Catégorie : syndicats

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Document : Le protocole d’accord qui met fin au conflit à #iTélé

Il est là. Il a enfin été signé. Mais pas par tout le monde. Le « protocole de fin de conflit » entre direction et représentants des salariés a été signé avant-hier, le 16 novembre, à l’exception notable des syndicats +Libres – majoritaire dans le groupe Canal+ –, de la CGT, et de la CFDT.
Il acte la reprise du travail à i-Télé/CNEWS. Visiblement, les reportages continueront à être diffusés en boucle sur l’antenne de la chaîne info jusqu’à la fin de cette semaine. Pour le moment, il est prévu que la reprise du travail soit effective dimanche à 14 heures, afin de pouvoir être en direct à 18 heures. Ou alors lundi matin.
D’ici décembre, il est bien possible qu’il y ait au final entre 50 et 60 personnes qui négocient leur départ. Une hécatombe.

L’Observatoire des Médias s’est procuré ce fameux protocole d’accord tant attendu. Le document original, disponible à la fin de ce billet, est disponible en version intégrale, annexes comprises. L’Observatoire des Médias a tout de même choisi d’anonymiser les noms des représentants syndicaux, qu’ils aient signé l’accord ou pas.

Un protocole d’accord entre la Direction et la SDJ d’ITELE/CNEWS

IL A ETE ARRETE CE QUI SUIT Afin de mettre fin au conflit collectif opposant depuis le 17 octobre 2016 les collaborateurs de la chaîne ITELE / CNEWS et la Direction au sujet de la mise à l'antenne de Jean-Marc MORANDINI, de la direction de la rédaction et de la stratégie éditoriale de la chaîne, et de la mise en place d'une charte éthique au sein de cette dernière, la Direction et la SDJ d'ITELE/CNEWS, avec les organisations syndicales et en présence des secrétaires des instances sociales ont accepté de prendre les engagements réciproques tels que définis ci-après

ITELE / CNEWS restera une chaîne d'information en continu agrémentée de magazines d'information dans le respect total de la convention la liant au CSA. La grille prévisionnelle des programmes d'ITELE / CNEWS telle que présentée en CE du 27 octobre 2016 figure en annexe du présent protocole de fin de conflit. Après contribution de tous les acteurs opérationnels concernés, tant sur les moyens que les contenus, la grille sera décidée par la Direction et présentée aux équipes concernées, par tranche et par émission. En attendant, une grille provisoire, allégée décidée par la Direction après contribution de tous les acteurs opérationnels concernés sera mise en place au redémarrage de l'antenne. • L'indépendance éditoriale de la Chaine est garantie par la convention CSA et par les Chartes (Annexe). Il est en particulier expressément rappelé que, conformément aux termes desdites chartes, chaque chaîne, chaque rédaction du groupe C+ se doit de refuser toute pression ou directive, d'où qu'elle vienne, qui pourrait porter atteinte à son indépendance éditoriale. Par dérogation à l'article 5 du présent protocole, cette disposition continuera à s'appliquer sans limite de temps, y compris dans l'hypothèse où, pour quelque raison que ce soit, le présent protocole d'accord cesserait de s'appliquer. • Dans la semaine suivant la promulgation de la loi Bloche, une réunion sera organisée entre la Direction et la SDJ. Au cours de cette réunion, un calendrier de négociation des modalités de mise en oeuvre de cette loi d'ici au 31 mars 2017 sera établi. • Conformément aux engagements pris par la société SESI envers le CSA, le comité d'Ethique de SESI dont la mission est de veiller au pluralisme sur la chaîne sera reconstitué et réuni avant la fin de l'année 2016.Bonne nouvelle! Il s’agit d’une chaîne d’infos en continu. Agrémentée de magazines d’information. Manque de pot, dans magazines d’information, il y a aussi la tranche « Morandini ». L’animateur est gratifié d’un paragraphe spécial dans l’accord de fin de conflit.

Le cas Morandini

La Direction ayant refusé sa mise en retrait, Jean-Marc MORANDINI restera à l'antenne et elle s'engage à ce que cette émission soit soumise à la même exigence de rigueur et de déontologie que l'ensemble des émissions d'ITELE / CNEWS. L'ensemble des collaborateurs d'ITELE / CNEWS (reporters/JRI, envoyés spéciaux, rédacteurs en chef, rédacteurs en chef adjoints, services édition, digital, documentation, production, technique, coordination médias, etc.), les techniciens et les collaborateurs de la production de l'UES CANAL+ pourront refuser de travailler pour toute émission présentée et/ou produite par Jean-Marc MORANDINI (ci-après « l'émission de Jean-Marc MORANDINI »), sans que ce refus ne puisse entraîner sanction disciplinaire, retenue sur salaire, ou encore discrimination dans le parcours professionnel. Sur le plan opérationnel, il est précisé que : Les images tournées par les équipes ITELE / CNEWS ne pourront être utilisées dans l'émission de Jean-Marc MORANDINI sans l'accord du rédacteur en chef jour. Les séquences de l'émission de Jean-Marc MORANDINI ne seront pas exploitées sur les autres tranches de l'antenne et Jean-Marc MORANDINI n'apparaîtra pas dans les JT d'ITELE / CNEWS, sauf circonstance exceptionnelle et uniquement après validation du rédacteur en chef jour. Les tranches précédant l'émission de Jean-Marc MORANDINI n'auront pas l'obligation de « teaser » cette émission. Les équipes du service digital d'ITELE / CNEWS ne seront pas contraintes de rendre compte sur les réseaux sociaux de l'émission de Jean-Marc MORANDINI, ni de mettre en ligne les extraits de cette émission sur le site ITELE / CNEWS ou sur n'importe quel autre support.

Sur l'antenne d'ITELE / CNEWS, l'émission de Jean-Marc MORANDINI sera circonscrite aux génériques, jingles, pages de publicité et auto-promotion. Par dérogation à l'article 5 du présent protocole, les engagements exposés au présent point s'appliqueront tant que l'émission de Jean-Marc Morandini, telle que définie ci-dessus, figurera à l'antenne de ITELE/CNEWS y compris dans l'hypothèse où pour quelque raison que ce soit, le présent protocole d'accord cesserait de s'appliquer.

Bien entendu, rien dans cet accord sur l’exploitation des images par Morandini sur ses médias. Lors de ses premières émissions « Morandini Live« , on n’avait pas entendu de « retrouvez les infos sur le blog ‘jeanmarcmorandini.com' ». Si le respect des chartes est effectif, cela devrait continuer…

Serge Nedjar aura toujours ses deux casquettes

C’était l’une des grandes revendications des salariés de la chaîne. Serge Nedjar se retrouvera flanqué d’un adjoint, mais gardera les deux fonctions de Directeur Général d’ITELE / CNEWS et Directeur de la rédaction d’ITELE / CNEWS.

Serge NEDJAR est Directeur Général d'ITELE / CNEWS et Directeur de la rédaction d'ITELE / CNEWS. Il est convenu qu'un nouveau Directeur de l'information délégué, prioritairement choisi au sein des effectifs actuels ITELE / CNEWS, sera nommé au plus tard le 15 décembre 2016.

CNEWS Matin (ex-Direct Matin),  dans les murs, bientôt partenaire?

Les relations entre ITELE / CNEWS et Direct Matin / CNEWS Matin sont totalement transparentes et leurs rédactions sont indépendantes l'une de l'autre. Tout projet de partenariat entre les 2 sociétés prendrait la forme d'une convention qui serait soumise à l'information eUou à a consultation préalable des représentants du personnel de l'UES CANAL+ (CE et CHSCT).

Comme le fait remarquer un représentant syndical non-signataire à L’Observatoire des Médias, rien n’empêchera Vincent Bolloré de proposer à des salariés de CNews Matin (ex Direct Matin) de démissionner pour être ensuite embauchés par CNews (ex I-Télé).

Dès lors, qu’est-ce qui empêchera encore plus simplement à un journaliste de la télé de collaborer pour son ex journal?

Le volet social : pas de PSE, mais des ruptures conventionnelles

Tout salarié titulaire d'un COI avec la société SESI, et ce quel que soit son statut et son poste, pourra solliciter, en considération des causes du conflit auquel il est mis fin, une rupture conventionnelle conformément aux dispositions des articles L. 1237-11 et suivants du Code du travail. La Direction s'engage à accepter cette rupture conventionnelle et à verser une indemnité définie par application d'un référentiel d'indemnisation exceptionnel de 2 mois de salaire brut par année d'ancienneté et ce, jusqu'à 12 ans d'ancienneté, sans que l'indemnité puisse être inférieure à 6 mois de salaire brut. Cette indemnité sera majorée d'un mois de salaire brut par année d'ancienneté au-delà de 12 ans. L'ancienneté prise en compte pour l'indemnité globale de rupture conventionnelle sera calculée selon les règles suivantes : Les années incomplètes seront prises en compte prorata temporis, Les périodes continues de COD et de CDDU qui se sont succédées préalablement à l'embauche en COI seront intégralement prises en compte: pour les COD et les CDDU, une ancienneté de 10 mois équivaudra à 12 mois. Les piges éventuelles préalablement à l'embauche en COI seront également intégralement prises en compte dans le calcul de l'ancienneté selon le calcul suivant : la réalisation d'au moins une pige au cours d'un mois donné équivaudra à un mois d'ancienneté et l'ancienneté totale sera arrondie à l'entier supérieur.

L'indemnité globale de rupture conventionnelle intégrera le montant correspondant à l'indemnité conventionnelle de licenciement. L'ancienneté retenue pour le calcul de l'indemnité conventionnelle de licenciement sera décomptée selon les dispositions conventionnelles applicables au statut du collaborateur telles qu'elles figurent en annexe du présent protocole d'accord. Le salaire pris en compte pour le calcul de l'indemnité sera égal au douzième des salaires de base bruts perçus au cours des 12 derniers mois précédant la signature de la rupture conventionnelle, après neutralisation d'une éventuelle période de grève, majorés du treizième mois, de la prime d'ancienneté et de la prime de polyvalence. Les autres primes conventionnelles récurrentes liées aux spécificités métiers (prime de bureau, prime VS, etc.) ainsi que les contrats d'image seront pris en compte dans le cadre de l'indemnité globale de rupture. Pour les bénéficiaires d'un Bonus sur Objectifs (BSO), celui-ci sera versé à hauteur de 85% pour l'exercice en cours. L'application du référentiel n'exclut pas le bénéfice d'autres dispositions telles que des mesures d'outplacement ou de formation qui pourront si nécessaire, faire l'objet d'un arbitrage en commission de suivi.

La demande de 1er rendez-vous auprès des services RH devra être formalisée avant le 25 novembre 2016 et la signature de la rupture conventionnelle devra intervenir au plus tard le 23 décembre 2016. La date de sortie des effectifs sera fixée au plus tôt le lendemain de la date d'homologation (pour mémoire, cette homologation devra être expresse pour les salariés protégés) et au plus tard dans les 3 mois qui suivent l'homologation, sauf accord des parties. • Les salariés en CDD qui le souhaiteront seront reçus par la Direction des ressources humaines afin, s'ils en expriment la volonté, d'anticiper la fin de leur mission. Dans ce cas, le contrat sera immédiatement rompu et le salarié bénéficiera d'une indemnité égale à la rémunération qu'il aurait dû percevoir jusqu'au terme de son contrat ainsi que de la prime de précarité. Afin de faciliter les démarches administratives, il est convenu que l'attestation Pôle Emploi indiquera expressément que la rupture anticipée d'un commun accord du CDD est intervenue « à l'initiative de l'employeur». • Les pigistes qui ne souhaiteraient plus collaborer pour la chaîne ITELE / CNEWS pourront être sollicités, en fonction des besoins, sur d'autres chaînes du Groupe. A cet effet, les pigistes le souhaitant seront reçus collectivement et individuellement par la Direction des ressources humaines pour faire le point sur leur situation. Les représentants du personnel pourront intervenir en soutien ou accompagnement. A cette occasion, l'historique de collaboration sera examiné pour chaque pigiste d'ITELE, ce qui permettra d'apprécier leur situation. • Les collaborateurs en contrat d'alternance pourront solliciter une rupture de leur contrat sous réserve qu'ils aient trouvé un autre employeur pour poursuivre leur formation. • La Direction s'engage à remplacer, par le biais de recrutement de salariés en CDI, les salariés de la société SESI quittant l'entreprise dans le cadre d'une rupture conventionnelle établie en application du présent accord de fin de conflit. Les postes concernés seront ouverts en priorité aux collaborateurs en CDD ou en contrat de pige au sein de la société SESI à compétences équivalentes. Les recrutements devront obligatoirement intervenir dans un délai de 4 mois suivant la sortie des effectifs du salarié concerné, sauf difficulté particulière de recrutement. Les salariés recrutés dans ce cadre bénéficieront également des dispositions du présent accord relatives à la participation des salariés de la société SESI et des techniciens de l'UES CANAL+ à l'émission de Jean-Marc MORANDI NI.

Un paragraphe anti « chasse aux sorcières »

Le volet social se termine par cette mention : « Les salariés qui choisissent de rester dans l’entreprise ne pourront pas faire l’objet d’une sanction disciplinaire ou l’objet de tout type de discrimination (tant salariale que dans leur parcours professionnel) au regard de leur position ou leur prise de parole pendant le conflit. »

Capital pour tous les salariés grévistes qui choisiront de rester dans l’entreprise.

La charte éthique du groupe Canal Plus, signée en 2008

Le document de protocole de fin de conflit comprend comme première annexe la « Convention entre le CSA, agissant au nom de l’État, d’une part, et la société S.E.S.I., ci-après dénommée l’éditeur, d’autre part, concernant le service de télévision CNEWS ».

charte-ethique-groupe-canalLa deuxième annexe est un document rare : la charte éthique du groupe Canal Plus, signée en 2008. Un vieux document dont le préambule est signé par Bertrand Meheut, arrivé chez Canal en 2002 et mis à la porte en 2015. Il comporte plusieurs passages surlignés. Ont-ils été surlignés par le passé dans ce document scanné, où ont-ils été surlignés spécifiquement pendant ce conflit à i-Télé? L’Observatoire des Médias n’a pas cette information. Mais ce qui est certain, c’est que la lecture de ces passages fait véritablement écho aux revendications des grévistes.

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L’annexe suivante est la charte dans sa version de 2002, où plusieurs passages sont aussi surlignés, sur l’indépendance éditoriale :

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Allez, on relit le dernier paragraphe à Serge Nedjar, et on fera bien lire ce passage à son futur adjoint : « Chaque chaîne, chaque rédaction se doit de refuser toute pression ou directive d’où qu’elles viennent qui pourraient porter atteinte à son indépendance éditoriale ».

Lorsqu’un journaliste lui avait demandé fait remarquer que  « Le distinguo business/contenu disparaît si vous allez déjeuner avec les annonceurs », Serge Nedjar  avait rétorqué « La chose ne se discute même pas : la direction de la chaîne et la direction de l’éditorial c’est une seule et même personne et c’est moi ».

Une grille qui sera difficile à tenir

L’avant-dernière annexe est la grille prévisionnelle des programmes d’ITELE / CNEWS telle que présentée en CE du 27 octobre 2016. Comme stipulé plus haut,  « après contribution de tous les acteurs opérationnels concernés, tant sur les moyens que les contenus, la grille sera décidée par la Direction et présentée aux équipes concernées, par tranche et par émission. En attendant, une grille provisoire, allégée décidée par la Direction après contribution de tous les acteurs opérationnels concernés sera mise en place au redémarrage de l’antenne. »

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Voici l’intégralité du document « PROTOCOLE D’ACCORD DE FIN DE CONFLIT ITELE/CNEWS », où à la fin est présent le tableau de calcul des indemnités de licenciement :

Exclu : les 117 accords sociaux dénoncés par la direction de l’AFP et le nouveau projet proposé

Deux semaines après un mouvement de grève – aujourd’hui suspendu – qui a paralysé durant quatre jours les activités françaises de l’AFP, place de la Bourse, ce lundi 20 juillet ce sont les deux syndicats « modérés » SNJ et CFDT (représentant plus de 50 % des salariés) qui sont venus à la table des négociations.

Le PDG de l’AFP, Emmanuel Hoog, avait confirmé sa volonté de dénoncer tous les accords sociaux en vigueur, lors d’un comité d’entreprise (CE) boycotté par les représentants du personnel.

L’Observatoire des Médias publie en exclusivité la liste de ces 117 accords :

L’ensemble des syndicats de l’AFP (CGT, SNJ, FO, CFDT, SUD, CFE-CGC) avaient dénoncé un «passage en force, qui témoigne d’un mépris vis-à-vis des organisations syndicales et du personnel, à ce moment-là en grève et qui a clairement fait savoir ces derniers jours qu’il refusait la dénonciation des accords».

Ce lundi 20 juillet, les syndicats devaient rencontrer la direction, «non pas pour négocier mais pour écouter ses nouvelles propositions».

Voici, en exclusivité aussi, les nouvelles propositions de la direction :

La note de synthèse (5 pages) du document :

La version de travail du projet d’accord d’entreprise :

Depuis deux ans, la direction a ouvert des négociations pour réviser les accords sociaux, notamment sur le nombre de RTT. Trois syndicats (SNJ, CFDT et SUD) y ont participé, tandis que trois autres (CGT, FO et CFE-CGC) les boycottaient, jugeant qu’elles n’aboutiraient qu’à une baisse des droits.

Voici, sur le point des congés et des RTT, les propositions de la direction de l’AFP :

Temps de travail
Le projet d’accord rappelle l’ensemble des règles relatives à la durée du travail, et notamment celles relatives aux durées maximales.
Le nombre de jours de congés serait unifié sur la base de 44 jours pour tous les salariés de l’Agence, soit le nombre de jours actuels pour les journalistes, les cadres administratifs et les employés de presse. Pour rappel, des jours de congés d’ancienneté (2 jours à 5 ans, 4 jours à 10 ans et 6 jours à 15 ans) viendraient s’ajouter à ces jours de congés pour tous les personnels concernés.
Il a été proposé de maintenir 7 jours de RTT pour les seuls collaborateurs effectuant au moins 39h par semaine, autrement dit les journalistes et les cadres hors travail posté.
Lors de la réunion du 20 juillet 2015, la direction a proposé d’étudier un maintien de 7 jours de RTT pour l’ensemble des collaborateurs en élargissant la plage horaire sur le travail posté, avec un passage de l’horaire collectif de travail de 35h à 39h.
Afin de limiter la perte de jours pour les collaborateurs ayant le moins d’ancienneté, un plafonnement de perte à 12 jours par an.
Un congé de retour d’expatriation serait institué pour les salariés expatriés sur la base de 7 jours de congés par an d’expatriation dans une limite de 35 jours cumulés, ce congé se substituant aux jours de RTT des salariés expatriés.
Le compte épargne temps (CET) sera maintenu pour les salariés de 50 ans et plus avec un plafond 75 jours. A titre exceptionnel et sur dérogation, un CET pourra être ouvert à des salariés de moins de 50 ans avec un plafond de 50 jours.
Sur l’ensemble de ces sujets, une négociation thématique sera engagée.
Cette négociation thématique permettra également d’aborder le sujet des spécificités du temps de travail d’une partie des personnels de l’Agence (continuité des ervices, permanences, astreintes …).

« J’aime l’info » (.com): Rue89 veut aider la presse en ligne à gagner de l’argent

Voici, en exclusivité, l’interview de Laurent Mauriac (Rue89) à propos de Jaimelinfo.com, réalisée hier en fin d’après-midi dans les locaux de Rue89.

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Jaimelinfo.com est présenté aujourd’hui lors de la journée de la presse en ligne du Spiil.

Crise industrielle ou crise de l’industrie ?

Les Etats Généraux de la presse réunissent l’état, les propriétaires de groupes de presse et des syndicats de journalistes afin de trouver une solution à la crise actuelle de leur secteur. Il s’agit d’un secteur typiquement en redéfinition, très concurrentiel, avec de nombreux acteurs très différents, aux modèles économiques parfois opposés, lui-même concurrencé par la télévision ou le web dans le secteur plus large de la transmission de l’information.

Invité aux matins de France-Culture le 6 novembre, Emmanuel Parody diagnostique au sujet de la presse une crise industrielle dans un système économique neutre et décidé une fois pour toute et propose des solutions techniques correspondantes. Il s’agit du point de vue « pragmatique » d’il y a encore quelques mois, lorsque parler d’imperfection du système socio-économique actuel était encore taxé d’idéologisme, et qui n’est pas à démonter entièrement (l’analyse de Parody est d’ailleurs très intéressante) mais dont on sent bien qu’il ne prend en compte qu’une partie de la problématique, une partie choisie avec soin parmi toutes les approches possibles. Lorsque Clémentine Autain oppose une vague critique selon laquelle les lecteurs ne seraient pas représentés dans ces états dits « généraux » alors qu’ils pourraient l’être dans la pratique (de nombreuses associations de lecteurs existent), l’invité répond en filigrane qu’il s’agit d’une opposition classique et réactionnaire à la limite de la démagogie qui ne se situe pas dans la réalité de la dimension industrielle de la crise: que ce n’est pas aux clients de dire au boulanger comment faire son pain. L’argument semble découler du bon sens, de ce même pragmatisme bienfaiteur des années 90, dont l’éloignement de toute démagogie fait que partout dans les chaumières, au coin du feu en train de moduler un poste de radio des années 50, la ménagère de moins de 50 ans des années 70 imagine le boulanger des années 30 crouler sous les demandes de ses clients, contemporains donc forcément toutes plus saugrenues les unes que les autres.

On rit de la gauchiste, on salue l’entreprise.

On laisse couler une larme en célébrant le boulanger. Et puis on l’écrase.

Parce que justement il ne s’agit pas d’artisanat mais d’industrie, que nous sommes en 2008, en pleine crise économique.

Dans un transfert de propriété nous pourrions considérer 3 notions à respecter: la salubrité (l’objet de la vente ne doit pas nuire à l’acheteur), l’hygiène (l’objet de la vente doit être nu de toute marque de précédente propriété) et l’usabilité (la possibilité d’utiliser l’objet de la vente doit perdurer après le transfert de propriété). Lorsque l’industrie transforme la production en représentation non ritualisée, le produit se retrouve dénué de toute signification. Si le moment de la vente reste ritualisé le produit y fait à nouveau signe en lui-même, possédant par nature une utilité définie, et le client prendra en charge l’usabilité de son côté en respectant cette utilité qui lui serait préexistante. Sur des biens encore chers, comme une voiture, la convocation des moyens d’achats, de consommation, est suffisamment coûteuse, passe par suffisamment de négociations avec différents intervenants reconnus par la société pour que le bien soit respecté. A la revente, aux conditions de salubrité (disons le contrôle technique de la voiture de notre exemple) puis d’hygiène (son nettoyage), s’ajoute désormais assez souvent une condition d’usabilité avec la mise en place d’une garantie de pérennité malgré l’usure, marque d’un précédent usage, si la réputation ou la confiance ne suffisent plus.

Lorsque le moment de la vente est intégré au processus de production, lorsque le produit est consommé parmi d’autres au sein d’un flux constant, la dimension de l’usabilité n’est plus prise en compte, la signification disparaît en même temps que tous les aspects ritualisés des interactions sociales et le propriétaire finira par démissionner assez rapidement. On peut appeler ça « la société du jetable » et accuser le consommateur de frivolité sans s’apercevoir que l’industrie aboutie d’aujourd’hui produit du déchet: une chose sans signification, sans propriétaire, sans usabilité.

Pour sortir de ce cul-de-sac écologique il faudra prendre en compte cette problématique, soit avec une approche plus ou moins religieuse en profonde rupture avec la dynamique sociale actuelle avec la création de nouveaux rites dans les usages et le recours à une conscience morale, soit dans une organisation sociale autour du phénomène de la consommation.

La société de consommation amène la personne à n’exister socialement que par la consommation, courante, comme processus identitaire, constant. Qu’on ne s’y trompe pas il s’agit de la revendication d’un nouveau droit. Et si elle est encore implicite on la retrouve déjà en creux comme une considération politique obligatoire sous la forme du pouvoir d’achat, par la subjectivité du calcul officiel de la pauvreté (comme un pourcentage de revenus plutôt que la mesure objective de conditions de vie), par l’insuffisance officielle de la condition de survie (ex: les bidonvilles sont interdits).

La conclusion que l’objet n’existerait plus en tant que tel si ce n’est comme un déchet n’est pas nihiliste et ne signifie pas que l’objet en tant que bien n’existe plus du tout. Un bien cesse simplement d’exister à partir du moment où il n’est plus consommé, c’est à dire où il n’est plus utile ou son utilisation plus envisagée: son existence passe par un tiers. Il garde toute sa signification le temps de son usage par l’usager qui existe lui aussi en partie grâce à lui. En fait l’usager intègre l’objet de consommation à sa propre existence et le rend signifiant au sein d’une mise en scène de son utilisation. On ne s’étonnera donc pas de le voir par exemple prendre son téléphone portable à tout bout de chant dès que le spectacle de la vie quotidienne tend à disparaître, dans un transport entre deux scènes médiatiques, sous des prétextes parfois abscons. Il ne s’agit plus d’appartenance, d’une auto-identification à l’accumulation de biens de consommation inertes mais d’une construction dynamique de l’identité par l’interaction quand bien même l’utilisation elle-même serait fictive (exemple de l’interprétation de la télécommunication avec un faux téléphone portable en plastique, inerte). L’étude du cyborg dans la société du spectacle, décomplexé de tout fétichisme en jouant à être son propre objet de désir pour mieux séduire son auditoire, pourrait être ici intéressante et aller jusqu’à évoquer l’onanisme politique de nombreux chefs d’état occidentaux.

Si il est nécessaire de rappeler le consommateur dans ses responsabilités de propriétaire il semble néanmoins qu’il soit indispensable, si on ne veut pas casser cette mécanique spectaculaire (en l’absence de légitimité d’une autorité morale et de ses commandements, c’est à dire dans une société suffisamment libérale, le vin prend plus de sens dans le verre de celui qui le boit que dans le fût de celui qui le produit industriellement), de persister dans la transformation de la propriété en service, à l’intérieur du flux constant de la consommation. Pour cela il est nécessaire de dynamiser vigoureusement le transfert de propriété pour le rendre léger et ainsi se donner la possibilité de le rendre continu. Si le recyclage matériel, sous la forme d’une transformation des matériaux qui composent le déchet, devrait être incontournable c’est d’une part que les conditions du transfert de propriété ne sont pas remplies (pas de nettoyage des déchets par exemple) et surtout qu’il n’est pas toujours nécessaire donc rentable: le recyclage social y est bien souvent préférable.

La performance écologique de donner à lire un journal papier à quelqu’un d’autre, même inconnu, est bien plus grande que de jeter celui-ci, y compris dans une poubelle adéquate. Ce n’est pas une raison de déclarer la mort de l’économie et le don lui-même a une valeur qu’il faut tracer, il s’agirait de mettre en place une organisation de celle-ci pour qu’elle suive les intérêts de la société et non l’inverse. Ainsi nous voyons fleurir les vélos de location limitée à moindre coût à l’intérieur d’un réseau géré par la collectivité qui en maximise le flux de consommation sans mettre en péril les moyens de transport explicitement collectifs aussi bien opérationnels que financiers.

Dans cette ambiance de dématérialisation, avec en interne des travailleurs n’ayant plus prise directe sur leur utilité et toujours pressés d’accepter des conditions de travail de plus en plus flexibles, la fin de l’entreprise entendue comme projet social au profit de son abstraction financière utilitaire, et puisque les moyens de communication distancent ceux de la monopolisation il semble en réalité farfelu de réfléchir à une industrie xénophobe, et notamment celle ayant trait à une production immatérielle par nature comme la presse ou la musique, qui expulserait, sous prétexte de difficulté à s’adapter, ses usagers éventuels selon le slogan guerrier donc improductif: « Soit tu es avec nous, soit tu es contre nous ».

De la même façon les moyens de nuisance sont aujourd’hui tellement grands que les pouvoirs publiques forcent à la collaboration, parlant du bout des lèvres de principe de précaution de santé et agissant clairement en vertu d’un principe de précaution sociale implicite en donnant les moyens à des entreprises privées d’éviter des phénomènes d’écroulements successifs qui emporteraient toute la société.

Qu’on le veuille ou non l’objectif de l’industrie est l’intégration de la production (auparavant à la charge de l’artisanat) et par là même la collaboration avec la collectivité à un niveau publique mais aussi privé. Si jusqu’à présent les conseils d’administration ne représentent pas effectivement les différentes composantes pourtant véritables de tout service social (existence d’un acteur de la propriété, le consommateur, additionnel aux exploitants et aux souverains, d’un capital collectif parallèlement engagé sur la couverture du risque social), celles-ci deviennent incontournables en cas de crise assumée. Aujourd’hui financière puis économique, écologique au moins en préparation, cette crise nous met en face de risques majeurs pesant sur la survie de notre civilisation tandis que d’autres proposent depuis longtemps ou depuis peu des alternatives dans l’expression de l’identité, des outils de négociations entre souverains, exploitants et usagers de propriétés pourtant matérielles, un rapport dynamique à l’équité et à la justice avec l’agilité commerciale résultante… Une synthèse doit être possible à condition de vouloir être acteur de sa propre mutation et peut-être faudrait-il déclarer l’industrie insuffisante et cesser de la souhaiter à travers la concurrence patronat-salariat.

Il est d’ailleurs intéressant de remarquer qu’à tout moment de revendication de la part des salariés le patronat en appelle, à mauvais escient à mon avis, aux usagers afin de condamner la discontinuité du service dont ils représentent pourtant la souveraineté: non seulement c’est paradoxal mais surtout le système médiatique doit appartenir à l’industrie pour pouvoir contrôler le contenu de cette information erronée.

Et c’est ici sans doute que les rencontres à l’occasion des états-généraux de la presse prennent leur sens car il est possible qu’il ne s’agisse pas d’étudier le caractère industriel de la presse qui pourrait être accidentellement en perte de puissance. Il est possible que les acteurs invités à ces réunions aient justement diagnostiqué non pas une crise industrielle locale à la presse mais une crise de l’industrie disposant de la presse comme d’un outil, que les patrons de presse ne soient pas des acteurs de l’industrie plus ou moins lourde du tout par hasard.

Se pose alors la question des objectifs suivis et du caractère civique de ces réunions. Finalement le terme d’états-généraux est bien choisi car il sous-entend uniquement la discussion des légitimités des uns et des autres au vu d’une mission et du bien publique… hélas il s’agit exactement du sujet évité.

Romain-Pierre BOURQUE

ORTF 2008 : Les SDJ de France 2 et France 3 dénoncent « un dangereux retour en arrière »

Les SDJ de France 2 et de la rédaction nationale de France 3 estiment que la désignation du président de France Télévisions par l’exécutif, souhaitée par le président de la République, constituerait « un dangereux retour en arrière », mardi dans le quotidien Libération. (lire la tribune sur le site de Libération)

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« La désignation directe du président de France Télévisions par l’exécutif porterait gravement atteinte à notre indépendance, donc à notre crédibilité« , écrivent les SDJ des deux chaînes publiques dans une tribune intitulée « Ni pub mais soumise ».

« Alors que partout en Europe on cherche à distendre les liens entre la télévision publique et le gouvernement, la France fait le chemin inverse et revient vingt-cinq ans en arrière. Drôle d’exception culturelle!« , jugent-elles.

Elles dénoncent par ailleurs « un projet de financement bâti sur du sable » pour compenser la suppression annoncée de la publicité, avec notamment une taxe imposée aux opérateurs de télécommunications et aux fournisseurs d’accès à l’internet.

« Curieuse méthode que celle de Nicolas Sarkozy lorsqu’il met les mains dans le PAF: à la fois libérale au plan économique et autoritaire au plan politique« , concluent les deux SDJ, selon lesquelles « sous le vernis de la modernité transpire l’archaïsme« .

De son côté, l’intersyndicale de l’audiovisuel public (SNRT-CGT, CFDT, CFTC, FO, SNJ, SUD, CSA, STITR, UNSA et SNJ-CGT) estime, dans un communiqué publié lundi, que « la suppression de la publicité voulue par le président de la République déstabilise toute l’économie de France Télévisions » et « met en péril le pluralisme de l’information et la diversité des programmes ».

Elle considère qu’il est « urgent de maintenir les ressources existantes » et que « l’augmentation progressive et équitable de la redevance doit être le socle du financement associée à d’autres ressources ».

(source AFP)

La majorité des quotidiens régionaux étaient absents dans les kiosques samedi 17 mai

En cause la revalorisation des salaires. À certains propos téléphoniques de certains membres dirigeants du SPQR ( syndicat de la presse quotidienne régionale) :

« Vous n’avez pas compris ? C’est 0,5%, 0,9% et puis un rendez-vous d’après-vacances, en septembre. Vous n’avez même pas à signer, vous, syndicats, il ne s’agit même plus d’un accord, mais d’une simple circulaire de recommandation sans obligation. »

les salariés de l’ensemble de la presse départementale et quotidienne régionale ont répondu en cessant le travail vendredi 16 mai. Résultat, la majorité des titres étaient indisponibles à la vente samedi matin ( 18 Mai).

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Dans l’Ouest, Ouest-France, Paris-Normandie, le Courrier de l’Ouest, le Maine Libre, Presse-Océan, la Nouvelle République du Centre-Ouest (Tours), Centre-Presse (Poitiers) étaient absents.

Seuls le Télégramme (ramené à 4 éditions au lieu de 16 habituellement) et la République du Centre (Orléans) ont paru.

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Dans l’Est, L’Alsace, les DNA, Le Pays et l’Est Républicain étaient absents.

En Lorraine, le Républicain Lorrain était disponible.

Dans les régions Rhône-Alpes et Centre-Est, seule l’Yonne Républicaine est parue, Le Journal du Centre, La Montagne, Le Progrès, La Tribune, Le Bien Public et Le Courrier de Saône-et-Loire étaient absents.

Dans le Sud-Ouest et Centre-Ouest, les quotidiens Sud Ouest, La Dépêche du Midi, L’Indépendant, Le Midi Libre, Centre Presse et La Nouvelle République n’ont pas paru.

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Dans le Sud-Est, étaient absents des kiosques Nice-matin, Var-matin et Corse-matin ainsi que Midi-libre. La Provence et La Marseillaise ont paru normalement.

Dans le Nord, les quotidiens La Voix du Nord et Nord-Eclair ont été livrés dans les kiosques avec trois heures de retard.

Les éditions électroniques des DNA et de l’Alsace, ainsi que celle du Pays étaient disponibles sur les sites des journaux.

A Sud-Ouest, les syndicats de journalistes SNJ et SNJ-CGT se sont opposés à une édition numérique du journal samedi.

Légende pqd : quatre millions de lecteurs quotidiens

La SDJ de l’AFP dénonce des « tentatives de pressions politiques »

club-parlementaire-sur-lavenir-de-laudiovisuel-et-des-medias.jpgFrédéric Lefebvre (à Gauche sur la photo mais à Droite en politique) est Co-président du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel public.

En ce dimanche ensoleillé,
partageons cette dépêche
AFP*
puisse votre avis se préciser
sur l’avenir des médias français:

(samedi, à 19h01)

La Société des Journalistes de l’Agence France-Presse a « dénoncé les tentatives de pressions politiques« , après la mise en cause de l’AFP par un porte-parole de l’UMP lui reprochant de ne pas avoir traité un communiqué de son parti attaquant le PS et Ségolène Royal.

Le porte-parole, Frédéric Lefebvre, a adressé jeudi une lettre à Pierre Louette, Pdg de l’AFP, avec copie à plusieurs médias parisiens, pour se plaindre du non traitement par l’Agence d’un communiqué de l’UMP revenant sur la condamnation de Mme Royal, poursuivie par deux anciennes collaboratrices pour des salaires non payés.

Dans sa lettre, Frédéric Lefebvre évoque une « attitude engagée (qui) n’est pas acceptable ».

La SDJ rappelle, dans un communiqué publié vendredi, que « cette affaire, largement traitée par l’AFP en son temps, a donné lieu de nouveau à plusieurs dépêches en avril. Le 11 avril notamment, une dépêche donnait la parole à M. Lefebvre, et détaillait les griefs de l’UMP contre la candidate socialiste ».

La SDJ souligne que « les choix rédactionnels sont incessants dans une agence qui reçoit des centaines de communiqués chaque jour ».

Elle ajoute que « les pressions et les tentatives d’intimidation, d’où qu’elles viennent (Mme Royal, après l’élection présidentielle, avait elle aussi mis en cause l’impartialité de l’AFP) ne détourneront jamais les journalistes de l’Agence de leur mission première: rendre compte de l’actualité de façon complète et impartiale, comme nous l’impose notre statut« .

L’AFP, complète et impartiale ?

Rendons hommage à Frédéric Lefebvre qui a choisi comme date la journée de la liberté de la presse.

Et puis citons un abonné au Monde qui laissait ce commentaire, sur  l’article Reporters sans frontières tire la sonnette d’alarme en Europe  :

RSF ne s’inquiète donc pas que l’ensemble des grands titres de presse soit capitalistiquement détenu par des géants du CAC 40. Ménard, le publi-reporter du CAC 40…

Décidément.

10 ans après, les journalistes se mettent au web

Vous doutiez encore de la mauvaise volonté de l’establishment journalistique face au web ? Le syndicat britannique des journalistes (NUJ) découvre tout juste l’édition en ligne ! Le dernier numéro de son magazine bimensuel, The Journalist, n’a pas été imprimé afin de réduire les coûts :

The April 2008 issue has been produced as the standard 32-page A4 print-format magazine and saved in pdf and html formats. You can browse the whole magazine as a pdf or go straight to the article or section you want and read it as a web page.

Vous avez bien lu, le magazine a été exporté en pdf avant d’être mis en ligne. Plus drôle encore, The Journalist invite ses lecteurs sur une page ‘forum’ tout en Html qui sens bon Netscape 4.0. Les commentaires doivent être envoyés par e-mail avant d’être mis en ligne à la main. Surprise : pas un commentaire positif n’a été sélectionné. Pourquoi douter de la bonne foi des modérateurs ?

On attend avec impatience que NUJ s’offre un CMS, ouvre des blogs et permette les tags. Twitter ? NUJ fera faillite avant de s’y mettre.

De l’autre côté de la Manche, au Syndicat national des journalistes, on préfère encore le papier.

NUJ

[full disclosure: je suis membre de NUJ, dans l’unique but d’avoir une carte de journaliste]