Catégorie : En vue

Rue89: et voilà enfin la levée de fonds tant attendue

Je viens de recevoir le communiqué de presse, que je préfère vous livrer sans glose, dans un premier temps (juste en ajoutant des liens):

Augmentation de capital réussie pour Rue89.com

Le site d’information Rue89.com vient de réussir une levée de fonds de 1,1 million d’euros auprès de nouveaux investisseurs, une opération réalisée dans des conditions qui garantissent son indépendance et lui assurent les moyens de son développement.

Cette opération, qui valorise la société à 4 millions d’euros, a vu l’entrée au sein du capital de Rue89.com de cinq nouveaux actionnaires:

Halmahera (fonds familial): 100 000 €

– Khedaoudj Zemmouri (journaliste): 100 000 €

Midi-Minuit (société de production audiovisuelle, PDG : Georges Bermann): 200 000 €

Hi-Media (régie publicitaire et éditeur de sites, PDG : Cyril Zimmermann): 300 000 €

Verdoso Média (fonds personnel de Franck Ullmann): 300 000 €

Les « Amis de Rue89 » -une société fondée au démarrage du site pour en soutenir la démarche- ont apporté environ 100 000 € supplémentaires.

Le capital de Rue89 se compose désormais de la manière suivante:

Les quatre fondateurs (Arnaud Aubron, Pierre Haski, Laurent Mauriac et Pascal Riché) conservent la majorité du capital : 51,3 %

– Les Amis de Rue89: 17,6%

– Les Habitants de Rue89 (l’équipe initiale du site): 6,1 %

– Nouveaux actionnaires: 24,9 %

La structure de la société a également changé, avec un Directoire et un Conseil de surveillance. Le Directoire est composé des quatre fondateurs et de Damien Cirotteau, directeur technique. Il est présidé par Pierre Haski.

Le Conseil de surveillance de la société est présidé par Renaud de la Baume, membre des « Amis de Rue89 » et qui représente au Conseil la société Verdoso Média.

Commentaire : Cette augmentation de capital constitue une étape importante dans la courte histoire de Rue89, qui a vu le jour le 6 mai 2007. Elle lui donne les moyens de son développement après une première année consacrée à l’émergence de ce nouveau média participatif, et à l’installation de cette nouvelle « marque » dans le paysage médiatique français.

Parmi les projets de développement rendus possibles par cet apport financier, figure le lancement d’un site participatif à Marseille, et le lancement, à la rentrée, d’un site consacré à l’information économique. De nouvelles avancées pour élargir le champs de l’information couverte par le site.

Cette opération financière réussie constitue un signe de confiance important dans le secteur de l’information en ligne, encore relativement nouveau et en construction. Et elle vient conforter la position de Rue89, devenu en un temps record le site le plus fréquenté dans la catégorie des médias indépendants et participatifs, avec environ 600 000 visiteurs uniques par mois.

Le 27 juin 2008

Les fondateurs de Rue89

Arnaud Aubron, Pierre Haski, Laurent Mauriac et Pascal Riché

Cafebabel.com, du nouveau chez le vétéran

C’era una volta a nice participative website. « Européen, jeune, et participatif », c’est de cette façon que se définit Cafebabel.com

Il y a quelques semaines, je rencontrai Alexandre Heully, responsable de la communication de ce site. Alexandre fait partie de l’équipe fondatrice de Cafebabel.


Alors, en quelques chiffres, que peut-on dire de CafeBabel :

* 300 000 visiteurs uniques par mois (source : Google Analytics), répartis sur les 6 langues : français, anglais, allemand, italien, espagnol, polonais
* 350 journalistes et 700 traducteurs dans 26 rédactions locales en Europe;
* 70 blogs européens;
* 4 000 inscrits à la communauté (mais combien de réellement actifs?)
* 11 salariés et 3 stagiaires;
* Fondé en 2001 à l’initiative d’étudiants Erasmus, cafebabel.com est un média indépendant édité par l’association Babel International.

J’ai rencontré Alexandre et l’équipe rédactionnelle parisienne à la veille de la mise en ligne de la toute dernière version de ce « magazine européen en 6 langues ».

Cafebabel propose une fonctionnalité intéressante. Ils ont appelé cela d’un nom markéto-radiophonique intéressant : le « babelmix ».

L’équipe est partie du constat : « pourquoi lire une traduction quand on peut découvrir un article dans sa version originale ? ». Cafebabel.com propose désormais à tous les utilisateurs inscrits gratuitement sur le site de composer eux-mêmes leur cocktail linguistique pour lire cafebabel.com dans les langues qu’ils parlent.

Vous nous avez entendu parler chiffres pendant l’interview. Quels sont les objectifs du site pour 2008? Dépasser la barre 500 000 visiteurs uniques.

Mediapart : un succès ?

D’après Plenel, qui parlait hier à l’Université de Dauphine, Mediapart se porte bien. Le site compte déjà plus de 5 400 abonnés et en gagne 100 de plus par jour. Les prévisions, 5 000 à la fin mars, sont enfoncées.

Pourquoi ce succès ? D’abord, parce que les objectifs ont été revus à la baisse. Les prévisions initiales tablaient sur 10 000 abonnés lors du lancement. Baisser la barre, ça marche toujours.

Ensuite, parce que Plenel a changé. Alors qu’il se montrait très dédaigneux du participatif l’année dernière, il veut aujourd’hui laisser un peu de place à ses abonnés, libres de faire leur propre tambouille dans leur coin, au Club.

Il les prend toujours pour des cons – « vous ne savez pas trier » « [l’info] se passe sans que vous la compreniez, il faut que je vous la décrypte » – mais il leur laisse un enclos pour échanger leurs opinions. Eh oui, seuls les journalistes sont habilités à établir des « vérités de fait » !

En fait, si Mediapart produit, comme il le fait, du journalisme d’une grande qualité, ça n’a que peu à voir avec le design du site – « dans l’esprit de l’iPhone » (sic) – ou la stratégie de Plenel. En s’enfermant derrière un paywall, le site sort du réseau.

Quand les sites se construisent une réputation et un réseau de liens et de lecteurs au fil des billets publiés, Mediapart moissonne les investissements des précédents employeurs de ses journalistes. Il ne tient sa légitimité que des signatures engagées et de leur carnet d’adresse.

Mediapart est une excroissance du journalisme papier, pas un modèle pour le web.