3 ans après son lancement, Rue89 fait le pari du papier

Ça y est! Rue89 lance enfin un magazine. Un mensuel. Pourquoi enfin? Parce que lorsque on produit des contenus pertinents et originaux, on se dit qu’il est peut être une bonne idée de les présenter autrement, d’en faire une sélection.

Voici donc Rue89 Le Mensuel, fruit d’une collaboration entre l’équipe du site et Frédéric Allary, ancien DG des Inrockuptibles.

Un format surprenant, et pas bête : pocket. Comme la version réduite des magazines féminins ou autres. 3,90 €, pour une centaine de pages, « Moins cher que celui du Monde », précise Pierre Haski, un des fondateurs du site, et directeur de la publication du magazine.

Personnellement, cela me fait plaisir de voir évoluer le projet de mes ex-collègues de Libération. Lancé en mai 2007, Rue89 s’est aujourd’hui fait un nom, et c’est pourquoi le projet voit le jour aujourd’hui. D’autant plus plaisir que le jour du premier anniversaire du site, je lançai une question : « Dites moi, c’est quand, la version papier, avec les articles et une sélection des commentaires? », ce à quoi Pierre Haski répondit :

Nous y avons pensé, mais le bonheur d’échapper à l’imprimerie, aux NMPP etc, est tel qu’il faudrait vraiment que ça vaille le coup. Mais nous gardons l’idée dans un coin de notre tête, un jour… Pour le moment, nous concentrons nos ressources (limitées) et notre énergie (illimitée) à l’amélioration du site.

Nous y sommes donc.

Pour Rue89, qui est « en phase d’arriver à l’équilibre économique », ce mensuel est « complémentaire dans le rythme de consommation de l’information ». En effet, la façon dont les internautes aujourd’hui lisent sur le net fait qu’ils picorent, viennent de façon souvent irrégulière sur les sites, et même s’ils y sont fidèles, peuvent rater des articles.

Avec 1,5 million de pages vues par mois, le site se sent prêt pour le pari du papier, en tirant ce premier numéro à 87000 exemplaires, avec un objectif de vente à 30000, le point mort financier étant à 20000, dixit Frédéric Allary. Pour ce dernier, « ce qui coûte cher, c’est créer une marque, ce qui n’est pas à faire avec Rue89 ». C’est pour cela que le budget publicité pour ce lancement est réduit, adapté aux moyens du site. Du site? Ou du « groupe de presse »? :-) Il était rassurant, lors de la présentation à la presse du magazine, ce lundi, d’entendre Laurent Mauriac assumer le fait que oui, la présence de Rue89 dans les kiosques permettra aussi de faire connaître la marque, le site, à ceux qui ne la connaissent pas encore. Et ils sont nombreux.

9 pages de publicités vendues au lieu de 4, le modèle est plus basé sur la diffusion que sur la publicité.

Qu’y a-t-il dans le magazine? Principalement des articles repris du site internet, édités, retravaillés, soumis à validation ensuite à leurs auteurs, et puis tout de même 1/3 de contenus frais. Il y a aussi une sélection de commentaires, sur certains articles. La maquette est agréable, on a plaisir à parcourir le contenu, et on se dit que cela va plaire.

Petites suggestions de l’Observatoire des Médias :
– pourquoi ne pas préciser sur le site web que tel ou tel article a été sélectionné sur le papier?
– prévenir les auteurs des commentaires que leurs écrits ont été publiés dans le magazine.

« Une bonne idée »  m’a-t-on dit.

Bonne chance à ce nouveau venu dans la jungle de la presse. Gageons que les fans de Rue89, les « riverains », choisirons de s’abonner pour soutenir ce projet.

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