Lettre ouverte au Président du CSA

Monsieur le Président,

C’est avec un calme olympien que je vois arriver la date du 31 janvier ; en effet, il s’agit du terme de la période préélectorale à l’issue de laquelle les compteurs des temps de parole des partis politiques seront remis à zéro. Or, dans la plupart des médias, le Front National a cru bon de jouer au plus malin, et a décidé d’être absent des plateaux de télévision et de radio. Ainsi, sa présidente se plaint du compteur FN qui accuserait « un retard considérable ».  Le Front National a décidé d’être un parti où la fille succède au père. Point de primaire. La gestion des primaires de la gauche et de la droite n’a posé aucun problème aux rédactions : elles ont reçu les candidats de la primaire de droite, puis les candidats de la primaire de la « belle alliance », et pendant ce temps là, la candidate Marine Le Pen a décidé de refuser, par exemple, que sa nièce se rende sur le plateau de « L’émission politique » de France 2, après une invitation qu’elle avait pourtant acceptée. Le FN n’a donc jamais été  « à une place subalterne », et vous venez, ce jour, de twitter à nouveau le document que vous aviez mis en ligne le 8 novembre 2016 :  « un outil unique et pédagogique qui contribue à l’accompagnement de la communication politique à l’ère numérique et à la construction collective d’un cadre de confiance ». Un document qui contient toutes les règles de répartition du temps d’antenne que votre institution est chargée de faire respecter.

Le FN se vante qu’en privé, certaines chaînes leur auraient fait savoir qu’elles avaient désormais des retards de plusieurs heures concernant le Front National. Normal. Le FN taxe des propos de M. Field d’allégations… lorsque celui-ci rappelle au Front national qu’il a subi plusieurs refus.

À quelques semaines de l’élection présidentielle, une telle inégalité de traitement est tout simplement le fait de ces refus, et complètement logique. Votre institution ne peut pas admettre qu’un trait soit tiré sur ses principes de fonctionnement, en tenant compte des mois de manipulation médiatique de la part de la direction du Front National.

Étant donné le caractère ridicule du courrier de la présidente du Front National et l’importance des enjeux pour le respect de la pluralité des opinions, une des missions que la loi confie au CSA depuis plus de trente ans, je vous remercie de continuer de ne pas répondre à sa présidente et de remettre à zéro les compteurs, comme il est prévu.  Il n’y a donc pas à reporter les heures « dues » au Front national sur la période qui s’ouvre le 1er février.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération,

Gilles BRUNO
L’Observatoire des Médias.

 

Vous l’aurez compris, cette lettre au président du CSA reprend la forme de cette lettre, ci-dessous : lettre-de-marine-le-pen-au-president-du-csa