Catégorie : journalisme citoyen

Blogging in whose business ? Un début de réponse ce weekend à Bristol !

La gare de Bristol Temple Meads
La gare de Bristol Temple Meads

J’ai l’honneur d’être invité par Wayne Powell (University of the West of England – UWE Bristol) à participer  au Royaume-Uni à  un week-end de débats et de discussions autour du blogging.

L’événement est organisé par MediaWise, le projet européén MediaAct project (UWE), et le  NUJ New Media Industrial Council.

   

En introduction, un merveilleux tweet du magnat des médias :

 

Quand : Vendredi 27 – Samedi 28 Juillet 2012

Où? Watershed Media Centre & the Pervasive Media Studio, Bristol 

Voici le programme, dans la langue de Shakespeare :

Friday 27 July: Watershed Media Centre

7pm-8.30pm - Blogging is whose business?

Introductory session plus: Why blog – to set the agenda, earn a living, challenge the mainstream? And what are the quality control issues?

***

Saturday 28 July: Pervasive Media Studio, Watershed Media Centre

10am – Regulating the mainstream and the margins

A chance to display and discuss the relative values of online regulatory mechanisms including the NUJ ‘kitemark’ and the Corrigo technique.

11.30am – Talking together

Creating an international forum for and about bloggers – to share techniques, achievements, problems etc.

1pm-2pm – Lunch (a set menu will be provided at the start of the day for you to choose from)

2pm – Protecting free speech

Is the blogosphere a free for all or could it benefit from solidarity and organisation at a national or transnational level?

Les participants:

Joan Canela Barrull - manager of www.mèdia.cat

Steve Baxter – New Statesman www.newstatesman.com/blogs/steven-baxter & Enemies of Reason www.enemiesofreason.co.uk  

Gilles Bruno– L’Observatoire des medias www.observatoiredesmedias.com

Sean Dodson – senior lecturer in journalism at Leeds Metropolitan 

Ronnie Grob – contributor to www.bildblog.de 

Gary Herman - NUJ New Media Industrial Council –  keywordsassociates.com

Philip Hunt – member of the National Union of Journalists’ New Media Industrial Council, blogger at www.shoeman.eu

Tim Ireland – www.bloggerheads.com

Mike Jempson – Director, www.mediawise.org.uk; senior lecturer in journalism, UWE; lead researcher for UWE on www.mediaact.eu

Eleanor Lisney - member of the National Union of Journalists’ New Media Industrial Council

Kristine Lowe - founder of Norwegian Online News Association (NONA),    blogs at http://kristinelowe.blogs.com

Will Moy – Director, www.fullfact.org

Sian Norrishttp://sianandcrookedrib.blogspot.co.uk

Sylwia Presley – GlobalVoices http://globalvoicesonline.org/author/sylwia-presley

Tobias Reitz & Kersten Riechers – www.corrigo.org

Steve Riley – www.fivechinesecrackers.com

Martin RobbinsThe Guardian’s Lay Scientist www.guardian.co.uk/science/the-lay-scientist

Tom Schaffer - www.zurpolitik.at

Tim Tarrant – senior lecturer in Filmmaking and Creative Media at UWE Bristol

Judith Townend – journalist and researcher www.jtownend.com 

Christina Zaba – journalist

Tomas Rawlings Tomas is creative director at Auroch Digital and design director at Red Wasp Design.

 


Journalisme & réseaux sociaux : quelques tendances pour 2011

Rédacteur en chef de Citizenside, Aurélien Viers est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et du Centre de formation des journalistes, Aurélien a travaillé comme reporter à LCI et au Japon comme correspondant. C’est sa première contribution à l’Observatoire des Médias.

Bon, c’est vrai, le titre est facile, mais vous connaissez un titre davantage Google-Facebook-Twitter-friendly pour cette fin d’année ?

Ni prédictions, ni révélations ici, mais une synthèse non exhaustive des idées lues, vues, entendues en cette fin d’année sur les blogs et dans les conférences (notamment Rencontres RSLN, LeWeb, News:Rewired).

On aurait pu titrer en parlant de “mots-clés”, mais c’est so 2008.

1/ SEO journalism, ou le journalisme d’autocomplétion

Ecrire et titrer pour Google ? Oui, plus que jamais. Google reste le premier réflexe du public pour chercher des infos.

Des spécialistes interviennent dans les rédactions pour aider les journalistes à mieux référencer leurs articles, comme Masha Rigin de TheDailyBeast.com, invitée par l’Ecole de Journalisme de Sciences Po (merci à Alice Antheaume pour son récit de la journée).

La production d’infos va croissante – 600 nouvelles entrées par jour pour le Huffington Post – d’où la nécessité d’apparaître dans les premiers résultats des moteurs de recherche.

Les journalistes peaufinent le titre que vous avez envie de lire. Rien de plus facile avec Google Instant.

Exemple : un site britannique cherche comment traiter la mort du comédien Leslie Nielsen. Malcolm Coles de Digital Sparkles explique la stratégie employée pour attirer le plus grand nombre de visiteurs.

Premier réflexe : chercher quels sont les mots-clés les plus recherchés dans Google par les internautes. autour de la mort de Leslie Nielsen à ce moment précis.

Les mots-clés les plus recherchés par les internautes sont bien sûr “Leslie Nielsen dies, Leslie Nielsen dead”, mais le troisième est plus intéressant : Leslie Nielsen quotes.

Les journalistes décident alors de titrer et d’angler un article : “Leslie Nielsen dies, his 10 best quotes”. L’article a reçu des milliers de visites.

On pourrait qualifier ces pratiques de journalisme d’autocomplétion. Vous cherchez une info ? Les journalistes ont déjà la réponse.

De nouveaux outils apparaissent pour aider les journalistes à mesurer les tendances en temps réel sur les réseaux sociaux, comme Surchur.

En France, les brillants ingénieurs de The Metrics Factory annoncent le lancement imminent d’un outil de mesure de la recommandation sociale sur Facebook.

Faut-il s’alarmer de cette vision éditoriale très marketing (l’offre doit correspondre à la demande), cette “content farmisation des contenus”, ou se réjouir de pouvoir apporter la bonne info au bon moment ? le débat est ouvert.

2/ Analyse des données pour mieux comprendre ses visiteurs, ou Reader-centered journalism

“Connaissez mieux vos lecteurs !” C’est l’une des injonctions entendues le plus souvent à la conférence NewsRewired, organisé par Journalism.co.uk

Des tonnes de données sont disponibles pour mieux comprendre le parcours d’un visiteur, ses habitudes, ses centres d’intérêt.

“Utilisez ces chiffres pour fidéliser votre lectorat et le faire revenir”, déclarait en substance Joanna Geary, chef de projet et community manager au Times à la conférence News:Rewired.

Les algorithmes – très efficaces – d’Amazon étaient pris en exemple. On pourrait envoyer des notifications au lecteur pour lui suggérer de lire tel ou tel article, en se fondant sur ses lectures passées, celles de ses amis, celles de profils similaires au sien.

Au passage, les journalistes de NewsCorp se sont évertués à défendre la stratégie du modèle payant entreprise par leur patron, Rupert Murdoch. Avec des arguments plus ou moins pertinents – “Quand vous achetez une bouteille de lait, on ne dit pas que le magasin a érigé un mur payant ?”. Mais imagine-t-on un commerce faisant fuir 99% de ses clients ?

Cependant, du point de vue de la communauté, le Times a gagné en qualité ce que le site a perdu en audience. Selon Joanna Geary, de l’autre côté du mur (payant), les lecteurs du Times sont heureux. Ils participent, commentent, ont le sentiment d’appartenir à une élite, à un club. Une petite mais belle communauté, déjà évoquée par Benoît Raphaël.

Les sites doivent s’en inspirer pour “chouchouter” leurs lecteurs les plus fidèles, les plus attachés au titre. Les journalistes doivent-ils se soucier de marketing ? Oui, leur marque, leur titre n’a qu’un seul actif : sa réputation, et l’affection qu’on lui porte.

3/ Valorisation des lecteurs

Les médias doivent fournir les meilleures infos à leurs lecteurs, les meilleurs services à leurs fans.

Il faut s’appuyer sur le noyau dur de votre communauté pour faire remonter les alertes, tester de nouvelles fonctionnalités, recueillir leurs impressions. En retour, ces ambassadeurs reviendront encore plus souvent sur le site, parleront de votre titre autour d’eux, vous défendront en situation de crise.

A nos plus fidèles lecteurs, le pouvoir.

Celui de pouvoir participer librement sans modération a posteriori, comme le fait Reuters. Celui de modérer eux-mêmes la communauté, d’alerter les journalistes sur les meilleures contributions, de signaler des problèmes, d’apporter des URL et créer du lien.

Ingénieurs et journalistes doivent confectionner de nouveaux outils pour identifier les lecteurs les plus assidus, aux contributions de qualité – bref, ceux qui apportent le plus à votre site. Il faut ensuite leur bâtir un club sur mesure (je pense notamment au club de Mediapart), au sein du site – et non à l’extérieur.

Au tout début était le mythe – celui du journalisme citoyen. Le lecteur ? Potentiellement un dangereux concurrent. Tout le monde allait participer, l’info serait faite par tous. La presse tremblait.

C’était en 2005, YouTube naissait.

En 2010, j’ai entendu un responsable d’un gros site d’infos rappeler que 98% des visiteurs ne laissaient jamais de commentaires. Concentrons-nous sur les 2% restants et valorisons-les à hauteur de leur apport. 2%, ce n’est pas énorme en terme de ratio, c’est bien souvent immense en volume.

4/ Le Social gaming pour valoriser sa communauté

En quoi les jeux vidéos et des services comme Foursquare peuvent-ils aider les médias ? A priori, aucun rapport. Sauf pour mieux dialoguer, comprendre, fidéliser, valoriser et parler le même langage que ses lecteurs, habitués à ces nouveaux codes. Des fonctionnalités a priori indispensables pour des sites participatifs.

Le HuffingtonPost a ainsi instauré un système de badges pour distinguer ses lecteurs les plus actifs – en partageant notamment les billets et articles du site avec leur entourage.

A Citizenside, nous travaillons également sur un nouveau système pour distinguer les meilleurs contributeurs – et au final leur donner davantage de pouvoirs et privilèges concernant l’administration du site et l’animation de la communauté.

Les jeux en réseaux, boostés par Facebook, amorcent une vraie révolution. Autant s’inspirer dans ce nouveau monde des meilleurs exemples pour fidéliser, valoriser sa communauté, voire dans le futur vendre ses contenus/abonnements.

5/ News + Social Gaming, ou le jeu informatif

“Stop telling stories !” Le cri du coeur vient de Philip Trippenbach, de la BBC. “Une manifestation, ça se raconte. Pas le changement climatique. Le changement climatique, ça se comprend”, déclamait Trippenbach lors d’une superbe présentation à News : Rewired.

L’homme se définit à la fois comme journaliste, “interactive producer” et créateur de jeux.

Comment faire comprendre les enjeux d’une crise financière autrement que par une série d’articles techniques ? En impliquant le lecteur. En le faisant jouer avec le système, comme on jouerait avec un roulement à billes pour en comprendre le mécanisme. En piquant sa curiosité, en lui permettant de s’approprier progressivement toutes les notions.

Dans les tuyaux du labo de la BBC : un vaste jeu pour comprendre les classes sociales au Royaume-Uni mêlant sondage, étude épaulée par des sociologues, reportages, récit interactif et surtout une visualisation – annoncée comme inédite – de la masse de données recueillies.

Autre exemple de “jeu informatif” cette année, celui du Guardian, qui vous mettait dans la peau d’un ministre du budget chargé de coupes claires dans les comptes de la nation.

6/ La recommandation pour diffuser l’info et interagir avec le lecteur

Plus que jamais, la recommandation est mère de viralité.

Avant on envoyait un article à un ou deux amis. Puis le “like button” de Facebook est apparu. Un clic, et vos 130 amis sont ravis d’apprendre que vous recommandez de cet article incontournable.

Pour les sites, il s’agit de passer d’une stratégie “Google-friendly” (SEO, Search engine optimization) à une stratégie Facebook-friendly, facilitant la recommandation (SMO, Social media optimization). Jusqu’à l’overdose ?

CNN a produit une étude passionnante pour démontrer le pouvoir de la recommandation concernant les sites d’infos, comme l’évoquait Gilles Bruno.

Les internautes ont plus tendances à cliquer sur les liens suggérés par leurs amis – pour certains reportages diffusés en ligne, 80% du trafic vient des réseaux sociaux. Un seul lecteur a amené 5000 visiteurs à visionner une vidéo sur le site de CNN.

Dingue. Et ce n’est qu’un début : on annonce la télé connectée à Facebook, pour voir ce que vos amis recommandent de regarder.

Facebook recommande les médias, Facebook aime les médias.

De leur côté, les médias doivent imaginer de nouvelles formes d’écriture, interagir davantage avec les lecteurs (une page sans like ni commentaire est contre-productive pour Facebook) créer de nouveaux postes (social media manager, par exemple), utiliser de nouveaux outils et applications de veille/animation sur les réseaux (Hootsuite, Tweetdeck, Seesmic, mais aussi Tigerlily …).

7/ “Plus mon réseau sera vaste, mieux je serai informé”

Dans la vie de tous les jours, c’est une évidence. En ligne, aussi. Quand je cherchais une info, je demandais à la grande pythie, un algorithme me répondait.

Aujourd’hui de nouveaux moteurs de recherche vont propulser en premier les résultats déjà trouvés, recommandés par votre communauté, vos contacts plus ou moins proches.

Prenons LinkedIn. Le réseau social professionnel permet de chercher des contacts dans votre deuxième cercle (les contacts de contacts), le troisième… encore faut-il que votre premier réseau soit le plus étendu possible.

Le Social Graph vu par Facebook n’a pas fini de bouleverser notre accès à l’information; l’association de Bing avec Facebook s’avère prometteuse. Comme le tout nouveau Quora.

Ceux qui ont le plus grand réseau seront avantagés dans la recherche d’information, d’angles et de contacts. Le fossé risque de se creuser dans les rédactions entre les networked journalists et les rétifs aux réseaux, en ce qui concerne notamment le fact-checking.

Le journaliste doit aujourd’hui maîtriser les réseaux, demain naviguer entre les communautés. Des moteurs nouvelle génération permettront de scanner les niches et trouver plus facilement ceux qui font autorité dans leur microcosme.

A voir : Research.ly, qui permet d’affiner sa recherche par communautés et conversations en temps réel. Après le graphe social, Brian Solis annonce l’arrivée du graphe d’intérêts.

8/ Tous curators

Réduire le bruit et sélectionner, trier, des milliers de nouveaux liens tous les jours, les recontextualiser, tel est l’enjeu de ce nouveau sport en vogue aux Etats-Unis.

Pour les journalistes comme pour les blogueurs et lecteurs éclairés, cela passera par de nouveaux outils comme Storify, ou encore Scoop.it. Voir le résumé éclairant de la conférence de Brian Solis par Eric Scherer.

9/ Socialiser le live-blogging

Au nom de la langue française, je m’excuse pour ce titre. Le récit d’événements en temps réel fonctionne bien avec des applications comme Coveritlive, largement utilisée en 2010.

L’étape d’après ? Peut-être à chercher du côté d’applications comme ScribbleitLive. Souple, personnalisable, ergonomique, ce service a par exemple permis à une rédaction à Bangkok de couvrir en un clin d’oeil les émeutes des chemises rouges, aux fans d’une chaîne de sport de commenter un match en direct. Pour les sites sportifs, ce genre d’application est une aubaine (fidélisation, temps passé, etc.)

Par ailleurs, les créateurs de Scribbleitlive annoncent le lancement d’une plateforme de syndication des articles en temps réel et un outil “d’article vivant”, aidant le journaliste à diffuser du contenu entre le moment où l’angle est défini et le moment où l’article est diffusé.

10/ L’hyper-local, enfin ?

2011, l’année de l’hyper-local ? Comme on l’annonçait déjà en décembre 2006, 2007, etc. ?

Un seul bémol : le site Patch.com, qui commence à mettre tout le monde d’accord aux Etats-Unis, surtout en embauchant 30 journalistes par semaine, à des tarifs beaucoup plus élevés que les “fermes à contenus”.

Le modèle ? S’installer uniquement au sein de communautés déjà constituées, dans des quartiers à l’identité forte, des journalistes travaillant le réseau de fidèles, des infos en temps réel, des bons plans et des pages jaunes éditorialisées.

Déjà 600 sites locaux créés, qui s’articulent au niveau régional et national.

Voir l’article très complet d’Emma Heald sur Editors Weblog.

11/ Journalisme de données : ce n’est qu’un début

Une abondante littérature a déjà été écrite sur le sujet. Vous me direz : pourquoi écrire sur ce thème ? Parce que j’avais promis onze tendances.

En bref :

- A News : Rewired, on évoquait le “linked data” (3e paragraphe) : recontextualiser les données, les rendre encore davantage intelligibles pour mieux comprendre un système. Le travail d’Owni sur les Iraq Warlogs a bien sûr été souvent cité.

- Autre constat : les data journalists au Royaume-Uni semblent à première vue plus nombreux qu’en France, et commencent à ressembler à une petite confrérie, avec ses rencontres, ses événements, et sont en poste dans de nombreux titres. Il n’existe pas encore de formation ad hoc – tout comme en France – les journalistes interrogés se sont tous révélés des autodidactes.

- Le nombre d’applications développées par le Guardian autour du data journalism cette année donne le tournis. Le site vient d’ailleurs de lancer une section dédiée au Data journalism. La participation et la curation sont bien sûr dans l’ADN de cet espace.

On ne peut que constater un décalage croissant entre le rythme des innovations au sein des sites de news britanniques et l’Hexagone….

Sinon, en terme de tendances dans l’air du temps, vous avez remarqué quoi ?

Ecrire court ? Oui, je sais.

Ce billet a été initialement publié sur Citizenside blog

NewsPass, l’arme de Google pour faire payer l’info

Scoop de Repubblica, qui annonce être partenaire de Google pour le lancement de Newspass d’ici la fin de l’année, une plateforme destinée à faire se rencontrer éditeurs et internautes autour des contenus payants de Google News (tout ou partie, c’est pas encore très clair…).

Le système de micro-paiements sera bien sûr Google Checkout (voir ici, même si Google semble disponible à accepter d’autres méthodes de paiement choisies par les propriétaires des sites), et les éditeurs pourront monétiser leurs contenus (articles, vidéos, audio, photos, etc.) aussi bien pour le Web que pour les mobiles, les tablettes ou les e-books, etc.

La plateforme Newspass serait déjà en phase de test et, selon Repubblica, Google serait en train de contacter les éditeurs pour voir s’ils sont disponibles pour participer à la phase d’expérimentation.

Selon ce blog, l’offre ne serait pas réservée qu’aux journaux traditionnels, mais également aux pure players et, pourquoi pas, aux blogs qui le souhaiteraient. Ceci dit, à l’heure où s’annonce la concurrence des fermes de contenus, je me demande quelle sera la viabilité financière d’une telle offre.

Qui semble arriver après des années de lutte entre éditeurs de contenu et Google, un peu dans tous les pays…

L’article laisse également filtrer que Google indexe déjà les contenus derrière paywall et que Newspass permettrait à l’internaute d’acheter l’article ou le clip voulu en un clic, via son compte Google. Les contenus payants apparaîtront également dans les pages de résultats de Google, signalés avec un symbole Checkout (je suppose) ou autre.

En outre, toujours dans le souci de transparence que Google veut mettre en avant pour écarter d’ores et déjà les objections sur sa position dominante, la société de Moutain View accepterait de partager avec les participants au système toutes les informations découlant de l’utilisation de Newspass (stats de fréquentation et, selon Repubblica, profil des utilisateurs).

Gageons donc qu’il sera bientôt fortement question de la confidentialité des données, autre bataille à venir…

Enfin, en supposant que les coûts de la plateforme seront pris en charge par Google, la société laisserait entendre qu’au niveau du partage des revenus, la part la plus importante irait aux producteurs des contenus.

Dans une interview à Krishna Bharat, le créateur du service Google News déclare :

Google veut devenir une media company, nous ne serons jamais éditeur, notre réussite est aussi celle des éditeurs, nous voulons juste être un intermédiaire de confiance entre les lecteurs et les producteurs de contenus.

Et d’ajouter que ce n’est pas la fin du tout gratuit, mais plutôt l’émergence d’un modèle hybride, où tout ce qui peut être unique, exclusif, à forte valeur ajoutée, peut sortir du lot et être monétisé en tant que tel.
Liens connexes en anglais :

P.S. Au-delà du seul aspect « News », cette stratégie du single sign-on déployée par Google pourrait mettre le moteur en position de force, puisque potentiellement tous les abonnés aux services de Google pourront utiliser ce système d’authorisation unique (Google Checkout) pour le micro-paiement du téléchargement à la carte de films, de livres, de logiciels, de musique, etc. etc.

Alors, après moteur du Web, Google banque du Web ?

Ce billet a été publié à l’origine sur Adscriptor par Jean-Marie Le Ray sous le titre « Google teste Newspass« . Publié ici avec l’accord de l’auteur.

A lire aussi, sur la stratégie actuelle de Yahoo : « Yahoo signals major challenge to newspapers » chez Reflections of a Newsosaur.

StreetPress.com un journalisme participatif en quête de sens

StreetPress vient d’être mis en ligne. C’est un nouveau venu dans les sites d’info participatifs, issu de l’expérience StreetReporters.

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L’Observatoire des Médias a interviewé un de ses fondateurs, Johan WEIZ.
Vous vous lancez ce jeudi midi. C’est donc la suite de Street Reporters?

Oui, nous avons vécu comme un laboratoire l’aventure StreetReporters, et au bout de deux ans, on a décidé de sauter le pas et de tirer les expériences de StreetReporters pour créer StreetPress :
- le participatif, c’est quelque chose qui se travaille
- cela nécessite beaucoup d’encadrement
- un outil qui nous permet de suivre les gens qui écrivent
- nous serons là pour encadrer des gens qui ne seront pas forcément professionnels.

Qu’est-ce qui vous différencie, donc, par exemple, du Post.fr, où les posteurs se battent pour écrire un article le premier et être publié en une?

Nous on est AVEC les reporters qui contribuent. A la première conférence de rédaction, nous étions 20, et nous avons discuté. On va parler, en vrai, en direct, avec la personne qui va faire le reportage. Cela nous différencie par exemple du Post, où nous allons rencontrer la personne qui va écrire, qui va faire le reportage.

Moi ce matin, j’ai vu physiquement 8 reporters. On s’est posés, on s’est assis, on s’est parlés, on s’est vus, on a parlé au moins une demi-heure pour définir un angle.

Définir un bon sujet, c’est pas quelque chose qui s’improvise. On parie vraiment sur des interactions. La Motivation première, ce n’est pas d’être en une d’un gros site, mais je vais chercher autre chose que la visibilité.

La motivation qui compte le plus, c’est la quête de sens.

sp-tof
Mais tout cela, cela coûte très cher, n’est-ce pas?

Oui, faire du participatif de qualité, cela coûte très cher.
Nous sommes 5 permanents à la rédaction, et nous sommes là de 8 heures du matin à 21 heures en semaine, et le samedi, « à la cool ».
Les gens qui participent sont donc gérés par nous. Notre mission principale et chronophage, c’est de gérer cette participation.
Les gens qui écrivent sont soit en stage, soit on un job, et participeront à StreetPress en plus. Ce sont des gens qui ont un travail, une occupation à côté.

Vous allez donc les former à l’écriture journalistique?

Je veux traiter un sujet, mais comment le traiter. La manière de l’angler, n’est pas innée. Les gens ont des passions, des questionnements, et notre vrai travail c’est de faire de bons angles. Ce qu’il va falloir, c’est creuser, et ne pas traiter le sujet d’une manière générale, mais c’est au niveau de l’approche.
Deux tiers des gens qui participent chez nous n’ont pas de formation journalistique.

Vous aller payer les frais des gens qui vont partir en reportage? Si vous envoyez quelqu’un à Lille, allez-vous lui payer ses billets de train?

Non, si quelqu’un va à Lille, c’est qu’il a déjà prévu d’y aller, que son travail va lui permettre d’être là-bas, et que donc il va profiter de son déplacement pour écrire quelque chose pour nous et faire un reportage.

Une fois l’article écrit, la personne est-elle payée?

Non.

Et vous, comment vous payez-vous?

Nous avons monté des partenariats avec des institutions, comme des écoles de journalisme, qui vont nous envoyer des gens que nous allons former.
- Un tiers de notre chiffre d’affaire est basé là dessus, sur la formation des étudiants. Cela nous permet de financer l’encadrement des reportages.
- Nous faisons de la production vidéo. La structure va s’appeler StreetProd, c’est quelque chose que nous faisons depuis deux ans : des formats courts pour le web. Nous avons des contrats à l’année, et là dessus, j’ai de la visibilité jusqu’à juin.
- Nous allons ensuite essayer bien sûr, de revendre une partie de nos contenus, de faire des partenariats (Yahoo…), et aussi des partenariats au niveau européen.

Nous avons travaillé sérieusement sur le modèle économique, et nous sommes « zen » jusqu’à juin. Nous n’avons pas fait de levée de fonds, jusqu’à présent.

5 journalistes, c’est une petite rédaction, et nous espérons nous développer, bien entendu.

Allez-vous vous créer un compte sur Le Post, pour être média invité? (StreetReporters a publié jusqu’en août 2008 des articles sur cette plateforme)

Nous ne les avons pas encore contacté, mais oui, c’est quelque chose que nous allons faire. LePost est un media qui a une vraie force. Nous notre point de départ est différent. Tout le monde ne peut pas venir écrire chez nous, contrairement au Post. Nous voulons faire moins de production de sujets, mais plus des sujets « fait main ». On veut en même temps « industrialiser » cette approche. Mais cela peut être complémentaire avec le Post.

Et Rue89, qu’est-ce qui vous en différencie?

On ne peut pas vraiment arriver chez Rue89, et dire voilà, j’ai un sujet. Ils ne vont pas prendre une demi-heure pour discuter avec la personne de son angle.
Même en envoyant un mail.
Eux leur métier, c’est de faire du participatif, notamment avec les commentaires, mais la production de l’information, est principalement faite chez Rue89 par des professionnels.
Si vous produisez l’information par des gens qui ne sont pas journalistes ou professionnels à la base, comme nous voulons le faire, l’impact sociétal que vont avoir ces articles seront radicalement différents.

L’Observatoire des Médias souhaite une bonne chance à StreetPress et à son équipe!

Une équipe qui se paye une bonne tranche de rigolade en se présentant :

Voici leur communiqué de presse officiel.