Libé tente de se transformer

Est-ce que Libération va y arriver?

Certains disent que c’est la « nouvelle formule » de la dernière chance.

Libé ne va pas fort, et une nouvelle fois, change de maquette. Une évolution en douceur. Un journal plus élégant. Trop? Arriverez-vous à lire « Évènement » ou « Monde » de loin, tellement la police est fine? On entend un peu de tout.

D’autres disent que la maquette change tellement souvent que cela devient difficile de s’identifier au journal. Les salariés de Libération sont désormais habitués aux nouvelles moutures. Elles se préparent, comme dans beaucoup de journaux, dans des officines externes, puis sont présentées en secret à des équipes très restreintes, et puis là patatras, souvent, cela ne fonctionne pas. Et on se retrouve au mois de juin, lorsque tout le monde commence à partir en vacances, alors on repousse à la rentrée, et cela tombe plutôt bien, parce que tant qu’à faire, il serait de bon ton que le web soit prêt, en même temps.

C’est un peu comme le dessert en même temps que l’Expresso. Souvent, c’est essentiel…

Après avoir communiqué sur la culture du scoop, Libé fait donc une nouvelle offre à ses lecteurs. Un quotidien toiletté, un site web garni d’une couche payante, et un magazine de fin de semaine.

Essayons d’y voir plus clair.

1) Liberation modifie légèrement son ADN

Liberation modifie légèrement son ADN et se transforme, tant sur le web que sur le papier, avec toujours un petit retard pour le web — un grand classique désormais. L’élégante nouvelle maquette du quotidien Libération perd en lourdeur, et s’aère en lisibilité, bien qu’avec plus de texte. Car la ‘nouvelle formule’ – ou plutôt la nouvelle offre, comme la publicité le dit – exprime le souhait d’une adaptation du traitement de l’information, plus textuel, moins brut, de manière à fournir au journal une légitimité qui le différencie du contenu du site internet. J’aime dire qu’il devient un heptomadaire, tant son look de couverture ressemble à un magazine.

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2) La Modularité

Libération a modifié sa vision de l’actualité, en s’offrant plus de modularité sur sa Une, qui auparavant était essentiellement conçue pour n’afficher qu’un titre.

Or l’information a changé, à quelques exceptions près, impossible pour un lecteur curieux et ouvert que de rester focalisé sur un seul évènement. Et pour vendre, il vaut mieux proposer davantage de titres, histoire de présenter au plus grand nombre à quel point le journal est dense.

La solution hybride consiste désormais à s’offrir plus de gabarits, dont celui utilisé pour la sortie du lundi 7 septembre, consistant à un patchwork d’infos, et des photos horizontales difficile à recadrer.

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3) L’identité de Libération

La question de l’identité de la marque se pose à nouveau à nouveau. Chaque support offre un traitement différent de l’information, mais empêche-t-il une homogénéisation de la charte graphique print/web, afin de maximiser la perception de l’identité et l’image de Libération à travers ses supports ?

typographie

Deux exemples tout simples, celui des choix typographiques et de la palette des couleurs. Une Trade Gothic est désormais utilisée pour les titres du papier et devient une Georgia sur le web, à l’heure où les @font-face et autres méthodes d’affichages de polices sur le web deviennent répandus.

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Là encore, bien que les rubriques print et l’architecture d’information du site web soient totalement différentes, il n’en demeure pas moins possible de rendre l’ensemble plus cohérent. Avec pour conséquence, repérage par rubrique plus aisé. Le site reste globalement fidèle à lui même, avec un Affichage de type ‘blog’ listing. Peu de changement donc, le web parchemin fait son petit bonhomme de chemin.
La question du payant Pour une fois, une évolution du contenu du site se fait sentir, il s’agit de proposer des services premium. Et Libération est également tombé dans cette mode 2009 de proposer un service payant, en suivant la stratégie qui sera mise en place incessamment sous peu par lefigaro.fr, et son réseau social. Tous les modèles économiques sont le bienvenus pour cette presse en crise. Cela peut fonctionner, si les medias traditionnels s’y mettent au même moment.

Voici Ludovic Blecher, responsable du site internet du journal, annoncer lors de la conférence de presse la grande nouveauté, la zone payante:

Nous reviendrons plus tard sur cette version payante à laquelle je me suis abonné (si, si!). Qu’offre-t-elle vraiment en plus, tiendra-elle ses promesses, évoluera-t-elle régulièrement et vite? Nous en reparlerons.

4) Les unes expliquées par les journalistes

« A nouvelle formule, nouvelles unes. Et nouvelle forme pour 5 jours à la une, notre émission vidéo hebdomadaire consacrée à l’actualité vue à travers les manchettes de Libé. »

« Désormais enregistrée au coeur de la rédaction, donnant la parole à tous les journalistes concernés par les événements couverts durant la semaine, 5 jours à la une a pour objectif de vous faire partager les dessous de Libé, la façon dont la rédaction fait des choix, s’interroge, travaille. »

C’est une très bonne idée
.

5) Libération, Le Mag

Pour le même prix, le samedi, on aura un magazine.

Libération, Le Mag, est le nom de ce magazine dont le premier exemplaire est sorti ce samedi 12 septembre.

C’est Béatrice Vallaeys qui en a la charge.

Voici le contenu du premier numéro:

6) La conférence de presse

Une vidéo à venir.
En attendant, voici ma sélection de twits échangés pendant la conférence de presse:

7) Les réactions sur le web

L’analyse de Benoit Drouillat, designer d’interfaces, qui décrit la nouvelle formule de Libération comme étant « une forme mosaïquée »

L’avis de Christian Aubry sur Médiaschroniques, La « refonte » de Libé : un rituel primitif sans intérêt
Christian Aubry est assez violent dans son analyse, et met ensuite à jour son article :

Mise à jour @ 18h22 : Il y a quelques jours, 01net écrivait qu’« une application payante très innovante permettra d’accéder à d’autres services, dont on ne connaît pas encore la teneur ». Espérons que Libé ira dans le sens de l’ouverture des sources, de l’info multimédia, du temps réel et du remix. Si c’est le cas, je réviserai ma position en conséquence…

Les twits choisis :

Les twits en question :

http://twitter.com/Laurent_Joffrin/status/3848532167 …mais est-ce son vrai compte?

http://twitter.com/jmsardo/statuses/3931790469

spéciale dédicace aux Irocks qui se trompent d’un mois :
http://twitter.com/lesinrocks/statuses/3814421316

http://twitter.com/jeffmignon/status/3820374353

http://twitter.com/benoitraphael/status/3835952332

8) Laurent Joffrin invité des médias

France Inter le 7 septembre – « Comme on nous parle » – Pascale Clark : Invité sur Inter le lundi du lancement. Pour arriver à « ce qui nous intéresse », bougez le curseur jusqu’à la minute 7’41 ».
Sur le site de France Inter, « Mouchette » commente : « Laurent Joffrin est so lui-même. Tout en aphorismes inégalables. Un instrument du bonheur. » :

RFI le 11 septembre – « l’Atelier des Médias » – Philippe Couve :


@Enikao
demande à Laurent Joffrin si les journalistes ne devraient pas répondre plus dans les commentaires des articles de liberation.fr
« On fait ca tout le temps. On répond à des interrogations d’internautes. »
Philippe Couve relance Laurent Joffrin et insiste : « les commentaires sont peu fréquentés par les journalistes » ce à quoi Joffrin répond:
« Les journalistes n’ont que 24 heures. Il y en a un certain nombre qui ont des blogs, aussi. Sur un blog, on discute. »

Laurent Dupin pose une épineuse question sur le site de l’atelier des Médias, relayée par Philippe Couve : « Questions de logique et de stratégie : pourquoi s’opposer courageusement à la ‘presse low cost’ notamment sur le online… tout en y contribuant soi-même? Je parle des blogs de Libération (auxquels j’ai participé avec Serial Worker). Vous les dites ‘invités’ et donc gracieux (‘parce que ça fait de la publicité et de la notoriété’). La belle affaire! Peut-on vivre de cela? »

« Peut être un jour. Si on a besoin de pigistes, on les paye. Pour le moment, on a pas prévu de rémunérer les blogueurs. »

@StevenJambot demande à Laurent Joffrin si Libération est un journal de gauche: « Oui. […] On est une maison ouverte, cela va de Bayrou à Besancenot ».

Gabriel JORBY ( @gabyu + gabyu.com ) et Gilles BRUNO ( @gillesbruno + observatoiredesmedias.com )

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