Catégorie : Applications mobiles

Qanda

Qanda ou ce que le journalisme fait à nos manières d’échanger

Le journalisme prend-il plus souvent qu’il ne donne ? Si l’on connaît la capacité des journalistes à emprunter à leurs voisins du marketing, de la communication et de la littérature des techniques et savoir-faire pour écrire et vendre leurs articles ; que donnent-ils en retour ? Des éléments de réponse à cette question se trouvent dans l’application Qanda.

Logo QuandaContraction du format d’interview dit en « Q and A » (pour question and answer) et lancée en mars 2016 sur iOS, Qanda permet de poser des questions à l’écrit ou via la caméra frontale de votre téléphone à une personne ou un groupe. Lorsque la question trouve sa réponse, les deux se voient éditorialisées par l’application pour former un tout partageable et exportable. Autrement dit, le concept propose d’appliquer le format journalistique de l’interview en l’élargissement aux proches, aux célébrités, à la relation client, le service après-vente ou encore pour la création de tutoriels. Bref, tout ce qui nécessite une question et une réponse. Si l’application compte bien séduire les journalistes professionnels en proposant la possibilité d’alterner entre les deux caméras de nos smartphones pour produire une interview en présentiel à la volée, c’est le grand public qui est visé par cette application qui fait de l’interview le motif principal du processus d’un échange standardisé.

Le passage de l’entretien journalistique à une forme d’échange grand public ne se fait pas sans entorses aux principes classiques de l’interview. Le dispositif autorise une coupure du temps de la question et de la réponse qui permet à l’interviewé une réponse travaillée et préparée difficilement envisageable dans l’optique d’une interview politique : la surprise et la spontanéité sont mises à mal par le contrat de médiation. L’objectif de l’application réside donc dans une construction de la relation par l’éditorialisation de deux espaces-temps distincts.

Qanda : la mise en circulation des valeurs journalistiques ?

Afin de se promouvoir et de proposer un produit sérieux et légitime capable de convaincre les utilisateurs, la start-up se base sur un certain nombre de valeurs qu’elle considère fondatrices. La création de ces valeurs passe par l’incorporation de codes de la profession journaliste pour inviter à la réponse. Les créateurs de Qanda, en affirmant que l’origine de toute histoire humaine part d’une question et que l’on peut favoriser ces histoires par l’interview, canonisent un format et puisent dans les valeurs qu’il a pu accumuler au fil des décennies durant lesquelles il a été éprouvé. Ce qui est visé, c’est la captation du pouvoir symbolique du journalisme à provoquer une réponse d’où surgit la vérité.

Dans les formes, cela se traduit par le principe d’alternance en champ-contrechamp entre la question et la réponse et le caractère de preuve et d’identification de l’image vidéo par l’affichage des visages des protagonistes en contexte. La possibilité de poser une question par écrit mais l’obligation de donner réponse par la vidéo sert de gage d’authenticité à l’échange et assume une distribution des pouvoirs en faveur de l’intervieweur. Se dévoile ainsi l’héritage des règles d’échange instituées par les journalistes visant à se positionner comme une force dans l’échange : l’important demeure l’authenticité visible et audible de la réponse, plus que l’intérêt réel de la question.

À une période où l’on considère la « fonction journaliste » en perte de vitesse, court-circuitée par les réseaux sociaux, la mobilisation comme argument de légitimité de pratiques issues de la profession montre une stabilité et une capacité à mobiliser des imaginaires encore vivaces. Le mouvement apparaît plus vaste que ce seul exemple, Instant Article de Facebook ou Periscope, s’ils ont des visées différentes, sont des signes d’instrumentalisation d’une certaine idée du journalisme visant à légitimer et montrer l’intérêt d’une app. Un renversement est en train de se produire entre un moment où les journalistes sont dans l’obligation de s’adapter aux nouveaux outils numériques vers un moment où ces dispositifs empruntent aux modes de production journalistiques pour en saisir les valeurs : avec une visée de légitimation des dispositifs, sur un marché des applications mobiles en constant renouvellement.

Cet article est basé sur l’intervention au CELSA de Karima Benamer, cofondatrice de l’application Qanda, commentée par Valérie Jeanne-Perrier.

Ugo Moret

Doctorant au #CELSA – Université Paris-Sorbonne.

Notify: Facebook mise sur les notifications et le glance journalism. Bye bye Twitter?

Les innovations s’enchaînent chez Facebook. Depuis hier, l’application « Notify », dont certaines caractéristiques avaient déjà fuité depuis cet été, est enfin disponible pour iOS aux Etats-Unis. Cette nouvelle application propose à ses utilisateurs des sélections de notifications couvrant une multitude de domaines centrés sur l’actualité et le divertissement.

Comment ça marche?

Pour lancer le service, il faut tout d’abord s’abonner à 3 stations. Une station est un fil thématique de notifications créé par un éditeur. Afin de faciliter la découverte et l’ajout de nouvelles stations, Facebook se base initialement sur le profil Facebook de l’utilisateur.

Les stations sont également regroupées sous forme de catégories (business, célébrités et rumeurs, culture, divertissement, beauté et mode, nourriture et boissons, drôle, jeux vidéos…) ou par sources.

Certaines stations offrent également des substations afin d’affiner davantage les notifications qui seront affichées. Il est possible d’afficher les 20 dernières notifications envoyées pour se faire une idée du contenu proposé.

Aperçu des catégories et des stations
Aperçu des catégories et des stations
Aperçu des options disponibles pour Bloomberg Business et CBS Sports
Aperçu des substations disponibles pour Bloomberg Business et CBS Sports

On peut se contenter de lire simplement ses notifications au fur et à mesure de la journée depuis l’écran de verrouillage ou bien d’accéder directement au site de l’éditeur. Une page s’ouvre alors dans le navigateur in-app: il est surprenant de constater que les instant articles ne sont pas mis en avant dans l’application. Il faudra donc patienter au moins 8 secondes en moyenne pour afficher le site de l’éditeur. De quoi rebuter les utilisateurs? C’est possible. Il serait d’ailleurs amusant que les éditeurs utilisent Google AMP pour accélérer le chargement de leurs pages.

Aperçu de l'écran de verrouillage et du navigateur in-app
Aperçu de l’écran de verrouillage et du navigateur in-app

Il est bien sûr possible de partager une notification (SMS, email, Facebook ou d’autres réseaux sociaux comme Twitter, Tumblr, LinkedIn ou encore Facebook Messenger) et de la sauvegarder pour y revenir plus tard.

Aperçu du partage/sauvegarde et du flux sur 24h
Aperçu du partage/sauvegarde et du flux sur 24h

72 partenaires au lancement

Peu de surprises, on y retrouve essentiellement des sites ou chaînes d’information et de divertissement mais aussi des sites commerciaux comme Groupon.

A&E, ABC, Access Hollywood, Bands in Town, Billboard, Bleacher Report, Bloomberg Business, Bon Appétit, Breaking News, BuzzFeed, CBS Sports, CNN, Comedy Central, Condé Nast Traveler, Cooking Light, Cosmopolitan, Curbed, Discovery, E! Online, Eater, Elle Decor, Elle Magazine, Entertainment Tonight, Entertainment Weekly, Epicurious, Esquire, Essence, Fandango, Food and Wine, Fortune, Fox News, Fox Sports, Getty Images, Glamour, Good Housekeeping, Groupon, GQ, Harper’s Bazaar, HeadSpace, Health, History, The Hollywood Reporter, Huffington Post, Hulu, InStyle, Marie Claire, MarketWatch, Mashable, People, People en Español, Polygon, Popular Mechanics, Quartz, Racked, Seventeen, Southern Living, Sporting News, Sports Illustrated, Techmeme, Teen Vogue, Thrillist, TIME, Urban Daddy, Vanity Fair, The New York Times, The Verge, Vevo, Vice, Vogue, Washington Post, The Weather Channel, Wired.

Time Inc et Notify

Le groupe Time Inc met à disposition 45 stations par le biais de 11 de ses publications, notamment Time, People, Sports Illustrated et Fortune. L’utilisation des stations est variée. Le fil Actu et Rumeurs de Sports Illustrated peut relayer plusieurs notifications par jour pour mettre en avant  des breaking news; quand Mission, une station de Time qui relate l’année dans l’espace de l’astronaute Scott Kelly, se contente d’un envoi hebdomadaire.

D’après Callie Schweitzer, editorial director of audience strategy à Time Inc, »il s’agit pour le groupe de tester de nouvelles façons d’engager ses lecteurs, particulièrement pour les marques desquelles on ne s’attend pas à recevoir de notifications car elles ne font pas de breaking news. »

Getty et Notify

A titre d’exemple, voici ce que Getty Images a choisi de mettre à disposition avec 2 stations et 10 sous-stations:

  • In The News: From the top stories to the offbeat, see the latest from around the world
  • Sports Highlights: Catch every play with the best sports imagery on Earth

Substations:

  • Sports: Agony & Ecstasy: From the winning play to the heartbreak of defeat – capturing the hard emotion and raw impact of sports around the world
  • Sports Photo of the Day: The best image of the day for every sport across the globe
  • NFL: The best highlights from every team, player and game in the league, direct from the Gridiron
  • MLB: All the plays, catches and hits from the American and National Leagues
  • Premier League: The best of European professional football
  • College Football: Stay up to date with the latest plays, games and coverage from college football
  • Fashion & Celebs: Get inspired with up-to-the-minute style, latest looks and celebrity news
  • Style of the Day: From celebs stepping out to the runway, catch all the latest style details
  • Flashback: That happened when?! Blasts from the past that occurred on this day
  • Music: From the A List to the Underground – up close with the latest music

Une corde de plus à l’arc des éditeurs?

Qu’ont réellement à gagner les éditeurs de cette nouvelle possibilité qui leur est offerte? Du trafic? Il est difficile d’imaginer que Notify représente une source importante de trafic à court terme. Renforcer le lien avec son lectorat et améliorer son engagement? Certainement.

Le développement et la maintenance d’une application est complexe (prise en compte de l’UX, l’UI, des contenus, de la monétisation…) et coûteux pour les éditeurs. Or, d’après Forrester, les utilisateurs de smartphone passent 84%  de leur temps dans seulement cinq applications (hors applications pré-installées). De quoi réduire à néant bien des efforts quand on ne possède pas une marque très forte et une relation prévilégiée avec ses lecteurs.

Idéalement, Notify permettra donc de contribuer à développer l’audience de ses partenaires auprès d’un public désireux de coller au plus près de l’actualité tout au long de la journée sans devoir installer de nombreuses applications. « Les gens ont différentes façons de consommer de l’information. Les moteurs de recherche sont une possibilité, les réseaux sociaux, une autre. Et nous pensons que les notifications push pourraient également y contribuer » affirme Michael Cerda, Product Director chez Facebook.

Les médias n’ont pas attendu Facebook pour se lancer sur le créneau des notifications push et ont parfois développé de réelles stratégies autour, comme le New York Times.

Les éditeurs ayant pris le parti de ne pas développer d’applications vont pouvoir s’y adonner à leur tour et devront pour cela répondre à ces questions cruciales:

  • Y a-t-il un volume optimal de notifications?
  • A quelle fréquence les envoyer?
  • La notification doit-elle se suffire ou à elle-même ou doit-elle inciter à accéder au site de l’éditeur au risque de tomber dans une surenchère de clickbaits?
  • Quels KPI prendre en compte? Le tap-through-rate est-il pertinent?
  • Quelles thématiques précises proposer pour se démarquer?

Pour les y aider, Facebook fournit aux éditeurs des données détaillées concernant le nombre d’abonnés, de vues, de clics, de partages et surtout de désabonnements. Car les notifications sont à double tranchant. Bien utilisées, elle peuvent devenir une composante essentielle de la stratégie digitale d’un éditeur tout comme chasser les utilisateurs aussi rapidement qu’ils sont venus.

Côté technique, les éditeurs doivent passer par une interface spéciale pour écrire les notifications et y faire correspondre un lien puis publier aussitôt ou programmer la diffusion de l’alerte. Une API est également disponible pour distribuer  des données structurées comme des bulletins météos ou des résultats sportifs.

Pourquoi Facebook s’intéresse aux notifications

Lors d’une session Ask Me Anything sur Reddit en juin dernier, Mark Zuckerberg, répondant à Ariana Huffington, disait être convaincu par la nécessité de pouvoir diffuser des informations condensées fréquemment mises à jour:

On speed / frequency, traditional news is thoroughly vetted but this model has a hard time keeping us with important things happening constantly. There’s an important place for news organizations that can deliver smaller bits of news faster and more frequently in pieces. This won’t replace the longer and more researched work, and I’m not sure anyone has fully nailed this yet.

Ainsi, Notify représente une nouvelle possibilité pour Facebook de concurrencer Apple, Twitter ou Snapchat en jouant sur le terrain du glance journalism tout en corrigeant un des principaux défauts de son newsfeed: le manque de réactivité face au temps réel comparé à Twitter.

Facebook a indiqué ne pas réfléchir à monétiser l’application dans l’immédiat et se positionner avant tout dans une logique de test and learn. Gageons que les enseignements tirés de l’application trouveront vite leur chemin dans l’application Facebook qui aurait très bien pu accueillir cette nouveauté.

Jusqu’à présent, Facebook n’a pas été très chanceux sur le terrain des applications standalone en ayant eu du mal à popuplariser Paper ou Slingshot  et en essuyant un flop monumental avec Home. D’autant plus que dans le cas de Notify, tout repose sur le travail de ses partenaires éditeurs. Le risque étant que des utilisateurs mécontents des notifications qu’ils recoivent, suppriment directement l’application plutôt que de modifier leurs abonnements.

Et l’utilisateur dans tout ça?

Les news junkies y trouveront certainement leur bonheur. Pour ma part, j’ai pour habitude de limiter les notifications au strict minimum afin de ne pas être constamment dérangé. Toutefois, le niveau de personnalisation proposé ici semble intéressant: suivre l’actualité d’une entreprise spécifique, l’actualité de sa ville, d’une équipe sportive, de ses artistes préférés via Vevo etc.

La question centrale étant: avons-nous vraiment besoin de plus de notifications sur des sujets nous intéressant? Qu’en pensez-vous?

Plus d’infos

Blog des équipes Facebook Media : Introducing Notify: A Notifications App from Facebook

Communiqué de presse : Introducing Notify, a Notifications App from Facebook

Site officiel

Lien vers l’App Store

Les Echos lancent une nouvelle appli « Les Echos/Live » : Scrollons !

Un tweet apparaît sur la home de la nouvelle application des Echos. Mais il ne s’agit d’un tweet de L’Equipe. C’est l’un des aspects de « Les Echos Live« . Un flux, en continu, qui mixe articles maison, renvois vers des articles du site des Echos, et éléments extérieurs, comme des tweets.  10 jours après la présentation par Le Monde de leur nouvelle application qui intègre un flux de direct (nous avons décortiqué l’application ici), Les Echos choisissent, eux, de séparer les choses et de présenter une appli-flux, mais en parallèle à leur application principale. Un wanna-be NYT Now, en quelque sorte.

S’inspirer des usages sur mobiles

S’inspirer des usages sur mobiles : c’est ce que veut faire ici le média dirigé par Francis Morel, qui recevait la presse ce matin pour présenter l’application. Que font les mobinautes aujourd’hui, principalement, sur leurs smartphones?  Ils sont sur leurs flux de réseaux sociaux. Du coup, les médias s’inspirent de ces usages. En France, l’un des premiers à oser le pari de ce flux a été France TV Info, avec un direct. Le Monde vient de suivre cette philosophie en intégrant un direct. Les Echos, ici, se démarquent en dissociant leur direct de leur application vaisseau amiral.

Lors de la conférence de presse de ce matin, le constat était clair, pour Donat Vidal Revel, le directeur délégué à l’information numérique : 

Nous sommes partis du constat que depuis janvier, plus de 50% du trafic numérique vient du mobile aux Etats-Unis : nous pensons que ce sera le cas en France d’ici 12 à 18 mois

Actuellement, 25% du trafic vient du mobile, aux Echos.

Pour assurer le lancement de cette nouvelle application, et alimenter le flux, au-delà du développement, un desk mobile a été créé, avec l’embauche de quatre personnes (sept à terme). Les Echos avaient mis en avant, lors du recrutement, que celui-ci s’était fait via les réseaux sociaux. Donc une mini-rédaction dédiée. Mais en fait non, ou alors si, mais uniquement pour le mobile, car Francis Morel l’assure :

Nous sommes une rédaction entièrement branchée sur le numérique. Il n’y a pas de rédaction numérique spécifique aux Echos.

Un petit tacle au Monde? Pour autant, Francis Morel, ancien directeur général du groupe Figaro, et en poste aux Echos depuis fin 2011, se veut rassurant sur l’avenir : 

Je suis très confiant sur l’avenir de la presse quotidienne. Les sites de quotidiens ont tous bien réagi [aux changements du métier].

L’application, en bloc et en détail

Echos-Live-animationL’application, est fluide, plutôt jolie. Elle reprend les codes couleur de la marque, offre pour chaque module dans le flux la possibilité de déployer un outil de partage complet : Twitter, Facebook, Linkedin, partageGoogle +, l’envoi par mail, mais aussi la sauvegarde d’un article sur Pocket (ex ReadItLater), Instapaper ou Evernote. L’heure, elle, est relative, même une fois cliqué sur l’article. 

Une fois que l’article est affiché, la barre de partage est déployée et l’on peut grossir le texte. Une croix permet de fermer l’article ouvert et de retourner au flux. Ce retour au flux peut être aussi obtenu par un clic [oui, ok, une pression avec le doigt] sur le titre, un clic sur l’image, ou un double clic sur le texte.

C’est ici où j’aurai une première réserve. La police de texte courant. Un helvetica (je crois), pas très original et finalement un peu moche, alors que la titraille, elle, est propre.

IMG_9313C’est en fait ce qui a été le moins soigné dans cette première version de cette application, le texte. Prenons par exemple à gauche,  le format « L’essentiel » :

Tout est en gras. Mais pourquoi?? Seuls les mots en capitales auraient vocation à l’être. J’imagine que c’est un bug de jeunesse, ou alors un problème de tuyau entre le CMS papier et l’application.

Mais un autre format serait à revoir à mon avis, à droite, « les plus lus » :

lespluslus

 J’ai été particulièrement vicieux en choisissant un article au titre tronqué, mais ce qui cloche, c’est que ce module présente certes les articles les plus lus, mais ceux-ci… ne sont pas cliquables. On pourrait se dire qu’il y a bien un lien « lesechos », mais celui-ci mène au compte Twitter. Il y a bien le module des « articles liés », qui ici lie vers deux des articles, mais on se demande à quoi bon faire ce doublon. Si l’on veut trouver (et pouvoir cliquer dessus) les articles les plus lus, ce chou x est disponible dans le menu de l’application.

Mais faisons une pause dans les critiques. Saluons le clic sur la rubrique !

rubrique

Un clic sur la rubrique actionne le moteur de recherche, en remplissant le champ, et permet d’accéder à une liste d’articles, qui eux, mènent à la version mobile du site. Une des stratégies de cette nouvelle application, le lien vers le site mobile.

Autre point positif, le menu latéral, qui du coup donne accès à tout le reste de l’univers du groupe Les Echos et à ses applications, tout en poussant à l’abonnement (je n’ai pas un iPhone 7, je vous montre juste tout le menu) :

Menu-application

Nouvelle application, nouveaux modes d’organisation

L’introduction de cette nouvelle application n’est pas sans conséquences sur l’organisation de la rédaction du quotidien. Par exemple,  la conférence de début de journée ne sera plus concentrée uniquement sur la conception du journal papier mais sera davantage « désormais dans une logique de matinale » a déclaré Nicolas Barré, le directeur de la rédaction du journal.

À la question de la pertinence de « l’externalisation » de ce direct au sein d’une autre application, Donat Vidal Revel, répond :  

C’est pour court-circuiter le back-office existant.

Comprenez une lourdeur de Méthode d’EidosMedia, que ressentiraient un certain nombre d’acteurs de la presse française.

Pour autant, l’outil des journalistes, même pour saisir les articles de cette nouvelle application, utilisent toujours Méthode.

La rentabilité, pas pour demain, mais des abonnements en hausse

Lors de la présentation de l’application du Monde, une partie de la présentation était dédiée aux nouveaux formats publicitaires développés pour ce lancement. Pas là. Cela viendra plus tard. On ne parlera pas de monétisation pour le moment.

À ce propos, Francis Morel, concède le caractère « embryonnaire » du chiffre d’affaires réalisé sur mobile. Le numérique, lui représente selon le PDG des Echos 18% des recettes totales du groupe (environ 150 millions d’euros), avec un plan à 5 ans, qui mènerait vers un objectif de 30% à l’horizon 2018.

Alors, comment vont se comporter les mobinautes des Echos? Vont-ils adopter cette nouvelle application? Cette application va-t-elle tenir ses promesses de conversion au payant? Pour le moment, Les Echos revendiquent 22.000 abonnés purement numériques (+70% en un an), un chiffre boosté par le paywall mis en place fin 2012.

Pour finir, je me pose une question. En 2007 je publiais un comparatif de la taille des pages articles, avec le titre « Musclez-vous la molette, les nouvelles pages sont là« . Demain, les mobinautes seront-ils fatigués de scroller?

Avant/Après : ce qui change dans la nouvelle appli @Lemondefr #LeMonde2014

Ce matin, Le Monde a investi la terrasse du NUMA, à Paris, pour présenter la nouvelle version de son application mobile. La démo était faite sur iPhone mais l’application sera aussi disponible sur les plateformes Android et Windows Phone, le tout ce dimanche 16 juin.

Et du boulot, il y en a eu. J’étais allé au siège du journal pour la présentation il y a deux ans de la précédente grosse mise-à-jour de l’application, et il était intéressant de voir le chemin parcouru.

les points clés de cette nouvelle version :

– introduction d’un flux « le direct » accessible dès l’ouverture de l’application;
– abandon d’un menu de rubriques « classiques » pour un jeu de « cartes »;
– navigation améliorée entre les articles, fermeture d’un article avec un glissement du doigt vers le bas  (comme pour quitter la vision d’une photo sur l’app mobile de Facebook, amis à l’envers);
– intégration des objets interactifs et multimédia.

Nous allons voir les choses en détail dans ce billet, et je reviendrai dans un second billet sur  le changement pour le travail des journaliste de la rédaction du Monde.

Avant de rentrer dans les détails de l’appli, un clin d’œil aux équipes :

Les équipes de développement

Le Monde est en effet l’un des seuls à tout internaliser, au niveau du développement; avec tout de même le renfort de free-lance, mais pas de sous-traitance à une agence.

Les changements

Dès le lancement de l’appli, ce que vous voyez, ce n’est plus la même « Une » qu’avant. vous avez le « Direct » qui vous est proposé :

Revenons sur cette page « tout le direct », un des éléments clés de cette nouvelle version. C’est joli, aéré (peut-être un peu trop de blanc), mais personnellement c’est au niveau de la mise à jour que je n’ai pas trouvé tout de suite. Pour le rafraichir, tirer le contenu vers le bas ne fonctionnera pas, puisque vous accéderez au « cartes » (=menu). Il se met à jour tout seul, et au besoin il faut appuyer sur « tout le direct ». Alors que les mobinautes s’étaient habitués à tirer une liste vers le bas pour la rafraichir, c’est osé. Mais mon oreillette m’a dit que cela allait être rendu plus explicite.

Un glissement vers la gauche, un « swipe », et vous pouvez accéder à la Une, et aux autre rubriques. Voici leur apparence, avant/après :

Comme vous pouvez le voir à droite dans la nouvelle version, à gauche en bas de l’écran se rend disponible en permanence le bouton « en direct » pour revenir à la page d’accueil et le fleuve de direct mis à disposition.

La page article

Plus de place pour la photo, un côté plein écran tout de suite accessible, plus de vision instantanée du nombre de commentaires, la possibilité de grossir le texte a été rangée dans les préférences, et la mise en favoris se cache derrière le bouton de partage :

Vous avez noté? En haut de la page article, on ne voit plus l’heure et les données de batterie du téléphone. Un vrai plein écran. Autre chose à noter dans cette capture réalisée cet après-midi : na mention « LE MONDE » qui signifie que l’article a été publié d’abord dans la version papier a disparu.

l’accès aux contenus enrichis

Même si on est sur un téléphone, la moindre des choses, c’est de voir un maximum des contenus qui sont reliés à l’article. Ce n’était pas le cas avec les versions précédentes. Les technologies évoluant, c’est désormais possible dans la nouvelle version de l’application. Exemple avec cette carte interactive ci dessous :

La page rubrique

Elle met en valeur un article ou un élément, offre ensuite une mosaïque de quatre éléments avant de donner accès au fleuve :

Du menu latéral aux « cartes »

Adieu le menu latéral, bonjour les « cartes ». Édouard Andrieu, qui au Monde est à la tête des développements mobiles, nous a assuré que ces cartes pourront dans les prochaines versions être réagencées par l’utilisateur.

Très jolie navigation, même si quelques mobinautes auront peut-être un peu de mal à s’y habituer au début.

Voici un diaporama avec le mode d’emploi qui s’affiche au premier lancement de l’application :

Dans un second billet je reviendrai sur les changements dans l’organisation du travail des journalistes.