Mots-clé : statistiques

@RFMD : Les médias trop traditionnels de la CEI

Internews organisait hier son forum régional pour le développement des médias, auquel j’étais fort gentiment convié pour parler nouveaux médias. Mes slides, sur l’impact d’internet sur la représentation de l’espace post-communiste dans les médias occidentaux, sont là :

 

 

 

Plusieurs participants, des formateurs médias, des journalistes ou des responsables d’ONG, avouaient franchement ne rien connaître des technologies web. Pour des pays parmi les moins développés à la fois économiquement et politiquement, ça peut paraître normal.

 

Pourtant, même à Bishkek ou à Chisinau, les nouvelles technologies transforment l’information, de sa production à sa consommation. La pénétration des téléphones mobiles s’envole, même dans les pays les plus pauvres, avec une croissance à deux ou trois chiffres en Ouzbékistan et au Kirghizistan.

 

mobile pentration

 

Dans des pays où investir dans un ordinateur ($1 500 représente plus de trois mois du salaire kazakh médian), les portables deviennent l’unique passerelle vers l’information digitale. A quelques années, voire quelques mois, de l’arrivée de la 3G, les médias locaux ont tout intérêt à maîtriser ces nouveaux outils.

 

Malgré tout, les idées fourmillent dans l’espace post-communiste (certains relayés sur l’Observatoire des Médias). Un petit tour par là-bas nous permettra de vous en dire plus…

Revenus canadiens 2007: pas la peine de s’enthousiasmer

L’info était relayée hier par de nombreux blogs exaltés: les journaux Canadiens se portent bien. Des employés du Toronto Sun en concluaient “We’re OK, the sky isn’t falling after all.”

Comparé aux US, où les revenus publicitaires plongeaient de 9,4%, la chute canadienne (0,8%) parait bénigne. Il est tout à fait possible que les groupes de presse se débrouillent beaucoup mieux aux pays des élans et des érables.

croissance

Mais il ne faudrait pas oublier que la croissance américaine a été plus faible en 2007, notamment au quatrième semestre, au moment où les journaux font leur plus gros chiffre d’affaire, et que les pronostics pour 2008 sont plus que moroses.

Par-dessus tout, les annonceurs sont plus sensibles au cycle économique aux Etats-Unis, notamment en ce qui concerne les journaux.

Les chiffres canadiens s’expliquent, en partie au moins, par la situation économique. Ils n’annoncent pas le début d’un rebond et ne remettent pas en cause les prédiction des gourous de Davos, qui prévoient la fin des quotidiens en 2014, ni l’analyse plus sérieuse de Philip Meyer, qui fixe la date à 2043.

La PQR fait un carton aux municipales

Le Syndicat de la presse quotidienne régionale a fièrement annoncé un doublement des visites sur les sites de la PQR lors des municipales. 144% de progression entre le dimanche 2 et le dimanche 9 mars, mieux que Le Monde et Le Figaro.

pqr

Ensuite, quand on se penche sur le détail, le résultat est moins glorieux. La moitié de la croissance des sites de la PQR est le fait du seul Parisien, qui totalise 35% des visiteurs du dimanche 9 mars.

Par ailleurs, les quotidiens régionaux ont une audience moyenne de 1,1m visiteurs uniques un dimanche ordinaire, pour plus de 16 millions de lecteurs quotidiens. Soit un ratio visiteurs/lecteurs 33 fois inférieur à celui du Monde. Pas étonnant, quand on sait que les marques de taille moyenne n’ont aucune chance sur le web.

Seul point positif, l’implication des visiteurs. La durée moyenne des visites, déjà proche de 7 minutes en temps normal, fait un bond de 25% pour approcher les 9 minutes. Idem pour le nombre de pages consultées par visiteur, qui est passé de 7.6 à 9.4 (+25%).

sur la même thématique:

France Télévisions fait gagner Christophe Grébert! dans L’Observatoire des Médias
Les sites d’information du Web concurrencent les télévisions dans Le Monde.

Flux RSS : 45% de pénétration (voire plus)

Les flux RSS, c'est génial. Les plus geeks d'entre nous utilisaient sûrement déjà la version 0.91 en 1999, bien avant que Netvibes ne pointe le bout de son nez. Pourtant, neuf ans plus tard, essayez d'entamer la discussion sur les flux RSS et on vous regardera comme le dernier des nerds boutonneux.

Le RSS, c'est comme l'azote et les acariens, il y en a partout mais tout le monde s'en fout.

Techcrunch a sorti hier l'audience des homepages personnalisées, qui se fondent toutes plus ou moins sur une technologie RSS. Résultat : 45% des internautes (américains) y sont passé en janvier 2008, d'après ComScore. Si on rajoute les lecteurs de flux purs et durs, style Bloglines ou Google Reader, on doit avoisiner les 50% de pénétration.

Seul problème, seuls quelques internautes ont conscience d'utiliser des fils RSS. Une enquête que j'ai faite auprès de 150 internautes (britanniques) indique un taux de notoriété d'à peine 16%.

Le nombre moyen de feeds de ces utilisateurs avertis tourne en dessous de 10. En 2005, Yahoo! avait trouvé une moyenne de 6,6, mais la médiane doit être beaucoup plus basse. (Les power users qui lisent 200+ feeds font remonter la moyenne, quand la plupart des utilisateurs n'en ont que quelques uns).

Autrement dit, il reste un sacré travail d'évangélisation à faire avant que tous les internautes bénéficient à plein des avantages de la technologie RSS. Sinon, le succès des pages d'accueil personnalisées continuera à bénéficier aux flux qui s'y trouvent par défaut.

Un succès pour les marques le plus visibles, qui se fait sur le dos de lecteurs qui préfèreraient sans doute y voir leurs blogs préférés plutôt que les infos qu'ils ont déjà à la télé et dans leurs journaux.