Catégorie : Coup de gueule

vaies-fausses-interviews-Benjamin-Polle

Haro sur les vraies fausses interviews

Un média dans les années 2010. Une entreprise de presse reconnue par la commission paritaire des publications et agences de presse, qui dit qui fait de la presse et qui n’en fait pas en France.

Une personnalité, qui est aussi abonnée de ce média, a pris l’habitude de s’y faire interviewer à échéances régulières, en contrepartie tacite de sa fidélité commerciale audit média. Lui et l’organisation qu’il dirige représentent une petite part du chiffre d’affaires du dit média.

La première année, avant son interview, il demande à recevoir les questions de l’interview et à relire les questions et les réponses avant publication. Précaution lui est donnée par la rédaction du dit média de n’apporter que des modifications factuelles au texte. L’année suivante, il fixe le sujet de l’interview, reçoit comme à l’accoutumée les questions, relit comme à l’accoutumée les questions et les réponses et ordonne d’avoir la main sur le titre. La troisième année, il s’interroge sur l’utilité du temps passé à donner l’interview et se demande si elle ne devrait pas être rédigée par ses équipes tout simplement, clé en main pour la publication.

Un autre média. Un ministre qui a obtenu, en appelant le directeur de la publication, que son intervention lors d’une réunion onusienne sans intérêt la semaine suivante fasse l’objet d’un avant-papier sur une double page. Joie du journaliste qui se récupère la boule puante. Interview soporifique parce que sujet soporifique. Le texte est évidemment naze et le cabinet de la ministre fait en plus le forcing pour tout récrire. Avec scène ahurissante d’un téléphone hurlant avec un ministre au bout qui voue aux gémonies les journalistes qui n’apporteront pas les corrections demandées, l’heureux journaliste ayant renoncé à tenir le crachoir un instant de plus. Elles seront apportées, l’interview publiée sur une double page et le journaliste remercié par le ministre avec l’assurance d’un retweet de son cui-cui ministériel aux dizaines de milliers de suiveurs.

Toute ressemblance avec des médias existants serait évidemment fortuite. En presse écrite, la pratique de la relecture n’est pas nouvelle. D’ailleurs en traînant ses guêtres dans quelques rédactions, elle est admise partout : les journalistes râlent de s’y astreindre, et les interlocuteurs des journalistes – chargé.e.s de relation presse, communicants de tous poils, interviewé.e.s – y vont tous d’une seule voix. « Vous me passerez les questions ? Vous me ferez relire ? ». Et très souvent la réponse est oui.

Parce qu’on ne veut pas louper une pointure dont le nom est de toute façon « bankable », parce que la personne interviewée a ses entrées dans le média, parce que la personne interviewée a une influence politique / commerciale certaine sur le média… Quelle qu’en soit la raison, la très grande majorité des interviews sont relues. Ce qui interroge de manière plus générale sur le genre de l’interview, qui dans ces conditions de relecture drastique donnent souvent des textes faibles, policés, sans informations, en un mot des textes chiants. Libération, en 2012, avait fait un topo qui n’a pas pris une ride.

Le sujet rebondit haut en ce début d’année puisque plusieurs médias – enfin à vrai dire deux médias – ont publiquement assumé de ne pas publier des interviews aux accents de publireportage.

La Voix du Nord, mi-janvier, annonçait mettre un terme pur et simple aux relectures d’interviews dans ses colonnes au motif que pour nombre de responsables politiques « la relecture est devenue un exercice de réécriture ».

Lundi 2 avril, au tour du quotidien Les Echos de sonner la charge : dans un article de synthèse sur le pari du gouvernement au moment de lancer sa réforme de la SNCF, on apprend que le quotidien économique a tout bonnement refusé – mi-mars – de publier une interview de la ministre des Transports Elisabeth Borne, tant les services du Premier ministre l’avaient réécrite.

Le signal envoyé est important : certes l’indépendance de la presse est souvent mise à mal, mais les rédactions restent truffées d’individus attachés à honorer le journal pour lequel ils collaborent. A minima conscients, voire fiers, qu’on ouvre encore un journal en espérant se faire moins bananer que lorsqu’on lit la dernière liasse de prospectus commerciaux tombés dans sa boîte en lettre. Ministre ou pas.

Deux possibilités à présent. L’ensemble des médias empruntent la voie tracée par la voix et bannissent les relectures – ce que le New York Times a mis noir sur blanc en 2012 et ce que prévoit la charte d’éthique et de déontologie du Monde. On peut rêver.

Option plus probable : business as usual au pays de la relecture. Ce qui ne doit pas valoir censure. À condition que la personne interviewée comprenne les règles du jeu et les respecte. Avec une menace en cas de tentative éhontée de pipi froid : la non-publication. Une menace remise au goût du jour, et c’est tant mieux.

Benjamin Polle
Journaliste
https://twitter.com/B_Polle

Photo par Elijah O’Donell sur Unsplash

Journalistes et chocolat au lait : don’t fuck with your level of english !

Faire du journalisme c’est bien. Reprendre une info croustillante sur un site américain, car l’on pense que cela fait du clic, ou que cela puisse « détendre » son internaute, cela arrive, dans nos rédactions « modernes ». Mais… dans ce cas-là, il faut faire attention à son niveau d’anglais. 

Mise à jour du 3 mars 2018 : 

Le site hacking-social.com vient de mettre en ligne un article et une vidéo qui reprend cette histoire. Merci à eux d’avoir sourcé  l’Observatoire des Médias comme « Critique française » ! Voici la vidéo  : 

La suite de notre billet original de juin 2017 :

Capture d'écran de l'application FranceInfo qui montre un article sur le chocolat au lait
L’application Franceinfo, le samedi 17 juin à 9h29
On a vu fleurir ce week-end une info, à la base tirée par les cheveux, et ensuite TRÈS mal traduite, puis corrigée, mais pas partout. 

Pour moi, cela avait commencé ce samedi matin, à 9h30, en balayant l’appli Franceinfo. 

Je vois dans « les titres » cette info datée de 22h37 la veille. Le titre est très accrocheur. 16 millions d’Américains. Rien que ça. « Plus de 16 millions d’Américains ignorent de quoi est fait le chocolat au lait. »

Par bonheur, l’article met les liens vers la source : 

un lien est présent sur le site et l’appli de Franceinfo

Le souci, c’est que le ou la journaliste à la base de cette info en France (qui n’est a priori pas le ou la journaliste de Franceinfo) ne parle pas bien l’anglais.

Don’t fuck with your level of English : un problème de culture.

Le titre sur le site du ‘Washington Post’

Quand on suit le lien sur le site du Washington Post, on s’aperçoit tout de suite de la bourde : le WaPo écrit « chocolate milk« , et nous nous retrouvons ici avec « chocolat au lait« . Non. En anglais, j’inverse, je dis  « tomato sauce » ou encore « spring break ». La base.

L'article corrigé chez Franceinfo montrant du lait chocolaté au lieu du chocolat au lait.
L’article corrigé chez Franceinfo

Il s’agit donc en français, si on voulait reprendre cette info, de la traduire en « lait chocolaté » ou « lait au chocolat« . C’est ce qu’a fait le matin même Franceinfo, en corrigeant l’article, presque au moment où j’étais en train de le lire.

Je me rends donc compte que le titre a changé, ainsi que l’image d’illustration. Les premières occurrences de l’erreur changent également.

capture réalisée le dimanche 18 juin à 12h06

Mais pas toutes. On se retrouve encore avec un « chocolat au lait » dans le texte.

Un problème de sens dans le chocolat au lait !

Comment Franceinfo a été alerté? Peut-être dans les commentaires, dont l’un pointait rapidement l’erreur d’interprétation, de traduction. Mais pas que. Il se trouve que l’article du Washington Post a lui-même visiblement été retitré. Quand on analyse l’url on voit ceci : « seven-percent-of-americans-think-chocolate-milk-comes-from-brown-cows-and-thats-not-even-the-scary-part« … qui est devenu « the suprising number ». Et ce n’est que dans le corps du texte que l’extrapolation du sondage pour obtenir les 16 millions apparaît : 

Seven percent of all American adults believe that chocolate milk comes from brown cows, according to a nationally representative online survey commissioned by the Innovation Center of U.S. Dairy.

If you do the math, that works out to 16.4 million misinformed, milk-drinking people. The equivalent of the population of Pennsylvania (and then some!) does not know that chocolate milk is milk, cocoa and sugar.

L’auteur de l’article met bien la source corrigée, d’ailleurs : un sondage en ligne réalisé par le « Innovation Center of U.S. Dairy« , repris ensuite par le site Food and Wine, puis par le WaPo.  Et ce n’est que là qu’on aura la trace des sources du sondage : « The Innovation Center for U.S. Dairy conducted a survey of more than 1,000 adults 18 and over in April of this year. They uncovered some shocking facts about how people think about – and drink – milk. »

1000 adultes de plus de 18 ans. De là à titrer « Plus de 16 millions d’Américains… » je trouve cela malhonnête.

Un problème de suivisme

Brève publiée sur le site de L’Obs à 12h59 le vendredi 16/06

Mais d’où est venue cette reprise, sur les sites français?

Interrogé par l’Observatoire des Médias samedi matin, après la correction de l’article chez eux, FranceInfo nous dit qu’il ne s’agissait pas d’une dépêche AFP, sinon, elle aurait été co-signée AFP

Et nous avons vérifié ce matin, Non, il ne s’agit pas d’une dépêche erronée, ce qui aurait pu expliquer la diffusion de l’info.

Non, il s’agit bien de suivisme.

Cette info était -elle venue du site de L’Obs?  La brève publiée à 12h59 le vendredi à 12h59 n’était toujours pas corrigée ce dimanche à 11h55.

On peut retrouver le sondage mal traduit sur le site de Corse Matin, avec un article posté le vendredi 16 juin 2017 à 15h44, et pas corrigé depuis : 

Le chocolat au lait, toujours sur le site de Corse Matin

Mais aussi chez nos confrères d’Europe 1, où la date de publication est du lendemain, et l’article toujours pas mis à jour.

Un article en déshérence, sur le site Europe1.fr

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas là d’une sombre affaire de fakenews. L’erreur est humaine. Il ne s’agit pas d’un esprit malin qui aurait voulu nous induire en erreur. C’est une info « lègère ». Mais c’est un problème de rigueur. Double. Une information, à la base tirée par les cheveux par un site américain, ensuite très mal traduite, mais aussi et surtout, une ribambelle de sites qui reprennent… sans vérifier, sans lire, sans suivre les liens… Comme par exemple Europe 1, qui met un lien (oui, on vous apprend à mettre des liens dans vos articles et il faut continuer) mais qui ne les suit pas, qui ne les lit pas.

Plusieurs sites ont repris l’info, mais la bonne, et ont à la fois préféré titrer sur les 7% que les 16 millions, tout en parlant de lait chocolaté et pas de chocolat au lait, comme BFMTV ou Ouest-France.

Mis à part cette question d’orthographe et de rigueur, on a aussi, bien entendu, ce suivisme, le fait que cette « info » tellement alléchante, soit reprise, et surtout, sans vérification.

 

Mise à jour 19/06 : Un sondage, à prendre avec les pincettes d’un lobby.

Je n’ai pas été pas le seul, ni le premier à m’arracher les cheveux sur cette histoire de sondage, de chocolat, et de lait. Au fil des réactions ce dimanche, on m’a alerté de l’existence des tweets de Mathias GIREL, maître de conférence du département de philosophie à l’ENS – Normale sup’ & directeur du CAPHES.
La question n’est pas en effet seulement la question de l’anglais, bien entendu, mais aussi et surtout sur la fragilité du sondage repris par le blog qu Washington Post.
Mathias GIREL publiait dès vendredi, un tweet, devenu un thread, déroulé ci-dessous:

 

Mise à jour du lundi 19/6 10h50 : 

  • Corse Matin a mis à jour son article, et nous cite (et nous les remercions!). Dernière remarque pour eux, une mise à jour de leur CMS serait bienvenue, histoire que l’heure de mise à jour soit claire pour les internautes. Très bon point pour Corse Matin, ils ajoutent : « Notons ensuite que le chiffre de 16,4 millions est une extrapolation à partir des 7% de réponses obtenues sur un panel de seulement 1 000 adultes américains. »;
  • Europe 1 a mis à jour son article, « modifié à 19h01, le 18 juin 2017 », mais pas de mention de l’erreur, ou de la correction dans le texte. C’est un peu limite vu le temps que l’erreur est restée en ligne. De plus, Europe 1 envoie ses articles à des partenaires, qu’il faudrait peut-être prévenir;
  • L’Obs a aussi modifié son article mais module « en-direct/a-chaud » oblige, on imagine, c’est seulement  « Publié le 18/06/17 à 21:06 » qui apparaît, comme s’il s’agissait d’un nouvel élément. L’image d’illustration avec des tablettes de chocolat n’a elle, pas changé. Mais après tout, il y a du chocolat dedans.
Mea culpa du dimanche 16h33 :quand on donne des leçons aux autres, il faut d’abord bien écrire… j’avais écrit « son niveau d’Anglais », et en français, cela ne prend pas de majuscule…

Lettre ouverte au Président du CSA

Monsieur le Président,

C’est avec un calme olympien que je vois arriver la date du 31 janvier ; en effet, il s’agit du terme de la période préélectorale à l’issue de laquelle les compteurs des temps de parole des partis politiques seront remis à zéro. Or, dans la plupart des médias, le Front National a cru bon de jouer au plus malin, et a décidé d’être absent des plateaux de télévision et de radio. Ainsi, sa présidente se plaint du compteur FN qui accuserait « un retard considérable ».  Le Front National a décidé d’être un parti où la fille succède au père. Point de primaire. La gestion des primaires de la gauche et de la droite n’a posé aucun problème aux rédactions : elles ont reçu les candidats de la primaire de droite, puis les candidats de la primaire de la « belle alliance », et pendant ce temps là, la candidate Marine Le Pen a décidé de refuser, par exemple, que sa nièce se rende sur le plateau de « L’émission politique » de France 2, après une invitation qu’elle avait pourtant acceptée. Le FN n’a donc jamais été  « à une place subalterne », et vous venez, ce jour, de twitter à nouveau le document que vous aviez mis en ligne le 8 novembre 2016 :  « un outil unique et pédagogique qui contribue à l’accompagnement de la communication politique à l’ère numérique et à la construction collective d’un cadre de confiance ». Un document qui contient toutes les règles de répartition du temps d’antenne que votre institution est chargée de faire respecter.

Le FN se vante qu’en privé, certaines chaînes leur auraient fait savoir qu’elles avaient désormais des retards de plusieurs heures concernant le Front National. Normal. Le FN taxe des propos de M. Field d’allégations… lorsque celui-ci rappelle au Front national qu’il a subi plusieurs refus.

À quelques semaines de l’élection présidentielle, une telle inégalité de traitement est tout simplement le fait de ces refus, et complètement logique. Votre institution ne peut pas admettre qu’un trait soit tiré sur ses principes de fonctionnement, en tenant compte des mois de manipulation médiatique de la part de la direction du Front National.

Étant donné le caractère ridicule du courrier de la présidente du Front National et l’importance des enjeux pour le respect de la pluralité des opinions, une des missions que la loi confie au CSA depuis plus de trente ans, je vous remercie de continuer de ne pas répondre à sa présidente et de remettre à zéro les compteurs, comme il est prévu.  Il n’y a donc pas à reporter les heures « dues » au Front national sur la période qui s’ouvre le 1er février.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération,

Gilles BRUNO
L’Observatoire des Médias.

 

Vous l’aurez compris, cette lettre au président du CSA reprend la forme de cette lettre, ci-dessous : lettre-de-marine-le-pen-au-president-du-csa

senat-liberte-expression-1881

Réforme de la loi de 1881 au Sénat : la liberté d’expression en danger !

Paris, le 15 octobre 2016 — Le projet de loi « Égalité et citoyenneté » discuté ces jours-ci au Sénat s’est vu augmenté de deux amendements scandaleux, portés par la sénatrice Françoise Gatel au nom de la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi « Egalité et citoyenneté ». Ces amendements rallongent de 3 mois à un an la durée de prescription des délits de presse commis sur Internet, et introduisent une différence de traitement entre les citoyens et les journalistes d’une part, et la presse « en ligne » et « papier » d’autre part. En outre, les amendements adoptés introduisent un glissement du droit de la presse vers le droit commun, sauf pour les journalistes « professionnels » signataires d’une charte de déontologie non encore rédigée. Ces dispositions ont été négociées entre certains syndicats de patrons de presse et la Commission spéciale, en toute opacité. La Quadrature du Net s’associe aux protestations communes des sociétés de journalistes, qui n’ont pas été consultées, et rappelle que la loi de 1881 dite « sur la liberté de la presse » concerne en réalité l’intégralité des citoyens français, qui n’ont pas d’autre protection de leur liberté d’expression. Y toucher et y introduire ce type de discrimination est une atteinte à la liberté d’expression de tous les français.

Communiqué commun signé par Le Figaro, Le Monde, l’AFP, Les Échos, Télérama, L’Obs, Le Point, L’Express, Mediapart, France Info.fr, Capa, i-Télé-Canal +, BFM, Bastamag, ainsi que l’association de la presse judiciaire, l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS) et l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF) et La Quadrature du Net.

Le 18 octobre, les sénateurs enterreront peut-être la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Sous prétexte de lutter contre les abus d’Internet, ils s’apprêtent à remettre en cause ce texte fondateur, sans concertation préalable avec les représentants des journalistes. Les SDJ de 26 médias avaient lancé un appel pour obliger le Sénat à revoir sa copie. Mais il est resté sourd à notre appel.

Certes, il a aménagé le texte liberticide, mais la nouvelle mouture reste inacceptable.

  • La prescription des délits de presse (trois mois, aujourd’hui) passerait à un an pour les sites web. Autrement dit, il y aura une justice à deux vitesses : pour la presse en ligne, ce sera toujours un an; pour les télévisions et les radios, la prescription sera de trois mois pour l’antenne et d’un an en ce qui concerne les podcasts et les replay. Inacceptable.
  • Le texte prévoit toujours de supprimer une garantie fondamentale des droits de la défense. Aujourd’hui, c’est à celui qui s’estime diffamé ou injurié de préciser exactement par quel passage, et de qualifier le délit (injure, diffamation ou autre). S’il se trompe, son action est déclarée nulle par le tribunal. Or, le Sénat ouvre la voie à des poursuites dans lesquelles le journaliste devra se défendre sans savoir exactement ce qui lui est reproché. Inacceptable.
  • Pour le Sénat, les journalistes professionnels ne pourraient pas faire l’objet d’actions judiciaires sur le terrain de la faute civile. Mais cette concession apparente est un leurre : nos sources, elles, seront pleinement soumises au risque d’une action en responsabilité civile, qui pourrait les dissuader de s’exprimer au vu des dommages et intérêts élevés. Les sociétés éditrices des journaux le seront tout autant. Inacceptable.

La liberté d’expression est une liberté fondamentale qui mérite beaucoup mieux que ce bricolage législatif. Nous, sociétés de journalistes, réitérons notre appel à la mobilisation la plus large contre un projet de loi liberticide qui met en péril l’un des piliers de la démocratie, consacré par le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l’Homme.

La Quadrature du Net s’associe à ce communiqué et soutient la position des journalistes, mais rappelle cependant qu’en plus de faire une différenciation entre journalistes, les Sénateurs s’apprêtent à creuser le fossé entre les journalistes qui adhèreraient à une future charte déontologique et les autres personnes, citoyens ou journalistes non adhérents à cette charte. Pour rappel, la loi de 1881 dite « sur la liberté de la presse » concerne en réalité l’ensemble de la liberté d’expression en France. Il n’est pas acceptable d’avoir une telle différence de traitement entre l’expression des citoyens et celle des journalistes professionnels. La liberté d’expression est un droit constitutionnel qui doit bénéficier à l’ensemble des citoyens sans distinction de profession. Instaurer des délais de prescription différents pour les journalistes et les non-journalistes est une rupture du principe d’égalité des citoyens.

 

L’Observatoire des Médias s’associe à ce communiqué ET à la précision ajoutée par la Quadrature du Net  sur la différence de traitement entre citoyens et journalistes professionnels.

 

Photo : CC BY-NC 2.0 par Pierre Metivier

VIDEO : quand Les Echos créent un site, Google cofinance et Facebook est partenaire

J’ai passé un moment délicieux vendredi matin. Une conférence de presse était organisée par le Groupe Les Echos. Le lieu était un trop hype trop cool trop tendance trop super jeune entrepreneur : The Family. Sous la jolie verrière, il y avait du peuple. C’est qu’il y avait du gratin : Francis Morel, le patron du groupe, mais aussi Laurent Solly, DG de Facebook en France. Car sur l’invitation, ce sont les deux patrons qui invitaient. Mais au fait, pourquoi? Pour le lancement d’un nouveau site des Echos : « Les Echos Start », dédié aux jeunes.

Super.

Après le discours de Francis Morel et la présentation du site (avec aussi une vidéo trop sexy, c’est le partenaire en or massif qui est appelé sur l’estrade pour dire qu combien il est heureux d’accompagner ce nouveau media.

Laurent Solly commence son discours… Et je trouve cela tellement positif et feel good que je dégaine mon iPhone pour immortaliser la scène. Je n’ai pas pu m’empêcher de poser aussi la première question :

Dans l’article consacré au nouveau site djeun’s sur lesechos.fr, aucune mention du fonds Google, qui a largement contribué au financement Echos Start. Et Facebook présent en tant que partenaire. Pas super élégant de ne pas mentionner ce financement.

Il faut citer les GAFA. Tous. Autant être transparents.

Et on souhaite une bonne route aux cinq journalistes qui composent cette rédaction.

Les kiosquiers interpellent le Président de la République

Les kiosquiers (les marchands de presse, pour être précis)  interpellent à nouveau  le Président de la République. L’Observatoire des Médias publient leur communiqué et s’est permis de mettre en valeur en gras certains passages du communiqué et de la lettre.

Nous interpellons une seconde fois en trois mois le Président de la République sur la multiplication des fermetures de points de vente de la presse car, malgré son engagement du 6 juillet de faire intervenir le ministère de la Culture, en réponse à notre premier appel à l’aide, celui-ci n’a donné aucun signe de prise en compte du problème.

Le temps passe et l’inaction de l’État cause la fermeture de plus de 1000 magasins ou kiosques par an. La grande distribution se réjouit de ce manque de prise de conscience des services de l’État et voit venir à elle le marché de la distribution de la presse. Elle en détient déjà 25% et bientôt 30%. À ce niveau elle pourra exprimer ses exigences et faire disparaître de ses rayons toutes les revues éditées par les petits et moyens éditeurs, trop peu rentables pour elle. C’en sera fini de la pluralité d’opinion que garantit le réseau des marchands indépendants. Les grands distributeurs pourront, comme ils l’ont déjà fait, donner l’ordre à leurs directeurs de magasins de retirer une revue contenant un article qui nuit à leur image.

Convaincu que le problème n’est que la conséquence logique du développement du numérique, le ministère préfère finir de négocier les accords pluriannuels État/Presse/Poste (accords Schwartz) qui se terminent fin 2015 que de traiter le problème structurel de notre filière.

Car il s’agit bien d’un défaut de structure et non comme le clament à longueur de temps les médias, pour préserver l’obtention des aides de l’État, d’un phénomène conjoncturel. Ce n’est pas tant la baisse des ventes qui affecte les magasins que la concurrence qui leur est faite par les éditeurs eux-mêmes qui, depuis 2005 ont décidé de favoriser les offres tarifaires des abonnements. C’est aussi une volonté affirmée, derrière un discours de façade contraire, de ne pas rémunérer correctement les marchands pour le travail fourni. Tout juste ont-ils concédé, sous la pression du précédent ministère, une hausse de 1.7% étalée sur trois ans, pour certains marchands seulement et en échange de nouvelles contraintes.

Le problème est bien structurel. C’est la conséquence de l’obsolescence de la Loi Bichet qui depuis 1947 régit la distribution de la presse sans avoir été modifiée pour prendre en compte le développement du numérique.

Depuis trop longtemps les marchands de presse ont été manipulés et pressurés. Il est temps de leur redonner non seulement un moyen de survivre mais également la possibilité de construire leur avenir. Après tout, ce sont des créateurs d’emplois non délocalisables, qui par un travail de grande amplitude horaire assurent des services irremplaçables : l’accès de proximité à la culture, a garanti de la pluralité et l’animation des centres-villes.

C’est pour cela que nous demandons une nouvelle fois au Président de la République d’agir, et d’agir vite. Il est de sa responsabilité de garantir les valeurs fondant la République. La pluralité en est une et non des moindres. La sauvegarde des marchands de presse est nécessaire pour cela au moins. L’équité est un élément supplémentaire, si besoin était, pour justifier cette intervention.

Monsieur le Président de la République,

La disparition en cours des magasins de Presse est aujourd’hui connue de tous. Le cas personnel de Sophie David en est emblématique. Plus de mille points de vente de presse ferment désormais chaque année et la situation s’aggrave de jour en jour.

A ce rythme il n’en restera bientôt plus et la presse deviendra un produit purement commercial distribué par les grandes surfaces, au détriment de la pluralité d’opinion fondatrice de la République. La présence de distributeurs de presse fait partie de la qualité de vie à la française, et des éléments d’une bonne information du public.

Les causes sont connues de vos services :

  • La structure décisionnaire (Conseil Supérieur des Messageries de Presse, CSMP) est entre les mains des seuls éditeurs au lieu d’être équitablement partagée avec les marchands, et sous contrôle de l’Etat.
  • Le contrat obsolète qui nous lie n’est pas, selon le Ministère de la Justice, conforme au Droit quoique validé par le CSMP et place les magasins en situation de soumission
  • La rémunération consentie par les éditeurs est notoirement insuffisante pour le travail imposé mais les marchands doivent l’accepter et disparaître ou la refuser et changer d’activité. Une plus juste redistribution de la valeur est nécessaire.
  • Les éditeurs favorisent la vente par abonnement, sans partage des ressources publicitaires, convertissant ainsi les magasins en show-rooms très mal commissionnés sur le peu de ventes momentanément conservées.
  • La messagerie Presstalis est historiquement mal gérée : son coût d’intervention représente 14% des frais de distribution alors que dans les autres secteurs d’activité ce taux est de 6 à 9%. De plus elle pousse, dans son propre intérêt, à la fermeture des points de vente traditionnels, préférant développer les rayons de la grande distribution. Exonérée de l’application de normes de qualité (ISO 9000), les coûts induits par ses dysfonctionnements sont extrêmement importants et lourds de conséquence pour le réseau de vente au quotidien.

 

La source de nos difficultés réside donc moins dans la conjoncture que dans l’organisation de la filière et l’imposition du respect des Lois dont vous êtes le garant.

Le ministère en charge du dossier n’a pas donné suite à votre engagement écrit du 6 juillet de nous tenir informés. Les conséquences du manque d’action de vos services depuis un an sur ces sujets se mesurent au quotidien dans les communes. Au-delà des marchands de presse touchés directement, ce sont les citoyens et les fondements de la République qui sont en danger.
Une prise de conscience autre que celle exprimée par la ministre au Petit Journal de Canal Plus est nécessaire, tant sur l’urgence de l’intervention que sur le rôle de l’Etat dans la relation que les éditeurs entretiennent avec tous les acteurs de leur filière.

Nous vous demandons une nouvelle fois d’intervenir directement pour que les sujets évoqués plus hauts soient traités avant la fin de l’année, sans attendre la fin de la négociation sur les accords Schwartz régissant les accords tarifaires pluriannuels entre l’Etat, la Presse et la Poste.

Des milliers de magasins sont sur le point de fermer. L’urgence est là Monsieur le Président.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération

 

Michel Marini
Président de l’AADP

 

Association pour l’avenir des diffuseurs de Presse
77, route des Mouilles 74400 CHAMONIX MONT-BLANC
Mail : presse2012@sfr.fr                  Blog : http//aadp.blog4ever.com

 

 

 

 

Quel est le point commun entre Hillary Clinton, les tacos Chipotle et Kim Kardashian ?

En deux tweets, deux constats sur l’information sur les sites sérieux/de référence/choisissez le qualificatif que vous voulez :

à propos du New York Times et du Wall Street Journal :

et ce live singulier de nos amis de France TV Info :

Pourquoi il faudra être unis et vigilants dimanche #JeSuisCharlie

tous-unisComme des milliers de parisiens, je me suis rendu place de la République mercredi soir. Scotché par l’actu et vissé aux chaînes d’infos et à Twitter, je n’ai même pas pensé à appeler des amis avant de m’y rendre, et j’y suis allé seul. Mais une fois arrivé sur la place, bien entendu, je n’étais pas seul. Nous étions vraiment, vraiment très nombreux. C’était rassurant, dans cette tristesse et ce désarroi immense, de voir cette solidarité et cette spontanéité se manifester dans la rue, sur cette place.
J’y étais de 18 h 30 à 20 heures environ, pour donner ensuite par téléphone 8 interviews aux antennes locales de Radio Canada sur la situation à Paris et sur cette Place de la République.

Il y avait une unité, un recueillement, une humeur solennelle partagée.
Les slogans que j’ai entendus :
« Je suis Charlie »
« Nous sommes Charlie »
« Liberté d’expression »
« Même pas peur »

Par moments, une Marseillaise était chantée, mais de manière calme, douce.

De l’endroit où j’étais près de la fontaine statue, je n’ai entendu qu’à deux moments précis, la foule huer des gens :

– Quand individu est monté sur la statue et a déchiré un exemplaire du Coran ;
– Quand un autre individu est monté sur la statue et a agité un gigantesque drapeau français.

Détaillons :

De l’angle où j’étais, nous vîmes (j’ai retrouvé sur la place un de mes étudiants du Celsa) un personnage déchirer quelque chose, mais impossible de voir ce que c’était. Voici la réponse :

Info relatée également par Franck Johannès du Monde

C’est alors que deux jeunes, grimpés sur la statue, commencent à déchirer un Coran et provoquent un scandale. « Il a rien compris, le mec », souffle une jeune fille. La foule scande, « Casse-toi ! Casse-toi ! », puis « Dehors, les fachos ». Un autre passe avec une large pancarte, « à la terreur, répondons par plus de démocratie ». Tout le monde applaudit.

L’autre moment, c’est ce moment où un jeune homme, grand, bien habillé, trop bien habillé (oui, j’ai conscience de ce que j’écris) est monté sur la statue et a agité un gigantesque drapeau français. Instantanément, la foule dense au pied de la statue a ressenti la même chose : cet homme n’avait rien à faire là, à ce moment-là. Non pas qu’il ne devait pas être présent à ce rassemblement, ouvert à tous comme celui de dimanche prochain. C’est son geste qui n’était pas en communion avec le reste de la foule. Ce drapeau français, ce soir-là, agité de cette façon, n’avait rien à faire là. C’était le moment du recueillement, c’était le moment de #JeSuisCharlie, c’était un moment d’unité, et de non-récupération, ni politicienne, ni « identitaire ». Très rapidement, cet homme est descendu sentant que son geste n’était pas du tout le bienvenu.

Dimanche, le président de la République a appelé à l’unité.

Et beaucoup craignent (à juste titre, parfois, une récupération politicienne).

J’ai aimé ce qu’a partagé @HenryMichel  l’autre jour :

Nous qui avons la chance de croiser sur Twitter les rédactions d’info en continu, si on faisait un deal ?

Celui de s’engager à ne pas filmer les représentants politiques dans notre marche républicaine, prévenir en amont.

Vous verrez que subitement certains partis ne se bousculeront plus au portail et tout le monde pourra défiler tranquille.

J’ai vu cela passer aussi, et je suis d’accord, même si je crains que cela n’arrive pas :

 

Alors unis, dimanche, sans provocations? Soyons unis et vigilants.

Pourquoi la Commission tue la presse européenne ?

logo_presseuropPresseurop, le site de revue presse européenne, a annoncé hier l’arrêt de sa publication à compter du 20 décembre. « Notre contrat avec la Commission européenne, notre bailleur, se termine à la fin de l’année.

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Lire le billet de log de By Matthew Dalton sur le WSJ

Le 19 juin dernier, la Commission a publié un appel d’offres qui, si nous l’avions remporté, nous aurait permis de poursuivre notre activité. Elle l’a toutefois retiré le 12 juillet, notamment suite à la parution de deux articles critiques — dans The Times et le Wall Street Journal — vis-à-vis du contenu de l’appel d’offres et pour des raisons budgétaires » expliquent les rédacteurs en chef, Eric Maurice et Gian Paolo Accardo.

Un cas unique dans le paysage médiatique français

Une explication sobre, qui s’inscrit dans le cadre du plan de licenciements initié par le groupe Le Monde et qui touche la rédaction de Courrier International, dont fait partie Presseurop. Presseurop est pourtant un cas unique dans le paysage médiatique français.

En quelques années, le site est devenu la référence en matière d’informations européennes. Chaque jour, journalistes et traducteurs fouillent la presse de neuf pays à la recherche des sujets qui interpellent, au-delà des frontières. Avec plus de 600 000 visiteurs uniques par mois, il démontre l’intérêt des citoyens pour la chose européenne. Mais rien n’y fait : les services de Mme Reding, la commissaire européenne à la citoyenneté, ne soutiennent pas le titre, échaudés par deux articles hostiles de la presse anglo-saxonne.

Cette même Commission viendra ensuite se plaindre du faible niveau de connaissance des citoyens sur l’Europe. Et condamne aussi 70 personnes — journalistes, éditeurs et traducteurs — à perdre leur emploi. À pleurer.

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L’article de Charles Bremner sur thetimes.co.uk

Les critiques de la presse britannique portaient sur deux points précis : tout d’abord, la nature de l’appel d’offres publié en juin, jugé trop restrictif ; un point qui est reconnu par l’ensemble des observateurs des affaires bruxelloises. Mais alors que l’on s’attendait à la mise en place d’un nouvel appel d’offres, la deuxième critique a touché un point plus sensible : pour les médias britanniques, l’Europe n’a pas vocation à financer des titres de presse. C’est « Shocking ! », c’est « la Pravda européenne », menée bien sûr par d’ignobles fonctionnaires bruxellois. Pire, c’est une « distorsion de concurrence » ! Il est bien connu que les journaux réalisant une revue de presse européenne quotidienne sont légions, et que Presseurop leur fait de l’ombre.
mediapart-medias-europeensUn article publié aujourd’hui dans Médiapart montre aussi que certains collègues bien intentionnés ont vu dans cet appel d’offres une occasion de ramasser du cash aux dépens de Presseurop. Presse, ton univers impitoyable.

L’Union Européenne peut-elle financer des organes de presse ?

Tout ceci serait anecdotique si une vraie question politique n’était pas posée à travers cette histoire : l’Union Européenne peut-elle financer des organes de presse ? Des médias comme Euronews, ARTE, France24, CaféBabel, EuradioNantes, pourraient-ils exister sans soutien de l’UE ? La France a une tradition d’aides à la presse massive assez unique dans un État démocratique. Les aides européennes restent minuscules par rapport aux budgets nationaux allant aux services publics d’information, mais la question se pose : l’UE peut-elle aussi soutenir des médias, tout en préservant leur indépendance ?
On peut aussi aborder la question différemment : les politiques ne se privent pas de critiquer l’UE lorsqu’elle ne défend pas la presse indépendante, dans des pays comme la Hongrie, la Grèce, la Pologne, la Roumanie. La liberté de la presse fait partie des valeurs fondamentales de l’Union Européenne, et dans un contexte de crise économique majeure du secteur, de plus en plus d’acteurs se tournent vers l’UE pour obtenir un soutien. Celle-ci a timidement commencé à répondre cette année, en amorçant une discussion sur le soutien au « journalisme de qualité », au pluralisme des médias et à la mise en place d’instances nationales de déontologie.

Presseurop permet de lire en neuf langues, le meilleur de la presse européenne

Le débat mérite d’être abordé au-delà des invectives des tenants du modèle ultralibéral, qui ne rêvent que de supprimer toutes les aides publiques aux médias, et de privatisation des services publics d’information.

À six mois des élections européennes de 2014, alors que le public demande une meilleure information européenne (voir ce graphique), l’arrêt de Presseurop serait un signal désastreux.

Une pétition de soutien a été mise en ligne par nos confrères  de Presseurop.

Elle est adressée à la commissaire européenne à la Justice et aux Droits fondamentaux, Viviane Reding, pour qu’elle revienne sur son refus de poursuivre le financement de ce média.

savePE

 

 

Fabrice Pozzoli-Montenay
Journaliste, Secrétaire Général AJE France

 

Photo Viviane Reding : worldeconomicforum sur Flickr

La télé, ce n’est que de la télé

Vous pourrez remplacer les mots floutés par ce que vous voulez : nous n’en avons pas fini, avec ce type d’émissions, j’en ai bien peur.

tele

Nous sommes dimmanche matin, donc je n’ai pas pris le temps de faire une petite app qui vous permettrait de générer des images à la volée, avec des choix de prénoms ou d’émissions. Comment faudrait-il l’appeler? BadTVgenerator ?

Je préfère écouter ça.

Bon dimanche !