gilets jaunes

Informer sur le mouvement des Gilets jaunes #InformerSurLesGJ S01

Regards croisés et témoignage

Le regard de Jean-Marie Charon
Le regard d’Arnaud Mercier
Le témoignage de Raphaël Tual
Le témoignage de Bénédicte Courret

Photo Raphaël Tual


Le regard de Jean-Marie Charon, Président des Entretiens de l’information, membre du Club de la pesse de Normandie.

Passionnant échange entre journalistes rouennais.

Cela s’est passé au Club de la presse de Rouen.

Les journalistes de Paris-Normandie, Ouest-France, 76 actu, France Bleu, France 3, Tendance ouest et les correspondants de l’AFP, du Monde, de BFM étaient dans les locaux du Club de la presse à Rouen mardi 12 novembre au soir. Ils sont reporters, JRI, responsables du web, rédacteurs en chef ou correspondants et répondaient à l’invitation des Entretiens de l’information et du Club de la presse de Normandie, de venir échanger sur le traitement de l’information concernant le mouvement des Gilets jaunes. Cet échange entre journalistes dura trois bonnes heures intenses, denses, dominées par l’ouverture et la sincérité.

Il s’agissait de partir de la manière dont chacun a travaillé sur le mouvement, en l’occurrence tous ont convenu que personne n’avait d’abord imaginé l’ampleur et la dynamique du mouvement lui-même. Le traitement allait alors à la fois porter sur les occupants des ronds-points et les manifestations elles-mêmes, avec pour beaucoup une plus grande motivation pour le vécu, la personnalité des occupants des ronds-points, dans leur diversité.

Quelle perception du mouvement lui-même se dégage après près d’une année de fréquentation des mobilisations sous leur différentes formes ? En fait, personne n’arrive à le caractériser aisément et simplement. L’idée de diversité, d’hétérogénéité, de pluralité l’emporte sur toutes les autres. Le mouvement ce sont des gens. Traiter du mouvement c’est d’abord rencontrer et témoigner des expressions de personnes qui le composent. Ce fut également identifier suivre, écouter les « figures » de celui-ci. Ces figures qui se repéraient assez vite sur les ronds-points. Quelque part certains d’entre eux seront des guides, des repères, des porteurs de paroles (« bons clients » ?) dans cette complexe mobilisation. A cet égard certaines de ces figurent feront évoluer curieusement leur relation aux journalistes, très direct au départ certains ont aujourd’hui leur « attaché de presse ».

Il y a, bien sûr, la question de la place données aux revendications portées par le mouvement. Là se dégage le sentiment plutôt général que ce n’est pas ce qui motive le plus les personnes qui occupent les ronds-points. D’ailleurs, l’impression était qu’elles donnaient souvent le sentiment de ne pas vraiment croire à leur satisfaction. L’important pour elles était de témoigner, s’exprimer, être entendu. L’important pour les journalistes du séminaire était plutôt la nature de ce que vivent les gens, leur volonté de prendre la parole, d’exprimer leur sentiment de déclassement, de mal vivre, de crise du vivre ensemble. L’une des difficultés sera d’ailleurs de renouveler le regard, les angles, dans un mouvement si particulier par sa longueur et son rythme hebdomadaire, qui va épuiser beaucoup de journalistes au fil des semaines et des mois.

Comment chacun se situait-il par rapport au mouvement lui-même ? Fallait-il par exemple « se garder d’avoir un avis sur celui-ci » pour rester ouvert à tout nouveau développement, comme le suggère un participant ? Une question se posait qui était celle de l’empathie à l’égard du mouvement ou des Gilets jaunes, les personnes. Personne ne revendique celle-ci à proprement parler. Dans leur ensemble les journalistes présents n’expriment pas de proximité particulière à l’égard des Gilets jaunes : une seule dira avoir un ami Gilet jaune. Nombre de propos pointent la distance sociale, culturelle, même si certains remarquent « ne pas gagner plus » que certains manifestants ou occupants de ronds-points.

Il n’empêche que plusieurs reporters disent avoir évité de répercuter directement certains propos « excessifs », radicaux, tendancieux (racistes, xénophobes) qui auraient donné une image déformée du mouvement, en tout cas pas représentative. Pas facile de trancher, chacun sur le terrain était confronté à ce tri, ce filtrage, sans trop en référer à sa hiérarchie. Une chose est certaine, la plupart des journalistes avaient conscience d’être porteur de la visibilité donnée au mouvement. Le sujet est devenu d’autant plus sensible, notamment pour les hiérarchies, au fur et à mesure que les mobilisations déclinaient en intensité et que des actualités concurrentes se présentaient, comme la « marche pour le climat ». Comment appréhender, évaluer, l’éventuelle lassitude du public : questions d’audience, commentaires remontant à chacun, sentiment personnel de saturation, voire d’épuisement, etc.

La confrontation à la violence est un sujet plus que sensible et douloureux. Violence de certains manifestants, notamment à l’égard des journalistes. Violence à l’égard des manifestants de la part des forces de l’ordre. Violence aussi de ces mêmes forces de l’ordre à l’égard de journalistes. D’aucuns se sont posés la question du « droit de retrait ». « Je n’ai pas signé pour cela, en presse locale » dira une reportère. Partir chaque samedi avec « la boule au ventre », le sentiment est inédit pour les journalistes en région. Sur ce point, il y a des différences entre médias, les journalistes France Bleu, la radio locale du service public, étaient mieux acceptées. Radio média de proximité. A l’inverse le rejet de BFM s’exprima dès le 2ème samedi de manifestation, jusqu’à un véritable burn out pour une des journalistes travaillant pour la chaîne. Un paradoxe se fait jour ici : des journalistes ont été victimes d’une très grande violence, inédite pour eux – certains demandant à changer d’affectation –, simultanément ils se disent aussi avoir été protégés par des Gilets jaunes, face aux plus hostiles et violents.

La violence laisse aussi le sentiment un sentiment amer, celui d’un « loupé ». La violence à l’égard des Gilets jaunes n’a pas été vue, mal appréhendée, tout un temps, pour certains jusqu’au recensement de David Dufresne. Du coup, l’impression est d’avoir été manipulés par la communication de la Préfecture. Comment avoir une autonomie d’appréciation sur des sujets comme le nombre de manifestants ou la question des manifestant blessés ? Même si le bricolage entre collègues a été souvent la règle.

L’impression globale qui l’emporte est que les journalistes ont beaucoup donné. Jusqu’à l’épuisement pour certains, dans des équipes toujours légères, surtout les week-end (avec le recours de certaines rédactions aux pigistes ces jours-là). Cela n’aura cependant pas été pour rien. Des Gilets jaunes le leur manifestent d’ailleurs souvent lorsqu’ils les retrouvent. Cela n’aura pas été pour rien non plus, par le fait que les médias locaux ont été jugés plutôt à la hauteur par la population.

Tel est le contenu de ces trois heures d’échanges denses et attentifs. Une motivation pour poursuivre la discussion dans d’autres séminaires à Paris (le 4 décembre), à Lyon (en janvier), etc.

Jean-Marie Charon (Président des Entretiens de l’information, membre du Club de la pesse de Normandie).


 

Le regard d’Arnaud Mercier, Professeur à l’Institut Français de Presse

Journalistes face aux gilets jaunes : des répercussions durables sur leur travail ?

Il était particulièrement intéressant d’entendre tous ces journalistes normands raconter leur vécu et visiblement pour plusieurs échanger pour la première fois face à leurs confrères. De façon assez subjective, qu’il me soit permis d’exposer les points que j’ai trouvés frappants, sans doute parce qu’ils font écho à mes propres préoccupations sur le sujet des gilets jaunes. L’ordre n’est pas forcément celui d’une démonstration aboutie. Il relève plus d’un jeu de coq à l’âne, un enjeu amenant à évoquer les propos marquants d’un autre.

Notons d’abord une confirmation, l’aveu que l’ampleur et la durée du mouvement a surpris et que bien que journalistes plus en proximité qu’au niveau national, personne n’a vu le mouvement venir. Pas davantage les chercheurs ou les professionnels de la politique d’ailleurs ! J’ai noté que beaucoup ont compris assez vite que le mouvement ne prenait pas la forme habituelle et qu’ils étaient du coup un peu perplexe voire décontenancés pour l’analyser. Alors même que, fait très intéressant, que plusieurs ont dit avoir reconnu sur les ronds-points ou dans les manifestations des gens qu’ils et elles avaient croisé dans d’autres mobilisations (fermeture d’usines, lutte pour l’hôpital…).

 

Ce qui m’a frappé également c’est le fait qu’au moins une rédaction affirme avoir eu (au départ) des relations fortes et de confiance avec certains éléments très actifs du mouvement, ce qui leur a permis d’assister à des réunions de préparation des manifestations et d’être plutôt bien accueillis dans les manifestations. Et de fait un débat est survenu sur le ton du dialogue avec des gilets jaunes, certains journalistes faisant part à leurs confrères de leur étonnement face à l’emploi du tutoiement. L’un d’eux, administra alors une petite leçon de déontologie générale intéressante : tutoyer crée un sentiment de familiarité auprès des interlocuteurs, pire même peut leur laisser croire que le journaliste épouse leur cause, alors qu’il n’est pas là pour ça. Et ce journaliste de s’inquiéter du retour de flamme violent si jamais un papier est amené à présenter une face peu enviable de la réalité du mouvement si on a accrédité, par le tutoiement, une trop forte connivence et confiance. A. cet égard, j’ai aimé la manière dont un journaliste s’est employé à dire qu’il lui avait fallu faire des efforts pour neutraliser son jugement, attendu qu’au fil des récits de vie de manifestants recueillis il était difficile de ne pas épouser un tant soit peu leur cause : « sur un tel sujet, c’était difficile de ne pas prendre position », « de ne pas avoir d’empathie pour certaines personnes ».

 

D’autres journalistes, n’ont pas eu ce problème, bien au contraire, notamment ceux munis d’une caméra. Ils ont eu à subir très vite des attitudes de rejet plus ou moins agressives. En dépit du flou dans l’évocation exacte du calendrier, tous ont noté qu’au bout de plusieurs semaines l’ambiance a changé, car des gens ont commencé à quitter la mobilisation en continue, laissant la place à des personnes moins retraités, moins travailleurs. Ces personnes-là semblent dès lors avoir incarné une hostilité plus grande vis-à-vis des médias, sans distinction, et des formes plus radicalisées de contestation. On est en droit de se demander si ce n’est pas un effet de l’annonce début décembre par le Président de la République de l’abandon de la CSG pour la grande majorité des retraités, qui a conduit une partie de cette population à se démobiliser, laissant la place à d’autres. C’est là que « c’est parti en cacahuète », « qu’ils ne s’entendaient plus entre eux », qu’ils « faisaient un peu n’importe quoi », « façon zadistes ».

 

Ceci a rendu la mission de couverture journalistique plus périlleuse. C’est bien un autre trait frappant de ce séminaire, la peur ! Beaucoup ont utilisé ce mot, ont pointé qu’ils et elles n’avaient jamais été confrontés à ce niveau d’agressivité à leur encontre. L’une des journalistes présente a affirmé avec force qu’en choisissant d’être journaliste locale elle n’avait pas signé pour affronter les mêmes angoisses qu’un journaliste de guerre, pendant qu’un autre, entre ton amusé et ton impliqué, indiqua avoir commencé à « flipper » quand sa femme lui a dit un samedi matin où il partait couvrir la manifestation hebdomadaire « sois prudent », ce qui n’était jamais arrivé en plus de 10 ans de carrière.

Autre fait notable à nos yeux, la critique exprimée à l’égard de la préfecture et de la police, en notant que les chiffres donnés (et surtout ceux pas donnés : les blessés) avaient conduit les rédactions à ne pas prendre conscience assez tôt de la réalité des brutalités policières ; L’un des participants, amer, se plaignant rétroactivement : « ils nous ont caché des choses ».

 

Sans surprise, ils ont tous admis que la consigne qu’ils et elles recevaient de leur rédaction c’était de ramener « du vécu », des « tranches de vie ». Et que certains témoignages étaient poignants et que les gens étaient heureux de pouvoir raconter leur vie de misère ou de difficulté à joindre les deux bouts, en ayant la satisfaction de se sentir moins seuls, en parlant avec des mobilisés qui connaissaient la même galère qu’eux. Quand on interroge les journalistes réunis à Rouen ce soir-là, une unanimité se fait jour pour décrire ce mouvement comme très hétérogène, avec des personnes possédant des statuts et provenant de milieux divers : « c’était un grand fourre-tout ». Mais tous semblaient exprimer une inquiétude sourde pour l’avenir, le leur mais aussi celui de leurs enfants ou petits-enfants. La peur de l’avenir étant un puissant facteur de détermination du vote en faveur d’un vote protestataire, singulièrement pour le Front national (ou de l’abstention aussi) comme l’ont montré plusieurs enquêtes du Cevipof notamment. Ces gilets jaunes de Rouen et de l’Eure rencontrés exprimaient une exaspération d’avoir la désagréable sensation d’être invisibles socialement, de n’avoir plus personne pour les représenter et les défendre (ni syndicats, ni partis), alors qu’ils s’en sortaient de plus en plus difficilement : « on trime et on ne s’en sort pas », « on n’a pas d’horizon » c’est par ces phrases que les journalistes résument les lamentations entendues.

Notons aussi le fait que les journalistes disent avoir entendus beaucoup de propos racistes et xénophobes au début, mais que le mouvement a imposé une autocensure à ceux des plus xénophobes, afin d’éviter que les journalistes ne soulignent ces propos et ne contribuent à décrédibiliser le mouvement. Intéressant. Car cette forme d’autocensure journalistique fait écho à celle concernant les violences policières excessives : « il y a eu une autocensure sur la réponse violente de la police, car c’était l’autorité sans doute ».

Hors norme, sans exemple dans l’histoire récente en France, ce mouvement a donc confronté les journalistes à des défis auxquels ils et elles étaient mal préparés : incompréhension sociologique du phénomène ; décalage culturel entre les journalistes et les manifestants pourtant divers (d’ailleurs une seule présente a indiqué connaître un proche revêtu du gilet jaune)  tiraillement empathique en faveur de « petites gens » qu’on se refuse à assumer totalement ; violences subies, tant de la part des manifestants que parfois de la police qui discriminait mal sa répression ; questionnement sur la nécessité de se protéger avec des vigils ou pas.

Il en ressort que les journalistes ont visiblement vécu un tsunami émotionnel au fil de ces semaines qui les a ébranlés sur leur base. Ce mouvement ne peut pas ne pas avoir obligé chaque journaliste qui a couvert le terrain à requestionner ses pratiques. Et je pense que ses répercussions sur la façon de couvrir à l’avenir des mouvements sociaux sont réelles et durables.

Arnaud Mercier, Professeur à l’Institut Français de Presse


photo club de la presse et de la communication de Normandie

Le témoignage de Raphaël TUAL, Rédacteur en chef adjoint de 76actu/Actu.fr

L’indispensable suspension du jugement

La couverture du mouvement des Gilets jaunes à Rouen, comme partout en France, a mise à rude épreuve l’éthique des professionnels de l’information, quand ce n’était pas leur intégrité physique.

Comme beaucoup, j’ai été surpris par l’ampleur de ce mouvement. La veille, le 16 novembre 2018, j’étais persuadé qu’il serait éphémère. Je n’ai alors pas senti le pouls du pays, alors que pourtant tous les ingrédients de la colère étaient présents. Il suffisait de relire Christophe Guilly qui écrivait : « Sur les décombres de la classe moyenne et de la précarisation des classes populaires, les nouvelles radicalités ne viennent pas comme prévu des banlieues, mais de la France périphérique. L’essentiel des radicalités sociales et politiques, mais aussi les réflexions alternatives, émergent non pas des banlieues mais des territoires les plus à l’écart des métropoles. »

J’ai tout de suite été en empathie avec ces manifestants, dont des membres de ma famille pouvaient faire partie.

Puis très vite, au bout de quelques semaines, les violences se sont faites jour. Puis sont venues les attaques physiques envers les journalistes. Comment rester insensible ? À Rouen, le 12 janvier, des journalistes ont été hués, pire lynchés. Ma colère n’a eu d’égal que mon angoisse. Quatre ans auparavant, presque jour pour jour, le monde pleurait la mort de dessinateurs et journalistes. Quatre ans plus tard, qui s’est indigné ? Je me suis alors senti trahi par ceux que j’aimais mettre en lumière. À l’inverse, des manifestants se sont sentis trahis par des couvertures médiatiques qui ne reflétaient pas leur vécu. L’impasse !

À cette date, j’ai pensé qu’il devenait indispensable de suspendre mon jugement, pour que mon activité professionnelle exercée pour le compte d’un groupe de presse ne soit pas (trop) impactée par mes humeurs, mes ressentis. D’autant plus piégeux que la fatigue se faisait sentir.

Finalement, cette suspension du jugement, m’a permis de rester à l’écoute de la diversité du mouvement, sans me laisser enfermer dans des caricatures et tout en respectant son caractère hétéroclite. Ne dit-on pas « les gilets jaunes » ? Rien ni personne ne peut résumer ce mouvement.

Cette haine vis-à-vis de la profession n’a fait que renforcer mon optimisme : nous avons besoin de la presse et de journalistes qui peuvent, sans froisser une idéologie aucune, tout montrer.

Imaginons ce mouvement sans journaliste, ce serait paroles de l’État contre paroles de manifestants. Chacun jouant la bataille de l’opinion. Qui peut vouloir en arriver là ? Pour paraphraser la Une de Charlie hebdo publiée le 5 janvier, « les anti-lumières » à n’en pas douter. Et qui sont les seuls à pouvoir redonner de la clarté à une vérité fragmentée ? Les journalistes assurément.

Raphaël TUAL, Rédacteur en chef adjoint de 76actu/Actu.fr


Le témoignage de Bénédicte Courret, coordinatrice web France bleu Nord Normandie

retour sur le séminaire du 12 novembre 2019 au club de la presse

De mon point de vue de journaliste coordinatrice numérique à France Bleu, essentiellement dédiée à un travail de desk sur les « gilets jaunes », je dirais qu’on s’est vite rendu compte – à France Bleu – que nombreux étaient les manifestants qui écoutaient ou suivaient notre radio locale. Notamment grâce aux retours récoltés sur les réseaux sociaux de la radio – discussions sur le chiffre des manifestants en commentaires des posts par exemple – et au fil de l’audience des articles consacrés au sujet sur francebleu.fr.

Ce séminaire sur le traitement de l’info « gilets jaunes » me fait cogiter sur deux idées.

D’abord, chacun en convenait ce soir-là au club de la presse, on manque de coordination entre journalistes locaux pour obtenir des informations précises de la préfecture (par exemple sur les blessés ou le comptage des manifs). Même si on échange parfois des infos de manière informelle, l’idée, évoquée lors du séminaire, de créer un groupe de journalistes – ou de médias – capable de se serrer les coudes pour récolter des infos quand de gros événements (comme Lubrizol ou les gilets jaunes) se produisent sur un territoire est à creuser.

Ensuite, pour ce qui concerne France Bleu, je crois qu’on a encore des progrès à faire sur la prise en compte des réactions de notre audience. Peut-être en pratiquant davantage un journalisme de solutions ? Avec ce séminaire et, plus globalement, après cette année de couverture d’un mouvement social hétérogène et rassemblant des individus auxquels on donne finalement rarement la parole, il me semble assez crucial de retisser le lien avec les auditeurs/internautes. A travers des rendez-vous d’interactivité sur le hertzien et le numérique (comme expérimenté par France Bleu Nord en marge du Grand débat national) ou à travers une plateforme en ligne comme testé avec make.org ou sous d’autres formes qui restent à définir.

#InformerSurLesGJ

Il y a un an déjà, commençaient les premières mobilisations des Gilets jaunes. Scandées au rythme des manifestations hebdomadaires, prenant simultanément la forme des occupations de ronds-points le traitement du mouvement fera polémique, à commencer de la part des Gilets jaunes. Chacun a sur le sujet ses représentations et ses impressions, nourries de ses expériences personnelles.

Il est temps de revenir sur ce traitement en mettant à plat contenus des médias d’information et témoignages de deux qui les produisent. Telle l’ambition partagée par Les Entretiens de l’information, l’Institut français de presse (IFP) et l’INA. D’ici quasiment une année (juin 2020), ils se proposent d’organisée une rencontre où seront discutées travau d’étudiants et de chercheurs, ainsi que le fruit d’un ensemble de séminaires de journalistes tenus à Rouen, Paris, Lyon, etc.

La circulation et la discussion des échanges dont font l’objet les séminaires de journalistes appellent la création d’un espace de présentation et de rencontre. Le site de l’Observatoire des médias semblait prédisposé à jouer un tel rôle. Pour chacun des séminaires il offrira une synthèse des échanges, ainsi qu’un ensemble de contributions, réactions, commentaires proposés par quelques-uns de ses participants.

Retour donc sur le séminaire tenu à Rouen le 12 novembre

Post a Comment

nunc in quis, Aliquam ipsum luctus mattis venenatis, tristique porta. vel,