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Les clés des médias : Un réseau social, ce n’est pas un journal

L’Observatoire des Médias vous partage cette vidéo de France TV Éducation.

En ce mois de juin, le Canard boiteux a lancé un défi aux élèves : raconter chacun leur année au collège sur leur réseau social préféré. De son côté le journal sortira un numéro spécial où ses reporters raconteront l’année à leur façon. A la fin du mois on compare : rien à voir entre ce que racontent les élèves et les journalistes. Un réseau social ce n’est pas un journal : plus de subjectivité, plus de buzz, moins de synthèse, moins d’information.


Un réseau social, ce n’est pas un journal

RÉALISATEUR(S) : Mathieu Decarli & Olivier Marquézy
PRODUCTEUR(S) : LA GENERALE DE PRODUCTION; FRANCE TELEVISIONS; RADIO FRANCE; CANOPE; LE CLEMI; Avec le soutien de du ministère l’éducation nationale – Direction du numérique pour l’éducation; Avec le soutien du collectif Enjeux e-médias
AUTEUR(S) : Bruno Duvic
ANNÉE : 2016

#Explicite, le bébé média aux 58 parents ex-iTélé

Il y avait du monde, ce lundi après-midi dans les beaux quartiers de Paris pour les 58 ex itele (une trentaine présents) d’Explicite, qui faisaient leur conférence de presse. Deux conférences de presse en une : l’annonce du projet et de son lancement immédiat, dès vendredi pour l’investiture de Donald Trump.

Un lancement dès vendredi

Si ce lancement rapide est possible c’est que les moyens sont limités et que le format est léger. Non ces ex-iTélé ne lancent pas une chaîne d’info en continu, ni un site d’information à proprement parler : ils se jettent dans la gueule du loup des réseaux sociaux, en produisant vidéos, interviews, émissions, podcasts ou diaporama pour les réseaux sociaux, « pour le moment ».

58 journalistes, dont deux non ex-iTélé, pour le moment

Le « pour le moment » est revenu plusieurs fois lors de cette conférence de presse et c’est bien normal. 58 personnes pour le moment, pas de modèle économique pour le moment, pas de montant fixé pour la somme demandée en crowdfunding pour le moment, pas de limite à la taille de cette rédaction non plus, pour le moment. Combien de temps le modèle autofinancé pourra-t-il tenir, on ne sait pas non plus, et cela dépendra des bonnes âmes dans un premier temps, puis des investisseurs dans un second temps. Une chose est sûre : ce ou ces investisseurs devront respecter une charte d’indépendance à laquelle les ex-itele tiennent comme à la bonnette de leur micro.

Olivier Ravanello haussera le ton au moment de prononcer ces mots : « On ne touche pas à l’indépendance des journalistes. Ça devrait être dans la tête de tout le monde ». Poke Bolloré & sa clique.

Le projet se veut sexy. Un joli logo (une agence accompagne bénévolement le projet), un habillage que l’on découvrira cette semaine, mais surtout une équipe « prête à l’emploi » comme le dit Olivier Ravanello, qui se trouve être le president de l’association des journalistes associés qui éditera les productions « Explicite ».

Spécifité et non des moindres de cette rédaction : « elle aime et elle a envie de travailler ensemble ». Petite allusion au fait que la grève avait été provoquée par la volonté de Bolloré d’imposer Jean-Marc Morandini à l’antenne de la chaîne Itélé ?

Explicite, des contenus avec une seule contrainte : la qualité journalistique

Au niveau des contenus, pas de contrainte de formats. Pas de grille, donc virtuellement pas de limites. Mais pas de site de destination non plus pour les héberger : « on vous proposera une sorte de chaîne info à la demande », annonce Olivier Ravanello.

Reportages, courts ou longs, ou alors plusieurs épisodes dans la journée d’un même reportage feuilletonnant.

La proposition convainc un peu moins lorsque l’équipe nous propose de « passer au crible les grandes mesures des candidats à la présidentielle », mais on demande à voir et à entendre, bien entendu.

De l’innovation technique

Après le joli plateau de France Info sur le canal 27 de la TNT, est-ce que la prochaine innovation en matière de journalisme mobile viendra d’Explicite? C’est possible.

L’un des ex salariés d’iTélé participe au lancement d’une structure technique baptisée Youbelive, qui rejoint le projet Explicite et qui permettra de déployer plusieurs directs vidéo interactifs à la fois : « 10 journalistes en immersion dans un événement », nous promet-on. Si c’est bien fait, il se peut que cela soit efficace et pas seulement gadgétoide.

L’ombre d’iTélé à effacer

Est-ce que ce projet est une sorte de thérapie de groupe pour journalistes échaudés après un mois de grève ? Il est bien possible que non. Néanmoins, lorsqu’on demande aux intéressés si ils continuent, en parallèle, à chercher du travail, la réponse est oui. Il est donc possible que quelques personnes quittent le navire à peine mis sur les mers de l’information. Mais une chose est sûre : Explicite va leur « permettre d’aller jusqu’au bout des choses, ce qu’ils n’avaient pas forcément pu faire dans [leur ancienne] maison » en ce qui concerne par exemple l’interactivité avec le public sur le sport, lance François Pinet.

Un financement à venir

« Des bonnes fées se sont penchées sur le berceau » : l’image est belle, et l’on parle donc d’une agence de design pour le logo et l’habillage des contenus, de la salle pour cette conférence de presse, qui servira aussi pour des émissions.

Pour le reste, l’équipe d’Explicite attend beaucoup d’une levée de fonds via crowdfunding pour un montant auquel ils réfléchissent encore, levée de fonds qui permettra de prouver la sexytude du projet auprès de vrais investisseurs.

Olivier Ravanello l’a martelé plusieurs fois : il verrait bien un groupe s’intéresser, investir dans le projet pour lui assurer sa viabilité.

Un groupe média s’était intéressé à la chaîne iTélé (et à son canal TNT) : le Groupe Le Monde. Interrogée par L’Observatoire des Médias, Sonia Chironi admet que oui, « avec la minorité de blocage de sa rédaction, Le Monde serait un groupe dont Explicite pourrait étudier les propositions ». Chiche?

azoulay assouline itele senat

Audrey Azoulay : « C’est au CSA de veiller au respect de la convention d’iTélé. »

Hier, réponse au Sénat d’Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication, au sujet de l’avenir de la chaîne iTélé, à une question de David Assouline, Sénateur de Paris. Vice-Président de la Commission de la Culture du Sénat. Secrétaire National du Parti Socialiste chargé de la Culture et de l’Audiovisuel.

La ministre s’en remet au CSA, qui a été saisi par la Société des journalistes d’ITELE et les organisations syndicales du groupe Canal +, via un courrier que L’Observatoire des Médias s’est procuré.

David Assouline :


« Ce matin, les salariés d’I-Télé ont reconduit leur grève, en opposition avec une décision de leur direction contraire à l’éthique et à la crédibilité de la chaîne. Une direction qui recourt à l’intimidation et au mépris, jetant par exemple à la poubelle, le week-end dernier, des effets personnels ou démagnétisant des badges d’accès…

Nous venons d’adopter à l’initiative du groupe socialiste une loi sur l’indépendance des médias. Loi inutile disaient certains… La preuve que non ! La situation à I-Télé illustre les problèmes liés à la concentration des médias, qui conduit à la confusion des genres et à des tentatives de mise au pas des rédactions lorsque des médias passent sous la coupe de grands groupes privés – dont les objectifs et l’activité principale n’ont aucun rapport avec l’information. Les propriétaires et investisseurs ont des droits, mais pas tous les droits…

La quasi-totalité des rédactions sont concernées, qui savent que leur avenir est en jeu. Le groupe socialiste est solidaire des salariés d’I-Télé. Le Gouvernement entend-il répondre à la demande de médiation, pour sortir du blocage ? (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et républicain) »

Audrey Azoulay :

« Le conflit à iTélé dépasse largement le cadre seul de cette chaîne de télévision. Il s’agit d’une question d’éthique, d’indépendance et de liberté. […] Avec Patrick Bloche à l’Assemblée nationale, mais malheureusement sans le soutien de la majorité sénatoriale, nous avons fait voter la loi renforçant l’indépendance et le pluralisme des médias ; ce texte rend obligatoire d’ici 2017, dans tous les journaux, chaînes de télévision et de radio, la conclusion d’une charte de déontologie négociée avec les journalistes. Il s’agit aussi de renforcer la protection des sources et les lanceurs d’alerte. Ce n’est pas au Gouvernement de dire si tel ou tel animateur a sa place sur les antennes d’I-Télé, mais au CSA de veiller au respect de la convention en contrepartie de laquelle une fréquence a été attribuée à la chaîne. Il a été saisi.

Enfin, les voies normales du dialogue social n’ayant pas été respectées, un travail de médiation sociale a été lancé avec la direction régionale du travail, toujours sur place, pour renouer le dialogue. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et républicain) »

Mais cela devient urgent :

 

Mise à jour de 11h05 :

Itélé maintient sa grève pour une 12ème journée consécutive :

 

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3 ans pour 30 minutes : les joies de l’autoprod’ documentaire

L’Observatoire des Médias a demandé à Benjamin Polle  de raconter, en détail, l’histoire du documentaire qu’il a réalisé avec Julien Le Net.

12 décembre 2015. Message non-lu : « Et maintenant nos terres » au Festival du Film Vert. Une nouvelle sélection pour le court-métrage que Julien Le Net et moi-même avons co-réalisé entre 2012 et 2016. Hourra !

Changer le regard sur un sujet dur et violent

Cette fois-ci, les 30 minutes du film seront diffusées dans un festival en Suisse romande sur le sujet de l’environnement qui a lieu en mars 2016. Achevé un an plus tôt, il a été vu par quelques milliers de spectateurs dans une dizaine de pays francophones via le festival Alimenterre, le Festival des films positifs, Écologie au Quotidien, depuis sa première en mai 2015 au Comptoir général à Paris. Au mois de mars 2016, également, 500 exemplaires de copies du film devaient être distribuées par la Caravane ouest-africaine sur l’eau, la terre, les semences, organisée du Burkina Faso au Sénégal, en passant par le Mali par plusieurs centaines d’associations paysannes militant pour un meilleur partage de ces ressources. En avril, quand la diffusion sera sur le point de souffler sa première bougie, Et Maintenant nos terres ira faire un bref tour au Canada.

Le sujet de ce documentaire de 30 minutes ? Les résistances aux expropriations foncières en Afrique, premier continent visé par le phénomène et considéré comme la plus grande réserve de terres au monde. Sujet dur et parfois violent, souvent abordé sous la forme d’un recensement monotone et déprimant des contrats passés entre États et multinationales étrangères, entre États et entreprises nationales, entre États et dignitaires nationaux – sur fond de gestion coutumière des droits fonciers où opposer un titre de propriété à un investisseur international ou national est très souvent impossible.

Faire une enquête engagée mais équilibrée

Notre pari : aborder ce sujet, dur et parfois violent, du point de vue d’habitants et d’agriculteurs localement impactés et qui parviennent à défendre leur droit au sol. Nous voulions aborder un sujet difficile avec un regard local, dynamique et porteur de développement – le tout avec le sérieux d’une enquête qui ne donnait pas dans le manichéisme, sur le mode le gentil paysan contre la méchante entreprise. Voilà quel était le cahier des charges.

Une petite aventure journalistique et documentaire extraprofessionnelle, menée la fleur au fusil d’un bout à l’autre, qui nous a exposés à tous les métiers de la chaîne de la production audiovisuelle (auteur, producteur, réalisateur puis distributeur) et que nous avons financée avec des bas de laine. Une expérience qui est, à ce titre, très instructive à l’heure où la question des modèles économiques d’une information de qualité interroge. D’où cet article qui en donne une réalité.

Resserrer son sujet

Rembobinage. C’est parti d’un mail à un camarade de promo. En quelques lignes enthousiastes, nous lançons l’idée d’un film africain sur la « société civile engagée dans la défense de [ses] droits », avec en bruit de fond des sociétés civiles qui montrent qu’elles ont du muscle (cf. Y en a marre au Sénégal, le Balai citoyen au Burkina Faso). Vaste programme. Un gros bloc de pierre. Une idée que nous n’avons cessé de retailler par touches successives pendant les 40 mois suivants, certes à temps très très très partiel.

Tout d’abord en rattachant le sujet des droits individuels à celui des spoliations foncières dans des pays encore majoritairement ruraux, dont l’agriculture compte souvent pour une part majoritaire de l’économie.

En faisant feu de tout bois dans la recherche de sources variées. Il y avait bien sûr eu le fameux Planète à Vendre diffusé sur Arte qui avait popularisé le sujet.

Des ouvrages plus spécialisés comme La Guerre des Terres de Thierry Pouch qui est paru chez Choiseul. Le Land Matrix, mis en ligne en 2012, et qui comptabilise depuis les contrats de concessions foncières dans les pays en développement.

Des histoires de résistances foncières diverses et variées, au Mali avec le CNOP (Coordination nationale des organisations paysannes) contestant une concession à l’État libyen de 100 000 hectares dans l’office du Niger, qui entendait y aménager des champs de riziculture, avant que le projet ne soit purement et simplement abandonné après la chute de Kadhafi.

Mais aussi sur d’autres continents : l’ineffable mouvement brésilien des Sans-terre, l’organisation indonésienne KPA qui mobilise une forte base populaire contre les impacts nombreux de l’exploitation des palmiers. En Europe, en Roumanie, en France (Notre-Dame-des-Landes et les autres “zone à défendre” promues par les militants)… Les exemples de résistances foncières abondent.

Faire émerger son angle

En quoi l’histoire que nous voulions raconter pouvait-elle se distinguer ? Il nous faudra une année (à raison d’un point par mois), une bonne dizaine de rendez-vous avec des experts, un passage par le Burkina, pour accoucher d’un angle, de trois “héros” africains de cette résistance, d’un titre et d’un site (http://maintenantnosterres.com). Un joyeux pot-pourri d’avant-tournage qui, nous l’espérions, pourrait être suffisant pour nous attirer les bonnes grâces du Centre national du cinéma et de l’image animée, et son aide à l’écriture.

À notre dossier polycopié en sept exemplaires, on nous renvoie un refus cordial : intéressant, mais sujet insuffisamment incarné. On aura beau demander une dérogation et insister sur l’intérêt de l’histoire que nous entendions raconter depuis le Cameroun, le Bénin et le Sénégal. Rien n’y fait. Pas plus de veine d’ailleurs aux Brouillons de la Scam. “Tu sais l’international, et surtout l’Afrique, ça ne marche pas”, nous dira une journaliste habituée des documentaires audiovisuels. Nous découvrons aussi que la plupart des chaînes de télévision pré-achètent leurs documentaires sur la foi d’une feuille A4 (au Sunny Side of the Doc, au Fipa… etc). Et que porter un projet de film hors de ces sentiers battus, de ces marchés, est dur, voire mission impossible.

Donc : autofinancer son film

Candides au pays de la production documentaire, nous nous faisons donc à l’idée d’autofinancer notre film (tous deux salariés en CDI). Et attention les mirettes : Paris – Yaoundé – Douala – Cotonou – Dakar – Paris, comptez 2 000 euros pour deux personnes pour quatre vols. Il faut donc les sortir et bosser en parallèle. C’est d’ailleurs début 2014 qu’on annonce à nos employeurs respectifs qu’on prendra jusqu’au plus petit jour de congé et du sans solde pour partir tourner.

Le tournage est finalement calé du 15 juillet à début septembre. Si les voies institutionnelles classiques ne nous réussissent pas, l’informel amicale de professionnels séduits par la pertinence de notre sujet marche à plein. On grappille une superbe caméra chez Paul Urbain, un appareil photo et des micros HF chez les Artisans du film, Jean-Baptiste Verwaerde nous initie au b.a.-ba du maniement d’une caméra (balance des blancs, zébra, mise au point, synchronisation du son, gérer ses ruhs, ses dérushs, ses cartes mémoire, etc… ), Oriane Juster, après avoir mis en forme nos malheureux dossiers de demande de subvention et créé le site, contribue largement en torturant le logiciel After Effects pour expliquer en deux minutes le pourquoi du comment des conflits fonciers africains.

À l’aéroport de Bruxelles, mi-juillet 2014, avant de sauter dans l’avion, nous mettons la dernière main à la campagne KissKissbankBank que nous ferons vivre en parallèle du tournage. Objectif : financer le montage à notre retour deux mois plus tard.

Mettre le point final

Au dernier trimestre 2014, on met le grappin sur deux monteurs, Baptiste Grandin et Ilhan Palayret si justement recommandés par Nicolas Servain. Ils acceptent de se fader les 1 219 minutes de nos images (20 heures grosso modo) pour nous en livrer 30 minutes au rasoir au terme de 6 semaines à temps plein. À condition d’être prêt au débat, à la discussion et au compromis, quel exercice passionnant que les allers-retours entre l’intention d’auteurs-réalisateurs et l’esprit faiseur du monteur!

Il nous faudra encore une voix (la très vénérée voix française de Will Smith, Greg Germain que nous avons défrayé d’une modeste chemise blanche à sa demande) enregistrée dans les studios d’Arte Radio lors d’une matinée mémorable (ici encore big up à Jean-Baptiste Verwaerde), un habillage visuel et un générique (ici encore big up à Oriane Juster).

Début mai 2015, finalement, le bébé est là. Et fait sa première à Paris. Passé l’émotion très sincère, un autre travail s’ouvre alors, non moins fastidieux (d’où les distributeurs !) : faire en sorte que le film soit vu, exercice difficile pour les mêmes raisons que celles évoquées lors de la production.

Dossiers, encore des bonnes âmes (coucou Rouge Productions et Jean Bigot) mails en pagaye à toutes les chaînes publiques (qui une à une nous répondront cordialement “intéressant mais pas dans la ligne éditoriale”), à tous les festivals qui pourraient avoir une dominante environnement – agriculture – Afrique…

Avec le modeste succès que vous savez et le petit espoir de continuer à faire vivre le film pendant une année encore. En parallèle, nous explorons aussi la piste de la distribution en direct via Vimeo, le site en ligne de partage de vidéos. La version professionnelle permet de proposer ses films à la location en streaming (dans notre cas à 5 euros pour un mois). Mais le taux de transformation de la bande-annonce au stream, inférieur à 3% selon Vimeo, permet tout juste de revenir sur le coût du compte professionnel (159 euros par an) après 1 000 visionnages de la bande-annonce.

Appel aux diffuseurs

Nous développons, enfin, une traduction en anglais, un webdoc (ici encore big up à Oriane Juster et Nicolas Servain) avec du texte, des vidéos inédites (cf. les 1 200 minutes plus haut), des photos et de la vidéo pour lequel, devinez quoi, nous cherchons un diffuseur.

Si notre documentaire perd évidemment de son actualité au fil des mois, le sujet des conflits fonciers, lui, va demeurer, voire s’intensifier. Le fond de son propos demeurera pertinent : des agriculteurs africains qui militent avec raison et succès pour mieux vivre de leur sol, sur un continent encore majoritairement rural.

Voir Et Maintenant nos terres ?

C’est par ici : https://vimeo.com/ondemand/maintenantnosterres
Pour contacter les réalisateurs par là : maintenantnosterres@gmail.com

Bild s’inspire de SnapChat Discover et lance BILD Daily, un JT vertical

Qui a dit que les médias européens n’étaient pas réactifs? BILD, le quotidien allemand, lance un journal vidéo en format vertical, en s’inspirant donc du service Discover présent sur l’application pour smartphone SnapChat.

Cela s’appelle BILD Daily, et ce sera diffusé chaque matin, à 10h, à la fois sur le site du journal, mais aussi et surtout sur les applications mobiles du groupe de presse allemand.

sous-titreLe format est doté d’un générique punchy, un compte à rebours apparait en haut à gauche pour montrer les secondes restantes sur un sujet et chaque JT est sensé durer entre 3 à 7 minutes. Le bandeau oblique en bas de la vidéo est toujours présent et présente des sous-titre. Ainsi, « pas besoin forcément de son » : on peut comprendre ce qui se dit à l’image en regardant les sous-titres.

Il ne s’agit pas d’un « tout images » : chaque JT aura son présentateur. Deux éditeurs présenteront : Laura Schlüter et Moritz Wedel.

Voici un exemple de video :

VIDEO – Jean-Marie Charon : les chantiers à mettre en place après la remise du rapport à Fleur Pellerin

Ce mardi 2 juin avait lieu au Ministère de la culture la remise officielle du rapport final de Jean -Marie Charon intitulé « Presse et numérique – L’invention d’un nouvel écosystème », dont l’Observatoire des Médias avait publié en exclusivité les bonnes feuilles.

Nous avons interrogé Jean -Marie Charon à l’issue de cette journée sur les chantiers à mettre en place après la remise du rapport :

(Contrairement au carton de présentation dans la vidéo, elle a bien été tournée le Mardi 2 juin……)

Voici le rapport :

 

Décapitation de James Foley : fallait-il montrer ces images?

Ce mardi soir, cela a été l’effroi sur Twitter lorsque j’ai vu partagé une capture d’une vidéo absolument atroce : la décapitation du photojournaliste indépendant américain James Foley. James Joley, qui travaillait pour le site GlobalPost et aussi pour l’AFP était détenu en Syrie depuis le 22 novembre 2012. ISIS, l’État Islamique, a mis en ligne ce mardi soir une vidé à sur la plateforme américaine YouTube. Une vidéo où l’on voit le journaliste américain à genoux, équipé d’un micro cravate, obligé de prononcer un discours dénonçant les actions de représailles américaines. Ensuite viennent les images de la décapitation.

Comme d’autres, j’ai fait une recherche sur Twitter afin de voir cette vidéo. Sur YouTube avant que la plate-forme ne la supprime.

Appels au non partage

Au bout de quelques minutes, ce que j’ai vu apparaître dans ma timeline, était à la fois un mélange de condoléances, mais aussi d’appels à ne pas diffuser les images de la décapitation, que ce soit la vidéo, ou des captures de celle-ci.

Salutaire. Ces images étaient atroces, et même si un journaliste peut se sentir investi par le devoir de voir ces images, elles sont tellement violentes que la diffusion à un large public n’est pas du tout souhaitable.

Macabre souvenir

Mais cette malheureuse histoire, survenue à un journaliste m’a rappelé un autre événement, une autre vidéo.
C’était il y a quasiment sept ans jour pour jour. Le 17 août 2007, le site du Nouvel Observateur mettait en ligne une très longue vidéo montrants deux nazis russes décapitant deux personnes.

l’url était bien claire :

http:// tempsreel.nouvelobs.com/ actualites/international/ europe/20070817.OBS0900/ une_video_de_nazis_russesexecutant_deux_personnes.html

…et le site du Nouvel Observateur ne se contentait pas d’un embed, d’une capture ou d’un extrait: la rédaction en chef du site avait choisi à l’époque d’héberger le fichier « haute résolution » de la vidéo sur son serveur. J’avais commis à l’époque un billet pour dénoncer cette pratique, appelé Patrick Fiole, le rédacteur en chef du site, puis appelé Michel Labro pour finalement obtenir que cette vidéo soit retirée du site.

À l’époque, Patrick Fiole (qui est décédé en mars 2011) ne voulait pas mettre hors ligne cette vidéo. Il revendiquait le fait de la faire connaître au grand public :

Un certain nombre d’internautes se sont émus de la mise en ligne, sur le site du permanent nouvelobs.com, d’une vidéo montrant une décapitation par des néonazis russes.
Cette vidéo a été mise en ligne vendredi 17 et définitivement retirée mardi 21 août.
Alors pourquoi ? Pourquoi l’avoir mise en ligne, pourquoi l’avoir retirée ?
La mise en ligne a été décidée par moi-même, rédacteur en chef du site. La veille, un article avait été publié sur le sujet dans Libération papier, puis un autre dans l’AFP.
La moindre des choses, à mes yeux, avant de relayer une telle information -la dénonciation de la barbarie nazie, qu’elle soit archéo ou néo, est toujours souhaitable- est de savoir de quoi on parle. Aussi ai-je recherché, et trouvé, la vidéo en question.
Effectivement, le document est choquant, très choquant : une décapitation au couteau et qui dure longtemps.
Après visionnage donc, je décide néanmoins de la passer en lien hypertexte dans l’article.
En voici les raisons, qui sont aussi des réponses à un certain nombre de mails ou d’interrogations d’internautes :

– Montrer n’est pas approuver, c’est informer. Sur le strict plan de l’information, il s’agissait de ne pas priver d’autres adultes (les sites d’information sont essentiellement regardés par des adultes) d’une information à laquelle nous, journalistes, avons accès. Tout dépend de l’appareil critique mis autour d’une telle vidéo. En ce qui nous concerne, nous avons indiqué clairement que les images étaient choquantes et avons publié le document à l’intérieur d’un article très complet sur le ralliement grandissant de jeunes Russes à des groupes néonazis, souvent à l’origine des attaques contre des ressortissants d’ex-républiques soviétiques d’Asie centrale ou du Caucase.
Bref, publier des images choquantes n’est pas a priori choquant : tout dépend comment on le fait, et, voir point suivant, pourquoi on le fait.

– Montrer, c’est dénoncer. Qu’est-ce qui a le plus fait contre la guerre du Vietnam ? L’image. Et, notamment, cette terrible photo d’un soldat américain tenant deux têtes décapitées de supposés Viêt-Cong ? Qu’est-ce qui a alerté l’opinion sur le scandale de la prison d’Abou Ghraïb, en Irak : la publication de photos de soldats américains en train d’humilier des détenus. Enfin, pourquoi montre-t-on des images de la Shoah, sinon pour en rappeler l’horreur ?

– Enfin, Internet n’est pas la télé. La même vidéo diffusée dans le cadre d’un journal télévisé n’aurait effectivement pas été acceptable : on regarde la télévision de manière passive, on ne sait pas forcément, à l’avance, ce qui va passer, un enfant peut passer par hasard devant l’écran etc. Sur internet, le comportement est radicalement différent. Ici, le clic est un acte volontaire, conscient, internet ne relève pas de la communication passive.

Voilà donc ma position.

Alors, maintenant, pourquoi avoir enlevé la vidéo contestée. Très simple : parce que Michel Labro, directeur de la rédaction, donc mon supérieur hiérarchique, lui-même très choqué par les images, a demandé de le faire. Ce qui est son droit et que je peux, aussi, comprendre.

Les temps ont changé.

Et je crois que c’est tant mieux.

Les journalistes doivent à mon avis, voir cette vidéo, pour être informés et à leur tour informer, et en cela je rejoins ce que disait ce soir Hugo Clément, reporter à France 2  :

mais tout le monde n’est pas d’accord :

Et cela se respecte aussi.

J’espère trouver le sommeil ce soir, et je vous salue.

Les trois petits cochons ou l’open journalism du Guardian

Inspirant, isn’t it?

This advert for the Guardian’s open journalism, screened for the first time on 29 February 2012, imagines how we might cover the story of the Three Little Pigs in print and online. Follow the story from the paper’s front page headline, through a social media discussion and finally to an unexpected conclusion


Pour les nostalgiques ou les parents, aux Éditions Milan :

Francis Pisani: « Jusqu’où peut on aller avec les médias sociaux? » & Comment suivre l’actu internationale

C’est la question que se pose Francis Pisani, et la question qu’il a posé à Clay Shirky (qui a répondu également aux questions de l’Observatoire des Médias) le lundi 31 janvier dernier, lors de la rencontre avec cette universitaire américain, organisé par Microsoft et sa revue Regards sur le Numérique.

Jusqu’où peut-on aller avec les réseaux sociaux?

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Sur son blog, Transnets.net, Francis Pisani parle aussi de cette question, à laquelle Clay Shirky répond, mais pas totalement :

En fait Shirky ne précise pas ce qu’il entend par “action” ou, plutôt, ne fait pas de distinction entre les différentes formes d’action. Or les évènements qui se déroulent en Égypte en ce moment nous invitent à nous demander jusqu’où les gens peuvent aller sans organisation quand le pouvoir est en question.

Je le lui ai demandé et il a répondu en citant Pierre Rosanvallon (La contre-démocratie ) pour qui il est plus facile de se réunir “contre” que de se réunir “pour”, de se rassembler contre Moubarak que pour former un nouveau gouvernement.

Shirky ne répond– avec justesse – qu’à la moitié de la question posée. Les “groupes synchronisés”, pour employer un de ses termes, peuvent tirer partie des “plateformes pour l’action civique”, et c’est un énorme pas en avant vers de nouvelles formes de participation. Ils peuvent peut-être renverser un pouvoir. Nous ne savons pas encore jusqu’où ils peuvent aller dans l’action politique.

Iran, Tunisie, Egypte, quels outils pourquoi?

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L’actu internationale? Si pauvre d’habitude, et lorsqu’elle devient plus présente, elle n’a pas de succès.

Gilles Klein, très au fait de l’actu internationale et précis dans les revues de presse qu’il fait pour Arrêt sur Images cite un article du Monde  :

Le 20 heures de TF1 tourne aujourd’hui autour de 27 % – il atteignait 33,2 % (soit 8,9 millions de téléspectateurs) le 8 décembre 2010, au plus fort des intempéries neigeuses de la fin de l’année. Même observation en ce qui concerne le JT de France 2, qui, a priori, s’adresse pourtant à un public plus féru d’actualité internationale : son audience a chuté à 19 %, après avoir frôlé les 21,9 % le 20 décembre 2010, soit au moment des premiers départs en vacances.

Frank Nouchi dans Le Monde confirme le peu de crédit de l’info internationale auprès du public français :

Non, ce n’est pas vraiment une surprise. « Le fait que les sujets de proximité soient, à la télévision, davantage fédérateurs que les grands événements internationaux n’est pas nouveau, rappelle le quotidien. «La Corrèze plutôt que le Zambèze», avait théorisé il y a bien longtemps le journaliste Raymond Cartier. »

Aussi, à un certain moment, s’il on veut véritablement s’informer su ces sujets, il faut se pendre en main.

Se fabriquer son fil d’actu internationale

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Maintenant, vous savez :-)

Frank Nouchi, dans sa chronique, dit un peu la même chose :

Dans la mesure où de tels événements peuvent aujourd’hui être suivis en direct et en continu sur de nombreux médias, il serait intéressant de savoir combien de personnes ont choisi de s’informer sur ce qui se passe en Tunisie ou en Egypte en regardant les chaînes d’info françaises ou étrangères ou les sites des grands journaux. Sans parler de la radio, de Facebook ou de Twitter. Faites l’expérience avec un iPad : de l’applications du New York Times à celle du Financial Times en passant par la BBC, France 24, BFMTV et iTV, vous verrez, non pas tout, mais beaucoup de ce qui se passe là-bas.

On notera qu’il ne parle pas des applications maison. Pan sur le bec !

VIDEO : Alain Weill : «J’ai un problème global par rapport à France24»

C’est parti d’une déclaration d’Alain Weill, patron du groupe NextRadioTV, que j’ai interpellé via Twitter :

 

La réponse d’Alain Weill :

Je décroche mon téléphone et je demande une interview. J’ai donc rencontré le patron du groupe NextRadioTV, au septième étage de leurs locaux dans le sud de Paris.

La voici, chapitre par chapitre.

Les finances du groupe : « la société est totalement controlée »

Cette année le groupe redevient bénéficiaire en résultat net.

BFMTV devrait être pour la première fois à l’équilibre en 2011 […]Nous serons les premiers à y être bénéficiaires parmi les nouveaux entrants de la TNT

Avec 49,8% des droits de vote, la société est totalement controlée

« J’ai un problème global par rapport à France 24 »

France 24 a fait un choix original de diffuser ses programmes en anglais ou en arabe à l’étranger. J’étais moi-même en vacances au Vietnam à Noël, et effectivement  j’ai pu regarder France24 en anglais, ce qui me paraît complètement ubuesque, et en tous les cas qui ne permet pas aux francophones d’avoir une chaîne d’information à l’étranger.

Moi j’ai un problème global par rapport à la chaîne, parce que  elle est née à peu près en même temps que nous, elle a la chance de bénéficier d’un budget plus du double que nous, sur fonds publics. Pour une entreprise privée comme la nôtre, indépendante, c’est toujours difficile de voir un concurrent qui peut parfois débaucher des gens chez nous en proposant des salaires beaucoup plus élevés, parce que c’est de l’argent public, c’est beaucoup moins contrôlé que dans une entreprise privée, et pour un résultat qui parfois qui peut être contesté, même si je ne pense pas non plus que France24 soit une mauvaise chaîne, je la regarde comme tous nos concurrents,  les journalistes font du bon travail, ils sont présents, mais c’est plus son statut qui me gêne que la réalité du travail quotidien de la rédaction.

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Pour la Tribune, j’ai préféré passer la main, j’ai pensé que Valérie Descamps se consacrant à plein temps au journal était la mieux à même de poursuivre le redressement du journal. Mon passage à la Tribune pendant 2 ans fait incontestablement partie du plan de redressement, et on a bien travaillé

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>>>> Mise à jour

Les piques d’Alain Weill envers France 24 ont intéressé l’AFP qui a fait une dépêche :

La dépêche sur le site de TeleObs;
La dépêche enrichie de la vidéo sur Ozap:

Alain Weill, patron du groupe NextRadioTV qui comprend notamment BFM TV, n’apprécie pas que France 24 recrute des gens parmi le personnel de sa chaîne d’informations, “en proposant des salaires beaucoup plus élevés parce que c’est de l’argent public”.

J’ai un problème global par rapport à la chaîne (France 24). Elle est née à peu près en même temps que nous, elle a la chance de bénéficier d’un budget de plus du double que nous, sur fonds publics”, confie Alain Weill dans un entretien accordé àl’Observatoire des médias. “Pour une entreprise privée comme la nôtre, indépendante, c’est toujours difficile de voir un concurrent qui peut parfois débaucher des gens chez nous en proposant des salaires beaucoup plus élevés, parce que c’est de l’argent public”, ajoute-t-il.

Alain Weill a par ailleurs commenté le choix de l’AEF (Audiovisuel extérieur de la France) de diffuser en anglais ou en arabe à l’étranger. “J’étais moi-même en vacances au Vietnam à Noël et j’ai pu regarder France 24 en anglais, ce qui me paraît complètement ubuesque”, a-t-il lancé, car cela “ne permet pas aux francophones d’avoir une chaîne d’information à l’étranger”.

Le lendemain, deuxième dépêche avec la réaction d’Alain de Pouzilhac :

La dépêche reprise sur le site Orange Actu mais aussi, sur celui de France 24 :

AFP – Alain de Pouzilhac, PDG de France 24 et patron de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), a estimé mardi que son homologue de NextRadioTV, Alain Weill, parlait d’un sujet qu’il ne connaissait pas en critiquant la diffusion de France 24 en anglais au Vietnam.

« Alain Weill parle d’un sujet qu’il ne connaît pas, ça fait plus d’un an que nous demandons notre licence en français qui nous est refusée parce qu’il y a un gel de toutes les licences », a expliqué à l’AFP M. de Pouzilhac.

La veille, le patron du groupe NextRadioTV, qui comprend notamment BFM TV, avait jugé « complètement ubuesque » d’avoir dû regarder France 24 en anglais alors qu’il était en vacances au Vietnam à Noël. Cela « ne permet pas aux francophones d?avoir une chaîne d?information à l?étranger », avait-il affirmé dans un entretien accordé à l’Observatoire des médias.

M. Weill s’était également ému du recrutement qu’effectuerait France 24 parmi le personnel de BFM TV. « Nous ne savons pas de quoi il parle », a réagi M. de Pouzilhac, en soulignant que « la différence entre France 24 et BFM TV était importante et se faisait sur les langues: tous les collaborateurs de France 24 doivent être bilingues ».

Pour revoir toutes les vidéos :

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==> un énorme merci à dvjproduction.com qui a réalisé l’animation avec mon logo.