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Ad Tech : The Atlantic ouvre un nouveau front judiciaire contre le monopole de Google

Ad Tech : The Atlantic ouvre un nouveau front judiciaire contre le monopole de Google

La révolte des éditeurs contre la « boîte noire » publicitaire de Google s’accélère. Au lendemain d’une plainte similaire déposée par Penske Media, le magazine centenaire The Atlantic attaque à son tour Alphabet devant la justice fédérale. L’accusation est gravissime : manipulation, fraude et maintien illégal d’un monopole, relate Corbin Bolies sur The Wrap.

La mécanique du « Juge et Partie »

Dans une plainte fleuve de 94 pages, The Atlantic démonte le système mis en place par Mountain View. En contrôlant à la fois les outils de vente (côté éditeurs) et d’achat (côté annonceurs), Google aurait verrouillé le marché pour empêcher les médias de solliciter des enchères concurrentes.
Le résultat ? Une baisse artificielle des prix pour les éditeurs, tandis que Google « récolte des profits monopolistiques exorbitants ». Une situation qui fragilise encore davantage un secteur déjà percuté par l’arrivée massive de l’IA dans les rédactions.

Des promesses jugées trompeuses

Le point le plus accablant de la plainte concerne la duplicité présumée du géant américain. Alors que Google vendait ses outils comme des accélérateurs de revenus pour la presse, The Atlantic affirme que la réalité interne était tout autre. Les avocats citent des échanges où les équipes de Google reconnaissaient elles-mêmes que ces pratiques réduisaient la valeur des inventaires et que les manipulations des enchères étaient « intrinsèquement injustes ».

L’étau se resserre sur la Big Tech

Cette action s’appuie lourdement sur la récente décision du juge Leonie M. Brinkema (Virginie), qui a statué que Google avait maintenu illégalement un monopole sur certaines technologies publicitaires.
Pour The Atlantic, il ne s’agit pas seulement de récupérer des revenus perdus, mais de « restaurer la concurrence » pour protéger la production d’une information fiable. Un enjeu démocratique majeur, à l’heure où les frontières du vrai se brouillent avec l’émergence de technologies facilitant la désinformation.

Le Département de la Justice (DOJ) réclame désormais le démantèlement de la branche Ad Tech de Google. Le verdict sur les remèdes à apporter est attendu cette année.

Source de l’image : intervention de Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef de The Atlantic à l’Université Chicago Institute of Politics

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