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Notify: Facebook mise sur les notifications et le glance journalism. Bye bye Twitter?

Les innovations s’enchaînent chez Facebook. Depuis hier, l’application « Notify », dont certaines caractéristiques avaient déjà fuité depuis cet été, est enfin disponible pour iOS aux Etats-Unis. Cette nouvelle application propose à ses utilisateurs des sélections de notifications couvrant une multitude de domaines centrés sur l’actualité et le divertissement.

Comment ça marche?

Pour lancer le service, il faut tout d’abord s’abonner à 3 stations. Une station est un fil thématique de notifications créé par un éditeur. Afin de faciliter la découverte et l’ajout de nouvelles stations, Facebook se base initialement sur le profil Facebook de l’utilisateur.

Les stations sont également regroupées sous forme de catégories (business, célébrités et rumeurs, culture, divertissement, beauté et mode, nourriture et boissons, drôle, jeux vidéos…) ou par sources.

Certaines stations offrent également des substations afin d’affiner davantage les notifications qui seront affichées. Il est possible d’afficher les 20 dernières notifications envoyées pour se faire une idée du contenu proposé.

Aperçu des catégories et des stations
Aperçu des catégories et des stations
Aperçu des options disponibles pour Bloomberg Business et CBS Sports
Aperçu des substations disponibles pour Bloomberg Business et CBS Sports

On peut se contenter de lire simplement ses notifications au fur et à mesure de la journée depuis l’écran de verrouillage ou bien d’accéder directement au site de l’éditeur. Une page s’ouvre alors dans le navigateur in-app: il est surprenant de constater que les instant articles ne sont pas mis en avant dans l’application. Il faudra donc patienter au moins 8 secondes en moyenne pour afficher le site de l’éditeur. De quoi rebuter les utilisateurs? C’est possible. Il serait d’ailleurs amusant que les éditeurs utilisent Google AMP pour accélérer le chargement de leurs pages.

Aperçu de l'écran de verrouillage et du navigateur in-app
Aperçu de l’écran de verrouillage et du navigateur in-app

Il est bien sûr possible de partager une notification (SMS, email, Facebook ou d’autres réseaux sociaux comme Twitter, Tumblr, LinkedIn ou encore Facebook Messenger) et de la sauvegarder pour y revenir plus tard.

Aperçu du partage/sauvegarde et du flux sur 24h
Aperçu du partage/sauvegarde et du flux sur 24h

72 partenaires au lancement

Peu de surprises, on y retrouve essentiellement des sites ou chaînes d’information et de divertissement mais aussi des sites commerciaux comme Groupon.

A&E, ABC, Access Hollywood, Bands in Town, Billboard, Bleacher Report, Bloomberg Business, Bon Appétit, Breaking News, BuzzFeed, CBS Sports, CNN, Comedy Central, Condé Nast Traveler, Cooking Light, Cosmopolitan, Curbed, Discovery, E! Online, Eater, Elle Decor, Elle Magazine, Entertainment Tonight, Entertainment Weekly, Epicurious, Esquire, Essence, Fandango, Food and Wine, Fortune, Fox News, Fox Sports, Getty Images, Glamour, Good Housekeeping, Groupon, GQ, Harper’s Bazaar, HeadSpace, Health, History, The Hollywood Reporter, Huffington Post, Hulu, InStyle, Marie Claire, MarketWatch, Mashable, People, People en Español, Polygon, Popular Mechanics, Quartz, Racked, Seventeen, Southern Living, Sporting News, Sports Illustrated, Techmeme, Teen Vogue, Thrillist, TIME, Urban Daddy, Vanity Fair, The New York Times, The Verge, Vevo, Vice, Vogue, Washington Post, The Weather Channel, Wired.

Time Inc et Notify

Le groupe Time Inc met à disposition 45 stations par le biais de 11 de ses publications, notamment Time, People, Sports Illustrated et Fortune. L’utilisation des stations est variée. Le fil Actu et Rumeurs de Sports Illustrated peut relayer plusieurs notifications par jour pour mettre en avant  des breaking news; quand Mission, une station de Time qui relate l’année dans l’espace de l’astronaute Scott Kelly, se contente d’un envoi hebdomadaire.

D’après Callie Schweitzer, editorial director of audience strategy à Time Inc, »il s’agit pour le groupe de tester de nouvelles façons d’engager ses lecteurs, particulièrement pour les marques desquelles on ne s’attend pas à recevoir de notifications car elles ne font pas de breaking news. »

Getty et Notify

A titre d’exemple, voici ce que Getty Images a choisi de mettre à disposition avec 2 stations et 10 sous-stations:

  • In The News: From the top stories to the offbeat, see the latest from around the world
  • Sports Highlights: Catch every play with the best sports imagery on Earth

Substations:

  • Sports: Agony & Ecstasy: From the winning play to the heartbreak of defeat – capturing the hard emotion and raw impact of sports around the world
  • Sports Photo of the Day: The best image of the day for every sport across the globe
  • NFL: The best highlights from every team, player and game in the league, direct from the Gridiron
  • MLB: All the plays, catches and hits from the American and National Leagues
  • Premier League: The best of European professional football
  • College Football: Stay up to date with the latest plays, games and coverage from college football
  • Fashion & Celebs: Get inspired with up-to-the-minute style, latest looks and celebrity news
  • Style of the Day: From celebs stepping out to the runway, catch all the latest style details
  • Flashback: That happened when?! Blasts from the past that occurred on this day
  • Music: From the A List to the Underground – up close with the latest music

Une corde de plus à l’arc des éditeurs?

Qu’ont réellement à gagner les éditeurs de cette nouvelle possibilité qui leur est offerte? Du trafic? Il est difficile d’imaginer que Notify représente une source importante de trafic à court terme. Renforcer le lien avec son lectorat et améliorer son engagement? Certainement.

Le développement et la maintenance d’une application est complexe (prise en compte de l’UX, l’UI, des contenus, de la monétisation…) et coûteux pour les éditeurs. Or, d’après Forrester, les utilisateurs de smartphone passent 84%  de leur temps dans seulement cinq applications (hors applications pré-installées). De quoi réduire à néant bien des efforts quand on ne possède pas une marque très forte et une relation prévilégiée avec ses lecteurs.

Idéalement, Notify permettra donc de contribuer à développer l’audience de ses partenaires auprès d’un public désireux de coller au plus près de l’actualité tout au long de la journée sans devoir installer de nombreuses applications. « Les gens ont différentes façons de consommer de l’information. Les moteurs de recherche sont une possibilité, les réseaux sociaux, une autre. Et nous pensons que les notifications push pourraient également y contribuer » affirme Michael Cerda, Product Director chez Facebook.

Les médias n’ont pas attendu Facebook pour se lancer sur le créneau des notifications push et ont parfois développé de réelles stratégies autour, comme le New York Times.

Les éditeurs ayant pris le parti de ne pas développer d’applications vont pouvoir s’y adonner à leur tour et devront pour cela répondre à ces questions cruciales:

  • Y a-t-il un volume optimal de notifications?
  • A quelle fréquence les envoyer?
  • La notification doit-elle se suffire ou à elle-même ou doit-elle inciter à accéder au site de l’éditeur au risque de tomber dans une surenchère de clickbaits?
  • Quels KPI prendre en compte? Le tap-through-rate est-il pertinent?
  • Quelles thématiques précises proposer pour se démarquer?

Pour les y aider, Facebook fournit aux éditeurs des données détaillées concernant le nombre d’abonnés, de vues, de clics, de partages et surtout de désabonnements. Car les notifications sont à double tranchant. Bien utilisées, elle peuvent devenir une composante essentielle de la stratégie digitale d’un éditeur tout comme chasser les utilisateurs aussi rapidement qu’ils sont venus.

Côté technique, les éditeurs doivent passer par une interface spéciale pour écrire les notifications et y faire correspondre un lien puis publier aussitôt ou programmer la diffusion de l’alerte. Une API est également disponible pour distribuer  des données structurées comme des bulletins météos ou des résultats sportifs.

Pourquoi Facebook s’intéresse aux notifications

Lors d’une session Ask Me Anything sur Reddit en juin dernier, Mark Zuckerberg, répondant à Ariana Huffington, disait être convaincu par la nécessité de pouvoir diffuser des informations condensées fréquemment mises à jour:

On speed / frequency, traditional news is thoroughly vetted but this model has a hard time keeping us with important things happening constantly. There’s an important place for news organizations that can deliver smaller bits of news faster and more frequently in pieces. This won’t replace the longer and more researched work, and I’m not sure anyone has fully nailed this yet.

Ainsi, Notify représente une nouvelle possibilité pour Facebook de concurrencer Apple, Twitter ou Snapchat en jouant sur le terrain du glance journalism tout en corrigeant un des principaux défauts de son newsfeed: le manque de réactivité face au temps réel comparé à Twitter.

Facebook a indiqué ne pas réfléchir à monétiser l’application dans l’immédiat et se positionner avant tout dans une logique de test and learn. Gageons que les enseignements tirés de l’application trouveront vite leur chemin dans l’application Facebook qui aurait très bien pu accueillir cette nouveauté.

Jusqu’à présent, Facebook n’a pas été très chanceux sur le terrain des applications standalone en ayant eu du mal à popuplariser Paper ou Slingshot  et en essuyant un flop monumental avec Home. D’autant plus que dans le cas de Notify, tout repose sur le travail de ses partenaires éditeurs. Le risque étant que des utilisateurs mécontents des notifications qu’ils recoivent, suppriment directement l’application plutôt que de modifier leurs abonnements.

Et l’utilisateur dans tout ça?

Les news junkies y trouveront certainement leur bonheur. Pour ma part, j’ai pour habitude de limiter les notifications au strict minimum afin de ne pas être constamment dérangé. Toutefois, le niveau de personnalisation proposé ici semble intéressant: suivre l’actualité d’une entreprise spécifique, l’actualité de sa ville, d’une équipe sportive, de ses artistes préférés via Vevo etc.

La question centrale étant: avons-nous vraiment besoin de plus de notifications sur des sujets nous intéressant? Qu’en pensez-vous?

Plus d’infos

Blog des équipes Facebook Media : Introducing Notify: A Notifications App from Facebook

Communiqué de presse : Introducing Notify, a Notifications App from Facebook

Site officiel

Lien vers l’App Store

Interview de Loïc Chauveau, Directeur Social Media @ Marcel (Publicis)

J’ai demandé à interviewer Loïc Chauveau, Directeur Social Media chez Marcel (Publicis), suite à une intervention pour Le Monde Publicité, à propos des réseaux sociaux, et de Facebook en particulier :

 

 


 

Partagez cette ITW :

On a déjà parlé ici de ce que les réseaux sociaux pouvaient apporter, une fois des articles excellents écrits, ou des fantastiques interviews ou webdocus réalisés, pour les partager, les faire connaître, et au final, apporter au lecteur, média émetteur, et au journaliste lui-même :

Sous la plume d’Aurélien Viers, jadis chez Citizenside et désormais au Nouvel Observateur : « Journalisme & réseaux sociaux : quelques tendances pour 2011 »

Et on a aussi vu ensemble que nous cliquions beaucoup plus sur les publicités entourant les articles partagés par nos amis : « The Power of News and Recommendation : Cnn veut plus de pub sur son site #Pownar  »

Depuis, Facebook s’est encore développé, et est arrivé l’Opengraph. En d’autre termes, alors que les gens ont à peine appris à effacer leur historique de navigateur, qu’ils n’ont pas complètement saisi qu’ils allaient offrir à Facebook, et aux marques, et aux médias, beaucoup, beaucoup d’informations.

Avant l’été, Le Monde publicité réunissait donc ses annonceurs, pour une démo présentée par Corinne Mrejen présente « Demain tous social readers ». Au programme: vanter les mérites des réseaux sociaux, et en particulier Facebook, avec en autres invités Julien Cordoniou, « Head of European Gaming Partnerships » chez Facebook et Loïc Chauveau, Directeur Social Media chez Marcel (Publicis).

 

 

J’avais lancé à Loïc : « J’aimerais te poser des questions, mais il me faut une terrasse » : qu’à cela ne tienne, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse de chez Publicis.

Retrouvez-le sur Twitter :

Social Media Week : le programme

La Netscouade organise avec le Social Media Club France une semaine de conférences.

Des partenaires prestigieux parmi lesquels : Publicis Consultants Net Intelligenz, le Club Galilée, Atlantico, Synergence, CLM BBDO, Orange, Cobenders, Laforêt, France Culture, la Ville de Paris, la Fondation Internet Nouvelle Génération, l’Ecole de Journalisme de Sciences Po, Viadeo, Oliver Wyman Delta et Silicon Sentier.

La Social Media Week c’est en ce moment, à PARIS et dans le monde entier (NYC, San Francisco, Toronto, Rome, Istanbul, Londres, Sao Polo, Hong Kong sont les autres villes organisatrices).

L’Observatoire des Médias est l’un des partenaires médias de l’événement et nous allons essayer, à notre manière de vous faire partager ce moment.

smwparis

Au programme, une trentaine d’évènements, tous gratuits, répartis sur 5 jours (du 7 au 11 février) :

Lundi 7 février :

> La curation, avenir du web ?

Hémicycle du conseil régional d’Île-de-France 16:30

> La télévision connectée II

Centre d’Analyse Stratégique 17:30

> Evolution ou révolution : comment les médias sociaux changent-ils l’engagement des citoyens dans la politique ?

Sciences Po Paris – Salle Annick Percheron 18:00

> Soirée d’ouverture

Salle des fêtes de la Mairie du 4ème arrondissement – 20:00

Mardi 8 février :

> Faire la révolution sur Twitter ?

Celsa – 18:30

> TechMAP Paris Launch

Next & CoWorking – 19:00

> Comment le monde du vin relève t-il le défi des réseaux sociaux ?

La Cantine – 19:30

Mercredi 9 février :

> Comment les réseaux sociaux transforment les organisations

Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication – 10:00

> Human Resources : war for talent

Ecole Supérieure de Publicité – 15:00

> La gastronomie, un social media parmi d’autres

La Cantine – 18:00

> Quand la culture fait l’évènement sur le web

Forum des Images – salle 100 – 18:15

> Communautés de lecteurs et rédactions : liaisons dangereuses ?

Maison des métallos – 19:00

> JESUISMORT

La Cantine – 20:30

Jeudi 10 février :

> Demain : en quoi l’interaction changera-t-elle la narration ?

Schmuck – 20:30

> Social CRM

Palais Brongniart – 08:30

> Workshops : Privacy and Social Media – Hacktivism

AUP (American University of Paris) – 17:00

> Masterclass : Comment les réseaux sociaux redynamisent-ils le journalisme d’investigation ?

Ecole de journalisme de Sciences Po Paris – 18:00

> Twitter, Facebook, Youtube etc. : des outils pour répondre à la crise démocratique ?

Goethe Institut – 18:30

> Social Media : Quelle place pour le citoyen au coeur du processus législatif ?

Assemblée Nationale – 18:45

> Social Commerce : de la recommandation à l’achat

La Cantine / – 19:00

Vendredi 11 février :

> Les médias sociaux et le marché de l’immobilier

Foncier Home – 09:00

> Internet remplacera-t-il les médecins ?

Mairie du 4e – 11:30

> L’impact des médias sociaux et de la révolution digitale sur l’univers musical

Théâtre Comedia – 14:00

> Travel and social media

Théâtre Comedia – 15:00

> La politesse sur les réseaux sociaux

Radio France – 16:00

> Débat de clôture : le web sauvera-t-il la planète ?

Espace des Blancs Manteaux – 19:00

> Bye Bye Social Media Week

Le Renard – 23:00

> Inscriptions sur le site de la SMW Paris <

The Power of News and Recommendation : Cnn veut plus de pub sur son site #Pownar

CNN a décidé, mondialement, d’avoir plus de publicité sur ses sites. Et souhaite le faire savoir. Mais les annonceurs connaissent-ils sur le bout des doigts les méandres de la pub online? Investissent-ils assez? La pub est-elle assez chère?

Les internautes d’hier copiaient-collaient des url dans des emails, postaient des messages dans des forums de news. Aujourd’hui, lorsqu’ils tombent sur une info, ils la partagent à l’aide des réseaux sociaux, la font suivre à leurs amis/collègues. Et c’est ce phénomène que CNN a étudié dans son étude étoffée, The Power of News and Recommendation. (lien vers le CP)

Invité par Eric Mettout à venir écouter Lila King, « producer », manager de la communauté de [wikipop]iReport[/wikipop] (le site participatif de CNN) au CFJ l’autre jour, j’y croise la Directrice Marketing et Communication de CNN International, qui m’invite à venir à la présentation de l’étude Pownar :

« L’information partagée a plus de valeur … » : CNN dévoile aujourd’hui les résultats de POWNAR, sa première étude du phénomène de la recommandation dans les médias sociaux

Je remercie CNNFrancePR qui m’a permis de publier – en exclusivité – quelques slides de la présentation.

Social media is the new inbox

Avec son étude, CNN veut démontrer les bénéfices pour les marques d’une présence publicitaire au sein d’un contenu éditorial partagé.

Mais quel contenu, aujourd’hui, n’est pas partageable?
Tous les CMS, tous les sites, dignes de ce nom, proposent des outils de partage.

Poursuivons.

Etude inédite conduite entre juin et août 2010 dans 11 pays en Europe, Asie et aux Etats-Unis, « Pownar » s’appuie sur des techniques d’étude innovantes : une enquête en ligne auprès de 2300 personnes, une analyse sémiologique, une approche neuro-marketing, un tracking d’articles de presse, et une mesure de l’efficacité publicitaire.

Traduisez : il est possible que nous fassions en sorte de marketer l’information pour qu’elle soit partagée, et re-partagée.

Les réseaux sociaux, ça marche

L’étude commandée par CNN montre qu’en moyenne, un utilisateur partage 13 liens par semaine, en reçoit 26 et en lit 14 :

Cliquer sur l’image pour voir la version haute résolution, Exclusivité observatoiredesmedias.com © CNN Research 2010. Tous droits de reproduction interdits


Dis moi où tu partage, je te dirai qui tu es, et combien de personnes tu touches

L’étude montre qu’aujourd’hui 43% des contenus d’information partagés le sont via les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, myspace, You Tube…) contre 30% par e-mail, 15% par SMS et 12% par messagerie instantanée :

Cliquer sur l’image pour voir la version haute résolution, Exclusivité observatoiredesmedias.com © CNN Research 2010. Tous droits de reproduction interdits


Si tu transpires, c’est que tu aimes ma pub :-)

L’étude de Cnn parle certes de l’information, mais surtout de la publicité – sinon, comment viveriez-vous, les journalistes?

Grâce à des techniques de biométrie et d’eye-tracking, Pownar mesure l’engagement émotionnel suscité par l’exposition à un contenu d’information partagé via les réseaux sociaux. Les résultats confirment qu’un individu est plus réceptif à un contenu éditorial et aux publicités qui lui sont liées en situation de recommandation plutôt qu’en mode de consommation aléatoire.

Cliquer sur l’image pour voir la version haute résolution, Exclusivité observatoiredesmedias.com © CNN Research 2010. Tous droits de reproduction interdits

Les résultats montrent que les individus exposés dans un environnement recommandé sont 19% plus susceptibles de recommander eux même cette marque et 27% plus susceptibles de s’en sentir proches.

Lors de la présentation, des études de cas ont été montrées, de sorte de montrer, branche par branche, ce qui fonctionnerait plus via tel ou tel canal de partage. Exemple, pour une grande marque du secteur du tourisme, « le souvenir publicitaire et l’indice de satisfaction de la marque sont respectivement supérieurs de + 50% et + 32% lorsque la publicité se trouve dans un contenu partagé ».

Le quirky funny ne représenterait que 16% des news partagées

Il ressort que 65% des articles traitent d’actualité en développement (ongoing stories), 19% d’actualité à la une (breaking news) et 16% d’histoires surprenantes ou amusantes.

Bon, sinon, il y a quelque chose d’énorme, dans la communication de CNN :

Enfin, la majorité des articles partagés a comme objectif le partage de connaissances.

Sans blague :-)

Les twittos influents & la dame asiatique parisienne trackée

L’étude « révèle » l’existence d’un noyau d’ « influenceurs » particulièrement actifs, puisque 27 % des personnes concernées représentent 87% du volume partagé.

Oui, c’est les twittos « influents », avec de gros guillemets.

Mais l’étude ne s’est pas arrêtée là. Ils ont identifié, lors de la sortie d’une news sur le site de CNN, qu’une internaute asiatique vivant à Paris avait généré à elle seule 5200 visiteurs uniques sur la page de l’article en question :

La dame de la « haute jo »

À ma table, lors de la présentation, une charmante dame, travaillant dans la haute joaillerie. Une cible de choix, en quelque sorte. Alors que le slide sur le luxe n’était pas encore à l’écran, je m’étais fendu de ce tweet :

[blackbirdpie id= »4820588027711488″]

Je vais essayer de la recontacter, histoire de savoir si elle a été convaincue.

Activité de votre réseau : “Gmail Api” just unfriend “Facebook” !

Ces derniers jours ont été marqués par un certain nombre d’annonces des grands acteurs du Web, et en premier lieu le dévoilement par Mark Zuckerberg de la stratégie mobile de Facebook.

Aujourd’hui, on apprend que Google a décidé de fermer l’API Contacts de Gmail à Facebook en mettant en avant le caractère asymétrique de leurs relations et le manque d’ouverture du réseau social. A mon sens ces mouvements sont importants et en disent beaucoup sur leurs velléités de gestion de notre identité numérique !

Présente-moi tes amis et ils resteront… avec les miens.


Revenons d’abord sur la fermeture de l’API Gmail. Cette API, fournie par Google, permet à des services tiers de fouiller dans le carnet d’adresses Gmail de leurs utilisateurs pour savoir qui de leurs amis utilisent déjà le service.

C’est une option qui n’est pas absolument pas anodine dans un web de plus en plus social, où la valeur d’un service va croître avec le nombre de ses contacts /amis /followers. Imaginez par exemple que vous soyez le seul à utiliser Foursquare…Ce type d’API permet ainsi de lever la plus importante barrière à l’entrée lorsque l’on s’inscrit à un nouveau service. Google a donc décider d’exclure Facebook car le réseau social n’autorise pas la réciproque et ne joue pas le jeu de la libération des données. C’est en tout cas l’explication officielle fournie par la firme de la Mountain View. Pourquoi pas ? Il est vrai que Google revendique le « pouvoir donné aux utilisateurs » dans la gestion et la portabilité de leurs données personnelles comme le Google Dashboard par exemple (cf. le blog de Peter Fleisher dont les billets défendent cette philosophie). Je crois néanmoins que la vraie raison est que le célèbre moteur de recherche ne souhaite pas favoriser davantage le développement de Facebook, et surtout pas sur le terrain de la gestion de notre identité numérique. Car l’annonce des nouvelles conditions d’utilisation de l’API Contacts est intervenue au lendemain seulement de celle du réseau social sur la dissémination de Facebook Connect sur les smartphones.

Facebook enfonce le clou de l’identifiant unique


Lors de la conférence de presse du 3 novembre, la firme de Palo Alto a présenté les deux axes de sa stratégie sur mobile.

Le premier, sans surprise, est la monétisation de la fonction de géolocalisation « Places » (dont je parlais ici) au travers d’offres de couponing numériques, et la seconde, très importante à mon sens,porte sur le déploiement de Facebook Connect sur les applis mobiles afin de faciliter l’inscription ou l’authentification à des services tiers (vidéo explicative de FB avec le Nexus One de Google ;-) ) .

one-id-rule-them-all

La fonction Facebook Connect vous permet en effet de vous logger à un site sans avoir à saisir ou à re-saisir vos informations personnelles. De cette manière, FB Connect traite de l’une des spécificités de la gestion de notre identité en ligne: la dispersion. En ligne, notre identité est fragmentée sur différents espaces, qui se traduit concrètement pour l’internaute par la gestion d’une multiplicité d’identifiants (login / mdp). On connaissait déjà cette difficulté, mais elle est exacerbée sur un mobile où il est tout de même moins aisé de retaper ses identifiants, et où le non accès à un service peut s’avérer plus critique en mobilité.

Depuis plusieurs années, un certain nombre d’initiatives émanant de différents acteurs ont été lancées précisement pour tenter de faciliter la vie des internautes qui doivent jongler avec un grand nombre de couples login/mdp: système d’authentification décentralisé pour l’utilisateur comme OpenID, standard technologique Oauth pour faciliter l’échange d’attributs entre sites, système fédéré comme Liberty Alliance et plus récemment des solutions propriétaires comme Google Friend Connect, MySpace Connect et la plus répandue désormais Facebook Connect. Pour plus de détails cf. la perle « Technologies d’authentification » Technologies Authentification Unique

Avec plus de 500 millions d’utilisateurs, Facebook est déjà incontournable comme solution d’authentification pour des usages disons « classiques » d’Internet (hors signature électronique et transactions sensibles) et avec l’extension vers le mobile la firme de Palo Alto s’apprête à prendre des positions décisives.

Établir le lien entre identité réelle et identité numérique: le Graal ?

Si pour le moment FB Connect ne peut viser que des usages classiques, cela est dû à l’autre spécificité de nos identité en ligne à savoir que « On the Internet, nobody knows that you are a dog » c’est à dire qu’un internaute ne dispose pas vraiment de moyen de prouver sa véritable identité « qui il est », et qu’il doit donc sans cesse faire la preuve qu’il dispose bien des droits pour accéder à tel ou tel service en saisissant et re-saissant ses différents identifiants. Facebook pourrait revendiquer ce lien entre réel et numérique puisque les membres sont majoritairement présents sous leur véritable identité (même si depuis quelques temps, je ne sais si vous constatez la même chose, un certain nombre de mes amis « pseudonymise » leur compte…). Toutefois le fait qu’un utilisateur puisse créer un compte avec une fausse identité ou alors un compte avec une véritable identité qui n’est pas la sienne, est susceptible de générer une suspicion générale empêchant d’aller vers des usages plus « officiels » de cette identité. Il faudrait pour cela des comptes vérifiés un peu à la manière de ce que fait Twitter avec les comptes de personnalités (il semblerait que Twitter va d’ailleurs abandonner ou en tout cas faire évoluer cette option). La valeur de cette vérification reposera sur deux éléments clés : la procédure de vérification utilisée et l’entité qui l’opère.

Aujourd’hui, cette préoccupation semble bien réelle chez Google si l’on en croit les différentes déclarations d’Eric Schmidt depuis un an environ, qui ne cesse de clamer que l’anonymat devient trop dangereux « In a world of assymetrics threats, true anonymity is too dangerous » (27’57 dans la vidéo ci-dessous à propos du futur du Web)


Ce billet a été originellement publié sur Inframarginal

What the F**k is Social Media NOW?

Marta Kagan (@mzkagan) est Managing Director pour les Etats-Unis de Espresso, una agence de marketing interactif. Digital branding, social media sont ses maîtres mots. Sa célèbre présentation « What the F**k is Social Media? » vient d’être mise à jour.

A voir en plein écran. (barrre d’outils en bas, à gauche, cliquer sur Menu > View fullscreen)