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Activité de votre réseau : “Gmail Api” just unfriend “Facebook” !

Ces derniers jours ont été marqués par un certain nombre d’annonces des grands acteurs du Web, et en premier lieu le dévoilement par Mark Zuckerberg de la stratégie mobile de Facebook.

Aujourd’hui, on apprend que Google a décidé de fermer l’API Contacts de Gmail à Facebook en mettant en avant le caractère asymétrique de leurs relations et le manque d’ouverture du réseau social. A mon sens ces mouvements sont importants et en disent beaucoup sur leurs velléités de gestion de notre identité numérique !

Présente-moi tes amis et ils resteront… avec les miens.


Revenons d’abord sur la fermeture de l’API Gmail. Cette API, fournie par Google, permet à des services tiers de fouiller dans le carnet d’adresses Gmail de leurs utilisateurs pour savoir qui de leurs amis utilisent déjà le service.

C’est une option qui n’est pas absolument pas anodine dans un web de plus en plus social, où la valeur d’un service va croître avec le nombre de ses contacts /amis /followers. Imaginez par exemple que vous soyez le seul à utiliser Foursquare…Ce type d’API permet ainsi de lever la plus importante barrière à l’entrée lorsque l’on s’inscrit à un nouveau service. Google a donc décider d’exclure Facebook car le réseau social n’autorise pas la réciproque et ne joue pas le jeu de la libération des données. C’est en tout cas l’explication officielle fournie par la firme de la Mountain View. Pourquoi pas ? Il est vrai que Google revendique le « pouvoir donné aux utilisateurs » dans la gestion et la portabilité de leurs données personnelles comme le Google Dashboard par exemple (cf. le blog de Peter Fleisher dont les billets défendent cette philosophie). Je crois néanmoins que la vraie raison est que le célèbre moteur de recherche ne souhaite pas favoriser davantage le développement de Facebook, et surtout pas sur le terrain de la gestion de notre identité numérique. Car l’annonce des nouvelles conditions d’utilisation de l’API Contacts est intervenue au lendemain seulement de celle du réseau social sur la dissémination de Facebook Connect sur les smartphones.

Facebook enfonce le clou de l’identifiant unique


Lors de la conférence de presse du 3 novembre, la firme de Palo Alto a présenté les deux axes de sa stratégie sur mobile.

Le premier, sans surprise, est la monétisation de la fonction de géolocalisation « Places » (dont je parlais ici) au travers d’offres de couponing numériques, et la seconde, très importante à mon sens,porte sur le déploiement de Facebook Connect sur les applis mobiles afin de faciliter l’inscription ou l’authentification à des services tiers (vidéo explicative de FB avec le Nexus One de Google ;-) ) .

one-id-rule-them-all

La fonction Facebook Connect vous permet en effet de vous logger à un site sans avoir à saisir ou à re-saisir vos informations personnelles. De cette manière, FB Connect traite de l’une des spécificités de la gestion de notre identité en ligne: la dispersion. En ligne, notre identité est fragmentée sur différents espaces, qui se traduit concrètement pour l’internaute par la gestion d’une multiplicité d’identifiants (login / mdp). On connaissait déjà cette difficulté, mais elle est exacerbée sur un mobile où il est tout de même moins aisé de retaper ses identifiants, et où le non accès à un service peut s’avérer plus critique en mobilité.

Depuis plusieurs années, un certain nombre d’initiatives émanant de différents acteurs ont été lancées précisement pour tenter de faciliter la vie des internautes qui doivent jongler avec un grand nombre de couples login/mdp: système d’authentification décentralisé pour l’utilisateur comme OpenID, standard technologique Oauth pour faciliter l’échange d’attributs entre sites, système fédéré comme Liberty Alliance et plus récemment des solutions propriétaires comme Google Friend Connect, MySpace Connect et la plus répandue désormais Facebook Connect. Pour plus de détails cf. la perle « Technologies d’authentification » Technologies Authentification Unique

Avec plus de 500 millions d’utilisateurs, Facebook est déjà incontournable comme solution d’authentification pour des usages disons « classiques » d’Internet (hors signature électronique et transactions sensibles) et avec l’extension vers le mobile la firme de Palo Alto s’apprête à prendre des positions décisives.

Établir le lien entre identité réelle et identité numérique: le Graal ?

Si pour le moment FB Connect ne peut viser que des usages classiques, cela est dû à l’autre spécificité de nos identité en ligne à savoir que « On the Internet, nobody knows that you are a dog » c’est à dire qu’un internaute ne dispose pas vraiment de moyen de prouver sa véritable identité « qui il est », et qu’il doit donc sans cesse faire la preuve qu’il dispose bien des droits pour accéder à tel ou tel service en saisissant et re-saissant ses différents identifiants. Facebook pourrait revendiquer ce lien entre réel et numérique puisque les membres sont majoritairement présents sous leur véritable identité (même si depuis quelques temps, je ne sais si vous constatez la même chose, un certain nombre de mes amis « pseudonymise » leur compte…). Toutefois le fait qu’un utilisateur puisse créer un compte avec une fausse identité ou alors un compte avec une véritable identité qui n’est pas la sienne, est susceptible de générer une suspicion générale empêchant d’aller vers des usages plus « officiels » de cette identité. Il faudrait pour cela des comptes vérifiés un peu à la manière de ce que fait Twitter avec les comptes de personnalités (il semblerait que Twitter va d’ailleurs abandonner ou en tout cas faire évoluer cette option). La valeur de cette vérification reposera sur deux éléments clés : la procédure de vérification utilisée et l’entité qui l’opère.

Aujourd’hui, cette préoccupation semble bien réelle chez Google si l’on en croit les différentes déclarations d’Eric Schmidt depuis un an environ, qui ne cesse de clamer que l’anonymat devient trop dangereux « In a world of assymetrics threats, true anonymity is too dangerous » (27’57 dans la vidéo ci-dessous à propos du futur du Web)


Ce billet a été originellement publié sur Inframarginal

Newspass: Google pourrait bien réussir à nous faire payer l’info, et pas Murdoch

Matthew Buckland est le fondateur du site Memeburn.com, où cet article a été publié.

Traduction Gilles Bruno.

Google a discrètement testé un système de paiement pour les éditeurs appelé « Newspass ». Selon le quotidien italien La Repubblica, Google aurait fait tester son service à différents éditeurs en Italie. [Lire ici aussi sur l’Observatoire des Médias]

Le géant du search lancerait un « système intégré de paiement » qui permettrait aux utilisateurs d’acheter des articles avec juste « un clic ». Newspass permettrait ainsi aux éditeurs d’utiliser une seule et même plateforme pour le web, le mobile, et les tablettes, afin de monétiser leurs contenus.

Fait essentiel, La Repubblica rapporte le fait que les utilisateurs auraient un seul identifiant pour une multitude de sites qui pourraient être suffisamment flexibles pour héberger différents types de paiement, incluant les abonnements de longue durée, et les micropaiements à l’acte. Un seul clic, donc pour avoir accès à l’information, pas très loin de ce qu’est déjà Google Checkout.

Les accès payants pour les sites d’information sont controversés depuis plusieurs années. Et on a souvent raison de douter de leur bon fonctionnement. Une poignée de publications à travers le monde, la plupart dans le domaine de la finance ont plus ou moins réussi le pari du payant, mais pour tous les autres, cela n’a pas été couronné de succès.

La nouvelle tentative de Google a comme un goût de déjà vu. Au début des années 2000, beaucoup d’éditeurs ont tenté de rendre leurs contenus payants sur la toile, mais ils ont été forcés de faire machine arrière face à ce qui deviendra l’ère du « web2.0 ». Ce fut un raz-de-marée de contenus générés par les utilisateurs et de billets de blogs qui envahit le net, une source de trafic pour les éditeurs. Google News, un agrégateur d’actualités, et une grosse source de trafic référent fut lancé en 2001. Ainsi, les éditeurs ne voulaient pas rater des lecteurs dirigés vers eux à cause de leurs systèmes payants.

Maintenant, contraints par un ralentissement de la publicité, une crise financière et une incapacité à retirer un revenu suffisant de la publicité en ligne, le débat du payant a refait surface avec vigueur — avec une bonne part du bruit venant du camp de Rupert Murdoch.

Ce qui est différent avec Newspass

La nouvelle initiative de Google diffère largement des tentatives de systèmes payants mis en place au début de la décennie. L’initiative Newspass ne suit pas une politique de « silo » qui force chaque publication en ligne à créer sa propre zone payante et son propre système de paiement. Cela a, et on pourrait le démontrer, conduit au fiasco un bon nombre de ces systèmes, car c’était une barrière pour entrer, compliquant la vie des utilisateurs qui voulaient juste lire un article.

L’initiative de Google fait bénéficier d’une solution complète qui s’articule autour de multiples sites — et une proposition plus simple qu’une myriade de paywalls. C’est aussi une façon plus précise de suivre les nouvelles habitudes de consommation de l’information. Ils n’aiment pas être limités à quelques publications — ça c’était l’ère de l’imprimé. Un Newspass qui permettrait d’accéder à plusieurs sites représenterait un atout certain pour l’utilisateur.

Prenez l’analogie de la télévision par satellite. Vous payez une fois et vous avez un bouquet d’une centaine de chaînes. La transaction est facile. Vous savez que vous en avez pour votre argent aussi parce qu’il y a une économie d’échelle en jeu. Maintenant imaginez un autre scénario: Que se passerait-il si vous deviez payer pour chacune des chaînes que vous voulez regarder, et devoir ainsi encore dépenser temps, argent et effort pour cela? Insensé.

Le succès de Newspass dépendra de l’adoption massive du système par les éditeurs. S’ils prennent une décision commune sous les auspices d’associations comme la WAN-IFRA pour les accompagner, alors cela pourrait fonctionner.

Mais si elles sont vues avec suspicion parce qu’elles mettent en jeu des acteurs comme Google, ou parce que les éditeurs continuent à vouloir installer leurs propres systèmes de façon individuelle — alors, une nouvelle fois, les zones payantes seront un échec.

Un collègue décrit un jour Google comme le « crack cocaïne » de l’info en ligne. Plusieurs publications traditionnelles en ligne ont une relation amour/haine avec le moteur de recherche. D’un côté Google leur procure une masse de visiteurs, mais d’un autre côté il agrège un contenu pour lequel il ne paye pas. Puis il y a l’épineux problème de la publicité. Google détient le meilleur modèle — un modèle qui supprime l’intermédiaire entre les éditeurs et les annonceurs. Clairement, les acteurs de l’info en ligne ne savent pas quoi faire.

Je suis sceptique vis à vis des « paywalls », mais je ressens que les éditeurs en ligne qui veulent générer plus de revenus ont du mal à augmenter la qualité de leurs contenus.

Ce système, un acteur tiers, neutre, offre la meilleure chance pour que le payant fonctionne. Google est probablement le seul acteur de l’Internet capable de mettre en œuvre une initiative d’une telle ampleur. Bien entendu, les éditeurs pourraient s’associer et proposer leur propre solution, mais seront-ils capable un jour de se mettre d’accord ? Un système payant pour la presse en ligne a besoin d’un acteur tiers et dépassionné comme Google.

Il faudrait qu’il y ait une large adoption de Newspass par les titres historiques, car cela sera un gage de qualité pour l’utilisateur. Et au fur et à mesure que d’autres publications joindront la boucle, les autres options vont se raréfier, et il deviendra évident de prendre un Newspass.

Il n’y a pas de pénurie de contenu et de divertissement sur le web. Ce qui est souvent difficile à trouver, c’est du contenu de qualité. Si l’initiative de système payant de Google contribue à augmenter cette qualité, c’est bon pour le métier.

Mais n’oublions pas que ce sont les éditeurs qui feront que Newspass fonctionne ou pas.

Lire aussi, en anglais, Google’s Newspass, another salvo in the battle for paid-for content domination (TheDailyMaverick)

Matthew Buckland

@matthewbuckland

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sur le même sujet, lire le billet de David Mitchell de l’Observer sur le site du Guardian  : Rupert Murdoch may be evil, but that doesn’t mean his paywall is

NewsPass, l’arme de Google pour faire payer l’info

Scoop de Repubblica, qui annonce être partenaire de Google pour le lancement de Newspass d’ici la fin de l’année, une plateforme destinée à faire se rencontrer éditeurs et internautes autour des contenus payants de Google News (tout ou partie, c’est pas encore très clair…).

Le système de micro-paiements sera bien sûr Google Checkout (voir ici, même si Google semble disponible à accepter d’autres méthodes de paiement choisies par les propriétaires des sites), et les éditeurs pourront monétiser leurs contenus (articles, vidéos, audio, photos, etc.) aussi bien pour le Web que pour les mobiles, les tablettes ou les e-books, etc.

La plateforme Newspass serait déjà en phase de test et, selon Repubblica, Google serait en train de contacter les éditeurs pour voir s’ils sont disponibles pour participer à la phase d’expérimentation.

Selon ce blog, l’offre ne serait pas réservée qu’aux journaux traditionnels, mais également aux pure players et, pourquoi pas, aux blogs qui le souhaiteraient. Ceci dit, à l’heure où s’annonce la concurrence des fermes de contenus, je me demande quelle sera la viabilité financière d’une telle offre.

Qui semble arriver après des années de lutte entre éditeurs de contenu et Google, un peu dans tous les pays…

L’article laisse également filtrer que Google indexe déjà les contenus derrière paywall et que Newspass permettrait à l’internaute d’acheter l’article ou le clip voulu en un clic, via son compte Google. Les contenus payants apparaîtront également dans les pages de résultats de Google, signalés avec un symbole Checkout (je suppose) ou autre.

En outre, toujours dans le souci de transparence que Google veut mettre en avant pour écarter d’ores et déjà les objections sur sa position dominante, la société de Moutain View accepterait de partager avec les participants au système toutes les informations découlant de l’utilisation de Newspass (stats de fréquentation et, selon Repubblica, profil des utilisateurs).

Gageons donc qu’il sera bientôt fortement question de la confidentialité des données, autre bataille à venir…

Enfin, en supposant que les coûts de la plateforme seront pris en charge par Google, la société laisserait entendre qu’au niveau du partage des revenus, la part la plus importante irait aux producteurs des contenus.

Dans une interview à Krishna Bharat, le créateur du service Google News déclare :

Google veut devenir une media company, nous ne serons jamais éditeur, notre réussite est aussi celle des éditeurs, nous voulons juste être un intermédiaire de confiance entre les lecteurs et les producteurs de contenus.

Et d’ajouter que ce n’est pas la fin du tout gratuit, mais plutôt l’émergence d’un modèle hybride, où tout ce qui peut être unique, exclusif, à forte valeur ajoutée, peut sortir du lot et être monétisé en tant que tel.
Liens connexes en anglais :

P.S. Au-delà du seul aspect « News », cette stratégie du single sign-on déployée par Google pourrait mettre le moteur en position de force, puisque potentiellement tous les abonnés aux services de Google pourront utiliser ce système d’authorisation unique (Google Checkout) pour le micro-paiement du téléchargement à la carte de films, de livres, de logiciels, de musique, etc. etc.

Alors, après moteur du Web, Google banque du Web ?

Ce billet a été publié à l’origine sur Adscriptor par Jean-Marie Le Ray sous le titre « Google teste Newspass« . Publié ici avec l’accord de l’auteur.

A lire aussi, sur la stratégie actuelle de Yahoo : « Yahoo signals major challenge to newspapers » chez Reflections of a Newsosaur.

Haïr Google et bénir l’Ipad?

Faire de Google le Grand Satan responsable en partie de la crise de la presse et attendre la nouvelle merveille d’Apple comme le Messie qui sauvera la même presse (et l’industrie du disque au passage), dans les deux cas, les medias se trompent.

Haïr Google, plus facile que d’apprendre à s’en servir.

Bienvenue à Erwann Gaucher, responsable du développement internet pour le réseau Vivrici. Ce billet est le résultat de sa contribution au groupe LinkedIn Les Observateurs des Médias (460 membres à ce jour)

Rupert Murdoch l’a promis l’année dernière : il allait retirer tous ses journaux, dont le Wall Street Journal de Google news. Et on allait voir ce qu’on allait voir, toute la presse allait suivre pour enfin ne plus se faire « pomper » son contenu par le vampire Google.

En octobre dernier, le même Murdoch annonçait, beaucoup plus discrètement cette fois, qu’il reportait sine die son projet, plus facile à crier sur les toits qu’à mettre réellement en œuvre. Surtout quand, finalement, le reste de la presse mondiale semble se faire un plaisir de le laisser essuyer les plâtres…

Si un chanceux s’échappait aujourd’hui de Corée du Nord, il pourrait penser que Google est un service public qui, par une dégénération monstrueuse et imprévisible, se serait mis à concurrencer ces grands navires du capitalisme glorieux. Logique, dans ce cas, de ne pas se laisser développer une concurrence si fourbe et déloyale à l’encontre de ses belles entreprises honnêtes et vertueuses de la presse et de la musique. Des entreprises qui, pour la musique par exemple, ont passé les 40 dernières années à nous vendre les mêmes chansons des Beatles en albums vinyles,  puis en albums K7, puis en en albums CD, puis en compilation CD, puis en coffrets CD, puis en collectors, puis en éditions remasterisées, et enfin (génie du marketing) en vinyles collector… Ca c’est de l’innovation mon bon monsieur !

Alors que Google n’a rien inventé. Google n’est pas une entreprise privée qui a mis au point un outil inégalé, novateur et beaucoup plus performant que tous ses concurrents. Google n’est pas une entreprise capable, jusqu’ici, d’innover assez régulièrement pour tenir en échec un nombre toujours plus important de concurrents.

Une fois ces vérités établies, on comprend mieux pourquoi Google ne devrait avoir aucune raison d’espérer tirer profit de son innovation et de ses outils. Il est tout à fait normal que, depuis 10 ans, des centaines de millions (pour ne pas dire des milliards) de personnes et d’entreprises utilisent ces outils gratuitement. Car, étrangement, tout le monde semble oublier la révolution que Google a apportée au web et que, à ce jour, personne n’a payé pour son moteur de recherche, ses boîtes mails, ses agendas partagés ou son système de visio-conférence.

Et les arguments des « grands » patrons de presse ne tiennent pas. Google siphonne le contenu de ces médias en les agrégeant dans Google News ? Cette agrégation n’est pas automatique, il faut en faire la demande auprès de Google et remplir des formulaires pour obtenir cette indexation.

Soit nos Tycoon ne savent pas ce qui se trame dans salles obscures où sont cachés leurs développeurs web (ce qui est très possible), soit ils font preuve d’une mauvais foi flagrante (ce qui est au moins aussi possible) : ils ont utilisé Google News tant que cela les arrangeaient, et maintenant essayent de les faire taxer. L’éternel beurre et argent du beurre.

Car Google news n’est pas un handicap pour les médias traditionnels, au contraire :  44% de ses utilisateurs ne lisent que les titres des informations que l’agrégateur regroupe et ne cliquent pas sur le lien pour se rendre sur l’article d’origine. Un scandale crient nos patrons ! Une chance.

Car cela signifie que 56% de ces mêmes internautes cliquent sur ces fameux liens et surfent sur les sites propres des médias. Et comme les utilisateurs de Google news sont beaucoup, beaucoup plus nombreux que ces des médias, le solde est évident positif pour ces derniers.

Enfin, rien n’empêche un média de se retirer de Google News et de rester sur le traditionnel moteur de recherche de Google. Dans ce cas, Google ne propose aucun contenu tiré du média, uniquement  un lien vers le média. Mais pour apparaître, celui-ci devra apprende à utiliser Google, et pas seulement le considérer comme un service public qui n’est là  que pour le mettre en valeur.

Comme dans la course à la numérisation des livres ou pour la loi Hadopi, le réflexe de la taxe Google est celui d’une « caste » de décideurs, eux-même fort peu utilisateurs des technologies dont ils débattent, et qui a un temps de retard. Plutôt que de réfléchir à comment entraver Google, mieux vaudrait apprendre à faire à sa place ou en collaboration avec lui.

Haïr Google n’est donc pas plus rationnel que de bénir Apple e son Ipad. Les deux ne sont que des outils, aux médias d’apprendre à s’en servir.

Mais nos patrons de grands médias traditionnels et de l’industrie musicale sont complètement perdus. Ils n’avaient jamais eu à s’occuper de ces basses questions techniques.

Le problème des pontes des mass-médias, c’est que bien souvent ces gens ont ont hérité d’une situation confortable de quasi-monopole.

A part la disparition (généralement par rachat) tous les 10 ou 15 ans de l’un des membres de leur club de gentlemens, ils étaient bien à l’abri.

Il se partageaient ensemble des marchés captifs avec la certitude que personne ne pouvait avoir les moyens de venir les concurrencer : qui, il y a 10 ans, avait assez de fonds pour monter une boîte de production de musique capable de rivaliser avec les majors ou un quotidien pouvant mettre le NYTimes en difficulté ? Personne !

Si quelques aventuriers tentaient leur chance, il suffisait de les abattre en lançant dans leurs jambes des faux concurrents uniquement destinés à causer leur perte, quel qu’en soit le prix (les gratuits pour la presse).

Pour les plus coriaces, il suffisait de les racheter. Mais c’était aussi rare que peu dangereux finalement. Ces gens dirigent des entreprises qu’ils n’ont pas créés, avec une seule obligation : survivre pour bien vivre. C’était la richesse ou la disparition, pas de milieu et c’est très bien comme ça.

Et voilà que de nouveaux outils permettent à ceux qui ont les idées, mais pas forçément les moyens, de venir les concurrencer… Quelle outrecuidance !

Erwann Gaucher

VIDEO. Google et les éditeurs de presse: des relations loin d’être sereines

Quand Le FNPF -Fédération Nationale de la Presse Française (qui s’est dissoute ce vendredi)- décide faire se rencontrer des éditeurs de presse et Google, cela peut donner quelques étincelles.

Le titre du débat organisé : « Google, adversaire ou partenaire ? ».

« Contesté chez la plupart de nos voisins, Google est, pour les uns, l’adversaire résolu du droit d’auteur et, pour les autres, le moyen efficace pour les sites de presse de recruter l’internaute à la recherche d’informations. Google est–il à même de faciliter la démarche d’une presse à la recherche d’un modèle économique viable sur le Net ? »

Les deux invités de marque appelés à débattre étaient ce vendredi 4 décembre Carlo d’ASARO BIONDO, Vice-président Europe de l’Est et du Sud, Afrique et Moyen-Orient de Google, et Nathalie COLLIN, Directrice générale de Libération.

L’Observatoire des Médias a enregistré l’intégralité de l’échange, assez musclé, avec de jolis échanges provoqués également par les questions de Philippe Jeannet, directeur du Monde Interactif, présent dans la salle.

Avant de vous en proposer les meilleurs moments dans un montage ce week-end, voici un extrait qui vous donnera un avant-goût:

On entend dans cet extrait Philippe Jeannet répondre au représentant de Google : « enlevez les contenus de la presse! ». Mais en toute diplomatie, et convaincue par la valeur des contenus journalistiques, Nathalie COLLIN prêchait pour une vraie collaboration avec Google.

La suite de ce dossier ce week-end, avec la comparaison avec Microsoft.

Stay tuned.