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Aujourd’hui, c’est le bouffon qui est sur le trône (Alain Finkielkraut)

Aujourd’hui, c’est le bouffon qui est sur le trône (Alain Finkielkraut)

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medias-sous-controle.jpgTout a commenccé avec un évènement sur Facebook. Je suis invité, ou je m’inscrit, je ne sais plus, et j’y suis allé hier soir. Pas facile d’organiser un tel débat sur le sujet.
C’est la radio de Sciences Po qui organisait, avec une brochette de jolies jeunes filles pour l’organisation (Anavril, Anita, Arthur, Charlotte et Marie), le tout autour du maître de cérémonie Augustin Scalbert (Rue89) qui a posé des bonnes questions, mais qui n’a pas toujours eu les réponses qu’on aurait pu espérer.

La conférence-débat avait ce pitch et ces invités:

Partant de l’idée qu’il n’y a rien de plus fertile et de plus amusant qu’une bonne polémique, nous faisons venir à Sciences Po un petit groupe de personnalités qui, pour dire le moins, n’ont pas exactement les mêmes idées sur les médias et la censure :

Alain Finkielkraut (Philosophe)
Edwy Plenel (Fondateur de MediaPart)
Daniel Schneidermann (Arrêt sur images)
Hervé Bourges (Ancien Président du CSA)
Rémy Rieffel (Sociologue des médias)

Sachant que l’un a débarqué l’autre, que celui-ci déteste celui là, qu’une rivalité haineuse divise ces deux autres, on peut s’attendre à des joutes superbes et enflammées le 5 juin en amphi Boutmy.

Viens nombreux si tu l’oses !

Finalement, Edwy Plenel, empêché, s’est fait remplacer par son acolyte Laurent Mauduit.



Alors autant le dire tout de suite, même si je trouve les projets de Schneidermann et de Plenel intéressants, j’aurai aimé entendre un peu moins la promo des sites payants de ces messieurs: on a même entendu une comparaison des prix de l’abonnement, Et Augustin avait raison de rappeler à ces messieurs que Rue89 se débrouillait bien avec sa publicité.Hervé Bourges a parlé, pas assez fort, et à la fin, il a répété, sur son chemin de descente depuis le pupître trois fois, aux trois personnes qu’il a croisé sur son chemin « c’était court, non?« . Ensuite vint Alain Finkielkraut, et même si il n’est est pas au fait des avantages que pourrait peut-être lui apporter l’internet, même si il dit des âneries, il restait quelqu’un d’intéressant à écouter (lors de son intervention au pupître), sans doute plus que les promoteurs de projets. On a donc eu droit à un véritable cours magistral, et cela tombait bien, puisque le même Finkielkraut regrette la disparition de ces cours magistraux («Je m’inquiète de la marginalisation de l’enseignement des cours magistraux dans les lycées»).

Quelques phrases glanées :

«L’esprit Canal Plus se diffuse partout, les amuseurs sont partout»
«Aujourd’hui, c’est le bouffon qui est sur le trône»
«Les médias doivent nous dire ce qui se passe, et faire nâitre le débat, mais ce n’est pas un contre-pouvoir»
«Haaretz est bien plus un contre pouvoir qu’un contre système»
«Le journaliste est celui qui nous rappelle des vérités inconfortables, mais qui doit se les rappeler à lui-même»

Ensuite est venu un petit débat auquel s’est joint Rémy Rieffel, sociologue des médias (une de ses élèves, Sophie Falguères, a publié deux articles dans les colonnes de l’Observatoire des Médias (Vers un journalisme ordinaire ? et Interactivité et PQN : quand la parole des lecteurs reste aux portes des rédactions web)

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J’ai trouvé, au moment des questions, que peu d’étudiants de Sciences Po avaient sollicité le micro (contrairement à ce que l’on voit sur les photos de Marco Magraner que je remercie, je ne l’ai pas monopolisé!)

Et puis il y a eu le cocktail. Un bon vin blanc. Et une scène charmante, avec Daniel Schneidermann qui était en train de convaincre une enseignante, ancienne téléspectatrice de Arrêt sur images sur France 5, de se rendre sur le site nouvelle formule.

Elle a promis qu’elle ferait un effort.

 

 

View Comment (1)
  • Ton article donne envie de débattre quand même! Par exemple sur les cours magistraux, c’est vrai qu’il s’agit souvent d’une belle performance mais que seule elle ne sert à rien. Ou encore j’ai envie de dire qu’il n’y pas de contre-pouvoir et uniquement des pouvoirs, histoire de provoquer un peu. Sur le journalisme… cette affirmation vaut un peu pour tout le monde, quand même (je sais pas à quoi il sert sinon comme philosophe, même le bouffon sur le trône c’est pareil). En fait je crois que c’est très simple: que le journaliste sert avec sa compétence qui est de raconter des histoires.

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