Catégorie : PQN

#nouveauLEQUIPE : Jérôme Cazadieu, le nouveau directeur de la rédaction

L’Equipe avait donné rendez-vous au journalistes au siège du journal pour leur présenter la nouvelle maquette –mais pas encore la Une, au format tabloïd. Un format si réduit, que la publicité pour le quotidien sportif qui sera dans Le Figaro la semaine prochaine ironisera sur le fait que l’on pourra désormais lire L’Equipe à l’intérieur d’un Figaro.

« Je ne veux plus que L’Equipe soit le journal de la veille, mais le journal du jour » : Ce ne serait donc pas qu’un changement de maquette. C’est ce qu’a voulu marteler le nouveau directeur général de la SNC L’Equipe (groupe Amaury), Cyril Linette, qui occupe le poste depuis le début de l’année.

Même le non sportif a déjà eu dans ses mains ce grand journal qu’est L’Equipe. Cela fait tout de même 70 ans qu’il règne avec son format « broadsheet« . Ce vendredi, il sera désormais au format tabloïd, avec plus de pages, et toujours au même prix, 1,30€.

Le journal sportif avait testé sa formule « mini ». C’était le 10 juin dernier. Et les retours ont été excellents. Il était temps de changer de taille.

Le directeur général de la SNC L’Equipe, Cyril Linette, et le patron des Editions Amaury, Philippe Carli, avaient annoncé le lundi 6 juillet la promotion de Jérôme Cazadieu comme directeur de la rédaction de L’Equipe. Ancien rédacteur en chef chargé du numérique, Jérôme Cazadieu avait donc remplacé Fabrice Jouhaud, parti diriger la chaîne du groupe, L’Équipe 21. La rédaction en chef du journal a de son côté été assurée dès la fin juillet par Pierre Koetschet, ancien rédacteur en chef adjoint de 20 Minutes.

À la fin de la conférence de presse, j’ai posé quelques questions au directeur de la rédaction. Cliquez sur l’image :

Au fait, vous voulez comparer les formats?

Cyril Petit du JDD l’avait fait au mois de juin :

Le #nouveauLEQUIPE, lui, va partir à l’impression :

Johan Hufnagel : « Lancer une nouvelle chaîne info ne pourra pas se faire sans discuter avec les acteurs du privé »

Quelques jours après la publication de son édito sur l’arrivée du site Mashable en France avec l’aide de France24, et à la veille de l’annonce par France Télévisions et Radio France du projet de création d’une chaîne d’info en continu de service public, nous avons interrogé Johan Hufnagel, directeur délégué aux éditions  de Libération.

Comment cela va-t-il se passer avec Alain Weill à la tête de L’Express et de Libé? Les salariés de Libération vont-ils bien l’accueillir? Libération le préfère à un Vincent Bolloré? Verra-t-on davantage de journalistes de Libération à l’antenne de BFMTV? Doit-on faire l’impasse sur l’industrie des télécoms lorsqu’on s’appelle Nicolas de Tavernost ou Alain Weill ? Johan Hufnagel répond à toutes ces questions.

On a donc aussi voulu en savoir plus sur le site Mashable qui va se lancer en France avec l’aide de France 24, et nous avons recueilli son avis à propos du projet de Delphine Ernotte de lancer une chaîne d’infos de service public.

Pour finir, Johan Hufnagel nous parle de la nouvelle version du site de Libération qui arrive bientôt et nous dit quelles seront les innovations présentes sur ce nouveau site.

PQN : Diffusion en baisse, « Les Echos » et « Libération » sauvent la mise

La presse quotidienne nationale a globalement vu sa diffusion baisser pendant le 1er semestre 2015, à l’exception du quotidien Les Echos et de Libération qui progressent, selon les chiffres de l’OJD qui certifie la diffusion, la distribution, le dénombrement et la fréquentation des médias imprimés.

OJD premier semestre 2015

TitreDiffusion moyenne 1er semestre 2015 (ex/jour)Évolution par rapport au 1er semestre 2014Actualité
Le Parisien223 440- 6,15 %Le titre va être cédé par Amaury à LVMH.
Aujourd'hui en France135 770- 6,05 %Le titre va être cédé par Amaury à LVMH.
L'Equipe211 283- 2,22 %Le titre du groupe Amaury passera définitivement au format tabloïd le 18 septembre.
La Croix94 339- 1,87 %
Le Monde273 742- 0,80 %
Le Figaro321 355- 0,69 %
Les Echos126 666+ 1,80 %
Libération95 977+ 2,51%Libération, qui a lancé une nouvelle formule début juin, a vu cependant sa diffusion baisser de 7,42 % sur ce mois.

Le Parisien, connaît ainsi le plus fort recul sur les 6 premiers mois de l’année (-6,15 % par rapport au ter semestre 2014) : le quotidien encore basé pour quelques mois à Saint-Ouen a diffusé en moyenne 223.440 exemplaires par jour.

Aujourd’hui en France, son édition nationale  chute aussi, de 6,05 %, avec 135.770 exemplaires. Rappel : ces deux titres vont bientôt être cédés par le groupe Amaury à LVMH (qui détient déjà Les Echos).

L’Equipe (groupe Amaury) a lui sur ce premier semestre 2015 une diffusion de 211 283 exemplaires quotidiens également en baisse : -2,22 %. Le quotidien sportif français passera définitivement au format tabloïd le 18 septembre (le quotidien a testé ce nouveau format en kiosque et a suivi les avis de ses lecteurs)

La Croix (94.339 exemplaires) baisse de 1,87 %, Le Monde (273.742) de 0,80 % et Le Figaro (321.355)  de 0,69 %.

L’exception vient dont du quotidien économique Les Echos (126.666 exemplaires en moyenne) qui tire son épingle du jeu (+1,80 %) et surtout de Libération (95 977 ex.) ce qui fait une hausse  de 2,51% sur le semestre. Le quotidien « nouvelle formule » de la rue Béranger peut donc se féliciter, même si sa diffusion a baissé de 7,42 % sur ce mois.

 

Source : OJD
Photo Jean-François Gornet sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Prisa redresse ses comptes, mais la diffusion de sa presse papier s’écroule

Le groupe de médias espagnol Prisa, présidé par Juan Luis Cebrián, éditeur entre autres du quotidien El Pais, et par ailleurs actionnaire du Monde à hauteur de 12,8 %, a réussi ses derniers mois à alléger sa dette et à sortir la tête de l’eau, mais au prix de multiples cessions d’actifs stratégiques.

La vente de sa participation de 56 % dans le bouquet de télévision payante Digital+ au géant espagnol des télécommunications Telefonica pour 750 millions d’euros, ainsi que celle d’une partie de ses parts dans Mediaset Espagne (la filiale espagnole du groupe italien de télévision Mediaset), sans oublier celle de l’éditeur Alfaguara à Penguin Random House pour 72 millions d’euros ont considérablement réduit sa taille et son poids dans le monde des médias.

Malgré ses mesures, le groupe Prisa est toujours endetté à hauteur de 1,9 milliard d’euros, et son secteur presse papier quasi démantelé.

La diffusion de ses journaux n’a cessé de diminuer : le journal phare du groupe, El País, a vu ses tirages baisser de 43 614 exemplaires au premier semestre 2015, par rapport au premier semestre 2014. Sa section magazine a été pratiquement réduite à néant avec l’abandon de la publication de la version espagnole de Rolling Stone et de Cinemania, tandis que son journal économique Cinco Días, est en vente.

Durant la première moitié de 2015, El País, As (2nd quotidien sportif espagnol), et Cinco Días ont vu leurs ventes baisser de plus de 63 000 exemplaires par jour par rapport à la même période de 2014, aggravant une crise qui dure depuis plus d’une décennie et qui touche la quasi-totalité des journaux espagnols. En 2005, El País imprimait 453 000 exemplaires par jour, pour seulement 275.000 maintenant. L’année dernière encore, ses ventes ont chuté de 16%.

Cette baisse a naturellement affecté leurs revenus, qui ont diminué de plus de 10 millions d’euros pour les six premiers mois de l’année par rapport à 2014, et ce, malgré une augmentation des revenus publicitaires de 1,5 million, augmentation liée à la reprise économique de ces derniers mois.

Certains analystes de la presse espagnole attribuent également la chute des ventes d’ El País à l’arrivée d’Antonio Caño à la tête du journal en 2014: Le virage à droite imprimé à la ligne éditoriale n’aurait pas plu aux lecteurs traditionnels, et n’aurait pas réussi à capter l’attention des lecteurs plus conservateurs.


Une des grandes questions qui se posent à l’heure actuelle sur l’avenir de Prisa, est l’abandon du format papier au profit du tout numérique. Pour l’instant, les recettes générées en ligne ne représentent que 35% du total, mais avec une augmentation de 21,4% l’an dernier. L’objectif affiché d’Antonio Caño est d’atteindre 100 millions d’utilisateurs par mois pour 2016.

En attendant de voir si la stratégie Prisa pour atteindre cet objectif porte ses fruits,
et au-delà des mauvais résultats obtenus dans le domaine de la presse, il convient de noter que le groupe a réalisé un bénéfice de 10,68 millions d’euros au 1er trimestre, grâce à l’amélioration du marché publicitaire, au succès de son édition scolaire en Amérique du Sud et au contrôle des coûts dans ses filiales.
Mais, avec une dette de 1,9 milliard d’euros, l’avenir du groupe qui fêtera les 40 ans de la création d’ El País l’année prochaine reste très incertain.

 Anne GIRARD

Ayad, Van Kote, Birnbaum  : trois candidats déclarés pour diriger « Le Monde »

Trois. C’est moins que les 33 pour France Télévisions. Trois candidats officiels à la direction du journal Le Monde. Les trois candidats ont écrit à la Société des rédacteurs du Monde pour déclarer leur candidature. Une lettre transférée à tous le personnel du quotidien ce samedi 4 avril. C’est d’ici le 20 avril, dans deux semaines, que sera connu celui qui sera choisi par les actionnaires du Groupe Le Monde (le « trio BNP » Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse), puis il sera soumis au vote de la rédaction : le candidat doit recueillir 60% de suffrages favorables pour ensuite être désigné par le Conseil de surveillance. Les actionnaires ont la possibilité de présenter au vote de la rédaction un ou une candidate qui ne ferait pas partie du journal.

Gilles Van Kote

À 51 ans, depuis le départ de Natalie Nougayrède désormais au Guardian, c’est lui qui est directeur par intérim. Sa candidature était déjà connue : il avait présenté sa candidature aux actionnaires pour un mandat de « plein droit » le 14 janvier dernier.
Interrogé par Libération en octobre, Gilles Van Kote déclarait :

Quand j’ai été nommé, j’ai dit que je ne m’interdisais rien, que je me laissais le temps de voir si le boulot me plaisait. Un intérim de sept mois, ce n’est pas seulement prendre le bébé puis le refourguer dans le même état à quelqu’un d’autre.

Un tweet « au hasard » :

Christophe Ayad

À 46 ans, cet ex grand reporter au service Étranger de Libération, est devenu chef du service international du Monde en 2014 après y être entré au journal en 2011.
Un tweet « au hasard » :

Jean Birnbaum

À 40 ans, il dirige le cahier livres du journal depuis 2011. Ce fameux Monde des Livres épinglé publiquement par Pierre Bergé. (lire à ce propos Pierre Bergé : « Je n’ai pas ni les pouvoirs, ni l’envie, de peser sur la rédaction du ‘Monde’»)
Un tweet « au hasard » :

Les mêmes propositions?

Des courriers transmis à la SRM sur les projets des candidats émanent des projets en apparence similaires. L’un plaide pour une « transformation urgente », « la révolution numérique et multimédia » tandis qu’un autre insiste notamment sur la nécessité de développer la vidéo, quand son collègue veut « renforcer sa place de média de référence tout en plaçant le numérique au coeur de son organisation ».

Des envies et des perspectives qui peuvent sembler sous le coup du bon sens.

Gilles Van Kote, qui a plus souvent eu l’occasion de s’exprimer vu son poste de directeur du journal par intérim, disait par exemple à Libération :

On veut faire en sorte qu’il n’y ait plus de journalistes print ou web, mais des journalistes tout court, qui produisent de l’info, et qui ne se posent pas des questions toutes les deux secondes pour savoir s’ils écrivent pour le mobile, le papier ou le site. On veut des journalistes transverses sur les supports, mais pointus sur leur rubrique.

Source AFP via LaLibre.be

Une médiation pour que « Libération » ait un avenir !

L’avenir de Libération n’est certainement pas d’être un « Flore du XXIème siècle ». Quant aux projections, plus qu’hypothétiques, sur la marque Libération, elles n’ont de sens qu’avec un média Libération fort et attractif. Or l’avenir de ce média attractif est plus que jamais dans son projet éditorial. Qu’il faille trouver de nouvelles ressources est une évidence, mais ce ne sauraient elles qui soient le cœur du projet. En même temps chacun doit être conscient que l’heure n’est pas à la nostalgie du Libé de Serge July, ni des journaux d’hier qui n’existeront plus jamais. Le chantier est donc bien celui-ci : penser sur quoi doit reposer le nouveau projet éditorial pluri-média de Libération ? Quels sont les moyens qui sont nécessaires pour le mettre en œuvre ? Quelle est la méthode pour y parvenir ? Qui seront les composantes de celui-ci ? Et c’est bien sur un tel programme que doit s’envisager une médiation. Le temps manque. Il est déjà tard et il n’est pas supportable pour le journal et ses lecteurs que s’éternise un bras de fer entre les journalistes et les propriétaires. Il faut donc d’urgence une médiation dont l’initiative peut tout à fait revenir à la ministre de la communication. Une médiation plutôt qu’une aide financière, cette dernière se révélant de toutes façons insuffisante sans un projet totalement repensé.

Gilles BRUNO et jean-Marie CHARON
Gilles BRUNO et jean-Marie CHARON

La ligne éditoriale, c’est à la rédaction de la définir et de la faire vivre au jour le jour. Quant aux manières de décliner celle-ci sur les différents supports c’est là que se situe précisément le tournant que doit prendre au plus vite Libération. Le temps n’est plus à s’interroger sur la manière de décliner le « bimédia » annoncé par Serge July dans les années 2000. L’urgence est à engager un mouvement dans lequel le pivot du travail rédactionnel se déplace, soit désormais sur les différents supports numériques. Le « digital one » pour reprendre l’expression anglo-saxonne. Sur la palette des différents supports numériques (ordinateur, Smartphone, tablettes) se combine : le très chaud, le fil de l’actualité, ainsi que le traitement multimédia des principaux événements et sujets, enfin le participatif, des commentaires aux réseaux sociaux en passant par les blogs, les espaces éditoriaux ouverts aux internautes (experts, acteurs, témoins, etc.). Sur l’imprimé, quotidien, périodiques de différentes natures, il s’agit de choisir les sujets qui méritent les développements les plus adaptés à ce support qu’il s’agisse de fond (analyses, dossiers, reportages, décryptages, etc.) et de forme. Un imprimé à réinventer en fait. Un imprimé auquel est attaché une partie du public de Libération et continuera par un tout temps à fournir le principal des ressources.

C’est peu dire que les implications en terme d’organisation, de fonctionnement, de nouveaux profils de journalistes et non journalistes (développeurs, designer, statisticiens, etc.) sont lourds. Ils appellent un effort important de formation, d’accueil de nouveaux collaborateurs. Ils exigent d’intégrer la notion d’innovation en continu et d’expérimentation. Dans ce défi de créations journalistes, développeurs, designer, statisticiens doivent apprendre à coopérer, définir de nouvelles formes de conception et de production totalement inédites. Ce que font déjà des journaux comme le Guardian, le New York Times, etc. mais il n’y a pas de modèle, à proprement parler. Seulement des hypothèses, des pistes à observer, analyser, sur lesquelles s’inspirer. Tout le monde cherche. Il faut essayer beaucoup de choses, prendre le risque d’en rater un certain nombre pour identifier les solutions porteuses. Ce que font et ont l’habitude de faire les nouveaux concurrents de la presse, ces « infomédiaires » issus de l’informatique et des télécommunications, comme le rappelait Laurent Gille en conclusion de la dernière Conférence Nationale des Métiers du Journalisme.

Il ne faut pas mentir si le pari est formidable, passionnant, il exige aussi beaucoup d’efforts, sans doute une certaine dose de souffrances et des moyens. Ce projet ne pourra se faire avec les seuls moyens actuels, ni avec le seul actionnariat actuel, qui dit ne plus vouloir réinvestir dans le titre. D’où la nécessité d’une médiation pour faire germer, construire, mettre en forme le projet, identifier les besoins, attirer de nouveaux investisseurs, convaincus par l’intérêt d’un tel défi. Pas d’investisseurs, donc de moyens sans un véritable projet en phase avec la presse du XXIème siècle. Pas de projet viable sans de véritables investisseurs, compétents, entreprenants et professionnels du secteur des moyens de communication contemporains.

Bien sûr il faudra assurer la transition, identifier des ressources complémentaires, certainement obtenir de l’Etat un soutien exceptionnel. Mais rien de cela ne servirait à rien sans le projet éditorial radicalement rénové, appuyé sur l’adhésion de la rédaction, des autres catégories de personnels, des investisseurs. Tel est le mandat de la médiation dont Libération a un besoin immédiat et que l’Etat peut et doit susciter d’urgence.

Gilles BRUNO @gillesbruno et Jean-Marie CHARON @jmcharon

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Le Figaro inaugure un format vidéo avec Yves Thréard qui interpelle une personnalité… mais qui ne tweete pas sa question

Ainsi donc, ce midi, le site du Figaro a lancé un nouveau format.

L’éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction, Yves Thréard, pose une question, via un message vidéo.

monsieur-fabius-repondez-moi

Très bien.

Mais lorsque la personnalité en question a un compte twitter, ne faudrait-il pas immédiatement que @yvesthreard envoie un tweet perso @LaurentFabius avec le lien vers la vidéo?

Je pose la question…

Le Monde lance une Académie pour aspirants journalistes de 18 à 25 ans

L’Observatoire des Médias était ce mercredi matin dans l’amphithéâtre du Monde, boulevard Blanqui, pour la conférence de presse de présentation de la Monde Académie, dont la première ‘saison’ arrive bientôt.
Florence Aubenas présente au Mouv, à RFI, et à l’Observatoire des Médias ce que sera Monde Académie:

L’Edito d’Erik Izraelewicz : 



 

Le communiqué de presse :

L’interview officielle par Le Monde :

Un article signé Florence Aubenas et Serge Michel : « Le Monde » est un média sérieux, mais…

Le Monde a prévu aussi une campagne de publicité, et des vidéos virales, voici la première :

Monde Académie, façon simple d’obtenir du contenu à moindre frais? Petite salve de critiques :


Les gens conseillent à leurs jeunes contacts de postuler , et les jeunes expriment leurs tentations :

Dixit Isabelle André, la toute nouvelle directrice du Monde Interactif, il était plus rapide et plus simple selon elle de faire appel à CitizenSide qui a développé une interface dédiée à la réception des candidatures. Un dérivé de la marque blanche que CitizenSide vend aux médias pour la réception des photos et vidéos des journalistes « citoyens ».


Les médias en 2011: un tournant pour la presse française

L’exercice est assez convenu en cette fin d’année.  Il consiste à revenir sur les éléments marquants de 2011. Pour la presse écrite française, il ne paraît pas exagéré de parler de l’amorce d’un véritable tournant dans sa longue histoire. Pour en prendre la mesure il suffit de revenir sur quelques uns de ses événements ou faits les plus significatifs.

L’année se termine sur quelques symboles forts : deux titres nationaux, France Soir et La Tribune dont les comptes sont très dégradés vont ou risquent d’abandonner le papier pour ne plus être proposés que sous forme numérique, alimentés par des rédactions réduite au strict minimum. En fait il s’agit là de la manifestation d’une tension générale sur les comptes des journaux, manquant de ressources publicitaires, voyant leur diffusion s’éroder, qui frappe d’abord les plus fragiles. France Soir et La Tribune des situations pourtant bien différentes, entre l’ancien quotidien populaire, totalement épuisé ayant perdu l’essentiel de son lectorat et le quotidien économique né des années quatre-vingt qui a su gagner un public, sans jamais trouver l’équilibre de ses comptes.

Comme toujours, l’attention se concentre sur la presse parisienne, alors que des situations encore plus préoccupantes se sont fait jour en région, là où la Comareg (Groupe Hersant Média) a purement et simplement cessé d’exister licenciant plus de mille personnes. Région où ce même Groupe Hersant Média surendetté a annoncé son mariage avec le groupe Rossel (La Voix du Nord, Le Soir de Bruxelles), avec là aussi la perspective d’une « rationalisation » qui se soldera par des centaines d’emploi supprimés.  Que penser en outre du sort de Paris Normandie, exclu de cet accord, au risque d’un dépôt de bilan à plus ou moins brève échéance ?

La tension sur les comptes des journaux se traduit aussi par l’annonce de restructurations de titres hier encore symbole de réussite : Les Echos, Le Parisien/Aujourd’hui en France. Dans les deux cas les comptes sont au rouge, alors même que la diffusion fléchit (-5,38% pour le second). « Plans sociaux » ou « Plans de départs volontaires » ont ici en commun qu’ils visent à resserrer les rédactions, en même temps qu’à opérer un mouvement qui voit des journalistes traditionnels de l’imprimer laisser leur place à de nouveaux venus formés et si possible créatifs dans l’univers du numérique.

Dans ce registre des évolutions nécessaires des rapports entre imprimé et numérique, 2011 aura été pour les quotidiens français l’année de l’engagement vers les « rédactions intégrées » où se côtoient, coopèrent, se fondent journalistes du print, du web, des supports mobiles. Le Figaro en fait l’annonce et engage les aménagements nécessaires, Le Monde ou 20 Minutes créent des services communs, etc. Faut-il rappeler que la presse anglo-saxonne avait amorcé ce mouvement dès les lendemains de l’éclatement de la bulle Internet. Ces journaux à l’exemple du Guardian ou du Financial Times montrent d’ailleurs que ce ne sont pas des rédactions aux fonctions indifférenciées qui se font jour, puisque des pôles continuent à servir plutôt un support ou l’autre selon ses spécificités. Faut-il imaginer que 2012 permettra de faire un pas de plus aux quotidiens français, celui du « web first », soit la priorité au numérique pour sortir d’abord les nouvelles sur ses différents supports, pour ensuite les sélectionner, les développer, les approfondir pour l’imprimé, comme en ont fait le choix en 2011, le Guardian, le Financial Time ou Le Temps.

Faut-il voir dans ces différents mouvements de réorganisation des rédactions de la presse quotidienne l’explication d’un autre signe d’évolution apparu en 2011, celui de l’inversion de la courbe d’évolution du nombre de journaliste qui tend à baisser (37 007 en janvier) ? Faut-il s’attendre alors à une évolution de fond aussi brutale que celle des Etats Unis qui en dix ans ont perdu pratiquement 30% des effectifs de journalistes ?  Faisant en quelque sorte écho à cette tendance, le 5 décembre à Lyon lors d’un colloque organisé par la Wan-Ifra, un leitmotiv se retrouvait dans les propos des responsables journaux et groupes aussi différents que le New York Times, le Financial Times, Le Temps, Roularta, 20 Minutes : « Il va falloir faire travailler beaucoup plus les rédactions et nos journalistes ». Gageons que la formule est insuffisante et que le tournant amorcé en 2011 amènera presse imprimée et presse numérique à repenser la notion même de rédaction, avec des journalistes travaillant en réseau et expérimentant de nouvelles formes de coopérations avec des experts/spécialistes de différents domaines, sans parler des internautes témoins d’événements ou sensibilisés à une question ou une cause.

Jean-Marie Charon
Sociologue des médias.
Président des Entretiens
de l’Information

Jean-Marie Charon est intervenu ce mercredi 27/12 dans l’émission d’Ali Rebeihi « Comme on nous parle ».

Les invités : Jean-Marie Durand (Rédacteur en chef adjoint, rubriques idées, médias – Les Inrockuptibles), Guy Dutheil, (journaliste, service média – Le Monde), par téléphone Pierre Haski (co-fondateur du site Rue89), par téléphone Jean-Marie Charon (sociologue des médias)

«L’info sur Internet, ce n’est pas pour nous»

Vous le savez, les presses de France Soir ont cessé d’émettre. Et l’arrêt de ce canard ne fait pas que des malheureux dans le monde journalistique.

Ce matin, Libération a publié un article, titré « Brèves de trottoirs »  : « Une fois par mois à Paris, SDF et journalistes débattent de l’actualité. »

Mais en ce moment, je ne suis pas abonné à Libération. J’ai découvert l’article via ma recherche Tweetdeck dédiée à France-Soir:

 

"De toute façon, on n'a pas d'ordinateur, alors l'info sur Internet ce n'est pas pour nous. Moi je suis triste que France-Soir arrête son édition papier. Leurs unes étaient ridicules, et ça me faisait marrer. Et puis, le journal, cela ne sert pas qu'à lire. On peut aussi dormir dessus."

Au passage, c’est pas très sympa de la part de Libé de titrer comme ça. « Brèves de Trottoirs » c’est ça.  Non mais! Mais c’est Olivier Lambert qui a raison, c’est de la pub gratos.