Touche pas à mon journalisme, l’impossible autocritique des médias

La France n’est que 38ème au classement mondial de la liberté de la presse et, sans les aides de l’État, la plupart des journaux mettraient la clé sous la porte. Mais, le corporatisme, l’autocensure, et l’aveuglement idéologique empêchent la profession de faire son autocritique, pourtant nécessaire.

Précision : cet article, écrit et commandé il y a un an tout juste, n’a jamais été publié. On m’a reproché un angle trop flou et des interlocuteurs trop partiaux. Je vous laisse en juger.

Le quatrième pilier de notre démocratie est malade. La France est seulement 38ème au classement mondial de la liberté de la presse, près d’un Français sur deux n’a pas confiance en les médias et lesventes de journaux sont à la peine. Manque de neutralité, d’indépendance envers les pouvoirs politiques et économiques, la dernière cuvée du Baromètre TNS Sofres/La Croix, bien qu’imparfait, en dit long sur la défiance des Français envers ceux qui sont censés les informer.

« La question [de la crédibilité] des médias se pose dans la population », avouait Maurice Szafran, PDG de Marianne, lors d’une journée de débats organisée par Libération. Pourtant, quand il s’agit de porter un regard critique et panoramique sur leur fonctionnement et leur financement, d’informer sur l’information, les médias dominants sont aux abonnés absents.

Le poil à gratter de la profession

Car, « même s’il existe des rubriques et des émissions se positionnant comme critique des médias, les médias en question vont s’en servir pour critiquer les pratiques de la concurrence », estime Jean-Marie Charon, sociologue des médias au CNRS. Pour Henri Maler, animateur d’Acrimed, une association qui passe au crible les dérives médiatiques, les journalistes spécialisés médias jouent le rôle de poil à gratter de la profession.

Ce n’est pas leur compétence ou leur professionnalisme qui est en cause, mais plutôt l’étendue limitée de leur champ de travail.chiens-garde-rc« Aujourd’hui, un certain type de critique existe,reconnaît Yannick Kergoat, co-réalisateur des ‘nouveaux chiens de garde’, un film dénonçant les dérives des médias français. Mais c’est un produit médiatique comme un autre, une critique de surface mais surtout pas une critique radicale. Les médias vont dénoncer les bidonnages ou certains dérapages de leurs confrères, mais la question de la propriété privée des médias, par exemple, n’est jamais abordée, ou si peu ».

Certes, Augustin Scalbert, journaliste à Rue89, a enquêté sur les censures de Bernard Arnault, homme le plus riche d’Europe et patron de presse, ainsi que sur l’influence de Serge Dassault sur les journaux qu’il détient. Mais ces articles sont trop rares. « On est une des rares rubriques médias à couvrir les problèmes éditoriaux en France », explique le journaliste. En effet, il est des questions que peu de journalistes se posent. Est-il normal qu’Arnaud Lagardère, un marchand d’armes, tributaire des commandes de l’Etat, soit à la tête du premier groupe de presse français ; ou qu’en 2008, la compagne du ministre des Affaires Etrangères soit parachutée à la tête de l’audiovisuel extérieur français ? Et où diable sont les articles qui nous expliquent pourquoi la France est 38ème au classement de la liberté de la presse, derrière le Niger ?

Assurément pas dans les rubriques médias des médias dominants où les articles critiques sont noyés dans un flot d’informations aussi essentielles que l’audience exceptionnelle des émissions de variété sur TF1le tacle de Nicolas Sarkozy à la compagne journaliste de François Hollande ou le succès d’une vidéo sur les bobos parisiens.

Et quand les journalistes s’intéressent à des sujets aussi cruciaux que leur indépendance, le résultat est spectaculairement consensuel, le but étant de ne froisser personne. Ainsi, le reportage de LCP intitulé « journalistes et politiques les liaisons dangereuses » est un exemple probant de la réticence des journalistes à laver leur linge sale en public. Au terme de 30 minutes d’une « enquête » lénifiante, la reporter conclut en disant que « les journalistes d’aujourd’hui semblent moins contrôlés par le pouvoir et donc plus libres de [n]ous informer ». On aimerait pouvoir la croire.

Mise au ban médiatique

Si les simulacres d’enquête de ce genre sont généralement bien acceptés par les élites journalistiques, les investigations plus poussées dérangent. En effet, ceux qui s’attèlent à mettre en lumière certains problèmes doivent s’attendre à une levée de boucliers. Quand Xavier Ternisien, journaliste au Monde, a publié en 2010 un article sur les conditions de travail des journalistes web, la réponse indignée de ceux qu’il appelait « les forçats de l’info » fut immédiate. Pourtant, ce n’est pas la compétence des journalistes qui était remise en cause, mais bien la difficulté d’exercice de leur profession. Qu’importe, on ne touche pas à la profession sans retour de bâton. « On peut parler de réactions corporatistes », reconnaît Augustin Scalbert.

Et si, dans le cas de Xavier Ternisien, le soufflet est rapidement retombé, ceux qui se sont essayés à une critique radicale en ont payé de leur carrière dans les médias dominants. Pierre Carles qui a réalisé plusieurs films critiques sur le fonctionnement de la télévision a été mis au ban médiatique. Son documentaire « pas vu pas pris » a été diffusé sur la chaîne belge RTBF, faute de trouver preneur en France.

Même sort pour Pierre Péan. Il est devenu le mouton noir de la profession pour avoir co-écrit « la face cachée du Monde », œuvre qui n’a pas plu à la direction du quotidien du soir. C’est d’ailleurs pour avoir voulu organiser un débat télévisé entre les auteurs du livre et la direction du Monde que Daniel Schneidermann, alors critique télé au Monde, a été licencié. Edwy Plenel, directeur de la rédaction à l’époque, est venu lui rappeler qu’il était plutôt malvenu de cracher dans la soupe. «Il faut savoir où tu es, Schneidermann. Si tu es dedans ou dehors », s’était-il écrié, furieux. Quelques mois plus tard, Schneidermann était renvoyé pour avoir enfreint l’article 3b de la convention des journalistes, qui précise qui si les journalistes ont le droit d’avoir une opinion, « l’expression publique de cette opinion ne [doit] en aucun cas porter atteinte aux intérêts de l’entreprise de presse dans laquelle ils travaillent ». Pour faire simple, les journalistes peuvent dire ce qu’ils souhaitent, tant que cela ne déplaît pas à leur direction.

bourdieuQuatre ans plus tard, l’ancien employé impertinent du Monde s’est de nouveau heurté à la difficulté de critiquer les médias dans les médias et s’est faitlimoger de la télévision publique car son émission, Arrêt sur images, irritait la direction. Celui quis’opposait à la critique radicale des médias de Pierre Bourdieu en 1997 a depuis musclé son discours. « Les journalistes ne sont pas libres de dire ce qu’ils pensent, ou ce qu’ils savent », a-t-il ainsi déclaré au micro de France Inter en 2010. Au vu des risques inhérents à la pratique de la critique des médias, on comprend pourquoi les journalistes délaissent ce terrain.

La loi du silence

En effet, «  l’auto censure des journalistes est grande, surtout en période d’incertitude comme celle-là. Chacun tient à son poste et à son salaire », confirme Emmanuel Vire du syndicat de journalistes SNJ-CGT. Serge Halimi, directeur du Monde Diplomatique résume la situation : « au bout de plusieurs remarques de votre chef, vous comprenez les possibilités offertes par tel ou tel journal, puis très vite vous vous en contentez ; et vous aurez le sentiment de bien faire votre travail, dans les limites qui vous sont assignées. Quand vous arrivez à trouver un poste relativement bien payé et bien considéré, vous faîtes les concessions nécessaires pour le garder ».

D’autant plus qu’investiguer sur le monde de l’information n’est pas chose aisée. « Quand on enquête sur l’audiovisuel public, les journalistes n’osent jamais témoigner à visage découvert », affirme Augustin Scalbert qui a récemment écrit un livre sur les coulisses de France Inter. Et « dans les médias privés, ce n’est pas impossible mais c’est très difficile », ajoute-t-il. En effet, rares sont les journalistes qui acceptent de s’épancher publiquement sur les dérives de leur titre. C’est donc généralement les syndicats ou un membre de la Société des journalistes (SDJ) qui s’expriment.

Vu que certaines rédactions disposent d’un organe censé servir de contre pouvoir à la direction, on pourrait croire que les problèmes surgissent rapidement au grand jour. Sauf que même les SDJ s’autocensurent. « Ils ne veulent pas crier au loup et se plaindre pour ce qu’ils considèrent être des détails, de peur de ne plus être crédible en cas de vrai problème », ajoute Augustin Scalbert.

Et les journalistes syndiqués ne sont pas beaucoup plus libres, malgré un statut censé les protéger. Ainsi, Eric Marquis, membre du Syndicat national des journalistes (SNJ – majoritaire) et journaliste à l’Express a reçu deux avertissements de la part de sa hiérarchie pour avoir critiqué la « peopolisation » de l’hebdomadaire et les plans sociaux au sein du groupe. L’affaire, en cours d’instruction aux prud’hommes, révèle combien il est difficile pour un journaliste, fut-il syndiqué, de remettre en cause certaines pratiques de son titre. Pour Alexis Guedj, avocat d’Eric Marquis, « c’est une forme de censure déguisée. Le représentant syndical, s’il craint pour son emploi, va se méfier lorsqu’il va tenir des propos, voire ne pas en tenir du tout. Si on pousse la réflexion un peu plus loin, ça pourrait influencer d’autres délégués syndicaux qui vont y regarder à deux fois avant de prendre la parole ».

Déni de réalité

Les rédacteurs en chef censurent, les journalistes, les représentants syndicaux et les sociétés des rédacteurs s’autocensurent, le corporatisme règne… Il n’est donc pas aisé, dans un pays qui consacre la liberté d’expression, de s’attaquer aux travers du journalisme. Mais certains dinosaures de la profession persistent à nier l’évidence, considérant qu’ « il est tout à fait possible de critiquer les médias dans les médias. C’est ce que je fais depuis 30 ans », assure Renaud Revel, chef de la rubrique médias de l’Express. Pourtant, ce dernier accepte difficilement la critique, surtout quand elle vient de l’extérieur.

En effet, il n’a pas beaucoup apprécié le film « les nouveaux chiens de garde », qui met en lumière les dérives du système les-nouveaux-chiens-de-garde-film-imagemédiatique. Pour le faire savoir, il a écrit un billet lapidaire et a tendu son micro à Laurent Joffrin pour qu’il puisse diretout le mal qu’il pense de l’œuvre. Sorti au début de l’année, ce pamphlet tiré du livre éponyme de Serge Halimi (qui a participé à l’écriture du film) et qui s’inscrit dans la lignée du travail de critique radicale des médias de Pierre Bourdieu ou Pierre Carles, n’a pas plu à l’intelligentsia journalistique. En soulignant, la connivence de certains journalistes avec le pouvoir, l’influence des patrons de presse sur le contenu éditorial et l’absence de pluralisme des idées, les auteurs du film ont lancé un pavé dans la mare médiatique. Et les éclaboussures ne se sont pas fait attendre. Si certains journaux ont publié des critiques équilibrées, les principaux concernés ont répondu soit par l’ignorance, soit par le dédain et le dénigrement.

Plutôt que de s’interroger sur les pratiques dénoncées dans le film, ils ont botté en touche, s’offusquant qu’on puisse ainsi remettre en question leur indépendance. Ces réactions montrent l’incapacité des élites journalistiques à reconnaître leurs torts et à accepter que d’autres les révèlent.

Renaud Revel, qui se présente comme le « plus ancien dans le métier » de journaliste médias, en est un bon exemple. « Je réfute les accusations portées par le film, annonce-t-il. C’est un enchaînement d’amalgames et de clichés absolus. De la nomenklatura journalistique qui entretenait des liens de connivence avec le pouvoir, il ne reste que Mougeotte [ndlr – directeur de la rédaction du Figaro]. Je pense que l’époque a changé ».

D’après le spécialiste-ès-média de l’Express, l’influence des industriels sur les lignes éditoriales des journaux relève du fantasme. Presque de la théorie du complot. Quant à la question du dogme libéral véhiculé par les médias que le film dénonce, « il a volé en éclat avec la crise », assure-t-il. Sauf à considérer qu’Alain Minc ou Jacques Attali, toujours aussi présents médiatiquement, défendent des thèses altermondialistes depuis 2008, on peut douter de la véracité de cette affirmation.

Mais là encore, Renaud Revel a une explication. Si la plupart des éditorialistes et des experts sont des partisans du libéralisme, c’est parce que les rédactions ont « beaucoup de mal à trouver des talents à gauche. Les personnalités originales manquent », avance-t-il. Avec cynisme, il ajoute, en parlant de son journal, qu’il est « très difficile de dénicher des nouvelles signatures. Donc on va chercher au plus simple, par paresse, par tropisme ». Et si les patrons se tournent vers des experts libéraux, « c’est parce qu’il y a beaucoup de consanguinité, les passerelles sont grossières entre journalistes et acteurs du monde économique. Tout le monde bouffe à la même table depuis longtemps et des amitiés vraies se sont nouées ». Un aveu de la part de Renaud Revel ? Non, sûrement pas. Il insiste sur le fait que « consanguinité n’est pas synonyme de connivence ».

Celui qui considère que le livre de Serge Halimi « les nouveaux chiens de garde » était « une petite merveille », pense que le film, dont il s’inspire, « n’est plus du tout d’actualité. Ce qui était vrai il y a dix ans ne l’est plus aujourd’hui », estime-t-il. Il oublie que le Président de la République nomme les dirigeants de l’audiovisuel public et fait renvoyer Porte et Guillon de France Inter, et Alain Genestar de Paris Match. Il occulte le fait que la presse régionale est gangrenée par les situations de monopole, et que dire de l’audiovisuel. De tels trous de mémoire sont surprenants pour un journaliste spécialisé dans les médias.

Pour lui, « La seule chose que les médias n’ont pas réglé aujourd’hui, ce sont les liens malsains qu’ils entretiennent avec leurs annonceurs ». En ce sens, il apparaît presque comme un iconoclaste et un radical comparé à Maurice Szamirefran et Nicolas Demorand qui soutenaient lors d’une conférence que « plus de pub, c’est plus d’indépendance »Les journalistes de Géo, qui ont vu leur article censuré, parce qu’il risquait de déplaire à Bernard Arnault, un gros annonceur, seront sûrement ravis de l’apprendre.

Plus que la censure, c’est donc l’aveuglement ou la résignation des élites journalistiques face à leur perte d’indépendance au profit des pouvoirs économiques qui empêche toute autocritique.« Dans les années 80, on a beaucoup parlé des questions de concentration et de pluralisme des médias,rappelle Jean-Marie Charon. Puis il y a eu des débats au niveau législatif mais ils n’ont pas abouti. Peut-être que les journalistes ont arrêté de traiter le sujet par fatalisme, parce qu’ils ont admis que la concentration était un phénomène inévitable ». 

Independance day

Comme on imagine mal les traders dénoncer les excès de la finance qui leur assure des revenus confortables, les patrons de presse et l’élite journalistique rechignent à remettre en cause leur dépendance vis-à-vis des pouvoirs économiques (annonceurs, investisseurs, patrons…). Pour Pierre Rimbert, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, si l’on ne retrouve pas de critique radicale des médias dans les médias dominants, « c’est parce qu’une telle critique conduirait à saper les fondements économiques et idéologiques sur lesquels repose la presse dominante. L’idée notamment que l’information est une marchandise ; que les lois du marchés sont « naturelles », qu’elles s’appliquent donc à la presse comme à la culture des choux-fleurs, etc. La critique radicale des médias conteste ces présupposés. Elle prône la production d’une information hors-marché : un service dû au public. Pour les dirigeants d’un hebdomadaire comme Le Nouvel Observateur ou Le Point, dont l’activité consiste davantage à vendre de la publicité aux annonceurs qu’à procurer de l’information aux lecteurs, cette proposition est difficilement acceptable ».

Et on touche là au cœur du problème. Pour que la critique des médias puisse s’exercer librement, elle doit sortir des circuits classiques. Car en acceptant la logique et les conséquences de la dépendance aux annonceurs et aux investisseurs, les médias se privent d’une autocritique pourtant nécessaire.

Face à la pression des directions, au niveau de précarisation des journalistes et au poids du corporatisme, la critique de la dépendance économique des médias n’a pas sa place. « Les journalistes sont obligés de trouver une structure économique indépendante pour faire ce travail », confirme Jean Marie Charon. C’est la voie qu’ont choisi d’emprunter Mediapart et @rret sur images, sites financés par leurs seuls lecteurs. Cette indépendance leur confère une liberté de critique dont peu de journaux peuvent se targuer, et le ton des articles le montre bien.

Prise de conscience

Cette volonté d’indépendance de la part de journalistes ayant longtemps travaillé pour des organismes de presse contrôlés par l’Etat ou par des investisseurs privés –et qui ont, à cette période, farouchement dénigré la critique radicale des médias- est révélatrice d’une prise de conscience. Car si la critique des médias est encore rare dans les médias dominants, « la plupart des journalistes sont choqués par les interventions de patrons sur leur ligne éditoriale », estime Augustin Scalbert. « Notre travail a été très bien accueilli par les syndicats de journaliste et bon nombre de journalistes n’attendent qu’une chose, c’est d’être débarrassés de cette camarilla qui truste toutes les positions pour défendre une idéologie néolibérale depuis 15 ans », confirme Serge Halimi.

Et c’est peut-être les lecteurs qui pousseront les médias à parler plus ouvertement de leurs dérives. En effet, le public s’intéresse aux questions relatives à l’indépendance des médias. En témoignent les 250 000 exemplaires vendus du livre de Serge Halimi, les près de 10 000 visiteurs quotidiens du site d’Acrimed ou les plus de 100 000 spectateurs qui ont vu le film les nouveaux chiens de garde. Les patrons de presse ne pourront pas ignorer éternellement les questions que se posent leurs lecteurs, au risque de les perdre. Selon Yannick Kergoat, co-réalisateur du film, il y a des raisons d’espérer. « Des écoles de journalisme nous ont contacté pour animer des projections du film suivies de débats avec les élèves ».

La critique des médias fait son chemin, pour l’instant en dehors des médias dominants et sans leur appui. Mais une prise de conscience des journalistes et de la population pourrait pousser les patrons de presse à être plus curieux au sujet de leurs pratiques, et pourquoi pas à les remettre en question. C’est la légitimité du quatrième pilier de notre démocratie qui est en jeu.


Emmanuel Daniel

Billet publié initialement sur Zarmag.

  • VincentGirard

    Quand on songe que même le daniel schneiderman de daniel schneiderman (à savoir pierre carles) est un gauchiste incapable de critiquer sa propre vison du monde

    et que même le pierre carles de pierre carles (à savoir soral) est … heu … non

    bon ben soral alors

    • Emmanuel Daniel

      Je n’ai pas compris le sens de votre commentaire.

  • Gilbert

    Quand vous dites « on m’a reproché un angle trop flou et des interlocuteurs trop partiaux », c’est qui, « on » ?

    • Emmanuel Daniel

      Cet article n’est pas un règlement de compte ! J’ai simplement considéré que cet article pouvait être intéressant, Le fait que plusieurs journalistes relaient l’article montre que la question mérite d’être posée. Pour en avoir discuté longuement avec le rédac chef en question, je suis persuasé qu’il est de bonne foi et qu’il n’est tout simplement pas d’accord avec le fond de l’article. Je ne crie pas à la censure, je constate simplement une différence de point de vue. Il est en droit de refuser de publier un article dont il ne partage pas le message prinicipal : l’autocritique des médias dominants est structurellement (presque) impossible (Daniel Schneidermann en est le meilleur exemple).
      Précision importante : il m’a été proposé de « retravailler en profondeur » l’article. Ce que j’étais dans un premier temps prêt à faire, mais que j’ai ensuite refusé. J’ai en effet considéré qu’on ne me demandait pas d’améliorer l’existant mais bien d’écrire un autre article.
      Je précise que j’ai également publié l’article dans l’état dans lequel je l’ai envoyé au rédac chef (j’ai corrigé quelques coquilles et répétitions mais il en reste un paquet !). A l’occasion je le mettrai à jour (il a un an) et je retravaillerai quelques passages qui sont un peu lourds.

  • Les Indignés du PAF

    L’énergie de tous se rejoint. Les choses sont en train de changer. Les rédactions se rebellent et veulent ouvrir les colonnes, les antennes… à d’autres idées. Il faut garder espoir. On y croit, nous, en tous cas. Il se passe quelque chose… à Médiapolis! :)
    Les indignés du PAF

    • Emmanuel Daniel

      Pour qu’il y ait amélioration, il faut d’abord qu’il y ait prise de conscience. Je pense qu’il y eu du chemin de parcouru mais je ne partage pas totalement votre optimisme ! Je constate en effet que beaucoup de journalistes ne questionnent pas assez le cadre de pensée actuel. Leur trop grande proximité idéologique avec les pouvoirs les empêche de les remettre en question. Et ça commence dès l’école de journalisme (cf « les petits soldats du journalisme » de François Ruffin). L’appelation de « chiens de garde n’est pas usurpé pour les journalistes les plus en vue. La plupart des journalistes ne mettent pas autant de ferveur que leurs prestigieux confrères à défendre les élites, mais ils n’interrogent que rarement la légitimité de cette domination. Mais je développerai ça dans un autre article ;)