Le Club des Cinq éditeurs de presse contre-attaque, ‘sans faire de l’anti-Google/Apple’

Vous le savez, puisque vous vous intéressez aux médias, plusieurs éditeurs de presse ont lancé fin novembre le GIE « e-Presse Premium ».

Capital de départ : 100.000 euros;

Mission : créer un kiosque numérique de la presse en France;

Début des hostilités : « à la fin du premier trimestre 2011 »;

Président : Xavier Spender, DGA de l’Équipe.fr et l’Équipe TV;

Directeur général : Frédéric Filloux, éditeur de la Monday Note, Ancien des quotidiens Libération et 20 Minutes;

Les cinq organes de presse fondateurs : L’Équipe, Le Figaro, Libération, Le Parisien, Les Échos, L’Express, Le Point et Le Nouvel Observateur.

Frédéric Filloux était l’invité du Buzz Média Orange/Le Figaro :

Extraits :

Nous ne sommes pas là pour faire de l’anti-Google

Aujourd’hui, la presse dans son ensemble ne se trouve plus face à une concurrence interne qui verrait les titres opposés les uns aux autres. Ces titres sont confrontés à de très grands acteurs du marché, parmi lesquels Google qui a une capacité extraordinaire à traiter les données à très grand nombre, et Apple qui a une capacité de commercialiser tout cela. Ces deux modèles ne nous conviennent pas tout à fait dans la mesure où Google capture une grosse partie du marché dans une grande opacité, et Apple propose un modèle économique (avec l’iTunes store et ses applications, l’iPad et bientôt un kiosque) qui ne correspond pas à ce nous cherchons

On est ouverts, regardez, il y a des newsmagazines avec nous!

Nous avons réalisé une performance qui était de sortir du cadre traditionnel de la presse quotidienne nationale en y associant des magazines. Ce kiosque a pour vocation d’être une maison ouverte, nous sommes en discussion avec bon nombre de gens. Mais dans ce genre de choses, la complexité des discussions est proportionnelle au carré du nombre de personnes autour de la table. Ce n’est déjà pas simple, mais nous ferons venir d’autres gens au cours du premier trimestre 2011, y compris des titres de presse francophone suisse et belge qui sont très intéressés par cette expérience. Car c’est une première dans le monde : dans aucun pays, les titres n’arrivent à s’organiser, à s’entendre autour de ce genre de projet.

Il a raison, Frédéric.

Payez mes amis, payez, et vous lirez : « le ‘magic number’ c’est 99$ »

Le modèle publicitaire de l’Internet est insuffisant pour financer un journalisme de qualité, qui reste hors de prix. Si l’Internet est un modèle déflationniste, le coût de l’information n’a, lui, jamais baissé ; il tend même à augmenter. L’idée est donc de suppléer les revenus publicitaires par des revenus issus de la vente de contenus. […] On trouvera dans ce kiosque de la vente à l’acte sur les trois plateformes (le web, les smartphones et les tablettes) et, dans un deuxième temps, sur la télévision connectée, ainsi que des abonnements numériques et peut-être pour les éditeurs qui le souhaiteront, des articles vendus à l’acte, voire des packages d’actualité multi-éditeurs. Ce pourrait être des packages à haute valeur ajoutée sur de grands événements sportifs ou politiques, auxquels les gens pourraient souscrire pour une durée déterminée

La télévision connectée? et celle de Free? Tiens, c’est amusant, Le Monde, repris par le trio Bergé-Niel-Pigasse n’est pas encore dans le consortium… Et si Le Monde, avec Free, n’avait pas besoin du GIE?

Un tarif laissé à la discrétion des éditeurs

Aujourd’hui, sur Internet, c’est l’expérimentation permanente. Notre idée est de proposer tous les moyens de paiement et toutes les tarifications possibles. L’idéal serait néanmoins l’abonnement […] Sur le marché anglo-saxon par exemple, on sait que le tarif idéal se situe autour de 99 euros par an pour obtenir une base d’abonnés solide. Ce serait idéal

Et Orange, dans tout ça?

[L’accord commercial signé avec Orange afin d’utiliser son moteur de recherche Read & Go et de fournir le contenu de 24/24actu] accord a plusieurs vertus. Pour la première fois, un moteur de recherche reconnaît la valeur des contenus qui lui sont renvoyés. Aux États-Unis, Google aspire du trafic, renvoie beaucoup de trafic sur les sites mais ne paie rien et monétise avec de la publicité, des liens sponsorisés. Alors qu’ici, pour la première fois, le moteur de recherche paiera pour ce contenu, nous en ferons la promotion ensemble et il nous renverra du trafic. Pour nous, cela a valeur de benchmark

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