui est directeur général du CSA belge, et également Président de l’EPRA, plateforme européenne qui fédère 53 autorités de régulation audiovisuelles venant de 47 pays.

 

L’Observatoire des Médias : Qu’en est-il de ces nouvelles initiatives qui visent à regrouper les autorités de régulation en Europe?

Jean-François Furnémont : C’est un sujet passionnant, en effet, il y a beaucoup de discussions sur ce sujet au niveau européen

La question soulevée dans mon intervention aux rencontres parlementaires de l’audiovisuel qui se sont tenues à Paris le 16 octobre dernier. Il faut en effet approfondir l’harmonisation de la réglementation en Europe qui est aujourd’hui à un niveau très très faible. La directive SMA ne cherche pas aujourd’hui à coordonner la législation européenne, elle cherche à l’harmoniser en laissant à chaque état membre la possibilité d’avoir une grande marge de manœuvre. Ce qui pose les questions d’établissement de plus en plus d’acteurs dans un pays, en utilisant la législation de ce pays, tout en visant les téléspectateurs d’un autre pays. Ce manque d’harmonisation aboutit à des situations compliquées, surtout pour les services de médias à la demande qui sont facilement délocalisables d’un pays à l’autre. Cette situation pose beaucoup de problèmes quant à l’application de la législation.

 

Quelles sont ces initiatives de coopération entre autorités de régulation?

Comme la réglementation est mise en œuvre par des autorités de régulation, cela pose la question d’une coopération renforcée entre ces autorités de régulation. C’est une période particulièrement intéressante puisqu’il y a des dynamiques ou des initiatives à plusieurs niveaux.

Il y a d’abord les initiatives historiques, celle de l’EPRA créée en 1995 par 6 autorités pionnières à l’époque, et qui a grandi à une vitesse folle en passant à 53 autorités de régulation provenant de 47 pays différents.

Il n’y a pas une seule autorité de régulation en Europe qui n’est pas membre de l’EPRA. Mais c’est une dynamique qui a ses limites, limites fixées et approuvées par les membres eux-mêmes : c’est un forum informel, qui donc ne va pas être utilisé pour prendre des décisions politiques et donc qui ne va pas être utilisé pour faire un lobbying auprès des institutions. C’est dans ses statuts.

Mais il y a d’autres logiques, qui sont dans une perspective géographique différentes, qui est par exemple celle de l’Union européenne pure, et dans une logique institutionnelle différente, qui est de se mettre ensemble entre régulateurs de l’Union européenne pour parler des questions d’application efficaces de la réglementation européenne.

 

Quelles ont été les différentes avancées?

On a vu depuis le début de cette année qu’il y a eu énormément de recherches commandées au niveau de l’Union européenne :

– l’étude MediaDem qui a rendu ses conclusions au printemps de cette année;
– le rapport commandé par la commission européenne au groupe de haut niveau sur la liberté et le pluralisme des médias;
– la constitution par la commission européenne d’un centre sur le pluralisme des médias qui est établi à la Florence School of regulation à Florence et qui a rendu un policy paper, dont les recommandations comprennent un renforcement entre les autorités de régulation;
– le mois prochain, il y a une réunion, à l’invitation de la commission européenne, de tous les régulateurs au niveau européen, où la commission européenne propose d’entamer des discussions sur la formalisation des relations entre la CE et les régulateurs qui restent à un niveau informel, contrairement à un autre domaine, celui des télécommunications, où il y a un outil institutionnel, institutionnalisé par une directive, avec un pilotage partagé entre la commission européenne et les Etats membres.

Il y a un problème européen. Les discussions informelles ne peuvent pas en effet aboutir à la résolution de problèmes politiques.

 

Quels sont les dangers auxquels sont confrontés les paysages audiovisuels europééens?

La question est de savoir comment résoudre différents  problèmes :

La question de la survie du cercle vertueux du financement de la production européenne : les chaînes de télévision se financent auprès des annonceurs, et réinvestissent une grande partie de leur revenu (40 % de leur revenu est réinvesti dans la production de contenu). Et dans ce cercle vertueux viennent s’établir des acteurs globaux qui ne sont pas touchés par la politique européenne.

Le deuxième problème est qu’au sein même de l’Union européenne se sont établis un certain nombre de ces acteurs globaux, et qu’ils font au sein de l’Union ce que l’on appelle du shopping régulatoire. Par exemple, vont aller s’installer [par exemple au Luxembourg] s’ils veulent mettre en place un service de média à la demande à destination du public français. Puisque s’ils étaient installés en France, au-delà de 10 millions de chiffre d’affaires ils auraient à payer une contribution au CNC. Ils sont bien sur le même marché, ils sont bien compétition avec des acteurs français qui développent aussi des services à la demande, comme le font Canal+, TF1, M6 ou France Télévisions.

Il faut donc traiter ces problèmes de concurrence qui sont au sein même de l’Union européenne, qui ne sont pas à traiter seulement d’un point de vue économique de la concurrence, mais aussi du point de vue de leur impact sur le secteur audiovisuel, puisque dans tous nos pays, et de manière la plus évidente en France, qui est le pays qui a développé le système le plus élaboré, cela implique la contribution au financement de la production. Ce cercle vertueux s’effondrerait complètement si on était sur un marché dans lequel de plus d’acteurs exploiteraient les œuvres sans jamais être dans une situation où ils contribueraient à la production de ces œuvres.

 

Quel est dans ce cadre le cas spécifique de la Belgique?

Finalement, et malheureusement pour lui, le paysage audiovisuel belge vit depuis de très nombreuses années dans la réalité de ce que aujourd’hui la France ne voit que comme une menace potentielle. Il y a certainement des leçons à tirer de cette expérience du monde linéaire, de la télévision classique, où le principal acteur de marché déplace un jour son siège social de Bruxelles à Luxembourg, pour échapper à toutes les obligations qui s’imposent à elle en restant établi à Bruxelles. Situation rendue possible par le fait qu’il ne demande à l’autorité de régulation aucune ressource publique, aucune fréquence. Il n’y a pas de paysage hertzien en Belgique et il lui suffit donc de faire des accords avec le cablo-opérateur local ou l’opérateur IPTV local pour toucher 100% des téléspectateurs potentiels.

Cette situation qui jusqu’à aujourd’hui ne touchait que des pays comme la Belgique ou les Pays-Bas, entièrement câblés, peut, avec le développement massif des services à la demande, toucher n’importe quel pays européen aujourd’hui et aboutir à une captation de valeur dans un état membre qui va être logé au siège social basé dans un autre état membre, et qui ne nourrira pas le cercle vertueux de la contribution par ceux qui exploitent les œuvres audiovisuelles de leur financement.

C’est un problème politique majeur, avant d’être un problème de régulation du secteur audiovisuel, et totalement d’actualité. À titre personnel, je me réjouis de l’initiative de Fleur Pellerin d’imposer cette question à l’ordre du jour du conseil européen des 24 et 25 octobre consacré aux questions numériques.

De leur côté, les autorités de régulation posent le problème, et attirent l’attention des décideurs politiques sur ces menaces, qui aujourd’hui, pour une majorité des états membres n’est plus une menace potentielle : nous sommes aux portes de la possible déstructuration de nombreux paysages audiovisuels et avec eux de leurs systèmes de financement qui ont toujours fait leurs preuves et par lesquels nous ne savons pour le moment pas du tout par quoi les remplacer pour continuer à faire vivre ce cercle vertueux.

C’est là le rôle des régulateurs, de nourrir cette réflexion-là.

 

Du côté des instances européennes, que s’est-il passé?

Il y a un conseil des ministres européens, il y a un processus de révision des directives qui peut être enclenché… Il faut souligner le rôle des parlements et il faut se féliciter d’avoir eu ces derniers mois de très nombreuses initiatives parlementaires à ce sujet :

Il y a eu la résolution de Renate Weber sur la liberté des médias, il y a eu une résolution de Jean-Marie Cavada sur la distribution en ligne des œuvres audiovisuelles, il y a eu la résolution de Petra Kammerevert sur la télévision connectée, il y a eu la résolution de Piotr Borys sur la mise en œuvre de la directive SMA où tous ces sujets-là étaient traités.

Maintenant il faut que tous ces sujets, poussés par le parlement aboutissent à des initiatives concrètes de la commission européenne et à des prises de position politiques concrètes du conseil européen. Le but était que ce soit le cas cette semaine lors du conseil européen sur le numérique.

 

Mais que penser de l’initiative française, de réunir, de son côté un échantillon des régulateurs européens?

Je me réjouirai de tout ce foisonnement d’idées, tout ce qui peut aller dans le sens d’une plus grande coopération entre autorités de régulation. La question n’est pas de savoir s’il faut un groupe de tel forme ou de telle autre forme. Le plus important est de savoir quelles sont les choses que l’on veut régler. C’est un travail en cours entre régulateurs. C’est un travail que la commission européenne met à l’agenda le mois prochain avec la réunion des régulateurs.

L’initiative française de cette réunion à 7 ne peut que s’ouvrir aux 28.

Jean-Paul Cottet (Orange) au #ColloqueNPA : accord d’itinérance, Dailymotion et Google

Partenaire média du 16e Colloque NPA Le Figaro qui se tenait à la maison de la Chimie le mardi 6 novembre, et dont vous pouvez retrouver le live-tweet, L’Observatoire des Médias a interrogé Jean-Paul Cottet, directeur exécutif marketing innovation et nouvelles activites de croissance chez France Télécom Orange.

Image : S. L. 
Interview et Montage : Gilles Bruno